Red Universe

Red Universe

La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep10

episode355.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 10 : " La guerre des Stuffies (2)"

(EDIT: 20/07/2018, mauvais fichier, on est désolé!)

Rapidement, le décor changea. Des abords typiques d’une vieille mine désaffectée avec ses poutres vermoulues et ses toiles d’araignées, le Stuffy du ministère pénétra un corridor impeccable à la lumière bleue diffuse, truffé de capteurs et autres caméras.
« Arrête-toi quelques secondes », lui intima son hôte dans un message psychique.
Plusieurs carreaux autour de lui se mirent alors à rougeoyer du sol au plafond, tout y passa jusqu’à ce que le couloir redevienne normal. Un panneau sur le côté s’enfonça et glissa en révélant une seconde galerie.
« Rejoins-moi, maintenant » précisa simplement la voix.
Le mur reprit sa place, Stuffy apprécia l’idée d’un œil connaisseur : si des agresseurs attaquaient, personne ne se douterait que le corridor principal n’était qu’un cul-de-sac, voire un labyrinthe ou un piège fatal ! Le vrai passage était l’accès secondaire dissimulé dès l’entrée de la base secrète... très « Mutualiste » tout cela.
Il déboucha dans une grande antichambre de près de cent mètres de long : des dizaines et des dizaines de membres de l’organisation y étaient alignés, sertis dans leur tenue noire moulante et serrant le poing contre leur torse. Femmes, hommes, leurs durs regards se perdaient dans les hauteurs des parois, mais Stuffy jurerait qu’il s’agissait des personnes originales de ce fameux « cœur » mutualiste. Quelque chose dans leurs influx psychiques, un je ne sais quoi dans leur apparence plus tendue ou fatiguée... impossible de sonder plus loin les esprits, ce serait certainement repéré et mal interprété. Sans compter qu’ils étaient sans doute gavés de Boramol.
Ils levèrent le poing en criant :
« GLOIRE À LA MUTUALITÉ »
, alors que Stuffy franchissait la porte du fond dont les larges ventaux se refermèrent derrière lui.
« Bienvenue » résonna la voix déformée.
La nouvelle salle baignait dans une obscurité presque totale, on devinait la silhouette d’un imposant fauteuil nimbé d’une lueur violette. Stuffy s’étonnait qu’on ne lui ait pas retiré son révolver. Certes, la séquence des carreaux rougeoyants de l’entrée dissimulait sans doute un portique d’imagerie, pour vérifier qu’il ne portait rien d’autre que son émetteur et son arme, mais c’était bien insuffisant quand on connaissait la paranoïa maladive de l’organisation.
La voix poursuivit, alourdie par la déformation :
Les cachets font-ils déjà leur effet ? Cela devrait être rapide.
Je me sens un peu mieux, merci, répondit prudemment Stuffy ministère. Pourquoi tout ce théâtre ? On sait tous deux qui tu es et on vient de se croiser dehors.
Parce que c’est ainsi que cela fonctionne chez les Mutualistes... mon vieux ! Détends-toi, je ne te sens pas dans ton assiette : tu ne peux lire nos esprits, nous ne pouvons percer tes défenses... match nul, parlons !
Alors, comment va notre cher Chancelier ? Toujours en plein délire éroticoparanoïaque ?
Aux dernières nouvelles, il n’a pas condamné des centaines de milliers de gens à la mort, lui. Tu sais pertinemment qu’on t’arrêtera, maintenant ou plus tard. L’organisation des Mutualistes doit être dissoute immédiatement et ses membres doivent comparaitre devant les tribunaux.
Les tribunaux ? Et comment les paierez-vous ? Il n’y a plus d’argent, seuls les militaires ou les Forces mentales peuvent encore intervenir. Nous venons de créer les conditions pour que la vraie révolution commence et elle sera mutualiste ! Tu sais — toi aussi — que j’ai raison, car nous partageons le même gout de la justice !
Je voulais que tu puisses me retrouver ici. Je suppose que tu t’en doutes depuis le début, c’est pour cela que tu as préféré laisser tes troupes dehors.
Stuffy ministère ne répondit pas, il essayait de comprendre à qui il avait à faire. Ce Stuffy mutualiste usait d’un vocabulaire un peu plus châtié que le sien et d’une intonation hautaine. Malgré cela, c’était bel et bien un Stuffy-Quartmac identique qui lui parlait. Leurs références se croisaient, parfois même leurs objectifs ! La finance, l’économie monopolisée par quelques-uns, il ne les appréciait guère, mais ça ne méritait pourtant pas de tuer tout le monde ! Le Mental décida d’abréger, quelque chose de malsain flottait dans l’air.
Suis-moi, un orthoptère atterrira pour nous prendre et tu ordonneras à tes hommes de se rendre gentiment aux troupes mentales.
Hmmm, nous verrons. Dis-moi, as-tu reçu cette note de QuartMac qui prédisait une « transformation » de la psyché des chimères non matures ?
Oui. C’est ce qui fait que je voulais venir te chercher et pas te faire abattre, répondit sèchement Stuffy ministère. Son vis-à-vis avait visiblement choisi de jouer cartes sur table.
Hé, hé, hé... un peu de sérieux. Tu te demandes comment un frère a pu prendre une décision qui te semble aussi abominable, n’est-ce pas ? Tu considères que ce n’est pas possible, qu’une quelconque force extérieure m’a tordu l’esprit pour concevoir un tel projet ?
Stuffy mutualiste glissait doucement dans la véhémence, ce qui ne faisait que conforter le Stuffy ministère dans ses convictions. La silhouette poursuivit avec sa voix déformée :
« La réalité est que tu ignores l’étendue des implications. Mais nous en reparlerons plus tard. Dis-moi, que penses-tu de la multiplication des clonages ? As-tu décidé de transformer les Forces mentales en « Stuffy-land » avec des tas de doubles de toi, petits ou grands, gros ou maigres ? Ne t’es-tu pas demandé si tu n’étais pas l’agent idéal pour augmenter artificiellement les effectifs de ton organisation ? »
Bien sûr qu’il y avait réfléchi ! Une armée de lui-même ou plutôt des bataillons d’une sélection des meilleurs éléments des Forces mentales... mais Stuffy n’était pas mégalomane. Il ignorait ce que l’omnipotence pouvait engendrer, même sur un esprit équilibré, qu’il pensait équilibré, comme le sien. La folie du Stuffy mutualiste, comme les avertissements de QuartMac prouvaient qu’il avait eu raison de s’abstenir.
Tu sais parfaitement que non, répondit-il. Et d’ailleurs pourquoi discute-t-on, là ? Je t’ai demandé de me suivre et de donner à tes hommes l’ordre de se rendre aux Forces mentales !
QuartMac nous a menti ! rugit l’autre. Poféus t’a menti, tout le monde ment ici, tous ne font que se soumettre à la concupiscence et à la luxure ! Je veux un monde honnête, droit et surtout... sans surprise !
Soudain, de grands projecteurs éblouirent le Stuffy ministère, tandis que la porte coulissante derrière lui laissait entrer, autant que sa largeur le permettait, les Mutualistes présents dans l’antichambre.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, Leto75/Drwolf: Stuffies Derush/montage: Guilitane/VG, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep09

episode354.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 09 : " La guerre des Stuffies (1)"

L’équipe mentale progressait avec précautions vers la mine abandonnée. Plusieurs de ses collègues préconisaient le bombardement de l’endroit avec tout ce que comptaient les arsenaux spatiaux, quitte à raser les villages alentour et la banlieue de MaterOne, mais Stuffy avait repoussé l’idée. D’abord pour les victimes, mais également pour une raison personnelle : un Stuffy, un double de lui-même, était responsable du carnage à MaterOne-Centrum et il voulait comprendre pourquoi, malgré le risque.

C’était une semaine plus tôt, cinq Mutualistes, du nom de cette organisation prônant un changement majeur dans la société, sacrifiaient leur corps de chimères dans l’attentat le plus meurtrier de l’histoire. En une fraction de seconde, des charges d’antimatière avaient rayé de la carte tout le quartier des affaires de la capitale MaterOne-Centrum. Les dégâts structurels consécutifs au drame avaient presque doublé le nombre des victimes et la crise économique universelle qui en avait découlé perdurait. On pouvait tout juste produire un décompte définitif des administrations fermées et des faillites en tous genres. Mais quatre-vingt-sept-mille-six-cent-quarante-trois morts et plus de cent-mille blessés ne suffiraient pas à la folie qui avait atteint les Mutualistes, ils voudraient frapper plus fort et plus loin.
Dans la logique de changement de système, rien de mieux que de mettre à genoux le précédent et c’est exactement ce qui s’était passé. Si chez les Souriants ou les Nordistes la situation demeurait calme, du côté des Tropicaliens ou des Bruns cela virait à la violence et à l’anarchie. L’État ayant fait faillite, les budgets de la police, des milices ou de tous les services de secours étaient gelés et seule l’armée pouvait intervenir. Le carburant des forces de sécurité provenait uniquement de stocks réquisitionnés et cela ne durerait pas longtemps. On assistait à un redit des scènes de la Révolution Castiks quand des assauts étaient ordonnés dans plusieurs villes où des seigneurs de guerre tentaient d’accaparer le pouvoir...
Lorsque le Stuffy original s’était cloné quatre fois pour contrer le plan de Monsieur Heir, deux avaient pris la place du politicien dans ses rôles officieux : grand maitre des Triades souriantes et chef des Mutualistes.
Le ministre de la Sécurité Ralato Ouli se rendait actuellement auprès du premier, à la suite de quelques doutes des espions des Forces mentales, mais l’attentat de la rue du Mur changeait la donne.

Son équipe avait déjà neutralisé plusieurs dispositifs de surveillance qui truffaient les abords de l’entrée de la mine. La progression était difficile et...
... un des éclaireurs lui envoya l’image d’une vieille personne qui se dressait debout, seule, devant le passage obscur dans la paroi.
C’était le Stuffy.

Après la prise de pouvoir du chancelier Poféus, les dossiers et archives de l’organisation avaient été rapidement transférés aux bureaux du ministère, tenus à jour aussi souvent que possible. Il avait suffi de quelques semaines pour que le flot d’informations se tarisse et, stupidement, personne n’avait réagi à l’absence de données. Qui pouvait alors soupçonner un Stuffy, « un des quatre », d’une quelconque mauvaise intention ? Mais, depuis le drame, tout avait été relu et comparé et on n’avait pas mis longtemps pour capturer les premiers Mutualistes ayant participé à la préparation de l’attentat. Leurs interrogatoires par des Mentaux avaient permis de remonter la piste jusqu’ici.
L’organisation terroriste exploitait la technique du clonage à grande échelle de ses membres principaux, un millier d’après les documents reçus. Ils se transféraient régulièrement dans de nouveaux corps et poursuivaient leur quête en se sacrifiant aussi aisément qu’une version d’eux-mêmes prenait vie ailleurs. Ensuite gravitaient, autour de ce cœur, des sympathisants « normaux » répartis sur tout l’univers connu, parfois utilisés comme messagers, espions ou tout simplement comme chair à canon dévouée.

Sous le regard atterré des autres membres de son commando, le Stuffy du ministère se dressa au-dessus des buissons. Il laissa tomber au sol la majeure partie de son équipement, se contentant d’un révolver et de vêtements légers. Sac à dos, gilet pare-balle, casque... même son bonnet resta sur place. D’une pensée, il donna l’ordre de se replier et descendit, prudemment, vers l’entrée de la mine.
Ses hommes devaient littéralement paniquer à l’idée inquiétante que tous les Stuffy se soient ligués contre l’humanité. Cela les encouragera à se retirer au plus vite : si c’était une rencontre entre Stuffy qui était visiblement attendue côté mutualiste, on risquait de voir anéantir le reste du commando.
Le dernier pas qui le conduisit au terreplein fut de trop et le genou droit hurla : la décomposition de son corps se poursuivait et les douleurs se répandaient maintenant partout. Il ne put retenir une grimace impossible à dissimuler à l’autre petit vieux qui attentait : Stuffy mutualiste arborait un sourire narquois, sa peau était blanche comme une feuille de papier tandis que de profonds cernes bleus entouraient un regard inquiétant. Clairement, leur physionomie à tous deux différait.
Les quatre Stuffy s’étaient clonés dans les seuls corps alors à disposition : les chimères de remplacement non matures du professeur QuartMac. Résultat, quelques mois plus tard, des articulations en décrépitudes, des parties de l’organisme qui ne fonctionnaient plus et une vie de souffrance dans l’attente d’un nouveau corps. Stuffy mutualiste sortit doucement de sa poche une série de comprimés qu’il jeta aux pieds de l’arrivant, alors que des points rouges se promenaient sur sa tête : apparemment, les hommes du commando se refusaient à abandonner leur chef. Il prit la parole :
Dis-leur de s’en aller. Tu pourras leur envoyer un signal pour qu’ils viennent te chercher quand nous en aurons fini. Et ne t’inquiète pas, il ne leur arrivera rien.
Et çà, c’est quoi ? demanda Stuffy du ministère en ramassant la boite.
Un analgésique puissant doublé d’une formule de ma composition pour retarder les effets du vieillissement. Si tu les prends, la différence devrait se faire sentir très rapidement, dans le quart d’heure. C’est très efficace.

Stuffy ministère en fit rouler deux dans la paume de sa main. Était-ce un piège ? Quel serait l’intérêt de le tuer maintenant, l’autre en avait sans doute déjà eu l’occasion. Une drogue quelconque ? Il n’en savait guère plus que ce que Stuffy mutualiste connaissait déjà. Ce dernier reprit :
« Tu peux en avaler trois vu ton état. Moi, j’en ai besoin de deux par jour... pour l’instant. J’espère que de futurs corps sont en maturation de ton côté, les miens seront bientôt prêts.
Décide-toi, moi je rentre. La lumière du soleil m’éblouit et la présence de tes Mentaux me gêne. Rejoins-moi quand tu veux ! »
Stuffy ministère s’interrogea… puis il avala d’un trait trois comprimés en signalant à ses hommes de se replier une fois pour toutes, ordre mental à l’appui.
Enfin, sur une ultime hésitation, il disparut dans l’obscurité de l’entrée à la suite de l’autre Stuffy.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Gvillaume: narration, Leto75: Stuffy Derush/montage: iGerard/`ceco, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

Trailer Episode 1 Forces mentales

Trailer_Ep1_Vdef.mp3

Trailer_Ep1_Vdef.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,1 Mo )

Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

7 Juillet 2018 à 22h (10 PM GMT) sur http://forcesmentales.fr




forces mentales

Podcast
En cours de lecture

Teaser n°2 Série Forces Mentales

BA_stuffy01.mp3

Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

7 Juillet 2018 à 22h (10 PM GMT) sur http://forcesmentales.fr




forces mentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep08

episode353.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 08 : " condamnation (2)"

«  la première défense peut livrer son ultime plaidoyer », lança la voix synthétique de la première intelligence artificielle.
Depuis presque une heure, à peine, la Princesse Azala, sa garde du corps Melba, ainsi que la parlementaire Ci’chi supportaient le feu roulant d’accusations plus loufoques les unes que les autres. On chargeait leurs dossiers de tout et n’importe quoi : ici, la divulgation d’une quelconque annonce top secrète que la Nalcoēhuale aurait glissé à Azala, là, Melba truffant les corridors d’émetteurs dissimulés. Pour la superbe, on reprocha même à la jeune femme les mauvaises expressions de son traducteur.
Si l’issue n’était pas gravissime, la peine « maximale » ayant été largement et clairement demandée — exigée — par l’accusateur public, le comique de la situation prêterait à rire à gorge déployée. Mais quel était donc le système judiciaire qui ne permettait pas aux avocats de présenter des témoins ou des preuves ? Seuls les éléments à charge étaient montrés à la cour. Enfin, la présidence du tribunal se résumait à trois armoires noires brillantes dont une console clignotait en haut de la face avant. Non seulement ces machines ne faisaient que donner la parole à l’un ou l’autre, mais Azala aurait bien aimé savoir comment elles pouvaient se faire une idée de ce qui leur était livré. Si tant était que ce terme ait un quelconque sens pour elles.
Elle croisa le regard de Melba, à quelques mètres d’elle. Les accusées avaient été séparées pour les empêcher de communiquer entre elles et un brouilleur psychique avait été placé autour de chacune. Elles étaient isolées dans une sorte de cabine de verre renforcé, un unique garde, qui se curait consciencieusement les ongles derrière elles, les surveillait, débonnaire.
L’expression dure de l’ancienne Lakedaímōn (l’ancienne garde royale sur MaterOne) prouvait qu’elle ne se laisserait pas exécuter sans combattre. Azala tenta un sourire réconfortant qui ne combla en rien son amie. De l’autre côté, sur sa droite, Ci’chi souffrait visiblement. On la sentait sur le point de s’évanouir apparemment sous l’influence de quelque drogue (peut-être était-ce le cas, mais la princesse soupçonnait que le brouilleur assigné à la parlementaire était responsable de son état. Sans doute l’avait-on réglé — volontairement ? — trop fort).
Pendant ce temps, l’avocat de Ci’chi terminait sa défense :
... cliente a refusé de reconnaitre les faits qui lui ont été reprochés. Était-elle dans son droit de ne pas cautionner cela ? Oui, fort heureusement, car les libertés des accusés ne sont pas lettre morte. Les preuves que l’on nous a montrés l’accablent et parlent d’elles-mêmes. Par son statut et sa responsabilité de représentante du peuple, mis en suspens le temps du procès, je demande... la clémence. Merci à vous !
la seconde défense peut présenter son ultime plaidoyer, lança alors la seconde intelligence artificielle.
Mes chers confrères ! Mais que vois-je ? Est-ce ainsi que nous traitons les diplomates étrangers qui viennent dialoguer en notre sein ?
Azala leva un sourcil. Le juriste chargé de la défendre n’avait pas fait preuve de véhémence et elle n’attendait guère plus de lui que de celui de Ci’chi. Pourtant, cette entrée en matière surprenait, il poursuivit :
Lorsque nous voyons ce tribunal militaire aux normes uniquement conçues pour la condamnation facile, on s’interroge bien de savoir si l’État n’avait pas à y gagner quelque chose dans l’élimination, oui je prononce ce mot, l’élimination de ma cliente.
Je demande donc également la clémence. Merci à vous !
la troisième défense peut présenter son ultime plaidoyer, déclara le timbre sans âme de la première machine.
Quoi, c’était tout ? La princesse toqua plusieurs fois à la vitre avant que l’avocat ne réalise que sa cliente voulait lui parler. Un peu gêné, il se décida, après quelques secondes de réflexion, à ouvrir une petite trappe destinée aux discussions de la défense. La voix du troisième ténor du barreau couvrait quelques-unes de leurs paroles :
Vous désirez ?
... désarmer, voir tuer à mains nues n’était pas à proprement parler une preuve de méchanceté...
Navré de vous déranger et toutes mes félicitations pour votre plaidoyer tout en grâce et en finesse, commença la princesse de sa meilleure hypocrisie. Je voulais vous demander... avez-vous déjà gagné un procès ?
... mais que l’abus qu’en a fait ma cliente devrait effectivement être puni...
Moi ? Mais pourquoi ? Je ne suis pas payé pour gagner, mais pour proposer de beaux discours de fin. Je trouve aussi que celui que je viens de prononcer était plutôt bien.
Heu... si c’est tout, je vais me mettre en place pour le verdict. C’est un moment important où les caméras cadrent bien sur les avocats.
M... merci, mon brave. Je comprends parfaitement, je vous souhaite un bon… verdict, donc.
Ah, mon collègue a terminé. Merci à vous également ! dit-il en refermant prestement la trappe.
... donc nous n’accepterons pas la peine de mort sans protestations. Merci à vous !
Azala regarda les trois ordinateurs qui clignotaient frénétiquement. Comment pouvait-on être certain de l’impartialité de ces juges ? D’un autre côté, vu ce qui leur avait été présenté et si elles s’en tenaient uniquement à cela, la cause devait être entendue. Finalement, des règles de droit transgressif et des machines sans âme pouvaient parfaitement fournir un résultat très convenable pour toute institution désireuse de condamner facilement sans être accusée de fraude.
« Article sept, alinéa quatre du Code pénal... révision A » hurla soudain Ci’chi.
Azala sursauta. Dans le silence qui précédait la sentence des ordinateurs, la voix tonitruante, certainement doublée d’une impulsion psychique qu’on pouvait imaginer contournant le brouilleur, surprit tout le monde. Même les juges semblait-il, car le troisième donna de son timbre monocorde :
vous faites appel à l’ancienne loi relative aux retours sur enquête ?
Cet article a été retiré, poursuivit la première intelligence artificielle. Vous n’y êtes pas autorisée.
Aussi étrange que cela paraisse, Ci’chi sourit et lança sereinement, toujours d’une voix tonnante :
Sauf que la procédure actuelle a failli concernant l’article trente-quatre, paragraphe six, alinéa douze : « Aucun document lié à l’accusation ne devra être présenté à un inculpé hors de l’enceinte du tribunal ». La députée Loxa m’a pourtant projeté l’hologramme d’un texte listant les griefs qui me sont reprochés, mes souvenirs sont à la disposition des greffiers.
Or, comme il est d’usage en référence à la jurisprudence du troisième cycle, dans l’arrêté du soixante-quatrième mois, si le nouveau Code pénal faillit, il est possible de revenir au précédent s’il ne contient pas les mêmes omissions.
La parlementaire Loxa devra répondre de ses actes devant la justice. Cela ne compromet pas le Code pénal actuel.
Loxa préside au comité de salut public, contra Ci’chi, certaine d’elle-même. Elle se retrouve donc membre de la juridiction suprême... vous ne pouvez appeler à comparaitre votre chef, mesdames.
Azala n’en revenait pas. Malgré sa méconnaissance du système judiciaire nalcoēhual, elle comprenait parfaitement que la vieille députée, visiblement férue de textes de loi, avait laissé le procès se dérouler pour apaiser leurs ennemis et mieux les surprendre à la dernière minute. Il suffisait de constater le retour précipité de l’accusateur public, parti quelques secondes se chercher une boisson chaude. L’imbécile venait de briser sa carrière.
La seconde intelligence artificielle reprit la parole :
la démonstration est exacte et la preuve est faite. Ce tribunal se réinitialise sur la base du Code pénal A. L’accusée Ci’chi a activé l’article sept, alinéa quatre. Prenez-vous l’ensemble des accusations à votre seule charge ?
Oui, répondit-elle sans faillir.
Puis elle se tourna vers Azala. Au travers des deux vitres, cette dernière lut distinctement les vieilles lèvres bleues prononcer un...
...« Bonne chance » dans la langue commune de l’humanité.
  la peine par neutralisation dans le vide spatial est requise et appliquée immédiatement à l’encontre de la prévenue Ci’chi, poursuivit la seconde intelligence artificielle.
Plusieurs accroches sautèrent à la base de la cabine de la députée et elle s’enfonça en un souffle dans les profondeurs du tribunal. L’ouverture se scella et tout fut terminé. Posément, sans une once de sentiment pour celle qu’elle venait d’envoyer à la mort, la machine poursuivit :
  Le signal de destruction a été reçu. La condamnée Ci’chi est décédée ce dix-huitième mois du cinquième cycle. La peine des prévenues humaines Azala Lanik Magnam V et Melba est désormais commuée en cryogénisation jusqu’à ce que l’histoire les juge d’ici douze cycles. 
Le mot de la fin fut pour la troisième :
la justice est rendue et la loi fut appliquée. Paix et prospérité. Déconnexion des intelligences artificielles de délibération 
Et les trois cadrans lumineux s’éteignirent alors que plusieurs gardes entrèrent et se placèrent à l’ouverture des cabines d’Azala et de Melba. Cette dernière ne put que suivre rageusement celle qu’elle avait juré de protéger.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Rafa96: narration, Fallen Swallow (Ci'chi), Elioza(azala), Bohort (avocat ci'chi & IA1), Lorendil (Avocat Azala & IA2), Guilitane (avoca Mela & IA3) Derush/montage: Coles/MTIce, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep07

episode352.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 07 : " condamnation (1)"

La parlementaire Ci’chi avançait au rythme de ses gardes qui la maintenait solidement menottée et serrée entre eux. Pas de brutalité, non, mais un pas martial que l’ancienne Nalcoēhuale n’avait pas le souvenir d’avoir connu... ou était-ce parce qu’elle n’avait jamais été inculpée ? Chaque claquement de talon sur le sol la faisait frémir.
Loxa et Huate n’allaient tout de même pas oser aller jusqu’au bout de cette pièce de théâtre, c’était simplement inimaginable ? Si la république commençait à se saigner elle-même, de quoi pourrait-elle se prévaloir face à des empires dictatoriaux comme ceux de Ragnvald ou de MaterOne ?
Même dans ses premières expériences de la politique, alors qu’elle n’était encore qu’une jeune Huitlalcoh, elle n’avait jamais envisagé les débats d’idées, parfois houleux, susceptible de se terminer par une condamnation à mort. Car elle n’était pas stupide, le simulacre d’un procès devant une cour martiale était connu d’avance, mais habituellement destiné aux militaires et surtout dans les cas de désertion et d’erreurs ou actes graves. Pas pour des civils et certainement pas pour des représentants du peuple tels que des parlementaires !
Étrangement, ses gardes tournèrent à un embranchement dans une mauvaise direction, quelle surprise lui réservait-on encore ?
Tous les corridors de cet espace pénitentiaire se ressemblaient, mais il lui semblait que les influx télépathiques aux alentours changeaient sensiblement. Elle pouvait ressentir de la peur, voire même de la souffrance...
Du coin de l’œil, elle scruta au-delà de l’entrebâillement d’une porte et remarqua fugitivement un Nalcoēhual solidement attaché à une table. Plusieurs infirmiers jonglaient avec des fioles multicolores et des aiguilles pour lui injecter des drogues. Que se passait-il ici ? Elle n’osait pas penser le mot qui lui vint naturellement à l’esprit :
« On torturerait donc dans le Cercle-de-Khabit ? Où cela n’avait-il jamais vraiment cessé ? »
murmura-t-elle à voix haute, avant qu’un coup sec dans les côtes ne la rappelle au silence. Le regard de celui qui l’avait frappé semblait aussi dur que l’acier, depuis combien de temps formait-on des bourreaux dans les écoles militaires de la république ?
Ascot-8 était le numéro de la pièce devant laquelle on l’arrêta. Le soldat de gauche lança un signal psychique à l’intention de l’intérieur, puis le trio attendit qu’on daigne bien leur ouvrir. Aucun influx particulier ne ressortait de l’écoute des pensées de l’autre côté de la paroi. Aurait-elle droit, elle aussi, à ces infirmiers avec leurs potions diaboliques ou lui réservait-on un traitement « à l’ancienne » à base de coups et d’humiliations de toutes sortes ? Jusqu’où le système militaire est-il tombé ?
La porte s’ouvrit sur une apparition franchement inattendue : la députée Loxa, debout et couverte de bien moins de pansements que lors de la dernière session parlementaire, l’accueillait avec deux tasses à la main. De sa voix nouvellement retrouvée, elle déclara avec une joie parfaitement simulée :
« Ci’chi, vous voici enfin, c’est un réel plaisir de vous revoir ! Mais que vois-je ? Allons, soldats, ce ne sont pas des manières pour traiter une personnalité telle que notre élue. Veuillez lui enlever ses menottes et nous attendre. Entrez donc, Ci’chi. »
Une fois libérée, la vieille Nalcoēhuale s’exécuta tout en frottant ses poignets endoloris : mais que mijotait la chef du mouvement « extrême haut » ? Celle-ci ferma la porte et se dirigea vers une petite tablette de côté où trônait une théière fumante. Elle s’installa dans l’une des deux chaises, invitant son hôte à prendre la seconde.
La modeste pièce était vide de tout autre mobilier excepté... excepté une longue table inclinée avec des sangles ouvertes trainant négligemment dessus. Alors qu’elle servait le breuvage, Loxa intercepta le regard de sa collègue :
Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas pour vous. Nous sommes juste ici pour bavarder tranquillement. Un peu de lait de Zlabot dans votre tasse ?
Non merci, je ne suis pas certaine de pouvoir l’avaler. Qu’est-ce que c’est que tout cela Loxa, où sommes-nous ? Qui sont ces prisonniers que l’on interroge et... vous les torturez, n’est-ce pas ?
Moi ? Absolument pas, répondit la parlementaire en déposant la tasse de Ci’chi face à elle. Vous confondez mes responsabilités au Comité de salut public et les actes individuels de quelques militaires trop zélés. Nous sommes ici pour discuter, vous disais-je, et...
Donc vous ne cautionnez pas ces actes, la coupa-t-elle. Vous allez y mettre un arrêt immédiatement !
Pas question.
Les deux Nalcoēhuales se mesurèrent du regard, on pouvait même sentir quelque chose d’électrique entre elles, comme si leurs pouvoirs psychiques se jaugeaient en vue d’un affrontement direct.
Ce fut la parlementaire aux pansements qui brisa la tension sous une grimace :
Ouch... ma migraine revient. C’est un souvenir de votre cher Empereur-Dieu lorsqu’il a attenté à ma vie, voyez-vous ? Elle laissa s’écouler quelques secondes, puis reprit : venons-en au cœur du sujet, ce procès n’a aucun sens et nous le savons toutes deux. Je vous propose donc d’y mettre un terme, pour que nous passions à autre chose.
Il a été annoncé en séance plénière, alors que les CyberNals de l’amiral Huate prenaient possession du parlement. Je ne vois pas quel arrangement je pourrais espérer.
Tenez, regardez cela... lui répondit simplement Loxa, une tasse de thé aux lèvres, tandis qu’elle lui tendait plusieurs cartouches de données.
Ci’chi s’en saisit, dubitative, et plaça la première sur le coin de table marqué d’un cercle. Immédiatement, la lumière de la pièce baissa et l’impression holographique d’un palmier se dessina au-dessus des deux parlementaires.
La vieille Nalcoēhuale reconnut la représentation avec surprise :
C’est un... un arbre ? J’ignorais que l’on pouvait en trouver ailleurs que dans la pépinière des Huitlalcohs, en tout cas pas des vrais.
Lors de l’attentat contre ma personne, ce magnifique spécimen a été détruit par les flammes de l’explosion. Il avait pourtant plusieurs centaines de cycles et provenait d’un petit plant congelé que mon père avait reçu de mon grand-père. Cela remontait jusqu’à Veora...
Ci’chi, sous le charme des grandes feuilles vertes, ne put s’empêcher de s’intéresser à cette rareté. Le nombre d’arbres dans le Cercle-de-Khabit se comptait sur les six doigts d’une main.
Cette plante venait de Veora ? Vous l’avez fait pousser ici, sur Ti’ltchiti ?
Pas moi, mon père, expliqua-t-elle une touche nostalgique dans la voix.
C’est que ce plant avait une histoire. Notre lointain ancêtre avait été acheté comme esclave par un humain en échange de ce même plant. Lorsque les combats se rapprochèrent de la propriété, il tua son « maitre » et retrouva celui qui l’avait vendu, ainsi que le plant encore congelé.
Bref, c’est un symbole de liberté et de résistance contre « l’humanité » que l’Empereur-Dieu a anéanti.
Je vois. C’est effectivement une perte regrettable... passons à la suite.
À contrecœur, Ci’chi échangea la première cartouche avec la seconde et ce fut un document de plusieurs pages qui s’afficha entre les deux députés. Alors qu’elle parcourait les premières lignes, la vieille Nalcoēhuale se rembrunit, puis sentit monter en elle une colère froide au fur et à mesure de sa lecture. Le masque de Loxa tombait et le sens de ce rendez-vous apparaissait enfin.
Les dents serrées, elle cracha plus que ne parla :
Il est abject de votre part de me proposer la liberté en échange de la signature de... de ce déchet !
Allons, il ne s’agit que de quelques paragraphes où vous avalisez les accusations portées contre vous. Mais, comme dit le proverbe, « faute reconnue entraine la clémence ». Vous n’aurez qu’à parafer les pages et retenir les principaux arguments qu’il faudra réciter lors du procès.
Une fois cela fait et compte tenu de votre âge et de votre fonction, votre peine sera commuée en une sorte de disgrâce sans conséquence.
La parlementaire Ci’chi quitta la table et se dirigea vers la porte.
Je n’ai rien fait de ce qu’il y a d’écrit sur ce torchon ! Aucune collusion avec l’ennemi, aucune corruption ni trahison de secrets ! Vous nuisez au peuple nalcoēhual par vos actes et je suis déjà certaine que cela nous coutera très cher à tous !
Attendez, souffla Loxa en la retenant par la manche. Savez-vous que j’ai dû jouer de mon influence sur Huate et le conseil pour obtenir cette possibilité ? N’avez-vous donc pas reconnu les prisonniers torturés dans cette aile du centre pénitentiaire ?
Ci’chi fut soudain prise d’un doute. Elle laissa son esprit vagabonder dans les geôles proches et ce qu’elle découvrit l’horrifia. Mais comment avait-elle pu rater cela ? Loxa enchaina :
« Vous les reconnaissez, n’est-ce pas ? La parlementaire Ho’lioa, les assistants Vagh’iot et Et’izot et même plusieurs membres de la caste des Huitlalcohs. »
Elle saisit les cartouches pour les tendre à nouveau à la vieille Nalcoēhuale, ce qui eut pour effet de remettre la lumière et faire disparaitre la projection.
C’est une faveur, Ci’chi. Si vous reconnaissez vos fautes, nous pourrons limiter la répression à la portion congrue et nous concentrer sur la défaite de nos ennemis !
Comment cela, quelle répression ? rugit l’autre en arrachant sa manche à la prise de sa vis-à-vis.
La parlementaire Loxa se rembrunit, visiblement insatisfaite d’être entrainée sur ce terrain. Elle répondit pourtant à la question :
« Vous croyez que nous ignorons qu’un nettoyage serait préférable pour purger l’administration et les forces de sécurité de tous les éléments subversifs acquis à votre cause ? »
Ci’chi se saisit des cartouches et les jeta négligemment dans la théière. Le plouf résonnait encore dans la pièce vide qu’elle ouvrait déjà la porte, non sans glisser à l’intention de Loxa :
« Vous n’avez jamais eu l’intention de me libérer et vous n’aurez aucune preuve de ma part pour cautionner votre délire paranoïaque. Je préfère la mort à la déchéance, c’est quelque chose que vous apprendrez certainement un jour également.
Gardes ! Conduisez-moi à mon tribunal, une condamnation est en souffrance... la mienne. »
La porte se referma automatiquement sur Loxa, la laissant seule avec une longue table inclinée aux sangles ouvertes trainant négligemment.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, Fallen Swallow (Ci'chi), Eloanne (Loxa) Derush/montage: Gvillaume/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep06

episode351.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 06 : " Rencontre du 5e type (3)"

 L’Agent mental n’était plus qu’à quelques secondes d’atteindre la conscience. C’était aussi désagréable que de se réveiller tout barbouillé d’une opération chirurgicale, un moment où les esprits éveillés et somnolents se mêlent dans un patchwork aux airs impénétrables.
« Idn’t tok bla. Wiir’hanld, sih’te ! »
Quels étaient ces sons qui lui parvenaient ? Non pas des sons... des pensées à peine voilées, mais au sens incompréhensible. De la panique y transpirait, c’était quelque chose de facilement reconnaissable, car universel, lié à l’existence de la vie elle-même. Qui que soient ses geôliers, ils s’inquiétaient terriblement.
« Thl’a ! »
Un rayonnement lui traversa brusquement la tête, comme des pieux surgissant de nulle part qui transperceraient ses chairs pour le maintenir crucifié. Sous la force de la chose inconnue, il fut repoussé loin dans les profondeurs du sommeil, incapable de remonter à la surface. Pourtant, le moi était toujours actif, cela faisait partie intégrante de l’entrainement d’un agent mental que de pouvoir « exister » à plusieurs étages d’éveil, jusque dans l’inconscient.
Stuffy tenta de déduire ce qui pouvait l’être de ce premier échec :
« Ils doivent utiliser une sorte de machine émettant un flux psychique. C’est dans l’idée des amplificateurs que j’avais dans la capsule, mais en bien mieux... 
Ce n’est pas ceux de MaterOne : je l’aurais su et ils sont maintenant loin. Par contre, si j’ai été trouvé, c’est peut-être simplement, car ceux-là suivaient l’armada et je me suis bêtement retrouvé sur leur chemin à hurler partout !
Ce sont des Mentaux qui parlent une autre langue, une branche dissidente, peut-être ? »
Depuis longtemps, les Forces mentales accumulaient des preuves de l’existence d’êtres aux pouvoirs psychiques chez les pirates. Il était tout à fait envisageable qu’au-delà de la Passe de Magellone, cette mouvance ait pu se regrouper en de puissantes fratries capables de développer ce potentiel et la technologie adéquats.
Non, cela ne collait pas. Les pirates conservaient de leur culture nordiste traditionnelle un appétit pour le contact physique. Suffisamment pour considérer les pouvoirs psychiques comme un atout, mais pas forcement comme une arme à généraliser, sans parler des moyens à mettre en œuvre pour concevoir et usiner tout cela. C’était difficile à imaginer.
Stuffy observa le rayonnement qui s’atténuait jusqu’à lui. Le repoussoir agissait en profondeur, pourtant... pas autant que ce que l’on pouvait obtenir avec deux Mentaux bien formés. Face à un agent entrainé, cela risquait de fournir des marges de manœuvre au prisonnier, ce dont Stuffy s’empressa de profiter. Par exemple, ce rayonnement semblait parfaitement homogène en matière de pulsations rythmiques, par contre sa diffusion laissait à désirer.
Le Mental se concentra, modifiant sa forme astrale, s’étirant à en devenir proportionné comme un serpent-annulaire et s’élança. Il fallait faire vite avant qu’une quelconque surveillance ne détecte sa progression. Barre à droite, circonvolutions à gauche, double crochet et pirouette, tel un beau diable Stuffy longeait chaque faille, profitait de toute ouverture dans l’influx extérieur pour se rapprocher toujours plus de la sortie et de son éveil !
« Ognozok Ath. Etakanotak, It’ske! »
Il dépassait déjà la limite précédente d’où il avait été repoussé. Le Mental en voulait pour preuve d’entendre à nouveau les bourdonnements de pensées. Dans une large et complexe spirale, Stuffy atteignit finalement l’ultime frontière, celle au-delà de laquelle il pourrait se réveiller. Sans attendre une seconde de plus, il s’élança au travers, ne percevant au loin que des tonalités anodines comme si ses geôliers se sentaient en sécurité. Ils n’avaient mis personne en surveillance, s’en remettant à l’efficacité théorique de leurs appareils.
« Grave erreur... » murmura l’Agent mental en ouvrant les yeux.

Il était entièrement nu et sanglé sur une table inclinée, la tête enserrée dans un étau métallique dont il pouvait ressentir l’électricité statique. Au-dessus de lui, une sorte de grande araignée incrustée dans la structure descendait jusqu’à quelques centimètres de son visage, s’ajustant en permanence tel un objectif qui ferait continuellement le point. Le reste de la pièce ressemblait à presque tous les compartiments des vaisseaux de l’espace, avec ses quelques mètres carrés (bas de plafonds), son sas ouvert, ses ordinateurs et interfaces fondus dans la paroi et sa lumière diffuse à dominante bleue.
Deux êtres lui tournaient le dos, deux non humains. Stuffy réprima un hurlement de surprise, ne pouvant que constater leur masse corporelle tassée, leur peau foncée virant au noir, leurs antennes et leurs six doigts compulsant frénétiquement les claviers virtuels. L’un était un peu plus grand que l’autre et il semblait émaner de lui plus d’impulsions psychiques, sans doute le responsable pour le duo. Car il s’agissait de militaires ou d’un quelconque corps nécessitant ces symboles (des grades ?) marqués sur les épaules.
Brusquement, tous les senseurs pointés sur son visage refluèrent et l’espèce d’araignée électronique poussa un croassement qui se révéla être une alarme, alors qu’elle se repliait dans le plafond. Les deux individus tournèrent vers lui de larges yeux globuleux jaunes que l’absence de nez et un goitre disproportionné mettaient encore plus en évidence.
Stuffy secoua ses liens : rien à faire, il était solidement attaché, plus d’autre choix que d’attaquer !
Tentant le tout pour le tout, il abaissa ses barrières et lança un balayage mental direct sur le chef, celui au potentiel psychique qu’il estimait le plus important (la technique de combat basique : neutraliser d’abord le plus fort pour s’occuper du plus faible ensuite). L’individu reçut la projection de plein fouet et, pris par surprise, ses défenses se brisèrent net sous l’impact. Stuffy n’en revenait pas d’avoir atteint si facilement sa psyché profonde.
« Merde, c’est incompréhensible là-dedans ! Ils ont une manière différente de concevoir les idées, ça va être difficile de m’y retrouver... » commenta-t-il.
Il n’eut pas le temps de pousser plus loin son analyse : le second prenait à sa ceinture une poignée surmontée d’une sorte de chose ovale. Pas besoin d’être devin pour y voir une arme de poing. L’autre leva l’objet, visa Stuffy... et s’effondra, foudroyé par un tir de son chef. L’agent mental souffla, les contrôles physiologiques ne se différenciaient pas tant que cela des humains et il avait même cru déceler une forme de soulagement dans l’esprit qu’il asservissait (les liens entre collègues semblaient aussi chaotiques ici qu’ailleurs). Il fut plus corsé de l’obliger à défaire ses attaches qui, fort heureusement, étaient toutes contrôlées par un connecteur sur le coté de la table.
Quand Stuffy était sorti de l’université mentale, une promotion ou deux avant celle — célèbre — de Ralato et Fabio Ouli, « piloter » un être vivant n’était possible qu’avec quelques batraciens et encore. Il avait été dans les premiers du programme pilote des Forces mentales à mouvoir le bras ou la jambe d’un autre. Mais maintenir ce... N’l — co-h’al, ou quelque chose d’approchant, sous sa coupe était un exploit dont il ne se serait jamais cru capable.
Son nouveau corps était probablement la clé de cette performance : d’une manière ou d’une autre, la matière organique composant son cerveau de chimère permettait une plus grande fluidité des connexions et, par conséquent, un pouvoir accru. Il contourna le chef hiérarchique du laboratoire et coupa l’alarme par un petit bouton fiché dans la paroi :
« C’est bien celui-là, hein, bonhomme ? Bon, donne-moi ton machin. Rouge on tue, vert on assomme...
Essayons. »
Dans un éclair bleu du paralyseur, le Nalcoēhual s’effondra tandis que Stuffy passait déjà le sas, arme bien tendue. Personne dans le couloir, mais l’alarme allait forcément attirer l’attention. Il scella l’entrée et détruisit la commande d’ouverture d’un coup de rayon.
« Efficace, ce machin. Bon, mon Stuffy : mission une, trouver un abri en évitant de se faire repérer et, mission deux, il jeta un œil à son torse musclé couvert d’un duvet châtain clair, puis ajouta : ne plus me retrouver à poil ! »
Il s’élança vers le corridor de gauche.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Coupie: narration, Leto75: Stuffy, Kabesso: soldats nalcoehuals Derush/montage: Guilitane/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep05

episode350.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 05 " Rencontre du 5e type (2) "

Stuffy évoluait dans une large étendue de mélasse noire que perçaient occasionnellement d’étranges petites bulles arc-en-ciel. Certaines le reflétaient, d’autres pas, mais elles éclataient toutes à quelques mètres de hauteur, libérant de cotonneux nuages qui se dissolvaient dans le vent. Car, dans ce ciel à peine moins sombre que sa mer de matière gluante, l’air se mouvait, parfois violemment. Un quart d’heure plus tôt, des éclairs zébraient encore le firmament soudain tourmenté par des tourbillons plus ou moins clairs, mais cela s’était terminé brutalement.
« Y’A QUELQU’UN ? » hurla Stuffy face à l’immensité.
Peu de chance que l’on réponde, bien que sa chance ait démontré l’inverse il n’y avait pas si longtemps... comment au fait ?
« QUARTMAC ! » cria-t-il alors que des bribes de souvenir remontaient de sa mémoire.
Au même instant, plusieurs énormes bulles crevèrent la surface au loin pour s’élever à une centaine de mètres de hauteur. Lorsqu’elles éclatèrent, les nuages qui s’en dégagèrent couvrirent une large étendue qui, miracle, colora la mélasse noire. Celle-ci devint belle et bleutée, transparente et scintillante durant quelques secondes avant que l’obscurité n’étouffe ce moment de féérie fugitive.
Stuffy resta sans voix, avant de se reprendre. Difficilement, il nagea vers l’endroit où le phénomène s’était produit, mais dut se rendre à l’évidence une fois sur place : tout avait disparu.
« EST-CE QU’IL Y A QUELQU’UN ? » tenta-t-il une dernière fois.
Ce furent les éclairs explosant dans le ciel qui lui répondirent. La tempête ne se déchaina pas seulement au firmament, mais troubla également la platitude monotonie de la mélasse qui gronda et s’agita comme elle ne l’avait encore jamais faite. L’Agent mental lutta tant bien que mal pour demeurer en surface, ce qui ne s’avéra pas si difficile vu l’inertie du liquide composant sa « mer ». Pourtant, dans un creux plus profond que les autres, il se retrouva brusquement débordé, la tête sous l’eau !
D’abord perdu dans l’obscurité, il lui sembla discerner quelque chose plus bas, comme une lumière tamisée qui infusait doucement au travers de la matière gluante. Malheureusement, la pression augmentait au point que chaque centimètre de descente le comprimait plus et lui imposait des efforts surdimensionnés. Il abandonna et remonta prendre son souffle.
Une fois à la surface, Stuffy ne put que constater le retour à la normale : la tempête s’était dissipée et la mer noire redevenue d’huile comme si rien ne s’était passé.
« Bon, faisons le point, se lança-t-il à lui-même en entamant une brasse tranquille vers nulle part. L’étendue de pétrole, le ciel bas et des éclairs... des bulles arc-en-ciel plus ou moins grosses et quelque chose de brillant là-dessous.
Ça me parle, mais de quoi ? »
Il respira profondément et se retourna, laissant à ses jambes le soin d’assurer la propulsion de son corps. En face, c’était le ciel, gris foncé, imperturbable... quoique certaines taches plus claires semblaient ne pas vouloir être englouties par l’obscurité ambiante.
Comment s’était-il retrouvé là ?
« QuartMac, le savant, murmura-t-il pour lui-même... la capsule, le nouveau corps… »
Immédiatement, une nouvelle ébullition s’enclencha, libérant des bulles de bonne dimension dont l’une surgit juste en dessous de lui. Stuffy en profita pour s’accrocher et se laisser emporter à plusieurs mètres de hauteur... jusqu’à ce qu’elle éclate ! L’Agent mental saisit l’occasion et plongea, s’enfonçant bien plus profondément sous la surface que la première fois, laissant derrière lui l’auréole d’un impact qui s’atténuait doucement.
La pression était forte là-dessous, mais pas autant qu’il l’aurait cru : une fois les premiers mètres traversés, l’effet s’inversait et elle diminuait avec la distance. Stuffy poussa de toute l’énergie de son nouveau corps, se frayant un chemin au travers du liquide environnant.
« Nouveau corps ? se surprit-il à penser. Mais oui : j’ai un nouveau corps, une chimère toute propre, c’était avant que la capsule ne... »
Grondement et remue-ménage aquatique : un flux d’une dizaine de bulles remonta vers lui et le repoussa rapidement des profondeurs, rejetant le nageur à la surface telle une branche d’arbre.
Alors qu’il laissait son souffle revenir à la normale, Stuffy observa les alentours. Autour de lui, la mélasse d’huile restait imperturbable, comme le ciel toujours délaissé par les orages, rien ne semblait avoir changé... pourtant, il esquissa un sourire : il venait de comprendre qui il était et où il se trouvait. En réponse à son expression, plusieurs grosses bulles pointèrent de dessous la surface, prêtes à troubler la quiétude toute relative de l’environnement. L’une d’elles monta encore à l’exacte verticale de l’Agent mental qui se prépara à la recevoir.
« J’ÉTAIS DANS MA CAPSULE, JE DEMANDAIS DE L’AIDE ! » cria-t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
La sphère arc-en-ciel était plus épaisse et plus large que les autres, Stuffy réussit à maintenir sa position sur elle alors qu’elle quittait la mélasse. À la base, seules quelques gouttes rebelles rejoignirent l’immensité liquide alors qu’elle s’élevait.
« UN VAISSEAU EST ARRIVÉ, UN MODÈLE INCONNU ! »
Dix mètres, vingt mètres, la sphère multicolore montait encore et encore. Stuffy, plus confiant que jamais, se redressa et s’essuya sommairement la chemise et le pantalon. À chacun de ses gestes, des morceaux entiers de mélasse glissaient sur ses vêtements, ne laissant aucune trace.
« Bien évidemment, murmura-t-il, car rien de tout cela n’existe. Il caressa la surface irisée sous ses pieds : merci d’être là, Maman. Enfin, il fixa le plafond nuageux en hurlant à nouveau :
J’AI ÉTÉ CAPTURÉ ! »
Au même instant, une nouvelle tempête se déclencha, plus violente que jamais. Les flashs de lumières vrillaient le ciel où les tourbillons luttaient entre gris clair et gris foncé dans un malstrom impressionniste. Le vent poussa la bulle de souvenir vers les cieux, encore plus haut que toutes les autres...
« JE SUIS DANS LE MOI DE STUFF MACDONE ! VOUS QUI N’ARRIVEZ PAS À TRAVERSER MES BARRIÈRES, J’ARRIVE ! »
Les éclairs frappèrent une dernière fois puis se turent, alors que la sphère traversait le plafond de nuages. Il était en veille mentale, au cœur de son esprit, ses protections psychiques levées par des années de réflexes et, dehors, quelqu’un ou quelque chose tentait d’en forcer l’entrée.
« QUI QUE TU SOIS, ENFOIRÉ, ME VOILÀ ! » hurla l’Agent mental en disparaissant dans le ciel qui symbolisait ses défenses, propulsé par un souvenir bien plus grand que tous les autres... celui de sa mère.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Tristan: narration, Leto75: Stuffy Derush/montage: iGerard/MT_ice, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep04

episode349.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 04 " bilan "

L’amiral Huate montait le large escalier qui conduisait au bureau de la parlementaire Loxa, attenant à la salle du Comité de salut public nouvellement créé. Cette instance, prévue dans l’état d’exception voté par l’assemblée, regroupait théoriquement un nombre réduit d’élus et de membres des forces de sécurité. Elle concentrait, sur la période d’un quart de cycle renouvelable, les pouvoirs exécutifs, législatifs et même certaines prérogatives judiciaires. Dans la réalité, Loxa et Huate en tenaient les rênes, transformant les séances du comité en simple chambre d’enregistrement.
Le secrétaire lui ouvrit immédiatement les portes, preuve que son arrivée était attendue... fébrilement. Ce que les premières pensées de Loxa confirmèrent :
C’est un désastre militaire que nous allons avoir à annoncer ! Je vous croyais d’une autre trempe, Amiral !
Paix et prospérité aussi sur vous, Loxa, répondit l’officier supérieur sans se troubler. Oui, nous avons essuyé une cuisante défaite : le décompte précis des pertes nalcoēhuales et matérielles est toujours en cours.
Presque sept-mille morts, rugit-elle, sans compter les disparus et les blessés et une douzaine de croiseurs anéantis ou hors de combat, dont le Calcatli en cale sèche pour plusieurs périodes de rotation ! Quant au résultat de ce carnage, c’est la destruction de... six petites corvettes de Ragnvald.
Huate, d’autres que moi auraient demandé votre tête pour moins que cela !
Huate inspira silencieusement, refusant de se laisser guider par la colère. Loxa n’était pas une militaire comme son père, elle ne comprenait pas qu’un chef ressentait profondément la perte de chacun de ses soldats.
D’une manière ou d’une autre, notre technologie a failli et nous en ignorons la cause. Une petite corvette ennemie semblait avoir la capacité de pulvériser d’un coup n’importe lequel de nos croiseurs, nous récoltons toutes les données pour analyse... et la disparition finale de ce portail dimensionnel ne cadre pas avec nos renseignements. Il n’aurait pas dû pouvoir rester ouvert alors que nos salves le pilonnaient. Là aussi, une enquête est en cours.
Après... si vous me demandez ma démission, je vous la signe dans le décile. Mais cela ne changera pas mon point de vue sur la situation.
Qui est ? interrogea Loxa, un soupçon d’intérêt dans le regard.
Que la direction engagée dans la modernisation de la flotte est la bonne : des appareils moins massifs, mieux armés et surtout bien plus mobiles en combat rapproché. L’époque des cathédrales volantes est révolue, si tant est qu’elle ait existé.
La parlementaire sembla se détendre, s’enfonçant dans son fauteuil. La surface de peau couverte par les pansements se réduisait jour après jour, au point que Huate se demandait si son état lors de la prise de pouvoir au parlement, encore très proche, n’était pas surjoué. Elle n’avait plus besoin de nacelle flottante, par exemple, une rémission miracle ? Toujours était-il que sa voix n’était pas revenue à la normale, l’obligeant à communiquer par télépathie. Les nouvelles lunettes de protection pour ses pupilles blessées permettaient de discerner son regard, ce qui simplifiait les discussions.
Tout en ajustant le foulard dissimulant ses deux antennes encore bandées, elle se perdit dans la contemplation d’un grand tableau holographique emplissant le mur de droite. Il représentait une célèbre bataille à laquelle avait participé son père, dans le système de Chilico, haut lieu de rébellion du Cercle-de-Khabit.
Sans détacher ses yeux de la scène virtuelle, elle reprit la conversation :
Vous faites allusion à ces prototypes « Lan’huitl » qui ont supprimé le traitre protégé par l’Empereur-Dieu ? Je crois savoir que, malgré les belles annonces que vous avez faites au parlement, le premier modèle a été détruit et ce fut un second, arrivé en renfort, qui termina le travail.
Elle se retourna vers l’amiral et lui lâcha sèchement :
« Au prix de ces engins, je ne vois pas vraiment où est la différence avec la défaite que nous a infligée l’Exode ! »
Huate ne releva pas le ton, mais écarta tout aussi sèchement l’argument :
Ces deux appareils ont détruit quatre corvettes ennemies, soit pratiquement le bilan de la dernière bataille. Le retour d’expérience de ces deux conflits va dans le même sens, bien qu’il reste à préciser de nombreux points. J’envisage d’ailleurs d’envoyer des recommandations aux usines d’assemblage qui les conçoivent.
La parlementaire se pencha vers lui, un sourire méprisant au coin des lèvres :
Laissez-moi deviner : vous allez encore demander de nouveaux crédits pour en augmenter la production ?
L’autre se redressa imperceptiblement, peu habitué à ce que l’on s’amuse de ses ordres.
C’est une obligation, au moins pour remplacer notre arsenal perdu. À moins que vous ne vouliez mettre de jeunes marins dans des vaisseaux ayant démontré une absence totale de résistance à nos ennemis ?
L’argument fit mouche et, après quelques secondes de silence, Loxa compulsa plusieurs notes éparpillées sur son bureau. L’amiral remarqua que les parcelles visibles de peau bleue claire de la parlementaire se violaçaient légèrement quand elle était prise au piège.
Soit, fit-elle en secouant subtilement la tête, ce qui eut pour effet de faire bouger son goitre de droite à gauche. Où est donc le dernier Lan’huitl encore en activité ? S’il est le seul apte à nous défendre, je préfèrerais le savoir avec la flotte.
Il suit une autre trace, tout aussi inquiétante. Les retours sont fragmentaires et je voulais attendre d’en connaitre un peu plus avant de vous transmettre un rapport.
Allons bon, soupira Loxa, dites-le-moi maintenant officieusement.
Huate sortit de sa poche une petite carte plastifiée qu’il posa sur un des bords de la table. Automatiquement, l’hologramme de la glorieuse scène murale disparut et afficha à la place les informations codées. Il s’agissait d’une suite de relevés et de représentations de toutes sortes que Huate se mit en demeure d’expliquer à sa vis à vis.
Tout a commencé avec nos radars à très longue distance censés surveiller le territoire de Ragnvald. Ils ont détecté, il y a peu de périodes, une grande quantité de sorties de dimension toutes regroupées à cet endroit, là.
C’est en plein territoire de l’Empereur-Dieu, nota Loxa, pensive. Serait-ce une nouvelle armée de corvette ?
Peut-être... mais regardez ces relevés. Ils nous ont été envoyés par nos croiseurs Hual’patli en patrouille à la frontière. Aucune activité de Ragnvald, voire une baisse de tous les échanges, parfois importante... comme s’ils faisaient le mort alors qu’une flotte inconnue se mouvait à proximité.
Par contre, sur ce graphique, une intensité de signaux électromagnétiques sur une plage de fréquence inhabituelle et... ceci.
Il désigna un tracé qui se détachait des autres par sa couleur. Loxa en lut la légende, surprise :
L’intensité psychique ?
Tout à fait, elle est passée de résiduelle à massive. On retrouve ce genre de relevés d’habitude lorsqu’une population nalcoēhuale s’installe sur une étendue jusque-là sauvage. Il n’est pas possible d’en déterminer la source clairement, comme si un brouillage y était appliqué.
Quelque chose de militaire ?
Sans aucun doute, madame. En tous cas, dans la zone de Khabit, seules les forces de sécurité sont autorisées — et entrainées — à en faire usage. Mais ce n’est pas tout, regardez en bas, voici des valeurs envoyées par le Lan’huitl il y a quelques décilles. Si les radars ne captent pas grand-chose, il a pu obtenir des relevés plus précis des passages et sorties de Transition. Et aucun ne correspond à ce que l’on connait de la technologie de Ragnvald, ou de la nôtre. Par contre, il y a des similitudes avec ce que nous avons pu analysé des moteurs dimensionnels... humains.
Loxa bondit sur son siège.
Une flotte militaire humaine avec des pouvoirs psychiques  ?
Et non seulement l’Empereur-Dieu les aurait laissé traverser son territoire, mais la trajectoire qui se dessine les amène dans la droite ligne de l’Exode. Oui, c’était également ma conclusion.
Donc, poursuivit Loxa, ses grands yeux jaunes exorbités, nous avions raison : ces pseudo « migrants » de l’Exode n’étaient que le faux nez d’une invasion massive !
Correct, madame. Pour en avoir la preuve, j’ai ordonné au Lan’huitl de suivre discrètement la piste et de récolter toutes les informations possibles. Ils n’ont pas encore pénétré le Cercle-de-Khabit, mais ils ne tarderont pas, car, toujours d’après les premières estimations, leur vitesse est bien supérieure aux « transporteurs » que nous venons tout juste d’affronter.
Vous comprenez mieux pourquoi j’insiste sur le réarmement de notre flotte. Une première vague de Lan’huitls devrait sortir dans deux périodes, mais j’ai l’assurance des chaines de montage qu’avec une augmentation des personnels ils pourraient les assembler en moins d’une période et accélérer la production de la seconde vague.
Loxa se leva brutalement de son fauteuil. Elle n’était pas le genre « employé de bureau » à supporter de parler de choses graves derrière une table. Elle tourna donc fébrilement dans la pièce durant plusieurs minutes, obligeant l’amiral à contorsionner son goitre pour la suivre.
Soudain, elle s’arrêta. Le fixant du même regard que son père lorsqu’il arrêtait sa décision pour une bataille, elle donna ses ordres :
Stoppez immédiatement toutes les opérations liées à l’Exode, ils n’étaient qu’une diversion. Regroupez tout ce que nous avons comme appareil de combat dans la république pour contrer l’invasion.
Tout ? s’en étonna l’autre. Certains systèmes comme Chilico ou les frontières requièrent une présence militaire permanente, madame.
J’ai dit tous, trancha-t-elle. Notre ennemi éternel arrive pour terminer le travail entamé il y a des cycles avec nos ancêtres, rien n’est plus prioritaire, RIEN !
Elle se reprit, considérant la personne à qui elle parlait, et ajouta d’une voix plus consensuelle :

« Et ne vous inquiétez plus pour vos chaines de montage, vos crédits sont désormais illimités. »

SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Raoulito: narration, Eloanne (Loxa), Mik180 (Huate) Derush/montage: Miiop/MT_ice, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep03

episode348.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 03 " Rencontre du 5e type (1)"

Au milieu de nulle part, c’est ainsi que l’agent Stuff MacDone, dit « Stuffy », pouvait décrire les résultats des sondages que les maigres ressources de sa capsule de sauvetage lui transmettaient.
Rien, le vide.
« J’espère que tu vas me trouver un programme multivisuel plus intéressant pour les prochains jours, toi. », murmura-t-il à l’intention de son ordinateur central.
Déjà vingt-quatre heures que l’agent des Forces mentales s’était réveillé à l’intérieur d’un quasi-sarcophage, perdu dans l’immensité intersidérale. Allongé à l’intérieur d’un volume à peine plus large que lui, il scrutait l’écran de contrôle, pilotant ce qui pouvait l’être par deux parties de claviers glissées sous ses doigts.
Le responsable de la grande flotte du Chancelier suprême, le professeur QuartMac, l’avait déclaré comme traitre et mutin avant de l’expulser dans l’espace, le destinant à une mort certaine. L’esprit de Stuffy venait alors tout juste d’intégrer un nouveau corps, mettant fin à de longs mois de douleurs ininterrompues à la suite d’une détérioration accélérée du précédent, non mature. Retrouver sa trentaine d’années et sa chevelure brune lui avait pourtant semblé une bonne idée.
La lecture des étoiles par l’ordinateur de bord ne donnait rien, cette partie de l’univers étant en cours de cartographie par ladite flotte. Enfin... c’était une de ses missions, mais pas la principale : les mille croiseurs mentaux devaient anéantir l’Exode et ses trois millions de voyageurs, ce que Stuffy refusait.
« T’inquiète pas, QuartMac... », il paramétra de nouveau quelques senseurs puis poursuivit, « ... je suis certain que quelqu’un te fera regretter d’être venu au monde et j’espère bien être celui-là ! »

Une interface simpliste mentale/machine était installée à bord de chacune des capsules, elle permettait d’amplifier, relativement, les communications psychiques entre les occupants de ces engins de sauvetage. Depuis des heures, Stuffy y hurlait ses appels au secours dans l’espoir qu’au moins un membre de la flotte, un ami si possible, l’entende.
La preuve était faite que tous les agents des Forces mentales, qui représentaient quatre-vingt-quinze pour cent des équipages, ne partageaient pas forcement ses idées. Quartmac n’avait pas pu transborder son corps dans la capsule et procéder à son largage, pour ensuite faire entrer en Transition, sans que des yeux ou des radars indiscrets assistent à l’opération. D’une manière ou d’une autre, des Mentaux — des collègues — l’avaient condamné à une mort horrible sans réagir. Édifiant.
Le capitaine Viggi, peut-être ? Le plus jeune commandant de vaisseau de la flotte, son principal interlocuteur dans la conspiration, s’était montré particulièrement entreprenant sur les renseignements à fournir. Stuffy avait mis cela sur le compte de l’engouement... pourtant, vu sa situation actuelle, il pouvait tout aussi bien avoir été mystifié. Le précédent de May Rui-Yan, la taupe que Monsieur Heir avait introduite dès l’université Mentale, démontrait combien les traitres se recrutaient tôt désormais...

Un petit avertisseur signala soudain du mouvement dans l’espace proche, déchainant une vague d’espoir chez le naufragé. Il compulsa frénétiquement les claviers pour ne découvrir en fin de compte qu’un météore traversant le firmament, très loin de sa position.
L’agent mental décida de profiter de l’occasion pour lancer son avant-dernière balise de détresse, peut-être que le passage de l’objet céleste attirerait l’attention de quelqu’un ? L’écran lui demanda une ultime confirmation qu’il valida : derrière lui, le bruit sourd de quelque chose se décrochant suivi d’une propulsion apporta une petite animation qui s’estompa rapidement.
Le transmetteur s’éloignerait autant que sa réserve de carburant durerait puis il déclencherait une impulsion radioélectrique de basse fréquence repérable par n’importe quel appareil de communication à portée. Mais pas seulement... Stuffy se concentra. La balise était aussi équipée d’un amplificateur psychique comparable à celui au-dessus de sa tête. Pour quelques secondes, le même laps de temps que le signal physique, il allait pouvoir « hurler » sa détresse qui serait relayée par le transmetteur. En théorie, sa pensée porterait plus loin et peut-être alors que...
« Appel de détresse ! Je suis l’agent Stuff MacDone des Forces mentales de MaterOne. Si vous recevez mon message, remontez son émission, vous me trouverez dans une capsule de survie. Appel de détresse, Agent... »
Son signal psychique dura les dix secondes prévues par le calibrage des batteries de la balise puis tout s’arrêta, laissant Stuffy sur sa faim. Il ne restait pourtant plus qu’à attendre.

Il activa un petit contacteur sur sa droite qui déclencha la descente, à proximité de ses lèvres, d’une paille bleue, celle de la bouillie nutritive, arôme Roubiano. Ce nom provenait d’un savoureux plat de MaterOne que les ingénieurs ayant conçu la capsule avaient cru bon de synthétiser ici, espérant sans doute remonter le moral des naufragés. Stuffy grimaça lorsque la pâte fondit dans sa bouche : visiblement, ceux-ci n’avaient pas souvent gouté de Roubiano. Il se promit de tenter un autre parfum au prochain repas.
Du peu qu’il pouvait vérifier ou comparer, son nouveau corps réagissait aussi parfaitement aux impulsions nerveuses que l’original, le « vrai » corps de Stuffy, détruit dans une base mutualiste il y avait de cela un peu moins d’une année. Pour échapper à la mort, il avait transféré sa psyché dans le cerveau de celui qu’il interrogeait alors : Ralato Ouli, lieutenant dans les Forces mentales. Les deux hommes cohabitèrent plusieurs mois, passant de farouches adversaires à amis particulièrement intimes, jusqu’à la découverte de ces chimères organiques capables de recevoir les esprits.
Nouveau contacteur, un petit vin moelleux, toujours synthétique, lui fut administré par une seconde paille, jaune cette fois. Il en profita pour ouvrir sa braguette, ce qui fut reconnu automatiquement par l’ordinateur central comme un besoin pressant. L’absence de pesanteur permet cela d’autoriser une rapide aspiration de tout liquide flottant dans le maigre habitacle grâce à plusieurs orifices disséminés un peu partout. Pour femme ou homme, tout semblait bien anticipé à bord, même si Stuffy ignorait encore un détail :
« Dis-moi, boite de conserve, si je veux faire la grosse commission, tu as prévu quoi ? »

Les heures s’écoulèrent...
Stuff Macdone écarta les paupières après une courte période de sommeil ponctuée de rêves bizarres. La première « nuit » d’un nouveau corps mettait toujours les méandres de la psyché à rude épreuve. Il fallait imaginer une intense activité psychique faite de souvenirs et de pensées imprégnant soudain, de force, une matière organique cérébrale inerte. La comparaison avec une naissance n’était pas usurpée et, comme tout évènement de ce genre, cela nécessitait du temps pour s’adapter.
Du temps... justement, Stuffy en avait à revendre en ce moment. Son doigt glissa sur le clavier. Devait-il tenter la dernière balise ? Cela s’apparentait à un bien pauvre espoir, mais peut-être qu’un quelconque phénomène céleste pourrait...
Brusquement, les radars d’approche rugirent alors que l’écran de contrôle s’activa, affichant les images des caméras extérieures. Aucun doute, un appareil était sorti de Transition à une centaine de mètres de lui ! Immédiatement, les senseurs comparèrent l’engin à la base de données, mais ils abandonnèrent rapidement : le nouveau venu n’était pas répertorié. D’une taille inférieure de moitié à celle des croiseurs mentaux, sa proue effilée à l’armature évasée sur les bords présentait l’étonnante forme d’un crabe-feuille, tandis que le matériau le composant ne satisfaisait à aucune analyse. Il possédait également d’étranges structures de plusieurs mètres formant une sorte d’étoile à six branches à la poupe. Un doute se fit alors dans l’esprit de Stuffy : soit il venait de démontrer une chance hors du commun, soit on répondait à son appel de détresse. Mais dans ce cas, il ne connaissait pas de Compresseur dimensionnel capable de sauter entre les dimensions avec une telle précision, même les vaisseaux de la flotte auraient dû se matérialiser à plusieurs kilomètres puis se rapprocher de lui sous peine de le pulvériser.
« Mais qui es-tu, toi ? » s’interrogea Stuffy.
Allumant l’amplificateur encastré au-dessus de sa tête il décida, en bon agent mental, de se faire une idée de ses possibles bienfaiteurs. À l’instant où son esprit traversait la coque de l’étrange appareil, un puissant influx psychique en retour le terrassa, comme un réflexe de défense.
Stuffy perdit conscience alors que l’engin se plaçait au-dessus de sa capsule et qu’une trappe s’ouvrait lentement pour l’absorber.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Xelion: narration, Leto75 (Stuffy) Derush/montage: Gvuillaume/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep02

episode347.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 02 " Fuite en avant (3) 

Salle de commandement de Transporteur 1.
« Gunjral, changement d’objectif pour les missiles, tir de barrage ! grogna Décembre à la vue des écrans de contrôle. Mais... ... gardez-en encore un ou deux... »
La mitraillade de fusées quitta Transporteur 1, se dirigeant dans toutes les directions pour intercepter, elle aussi, les salves. Toute la zone du champ de bataille s’illumina alors d’innombrables boules de feu, tandis que plusieurs tirs se croisèrent et atteignirent les belligérants des deux côtés. Cela n’empêcha donc pas des bordées de traverser le filet de protection, menaçant directement les sept corvettes qui maintenaient le portail ouvert. Dans un éclair de Transition, l’appareil de Fabio et Gandhi se matérialisa soudain et toutes les projections restantes détonèrent avant de toucher leur cible.
Cette fois, les choses prenaient un tour dramatique, car de nouvelles salves quittaient déjà la flotte nalcoēhuale, ceux-ci ayant enfin compris l’importance de ce passage pour leurs ennemis. Les tirs ne cessaient plus, on déchargeait tous les arsenaux, vidait tous les réservoirs d’énergie dans une ultime tentative pour retourner la situation. Décembre contacta Gandhi :
Nos chasseurs sont rentrés et le transporteur va bientôt être de l’autre côté, évacuez !
Non, Général, grésilla la voix de l’avatar. Si le portail se ferme maintenant, vous serez littéralement coupés en deux. Accélérez, c’est le mieux à faire : nous résisterons le temps nécessaire.
J’esp... j’espère bien ! Qu’ils se dépêchent ! hurla la voix de Fabio en arrière.
Tout autour d'eux, des tirs explosaient aléatoirement, parfois aux parades des corvettes ou de Transporteur 1, souvent par le pouvoir de Fabio. Mais celui-ci avait ses limites et il n’allait pas tenir longtemps sous l’arrivée incessante de nouvelles salves. Le général se tourna vers son second :
« Poussez les machines à fond et notre dernier lancement... ajouta-t-il en pointant une cible du doigt, ce sera pour lui ! »
Les deux dernières roquettes longue distance fusèrent du transporteur, pilotées à distance par le Lieutenant Gunjral en personne.

*

Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald.
Ce qui devait arriver finit malheureusement par se produire. Deux tirs d’une des salves du Calcatli passèrent à travers les défenses conjuguées de Ragnvald et de l’Exode et percutèrent une des corvettes qui maintenait l’ouverture. Elle fut projetée en arrière, rompant la formation et lorsque ses réservoirs de carburant s’enflammèrent, elle explosa, lumière parmi les lumières innombrables de la bataille.
L’ellipse transdimensionnelle clignota subitement, elle vibra, se déforma et se désagrégea sous les yeux impuissants de Gandhi et Fabio, alors que Transporteur 1 achevait presque de le traverser.
Trop tard, lâcha laconiquement l’avatar.
Non... cria le Mental qui se redressa soudain, poings serrés, le visage crispé sous une intense concentration.
D’étranges petites étoiles pourpres surgirent alors du néant, effleurant le contour du passage, englobant toutes les corvettes et le transporteur. Elles brillaient de mille feux, irradiant de lueurs multiples l’ensemble de la scène. La couleur du portail changea, adoptant le grenat environnant, allant même jusqu’à s’agrandir pour phagocyter tous les appareils de Ragnvald, celui de Fabio inclus.
Gandhi écarquilla les yeux et se tourna vers le Mental. Les bras de celui-ci n’étaient que lumière, ses poings chauffaient, brulaient l’email du métal autour de lui, allant jusqu’à faire fondre lentement la peau synthétique de l’avatar.

*

Planète Monte-Circeo, au cœur de l’empire de Ragnvald.
Depuis son antre, Godheim laissa la joie le submerger. Il connaissait parfaitement l’origine de ces étranges manifestations de pouvoir : cette fois, ce n’était plus les Titans qui œuvraient.
On vivait là-bas le baptême du nouveau Passeur. La roue tournait une fois de plus, comme le Faiseur l’avait prévu...
« Le dormeur se réveille... », murmura-t-il dans la solitude de son immense caverne.

*

L’alerte collision hurlait à bord du navire amiral de la flotte nalcoēhuale. Ils avaient sous-estimé les capacités de l’ultime salve du transporteur de l’Exode. Les roquettes évitaient diaboliquement toutes les tentatives de barrage, l’impact devenait imminent.
Le commandant du géant de métal ne s’en inquiétait pas outre mesure, les dégâts seraient insignifiants, proportionnels à la taille du vaisseau de classe Calcatli, même s’il devait prendre toutes les mesures appropriées. Son attention était captée par les salves de la flotte nalcoēhuale qui se rapprochaient du passage interdimensionel des corvettes, un peu comme si la barrière qui arrêtait les tirs faiblissait. L’espèce de matière pourpre était-elle liée à cela ?
Dans un ultime flash plus brillant qu’un soleil, tout ce qui était enveloppé de pourpre disparut. Les corvettes, le transporteur, le passage… plus rien que l’espace zébré de centaines de traits nalcoēhuals qui ne rencontrèrent que le néant.
C’est alors que, face à lui, une main géante à cinq doigts jaillit de l’éther et s’enfonça dans un des flancs du vaisseau, déchiquetant une partie de la structure et activant les dernières alarmes encore muettes. Elle s’évanouit aussi vite qu’elle était arrivée, se dissolvant dans le vide comme le portail précédemment. Le navire tangua, obligeant son commandant à s’accrocher pour conserver son équilibre. Il recevait déjà les premiers rapports psychiques des avaries lorsqu’il comprit... trop tard : les deux roquettes de Transporteur 1, livrées à elle-même, poursuivirent leur chemin automatiquement en mode radar. Elles se jetèrent sur l’écho le plus gros de leurs systèmes... pénétrant la coque par la brèche pratiquée par l’apparition pourpre.

*

Centre de commandement de l’expédition nalcoēhuale, Tilt’chiti.
L’amiral Huate s’effondra sur son siège. On lui annonçait d’importants dégâts sur le vaisseau Calcatli et le bilan de cette opération « Foudre et Cendres » ne cessait de s’alourdir pour un résultat bien mince. Au mieux, avait-on abattu une demi-douzaine de corvettes de Ragnvald et cela avait couté la vie à six milles quatre-cent-douze nalcoēhuals, pour l’instant, et l’état de nombreux blessés était désespéré.
Huate maugréa intérieurement, se jurant d’accélérer la production de leurs nouveaux appareils à « déplacement d’éther » : eux seuls pouvaient tenir la dragée haute à la flotte de l’Empereur-Dieu. Une réunion était d’ailleurs prévue avec Loxa, pour planifier la suite, elle n’allait pas être déçue.

D’ici là, le gradé se préparait à contacter les familles des disparus. Il donna un violent coup de pied dans son fauteuil qui traversa le promontoire pour venir s’encastrer dans un recoin et quitta la pièce, sous le regard dépité de ses subordonnés.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Coupie: narration, Mik180 (Huate), Icaryon (Gandhi), My-ëve(Fabio), Raoulito (decembre) Derush/montage: Guiitane/Raoulito, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep01

episode346.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 01 " Fuite en avant (2) "

L’amiral Huate, juché en haut de son promontoire, suivait en temps réel les évènements se déroulant autour de cet Exode honni. À ses pieds, les opérateurs couraient, pianotaient ou transmettaient les ordres à toute la flotte qui se concentrait sur le dernier vaisseau ennemi. Les messages psychiques fusaient tandis qu’une représentation globale du champ de bataille illuminait le centre de la salle de commandement. Peu y prêtaient attention, mais les antennes gonflées de Huate viraient au bleu foncé presque noir, signe de grande colère. Les améliorations que l’Empereur-Dieu avait apportées aux « transporteurs » les rendaient bien plus résistants et leurs armes, quoique primitives, parvenaient à frapper leurs cibles plus souvent qu’escompté. De plus, les corvettes de Ragnvald harcelaient tous ses croiseurs « Hual’patli », les endommageant parfois gravement par des tirs bien ajustés sur les points faibles de leurs blindages.
« Et la seconde vague d’assaut, pourquoi n’est-elle pas sur zone ? » hurla-t-il, sans un regard pour ses subordonnés qui n’en fourmillèrent que plus laborieusement. Le message aurait dû être transmis psychiquement, par voie cryptée, spécialement en temps de crise comme maintenant, mais il n’en avait cure.
Pourquoi personne n’est encore allé en reconnaissance sur cette formation de corvette ? Dès que la seconde vague arrive, qu’elle détache plusieurs appareils de... »
Au même instant, l’un des croiseurs nalcoēhuals en retrait cessa ses émissions pour totalement disparaitre des projections radar. Immédiatement, les demandes de rapports fusèrent, suivies quelques secondes plus tard, par les premières images de l’engin en question. Huate en resta bouche bée.
Tranché par son milieu, le Hual’patli était littéralement coupé en deux ! Des déflagrations se poursuivaient autour de la césure alors que les principales antennes de communication flottaient désormais dans le néant. Il lâcha, plus pour lui-même que pour les opérateurs :
« Par les anciens, mais que s’est-il passé ? »
Une seconde alerte rugit : à l’autre bout de la formation, un nouveau Hual’patli perdait sa proue ! Le compartiment des munitions touché, une explosion géante perça le firmament, repoussant trois croiseurs avoisinants dont un percuta son entourage immédiat entrainant encore des dommages. Cette fois, de nouvelles vidéos s’animèrent aux quatre coins de la projection et Huate, comme tous les soldats du centre de commandement, obtint un début d’explication. Une corvette de Ragnvald, apparemment identique aux autres, transperçait littéralement les vaisseaux qu’elle approchait, les traversant comme une motte de matière grasse.
Quelle était donc cette arme inattendue ?

*

Salle de commandement de Transporteur 1.
Le général Décembre et une partie de son état-major restaient simplement sans voix devant le spectacle :
« ... une diversion de nature à les occuper... » avait déclaré Gandhi.
Avec des diversions de ce genre, lança le haut gradé, pensif, nous n’aurons plus besoin de livrer bataille. Lieutenant Gunjral, ne laissons pas à ces messieurs le loisir de respirer. Feu de toutes les batteries sur l’ennemi le plus proche... ... harcelons-les sans répit. Combien de temps encore, au fait ?
Une minute et vingt-deux secondes, Général, répondit son second, affairé à jongler entre plusieurs tablettes de contrôle. Mais nos capteurs s’affolent, quelque chose arrive !
Merde, c’était trop beau.
Mille kilomètres au-dessus des combats, une douzaine de nouveaux flashs de Transition laissèrent apparaitre la seconde vague d’assaut. Cette fois, l’immense croiseur amiral de la flotte, classe « Calcatli », entrait en lice et il ouvrit immédiatement ses tubes de décollage, autorisant le lancement d’une centaine de chasseurs qui fondirent sur Transporteur 1 et sur la formation de corvettes en protection du portail.

*

Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald.
Je vois qu’ils changent d’approche, constata Fabio, assis en tailleur face à la verrière avant de l’appareil de Ragnvald. Plutôt que des gros machins tout mous, ils nous envoient des guêpes-feuilles. C’est malin.
Mes vaisseaux en protection du portail les retiendront et Décembre saura s’occuper de ceux qui tourneront autour du transporteur, ajouta Gandhi, debout à ses côtés. Ils tentent de détourner notre attention pour se regrouper, ne leur offrons pas ce plaisir, Fabio.
L’avantage des petits appareils, c’est que je peux agir contre eux d’assez loin. Le temps de choisir une nouvelle cible, je peux appuyer la sécurité du passage, si tu veux ?
Gandhi se retourna et fit un signe au pilote, aux commandes à quelques pas de lui. Celui-ci agrippa le manche en silence, suivant les informations transmises par l’Empereur-Dieu. La vue de la scène pivota doucement alors que la corvette prenait de l’aplomb pour piquer vers sa proie. Un curseur jaune vif traversa la verrière pour venir se placer en plein cœur de la meute ennemie. Gandhi poursuivit :
Attaquons au centre, cela les désorganisera suffisamment pour nous donner le temps nécessaire : l’ouverture du portail est maintenant imminente. Dans douze secondes nous serons dessus, cela te convient-il, Passeur ? demanda-t-il avec une mimique amusée.
C’est comme si c’était fait.
Fabio se concentra et leva d’un coup sec son bras gauche, terminant gracieusement le mouvement par une rotation de son poignet, les doigts tendus tel un chef d’orchestre. Trois des premiers chasseurs en piqué repartirent brusquement en arrière, percutant plusieurs des appareils suivants qui explosèrent à leur tour. Les autres pilotes, surpris, mirent quelques fragments de secondes à reprendre le contrôle, trop tard pour empêcher les corvettes de Ragnvald d'ouvrirent le feu à bout portant.

*

Salle de commandement du Transporteur 1.
Gunjral, débarrassez-nous de ces moustiques en faisant décoller les chasseurs ! ... Dites-moi, j’espère que vos hommes ont bien lu les rapports sur l’accrochage de Vegas IV ? Qu’on ne fasse pas deux fois les mêmes erreurs, ces engins font des... ... des bonds multiples et très rapides.
Oui, Général, répondit le lieutenant en activant son communicateur. Appel au spatioport : décollage immédiat, je répète décollage immédiat ! Feu sur les appareils ennemis à proximité, prenez garde aux microtransitions.
Les machines, grogna Décembre en tournant un contacteur de son siège, en arrière toute ! Nous devons être sur le passage à l’instant où... ... où il s’ouvrira.
Le transporteur s’ébroua tandis qu’à quelques distances de là, la lueur tant attendue apparut au centre du cercle formé par les corvettes.
Général, alerta Gunjral en se saisissant du rapport affiché sur une tablette, il semble que le portail dimensionnel se déploie déjà. On y entre en marche arrière ?
... ... Pas le choix. Que les chasseurs combattent jusqu’au dernier moment avant de nous rejoindre, atterrissage d’urgence autor... Houla ! Qu’est ce que c’est que ça ?
Face à eux, une projection verticale de lumière emporta d’un coup un des croiseurs qui se disloqua en brulant. Cela entraina immédiatement un carambolage paniqué suivi de déflagrations de toutes tailles qui brisa la formation de la flotte nalcoēhuale, les vaisseaux tentant d’échapper à la cohue. Du cœur de la fournaise jaillit une pointe enflammée qui se révéla être l’appareil de Gandhi et Fabio Ouli.
Le général Décembre se pencha vers son lieutenant, et l’interrogea sous le sceau de la confidence :
... ... Dites-moi, il nous reste quelques... ... missiles en réserve ?
Bien sûr, une douzaine, plus quelques torpilles téléguidées, répondit l’autre, un peu décontenancé.
Et là-haut, ils... ... ils ne bougent toujours pas ? Ils tremblent à l’idée d’approcher notre... ... corvette tueuse, non ?
Oui, Général. C’en est troublant d’ailleurs.
Le haut gradé se redressa et déclara calmement à son subordonné, sans cacher une réelle satisfaction dans sa voix :
Préparez tout l’arsenal restant au lancement ! À la seconde où nous entrerons dans le portail... ... on balancera tout sur ces fumiers... ... Qu’ils n’oublient jamais la leçon !
À vos ordres !

*

Centre de commandement de l’expédition nalcoēhuale, Ti’ltchiti.
Du haut de sa plateforme, l’amiral Huate en tremblait de rage. Les pertes atteignaient un niveau inédit dans toute l’histoire nalcoēhuale : six croiseurs lourds totalement détruits, plus d’une dizaine de gravement endommagés et il ne restait déjà plus qu’une cinquantaine de chasseurs au combat. Il hésitait à donner l’ordre d’attaquer à la seconde vague dont le Calcatli, l’appareil principal de la flotte. Vu le déroulement de la bataille, celui-ci attirerait toute l’attention ennemie et l’arme inconnue de Ragnvald risquait alors de faire une nouvelle démonstration.
Quant à ce transporteur de l’Exode, sa résistance déjouait tous les tirs ! Grâce au temps passé à discuter, l’Empereur-Dieu avait bel et bien partagé sa technologie avec les humains et ceux-ci se révélaient désormais redoutables. Concentré sur Transporteur 1, Huate fut intrigué par son recul en accélération constante. Il se rapprochait de la formation en cercle des corvettes où les censeurs décelaient une montée vertigineuse de puissance au rayonnement non répertorié.
La direction de l’engin de l’Exode ne laissait pas de doute, il fonçait droit dedans.
« Qu’on rappelle les chasseurs et que toutes les batteries disponibles de tous les croiseurs encore en état tirent sur ce cercle ! Quoi que ce soit, ils en ont besoin, alors DÉTRUISONS-LE ! » ordonna-t-il en écrasant son poing sur la rambarde.
La flotte nalcoēhuale entière ouvrit alors le feu et des milliers de bordées fondirent d’un peu partout à plus ou moins grande distance vers le portail s’épanouissant. Les corvettes de Ragnvald toujours combattantes se placèrent en protection, poussant toute leur énergie vers leurs boucliers avant, visant les salves de leurs canons dans l’espoir d’en arrêter quelques-unes.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Xelion: narration, Mik180 (Huate), Icaryon (Gandhi), Akira (gunjral), My-ëve(Fabio), Raoulito (decembre) Derush/montage: iGerard/Raoulito, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

Teaser Série Forces Mentales

teaserFM01.mp3

Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

Juillet 2018 sur http://forcesmentales.fr




forces mentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch25 Ep14

episode345.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 14 " Fuite en avant (1) "

Le colonel Momumba Arlington laissait s’empiler sur son bureau les montagnes de dossiers en cours : bien trop de paperasse à consulter, commenter ou signer.
Il déplaça à l’aide d’une pince l’un des cordages du pont avant puis y coula un point de colle. Il s’écarta de son travail pour l’admirer en soufflant un peu. La maquette en cour représentait une barque de pêcheur du type qu’il avait connu durant sa jeunesse tropicalienne. Ce passetemps l’aidait à oublier la pression de ses fonctions... bien que la situation actuelle poussait plutôt à l’optimisme. Sous la protection de l’Empereur-Dieu et avec un ambassadeur chez les habitants du Cercle de Khabit, la menace extérieure de l’Exode paraissait faible. Titus Matrane se faisait fort de canaliser la nouvelle puissante religion avec l’assistance de Gandhi, là où Phil et Adénor étaient, il fallait le reconnaitre, dépassés par les évènements. Bien que ce côté des choses ne soit guère rassurant, au moins on avait maintenant un interlocuteur.
Momumba se saisissait d’une seconde série de barrettes en plastique lorsque son communicateur sonna : l’avatar de l’Empereur-Dieu demandait audience. Il ordonna qu’on le fasse entrer tout en jaugeant la partie suivante de sa maquette : la poupe. Ce serait délicat.
Godheim, c’est un plaisir de vous voir aujourd’hui, prononça-t-il alors que son invité pénétrait dans la pièce. Venez donc admirer mon bijou, je suis certain que vous allez apprécier ce...
Navré de vous interrompre, Colonel. Mais je suis porteur de la pire nouvelle possible. L’Exode doit quitter sa position immédiatement, vous êtes en très grand danger.
Le colonel se retourna vers le petit androïde aux lunettes écaillées. Bien que malicieux, et parfois sournois, l’Empereur-Dieu ne faisait jamais dans l’humour. Le commandant de Transporteur 3 reprit le dessus :
Que se passe-t-il ?
La guerre avec la République nalcoēhuale est imminente. Mes projections nous donnent une quinzaine de minutes, au plus, avant la première vague de leurs croiseurs.
La pince rebondissait encore sur la moquette que Momumba assénait déjà ses ordres dans le communicateur.

*

Til’tchiti, capitale nalcoēhuale.

La porte un peu arrondie glissa sur ses rails alors qu’un système de champs de protection s’alluma tout autour. La Princesse Azala et Melba étaient bel et bien prisonnières, même si le lieu de leur détention paraissait plus qu’enviable. Aux proportions nalcoēhuales, la suite spacieuse où elles se retrouvaient enfermées offrait tout le confort nécessaire, incluant une douche et plusieurs hublots donnant sur Ti’ltchiti.
Les gardes les ayant escortées jusqu’ici avaient montré plus de méfiance, frisant parfois la paranoïa, que de courtoisie. Quant à ce petit grattouillement dans leur tête, il indiquait clairement qu’elles étaient surveillées psychiquement.
Alors que la princesse laissait son regard se perdre dans l’immensité de la capitale du Cercle de Khabit, Melba s’approcha doucement d’elle et, fait inédit, lui posa une main sur l’épaule. D’abord surprise, Azala se détendit un peu et glissa en retour sa propre main dessus.
Nos chances de survie sont minces, Melba. Pardonne-moi de t’avoir imposé cela, murmura-t-elle.
Je ne crois pas que nous ayons eu le choix, madame. Le devenir de l’Exode était en jeu.
Sans doute, mon amie, reprit Azala dans un soupir. Mais là, je t’avoue avoir du mal à discerner une issue...
Appuyez-vous sur moi dans vos moments de doute. Ma vie vous appartient depuis le jour de ma naissance et je vous assure que mes vœux n’ont pas changé : je resterai toujours à vos côtés et vous protègerai, quoiqu’il en coute... et il leur en coutera, énormément.
Azala serra un peu plus la main de son amie qu’elle ne l’aurait voulu, des larmes embrumant ses yeux.

*

Un homme, la quarantaine... il pense que... il pense à la fille qu’il regarde.
Très bien. Au-dessus maintenant ? demanda Fabio à son étudiante.
À bord de Transporteur 2, installés en tailleur dans la salle de sport de l’équipage, Maeve Onawane et son professeur mental poursuivaient leur entrainement. Ils appliquaient leurs pouvoirs mentaux à tout savoir sur les passants circulants… de l’autre côté du mur.
Dans la direction indiquée par Fabio, un couple se livrait à des ébats volés derrière une armoire de leur lieu de travail. Les effluves psychiques étaient puissants, difficiles à soutenir sans se sentir emportés par le flot de leurs désirs croisés. Cette chaleur communicative commença à agir sur la concentration de Maeve : un serrement au creux de son ventre puis plus bas, tandis que sa respiration s’accélérait, que le sang lui montait aux joues, que..

D’un claquement de doigts, Fabio rompit le lien unissant la commandante au couple. Elle cligna des yeux, revenant à la réalité de la pièce, vide de tout occupant pour le temps de la séance. Son maitre ne put cacher un certain amusement :
C’est une des caractéristiques des Mentaux « sauvages ». Si leur force de pénétration des esprits peut être parfois impressionnante, leurs défenses sont souvent très faibles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont dangereux : imaginez qu’ils passent à côté d’une bagarre ou d’un braquage, ils vont se sentir des pulsions incontrôlables.
Ou dans une simple allée au printemps quand les couples s’embrassent, compléta Onawane. J’ai déjà eu cette sensation quelques fois, mais je n’avais pas fait le lien.
Augmenter ses perceptions entraine automatiquement un afflux plus important, nous allons devoir trav...
Il s’arrêta brusquement, le regard dans le vide. La commandante du transporteur ne comprit pas immédiatement puis ressentit soudain ce qui avait attiré l’attention de Fabio :
Deux officiers accourent. Ils sont extrêmement inquiets. Une... une alerte dans toute la Flotte ? Une... guerre !
La séance est terminée. Nous allons tous deux être très occupés dans les prochaines heures, j’en ai peur.
L’Empereur-Dieu contacta Fabio, sans préambule : il devait d’urgence rejoindre une corvette qui l’attendait déjà au spatioport, il représenterait leur première et dernière ligne de défense.
Découvrir de l’inquiétude chez un avatar de Godheim ne rassurait en rien.

« Tristo, je veux un bilan de toute l’infrastructure des communications internes et externes. Les brouillages psychiques sont-ils enfin opérationnels ? »
Alors que Sterling-Price donnait ses ordres, on lui signala que la réunion urgente du Conseil des commandants débutait. Il enfila ses oreillettes et entendit monter la voix d’Arlington :
... naissons pas exactement, la situation politique du Cercle de Khabit semble avoir changé. Ce sont les loups argentés au pouvoir désormais et ils sont décidés à terminer ce qu’ils ont commencé. Une attaque en règle a eu lieu contre plusieurs appareils de Ragnvald, nous sommes clairement les suivants. Voilà pour ce que je sais. À vous, Décembre.
Merci, Colonel... ... vous avez tous déjà reçu les coordonnées de notre prochaine rencontre. Normalement, les... ... nouveaux moteurs vont nous permettre de rejoindre le point précis en une semaine environ. Il s’agit d’un endroit hors de Khabit... ... abrité derrière un nuage de gaz stellaire. L’activité électrique locale nous cachera d’éventuelles recherches. Je... ... je vous renouvèle les ordres une dernière fois : aucune communication durant la traversée et alerte permanente (si les pirates ont pu intercepter un transporteur en pleine Transition, on ne sait que... ... que penser de nos adversaires actuels).
J’ajoute, compléta Arlington, que nous devons protéger les Exodés et ce fameux Faiseur qui semble intéresser tant de monde. Il peut être dans n’importe lequel de nos appareils. Colonelle Onawane, des informations sur ce sujet ?
Aucune, non, nous n’en parlons pas, répondit Maeve. Par contre, je réprouve à abandonner Fabio Ouli sur une corvette de Ragnvald. Nous partons tous, je ne vois pas la raison de le laisser derrière.
C’est que.. ... Transporteur 1 n’est pas encore prêt, lâcha Décembre, un peu dépité. Ragnvald va nous déployer un portail, mais cela va prendre plusieurs minutes et...
Au même instant, l’alerte monta d’un cran dans la salle de commandement de Sterling-Price et probablement chez tous les autres. Plusieurs flashs, une vingtaine, laissaient place à autant de croiseurs nalcoēhuals qui ouvrirent immédiatement le feu. Les salves s’écrasèrent toutes sur les boucliers des corvettes et des transporteurs. La technologie de Ragnvald nouvellement installée tenait bon et la contrattaque débuta.
Décembre hurla dans l’oreillette :
« ALLEZ-VOUS-EN TOUS, C’EST UN ORDRE ! RENDEZ-VOUS AU POINT DE RALLIEMENT ! »
Les appareils de Junta et d’Onawane s’élancèrent en Transition dans un éclair. Celui de Benkana projeta une dernière bordée qui endommagea un des croiseurs nalcoēhuals puis disparut pareillement. Sterling-Price serra les dents :
Bonne chance, Général Décembre.
ARLINGTON ET PRICE, DÉGAGEZ, BORDEL !
Bonne chance également, Général Décembre, crépita la voix de Momumba dans l’écouteur.
Sur un signe à leurs navigateurs, les deux colonels donnèrent l’ordre simultanément. Les gigantesques masses d’acier s’évanouirent à leur tour dans un éclair alors que plusieurs salves ennemies traversaient un espace désormais vide. La plupart des appareils de Ragnvald vinrent se placer en protection de Transporteur 1, tandis qu’une autre partie se retira à quelque distance, adoptant une formation en cercle. Enfin, au-dessus de la scène, trois corvettes restaient immobiles, observant le déroulement.
À leur bord, Fabio et l’avatar de Godheim se préparaient. Ce dernier conversait avec Décembre :
Quatre minutes seront nécessaires pour l’ouverture du tunnel. Mais faites attention, une seconde vague arrive, nous serons submergés par les assaillants dès leur arrivée.
Le cercle est notre priorité donc. Envoyez vos appareils protéger le passage, nous concentrerons le feu ennemi ici pendant ce temps.
Une explosion illumina un instant la scène : la destruction d’un des croiseurs nalcoēhuals qui avait eu la mauvaise idée de rompre la formation. Godheim n’ignorait pas qu’il avait perdu deux corvettes dans l’opération, mais il estimait que l’impact psychologique pourrait jouer en leur faveur. D’autant qu’il allait maintenant abattre sa carte maitresse.
C’est une bonne stratégie, Général. Khabit vous veut et laissera tranquille ce qui se passera au loin, si nous leur fournissons une diversion de nature à les occuper.
Mhmm, vous avez ça... ... Allo ?
Une salve suivie d’une explosion fit trembler Transporteur 1, qui riposta par un jet de trois missiles dont deux meurtrirent sévèrement leur cible. Gandhi répondit simplement :
« Oui, Général, nous avons cela » et il coupa la communication en se tournant vers Fabio.
Celui-ci esquissa un sourire, se contentant d’un :
« Prêt. »

FIN DU CHAPITRE 25

SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: Coupie, JMJ, iGerard, Acteurs : Tristan: narration, DrWolf (Arlington), Icaryon (Gandhi), Ranne (Melba), Elioza (Azala), Istria (onawan), My-ëve(Fabio), Raoulito (sterling-price+decembre) Derush/montage: Miiop/Mik180, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch25 Ep13

episode344.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 13 " Largage "

Stuffy manqua d’en lâcher son thé.
Déjà ? Je pensais devoir attendre une à deux bonnes semaines encore ?
Plus maintenant. On travaille à améliorer en permanence les durées d’incubation. Mon équipe a obtenu une réduction de l’ordre de dix pour cent en modifiant la composition du liquide de maturation, vous allez être le premier à en profiter.
L’agent mental vida sa tasse d’un trait, malgré la température du breuvage. Le corps en déliquescence qu’il habitait ne réagissait de toute façon plus à de nombreux stimulus. QuartMac leva la main pour ralentir les ardeurs de son vis à vis :
Attention, je ne peux vous garantir le résultat à long terme. On sait, à la suite de tests en culture, que les cellules devraient tenir environ la bonne durée, mais rien ne vaut l’expérience in vivo et là, tout est toujours possible.
Franchement, je m’en moque, balaya Stuffy d’un revers du bras. Retrouver mon corps normal — ou presque — et oublier ces satanées douleurs, ça mérite quelques risques.
À votre guise...
Le professeur but quelques gorgées de thé et reposa la soucoupe posément. Il ne semblait pas pressé, voire ne donnait pas l’impression d’avoir épuisé les sujets de cette réunion impromptue.
« Dites-moi, commença-t-il sur un ton presque détaché, que pensez-vous de nos ordres ? J’entends par là, la destruction de l’Exode et la colonisation de cette partie de l’univers ? »
Stuffy écarta immédiatement ses rêves de nouveau corps sans douleur pour revenir à la dure réalité. QuartMac avait-il eu vent de quelque chose ? Rien d’impossible avec lui, même si l’agent ne voyait pas comment. Quand les voix mentales n’étaient pas utilisées, on passait par des canaux cryptés à clé unique, peu ouverts à l’interception ou au déchiffrage. Son attitude aurait-elle pu le trahir ? Stuffy était suffisamment expérimenté pour dissimuler ses sentiments quotidiennement, alors quel était ce piège grossier que le vieux savant lui tendait ? Il botta en touche :
Je ne mentirai pas : je doute de l’intérêt... tactique de neutraliser l’Exode. À long terme, on risque de créer une légende plus dangereuse encore qu’une colonie sur Antarès IV. Ceci étant dit, je suis un agent mental : en tant que tel, je sais où est mon devoir et je suivrai la mission, comme Ralato et Poféus me l’ont ordonné.
Mhmm... marmonna l’autre, jaugeant chaque mot prononcé. Je connais Ralato comme un fils, il fut une époque où il aurait effectivement donné cet ordre de destruction sans sourciller. Mais il a changé, votre « cohabitation » a duré suffisamment longtemps pour que certaines de vos idées infusent en lui.
... et inversement, compléta Stuffy.
Certes, l’agent mental Stuff MacDone n’avait jamais fait de sentiment quand il jugeait la violence nécessaire, mais il reconnaissait que, depuis sa fusion avec Ralato Ouli, il se comportait différent. Dans certaines circonstances, ses réactions étaient plus sèches, privilégiant la froide logique à la compassion. Il en avait conscience, mais l’acceptait : cela ne remettait aucunement en cause ses idéaux, juste appliquait-il plus sévèrement ses propres principes.
Aurait-il, par le passé, tenté de raisonner QuartMac au risque de se découvrir que, désormais, il optait d’instinct pour la mutinerie ?
Hors de question, donc, de dévoiler son jeu.
Je vois les choses différemment d’il y a... on dira une grosse année. Ma présence ici le cautionne, non ? Vous êtes le dépositaire ultime de la mission et je ne suis qu’un observateur... en train de me décomposer doucement.
Hé oui, nous allons vite corriger cela. Il n’empêche, en tant qu’observateur, que penseriez-vous si je vous annonçais que l’anéantissement de l’Exode était ajourné ?
J’en demanderais la raison, lâcha simplement Stuffy.
Il n’osait croire à une si soudaine bonne nouvelle. Soit le bonhomme était en train de le tester, soit il l’avait démasqué. QuartMac lui répondit tranquillement :
« Les ordres d’origine sont contradictoires. Nous devons détruire les transporteurs, mais épargner Fabio. Nous ignorons s’il est encore avec eux et dans quel appareil. Notre dernière rencontre n’a pas été joyeuse (il m’avait brisé les jambes), mais vous voyez à quel épisode je fais allusion... »
Oui, celui qui avait partagé les pensées de Ralato, alors que son frère le « pilotait » à une distance fantastique, ne pouvait oublier ce moment. Il hocha la tête, laissant le professeur poursuivre.
« Bref, il peut se retourner contre nous et j’ignore l’étendue actuelle de ses pouvoirs. Ensuite, nous devrons coloniser ce nouvel univers. Mais, soyons honnêtes, que savons-nous des dangers qui nous menacent ? Rien ou presque alors que ceux de l’Exode sont mieux renseignés. Je suis certain que vous avez eu vent de la découverte du groupe des éclaireurs, n’est-ce pas ? Vous avez vos informateurs parmi les autres Mentaux de la flotte. »
Ce n’était pas une question, Stuffy se contenta de hocher une nouvelle fois de la tête. Le raisonnement d’ensemble de QuartMac ne manquait pas de logique.
« Voici donc mon plan. Ils partagent leurs connaissances et leur expérience, ils s’installent sur Antarès IV et n’en bougent plus. En échange, je leur offre une franchise d’un siècle renouvelable sur la planète et la jouissance d’un port spatial majeur pour toutes les forces de colonisation. Si MaterOne a pu tolérer un endroit du genre de la station Piñata el grande, je ne vois pas qui cela gênerait d’avoir une zone franche sur Antarès.
Qu’en pensez-vous ? Reconnaissez que je joue cartes sur table avec vous. »
Effectivement, le plan semblait pragmatique, voire couvert de bons sentiments. Mais Stuffy préféra la prudence, un sanglier-hyène ne devient pas une mouette-mouton, en tous cas pas si vite.
Je ne suis qu’observateur. Si vous envoyez votre demande au chancelier, je m’engage à la soutenir. Attention cependant, je n’imagine pas Poféus changer d’avis si facilement.
Si mes craintes concernant vos collègues « Stuffy » s’avèrent exactes, je crois au contraire qu’il n’en aura cure.
Quelles craintes ? interrogea Stuffy, surpris.
Le vieux prof sourit mystérieusement, termina sa tasse de thé et se leva de son siège.
« Tout juste tiède, il est temps de s’occuper de votre nouveau corps. Venez, honnête et brave ami de Ralato, je vous expliquerai en chemin. »
Durant les minutes qui suivirent, pendant l’attente d’un ascenseur interne desservant le laboratoire de chimie cellulaire, QuartMac relata les résultats de ses expériences et intuitions au sujet de la stabilité du cerveau non mature des chimères. Plus malléables, elles risquaient une transmutation de la psyché profonde de l’utilisateur, le faisant « devenir » ce que son environnement attendrait de lui. Stuffy se demanda s’il était concerné, il s’en ouvrit au savant devant la cuve où baignait son futur corps.
« Oui, bien entendu. Mais reconnaissez qu’entre une plongée chez les Mutualistes ou les Triades souriantes et la poursuite de votre vie dans les Forces mentales, il y a un gouffre. C’est cette différence que je suppose... toxique pour l’esprit de vos collègues. 
Allongez-vous ici, s’il vous plait. Vous connaissez le processus, il est identique à celui que vous avez expérimenté dans mon laboratoire de Palaos Verde. »
L’agent mental s’exécuta.
Juste avant qu’il ne s’endorme sous l’effet de l’anesthésiant, le vieux savant lui glissa à l’oreille :
« Je vous envie. Je n’ai jamais osé me réincarner dans un corps jeune. Je testerai peut-être la prochaine fois. Bonne nuit… »
Et Stuffy s’enfonça dans les limbes de l’inconscience.

*

Lorsqu’il ouvrit les yeux, une étrange impression de froid le traversa. Il était enfermé dans une sorte de sarcophage où régnait une réelle fraicheur. Malgré l’obscurité, il pouvait éprouver sa nouvelle anatomie, la force contenue dans ses muscles et l’absence totale d’une quelconque douleur quand il bougeait. Même ses sens réagissaient plus vivement et de manière plus aiguisée. Pas de doute, il avait enfin réintégré sa physionomie d’origine.
Il donna un coup de pied dans le bas de la paroi, mais le son mat qui remonta jusqu’à lui indiquait une épaisseur anormale pour un caisson de compression. D’ailleurs, à bien y réfléchir, il n’avait pas connu cette d’étape la dernière fois... pourquoi ?
Du bout des doigts, il parcourut la cloison, autant que le faible espace le lui permit, et eut la surprise de découvrir des commandes à portée de ses mains. Ce genre d’instruments n’avaient pas de raison de se trouver dans...
Soudain, il comprit, reconnaissant la configuration des touches. Il compulsa frénétiquement pour activer l’ordinateur de bord et l’écran face à ses yeux s’illumina… diffusant automatiquement un message préenregistré du professeur QuartMac.
« Agent MacDone, vous venez d’allumer les systèmes de la capsule de survie : je vous ai fait éjecter de la flotte pour trahison et tentative de mutinerie. Les Mentaux n’ont guère de secrets pour moi, j’ai écrit ou participé à la rédaction de la plupart de vos manuels ! Le nouveau Ralato fait preuve de compassion, vous êtes identique. Pas la peine de chercher bien loin votre vrai objectif à tous deux et je refuse de prendre le moindre risque pour la suite : je ne vous veux plus dans ma flotte.
Je ne vous ai pas tout dit lors de notre petite conversation. Voyez-vous, je n’ai jamais ignoré les effets délétères des corps non matures et, lorsque j’ai annoncé à Poféus et Ralato ce qu’il en était, je savais le processus irréversible. Ils ont donc affaire à vos doubles en plus retors, bien plus acerbes... Vous, mais version « de l’autre bord ». Cela me laissera le temps pour assoir ma présence ici et éliminer toute interférence dans ma tache de gouverneur, validée par le chancelier en personne, je vous le rappelle.
J’ai effectivement de grandes ambitions pour Antarès IV, mais l’Exode n’en fait malheureusement pas partie. Quant à Fabio, s’il me pose problème, j’ai plusieurs cartes à jouer pour le neutraliser au besoin.
Revenons à vous : vous devriez avoir des réserves d’air et le nécessaire pour tenir quelques semaines, il était compliqué de les enlever d’une capsule de sauvetage sans éveiller l’attention. Je regrette par avance votre future agonie, au pire pourrez-vous toujours abréger vos souffrances en ouvrant manuellement la cloison.
Adieu agent Stuff MacDone. »

Perdu dans le vide, le hurlement de Stuffy resta ignoré de tous.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: Coupie, JMJ, iGerard, Acteurs : Mik180: narration, DrWolf (Quartmac/stuffy), Leto75 (Stuffy) Derush/montage: Guilitiane/MTIce, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !