Red Universe

Red Universe

La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch27 Ep01

episode360.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 01 : " Totems "

Une main l’aida à se redresser, lentement. Puis, d’autres vinrent lui apporter une serviette pour essuyer son visage ou pour prendre son pouls. Enfin, on le soutint pour sortir de la cuve encore frémissante des ultimes bulles de maturation. Son épiderme assoupli ressentait les gouttes visqueuses qui glissaient pour retourner à la baignoire, tandis que son corps la quittait sans regret. Le Professeur QuartMac, dans sa nouvelle chimère, inspira un grand coup et toussa profondément, crachant dans une serviette propre les dernières squames qui obstruaient ses poumons.
Ce ne fut qu’une bonne douche plus tard, alors que ses assistants le laissaient déjeuner pour la seconde fois, qu’il put demander à sa chef d’état-major un résumé des dernières vingt-quatre heures.
Gouverneur, la défection de ces neuf croiseurs et de tous leurs équipages a déjà fait le tour de la flotte. La voix de l’officier supérieur ne dissimulait en rien son anxiété. L’inquiétude gagne chaque Mental surtout que l’on doute de... je dirais de l’honnêteté de son voisin. L’agent Stuff MacDone était très apprécié et reconnu comme une légende pour certains. Rien ne prouve que nous n’allons pas vers une nouvelle vague de défect...
Il suffit, Générale Laurelian, la coupa QuartMac d’un ton sec. Je n’attends pas de vos rapports des pleurnicheries de caserne sur la dureté de la vie !
L’officier prit une expression outrée, son visage en amande à l’épiderme laiteux soudain rougi et engoncé dans le strict uniforme noir de la nouvelle flotte. Un nez petit et fin, des cheveux noirs de jais mi-longs, une bouche charnue, mais surtout des pupilles dorées surmontées de fins sourcils interrogateurs, la grande femme mince représentait le fantasme masculin de l’inaccessible. Elle avait gagné ses galons au sein des Forces mentales à force de persévérance, les évaluations de ses instructeurs et de ses supérieurs révélaient depuis longtemps que les portes de l’état-major lui étaient grandes ouvertes. Quartmac soupira, puis se reprit :
« Comprenez-moi : nous sommes à la veille d’anéantir plusieurs millions de personnes et nous avons une dizaine de vaisseaux dans la nature, tous dangereux. Il n’est pas acceptable, en aucune manière, que l’on risque de nouveaux actes de mutinerie ou la perte d’autres croiseurs. »
Il avala rapidement son café serré et se leva. Laurelian ne put retenir un hoquet de surprise : si le visage n’avait pas trop changé, quoique nettement moins ridé, le corps avait pris dix bons centimètres et la pilosité du torse, que le peignoir entrebâillé laissait apparaitre, était étonnamment fournie. Le professeur perçut sa réaction et se retourna pour resserrer son vêtement.
Générale, commença-t-il de dos, affairé à mieux sangler sa ceinture. Vous m’aviez proposé un système de surveillance plus poussé dans la flotte, c’était dès les premiers jours de notre voyage, je crois ?
En effet, Gouverneur. Mais il a été refusé.
JE l’ai refusé, un peu pour ne pas brusquer MacDone, un peu par faiblesse, je dois l’avouer... à la vue de la situation, je pense que vous pouvez me préparer une version « rafraichie » que nous appliquerons immédiatement.
L’autre le regarda en silence. Cherchait-elle déjà de nouvelles idées ou n’avait-elle pas compris ? Quartmac saisit quelque chose sur la table du fond et se tourna enfin vers elle, deux nouveaux cafés en main.
Par « rafraichie », j’entends que nous ayons un maillage de surveillance comme en temps de guerre. Et que se passe-t-il avec les déserteurs ou les saboteurs en temps de guerre ? Tenez, prenez ce petit café, Amirale...
Merci, Gouverneur, et je ne suis que générale.
Vous êtes désormais l’Amirale Laurelian de la Flotte mentale de MaterOne. C’est vous qui superviserez toutes les troupes, quel que soit leur statut, dans cette nouvelle région de l’univers que nous allons coloniser. Trinquons à cela, voulez-vous ?
Un sourire traversa le visage de la nouvelle promue alors qu’elle entrechoquait sa tasse avec celle du professeur QuartMac. Même brulant, le café lui parut doux. Elle reprit :
J’envisageais à des « inspecteurs de la pensée », des Mentaux conditionnés, à l’endoctrinement parfait, qui sillonneraient et rencontreraient tous les membres de la flotte.
« Commissaires politiques », me semble une tournure plus... plus littéraire, je trouve. Idéalement, il en faudrait un par croiseur et les organiser en dehors de la chaine hiérarchique, à son insu si possible. Si un commandant de vaisseau se révélait être un nouveau Vo... Vigo... comment s’appelait-il déjà ?
Viggi, monsieur. Le capitaine Viggi. Je comprends l’idée et je réfléchirai à un moyen pour cela également. De toute façon, les hauts officiers seront les premiers à être testés. J’y veillerai personnellement.
L’œil étincelant, QuartMac posa sa tasse vide parmi les autres et se dirigea vers une dépendance qui lui servait de penderie. Si on ne pouvait le voir de l’extérieur, on pouvait l’entendre et il en profita pour répondre à la question silencieuse de l’amirale :
« Ce corps est plus jeune et plus endurant. Les cheveux gris que vous avez vus sur mon crâne étaient programmés génétiquement, dans le but de ne pas trop changer mon apparence. C’est une sorte d’expérience : une chimère de petit vieux résisterait-elle plus... ou moins au temps qui s’écoulait ? Le meilleur moyen de le savoir était... »
Il sortit de la dépendance, en pantalon et tenue blanche. Cette fois, on sentait sans erreur que l’homme en face était bien plus vigoureux que l’habituel professeur QuartMac. Le pas lourd, la démarche assurée, le geste vif... en fait, seul le visage ne cadrait pas parfaitement avec ce corps presque athlétique.
... d’en prendre un autre ! Vous en pensez quoi ?
Que vous ferez des ravages chez les aspirantes ! Enfin, celles qui passeront nos tests avec succès.
Laurelian se tendit tout à coup, le regard dans le vague. Ses yeux se plissèrent et elle sembla hocher de la tête. Le signal d’une alerte rouge retentit alors dans tout le vaisseau tandis que les lumières baissaient. Quartmac, à son tour, eut un haut-le-cœur devant cette silhouette sans expression, aux pupilles brillantes et fixes, soudainement auréolée d’une lueur sanguine. Il demanda simplement :
Que se passe-t-il ?
Quelque chose de très inquiétant, gouverneur. Venez avec moi au poste de commandement, les implications de ce que nous avons trouvé sont presque sans limites.

Quelques minutes plus tard, dans le centre de commandement, le professeur QuartMac et l’amirale Laurelian suivaient, incrédules, les images de la première preuve officielle d’une vie extraterrestre sous la forme des abjects totems bordant le Cercle-de-Khabit. La découverte de l'Exode était désormais connue par d'autres humains de MaterOne.
Les structures étaient composées des carcasses compressées de vaisseaux et de leurs équipages, laissés comme avertissement sans préambule pour tous ceux qui voudraient aller plus loin. Devant une telle découverte, la flotte n’eut d’autre choix que de se mettre en alerte constante et de se regrouper en attendant plus de précisions.
Suivies personnellement par QuartMac, plusieurs équipes se chargèrent de disséquer la macabre découverte durant presque deux journées standards. Leurs analyses imposaient non seulement une relecture complète des cartes spatiales, mais une réévaluation des enjeux de cette vague humaine (et mentale) de colonisation sauvage.
C’est dans son bureau, lors de la pause café du matin suivant, qu’il lâcha entre deux tartines :
« Préparons-nous à la guerre, Amirale. Il n’est pas question de reculer et nous savons désormais que les mondes à conquérir ne seront pas uniquement occupés par quelques groupes de pirates... »


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, DrWolf: QuartMac, AnyaK: Laurelian, Derush/montage: iGerard/VG, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE FORCES MENTALES EST PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE ( http://forcesmentales.fr )
LE CHAPITRE 13 DE REDU EST DISPONIBLE DANS VOS LIBRAIRIES PREFEREES (et sur le site de http://RedUniverse.fr)
com redU

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep14

episode359.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 14 : " Sauvetage (2) "

« Bon sang, c’est ma chance ! Voyons si l’un de nos bonshommes de la salle des opérations peut m’ouvrir ces satanées portes. »
Stuffy éprouvait plus de mal à se déplacer dans les souvenirs des Nalcoēhuals, et même parmi les informations récentes stockées dans leurs cerveaux. C’était une chose de se connecter sur les centres optiques, c’en était une autre de comprendre des pensées structurellement différentes. Au moins, restaient-ils les émotions, plus universelles. Il fouilla donc l’esprit de chacun des soldats, cherchant ce qui pouvait représenter de l’agacement ou du danger (ce que lui-même devait leur inspirer), voire une sensation de passage vers l’intérieur ou l’extérieur (présentement le sas), quelque chose d’essentiel au navire.
Alors qu’une nouvelle série de salves quittaient le bâtiment nalcoēhual en direction des vaisseaux de la Flotte mentale, un flash illumina brièvement l’obscure clarté stellaire. Pas de doute, entre les images qui apparaissaient et les rayonnements de joie des opérateurs, Stuffy comprit qu’un des appareils mentaux était en flammes, gravement touché. Il décrochait de sa position lorsqu’une seconde déflagration fit voler en éclat sa proue, déclenchant une réaction en chaine. En quelques secondes, le fier croiseur de l’armada personnelle du chancelier Poféus se transforma en un amas de débris brulés et déchiquetés... ponctués de quelques morceaux de cadavres calcinés. Stuffy serra les dents : même si ces gars l’avaient jeté dehors, il ne pouvait ignorer sa filiation le liant aux humains... à fortiori aux Mentaux.
Mais d’où contrôlait-on la porte du hangar ?
Il poussa l’intensité de son balayage mental à la limite des capacités de l’amplificateur. Tel opérateur semblait faire partie des systèmes balistiques, tel autre suivait des jauges ressemblant beaucoup à des quantités de munitions et d’énergie. L’officier commandant, serein, déroulait des schémas dans sa tête pour sélectionner tel ou tel mode d’attaque, le doigt appuyant toutes les cinq minutes environ sur un petit bouton de son fauteuil.
« Une sécurité, mais dans quel but ? Il doit l’actionner avec régularité... je ressens que c’est très important. »
Malheureusement, ce faisant, il déclencha les systèmes de protection du vaisseau, suivis par le capitaine et également deux de ses soldats. La réaction fut d’autant plus violente que les cibles avaient l’impression d’avoir été agressées dans leur dos. Une fois encore, les boucliers de Stuffy soutinrent l’attaque, mais cela lui en couta : son amplificateur crépita lorsque ses fusibles se mirent hors circuit, preuve de l’intensité du combat. Au même instant, il sentit les deux marins de l’entrée du sas se ruer à l’assaut, pas forcément rassuré, mais avec des ordres visiblement très clairs. L’équipage coordonnait à nouveau une offensive psychique et physique contre lui.
« Et merde, ils remettent ça ! » grogna-t-il.
Il ne partageait plus l’esprit de Ralato, désormais il lui était impossible de se battre sur deux fronts en même temps ! D’un puissant balayage, il stoppa net l’avancée des deux soldats, mais ne put le maintenir : le capitaine venait d’ordonner à plusieurs sections de se joindre à l’influx agressif qui pilonnait Stuffy. Des mécaniciens et même le personnel de l’infirmerie se joignirent à l’attaque, leur flux catalysé par les amplificateurs qui parsemaient les coursives du vaisseau. Sous l’assaut, Stuffy n’eut d’autre choix que de libérer les deux marins. Ils reprirent leur progression quelques secondes plus tard : dans toute chasse arrivait le moment où l’on sentait la résistance de la proie faiblir et cela attisait la hargne de la meute. Ils luttèrent contre l’impulsion que l’agent mental leur envoya, tandis que deux nouveaux soldats, appartenant à l’artillerie, se précipitèrent pour l’hallali.
Bloquant autant que possible les attaques, Stuffy compulsa l’ordinateur de bord : que pouvait-il trouver là-dedans pour repousser des assaillants déjà pratiquement sur lui ? Il ne restait guère que la dernière balise et encore ne serait-elle tirée que dessous la capsule, contre...
« Bordel ! Mais je suis rouillé moi ou quoi ? »
Dans une ultime concentration, il envoya une puissante vague psychique qui remonta les multiples signaux, touchant ou gênant plusieurs de ses agresseurs. Cela ne lui libérait qu’une fenêtre de quelques secondes, sous réserve que les deux autres qui approchaient n’ouvrent pas immédiatement le feu.
« Ordinateur, séquence balise, maintenant ! »
L’écran afficha alors face à ses yeux la question suivante : « Le tir d’une balise est déconseillé si la capsule est posée sur le sol. Il pourrait en résulter une déchirure de la coque ainsi qu’une décompression. Voulez-vous vraiment procéder ? oui — non »
Il allait valider lorsqu’un doute s’installa : la structure déjà affaiblie de son petit astronef résisterait-elle à une explosion supplémentaire ? Une soudaine attaque psychique vrilla ses défenses qui tremblèrent, alors que les parois du vaisseau subissaient à nouveau une salve de l’extérieur. Il n’avait plus le choix : c’était la mort dans l’espace ou la mort clinique dans ce sarcophage !
Il accéda à la demande de l’ordinateur et confirma.

*

Le capitaine Viggi lançait les ordres de contrattaque à la volée, surchargeant les esprits de ses sous-officiers, mais l’ennemi était redoutable et seule une coordination sans faille pouvait permettre de le contrer. Il était installé dans son large fauteuil central, le crâne encerclé par le Rayonneur, une ingéniosité du professeur QuartMac, aidant à la synchronisation la plus précise possible de tous les commandants. Il voyait ce que tous voyaient et inversement, ils partageaient idées et stratégies ensemble, mélangeant les options à la vitesse des pensées de chacun. La destruction d’un des insurgés, déjà peu nombreux, représentait un coup suffisamment dur pour que Viggi propose aux autres officiers supérieurs de passer à ce niveau exceptionnel de combat.
En ce moment, ils occupaient l’appareil ennemi en évitant autant que possible de nouvelles pertes. Pendant ce temps, un vaisseau de l’arrière-garde se préparait à faire feu du Canon mental, une arme terrifiante capable de neutraliser n’importe qui de vivant dans sa ligne de tir, mais le problème était la mise en œuvre : il nécessitait de longues minutes pour accumuler l’intensité psychique nécessaire au fonctionnement.
Huit, il ne restait que huit équipages encore aptes à faire preuve de discernement sur le millier que comptait la Flotte mentale. Lorsque Viggi s’était aperçu de la disparition de Stuff MacDone, il avait alerté ses connaissances les plus loyales. À la suite d’un jeu de patience pour récupérer, décoder et trier les journaux de bord du navire de QuartMac, ils avaient pu relever l’éjection d’une capsule de sauvetage, peu avant une précédente Transition. Le trouble déclenché par cette découverte avait amené une petite troupe à faire sécession... la goutte de trop pourrait-on dire. De nombreux partisans restaient dispersés dans les centaines de vaisseaux, mais il n’avait pas été possible de les regrouper sans éveiller l’attention. Charge à eux de s’enfuir, quand ils le pourraient. C’est ainsi qu’ils se matérialisèrent ici, immédiatement attaqués par ce bâtiment inconnu... et redoutable.
« Déplacement en six, huit, vingt-cinq, poussée fois quatre. Refermons le piège... » pulsa-t-il, un rien d’excitation perçant dans ses ordres.
Le schéma était clair dans son esprit, comme celui des autres commandants. Malgré cette fantastique faculté à se mouvoir… non, se transférer sur de courtes distances, l’adversaire tombait droit dans le piège tendu par les Mentaux. Le signal du canon mental enfin opérationnel était déjà arrivé depuis quelques secondes et l’ennemi se déplaçait dans la bonne direction, sans se rende compte qu’on le manipulait.
Une déflagration se produisit alors à sa base et un petit objet en sortit pour s’éloigner doucement sous l’effet du souffle. Mais Viggi n’eut pas le temps de s’y intéresser plus : le rayon psychique bleuâtre traversa soudain l’assaillant, dans un tourbillon d’éclairs et d’énergie radiante. Quelques décharges électrostatique s’échappèrent encore puis... le silence.
Les secondes défilèrent.
Lui et les autres commandants, synchronisés d’une manière toute « Forces mentales », patientaient dans l’observation des conséquences du tir.
Rien ne se produisait et les minutes s’écoulaient lentement.
Rapidement, ils eurent la certitude que les hôtes du vaisseau ennemi étaient au moins sévèrement sonnés, encore fallait-il le prouver. C’est là que l’explosion du sas inférieur devenait intéressante : elle permettait de contourner la barrière de cette coque si étrange, imperméable aux sondes psychiques (et dont on ignorait la capacité à contrer le canon mental).
« Placez-nous en dessous, nous devrions pouvoir scanner l’intérieur. Que donnent les senseurs sur l’objet qui a été expulsé ? »
Il perçut le sentiment de surprise de ses collaborateurs avant même l’information : il s’agissait d’une capsule de sauvetage standard, modèle mental ! Immédiatement, il focalisa son amplificateur sur le point clignotant de l’écran et lança un appel mental :
Ici le capitaine Viggi des Forces mentales libres de MaterOne, identifiez-vous.
Bordel ! Viggi, content de t’entendre, lui répondit la voix de Stuffy. J’ai une fuite d’oxygène et l’ordinateur de bord ne fonctionne plus. Venez me chercher !
Pas d’inquiétude, on est sur vous dans quelques secondes ! Heureux de vous revoir, Chef !
On se bécotera plus tard, fais vite !
Alors que, d’une manœuvre aussi fluide que précise, le croiseur mental « avalait » la capsule de sauvetage endommagée, ce fut dans un flash que l’appareil nalcoēhual disparut en Transition.
Le commandant, mort comme tous les autres membres à bord, n’avait plus appuyé sur le bouton de sécurité depuis peu, le vaisseau avait donc basculé en pilotage automatique et amorcé le voyage de retour à sa base.

Trois quarts d’heure plus tard, ce fut un Stuffy lavé à la cheville bandée qui vint frapper à la porte du bureau du premier officier. Une simple pensée lui répondit :
« Entrez, Agent MacDone ! »
Alors qu’il passait les battants, il eut la très agréable surprise de découvrir huit Mentaux hauts gradés parfaitement alignés se tendre en un strict garde-à-vous. Un peu étonné, il rendit le salut en se tournant vers Viggi pour une explication. L’autre sourit et précisa d’une voix où pointait une réelle fierté :
Agent MacDone... nous vous offrons le commandement général de notre... modeste flotte libre !
Oh... « Flotte mentale libre » tu disais tout à l’heure ? Vous avez tous décidé d’abandonner le train de Poféus et QuartMac, c’est ça ?
Oui, Monsieur. Nous et nos équipages. Et nous sommes à vos ordres, que fait-on maintenant ?
Stuffy observa chacun des hommes. Ces soldats avaient choisi de sortir des sentiers battus pour venir le chercher, quitte à renier leur serment, dans un lieu inconnu de l’univers et loin du premier avant-poste. Il ne pouvait que les admirer en retour, même si ce n’était pas ce qu’ils attendaient de lui. L’Agent mental se redressa, adoptant un ton plus martial, comme le moment en convenait :
« Alors, messieurs, prévenez vos navigateurs : nous allons rejoindre l’Exode le plus vite possible. Notre mission est désormais d’éviter un génocide d’une ampleur inédite dans notre histoire...
... aussi, laissez-moi vous serrer la main à tous, bande de génies ! »
Et Stuffy embrassa chaleureusement chacun d’eux, entre rires et accolades. D’une manière incroyable, s’il était encore en vie, c’était d’abord grâce à eux...
...et aussi un peu de chance, il fallait l’avouer. N’avait-il pas un jour raconté à Ralato qu’il s’agissait de la force la plus puissante de l’univers ?

Fin du Chapitre


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Rafa96: narration, Leto75: Stuffy Ackim: Viggi Derush/montage: iGerard/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep13

episode358.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 13 : " Sauvetage (1) "

L’attaque psychique éprouva ses boucliers, mais ils tinrent bon. Stuffy n’en revenait pas, car ses assaillants nalcoēhuals s’y étaient pourtant mis à trois pour tenter de percer ses défenses : QuartMac avait, sans le vouloir, trouvé un moyen de démultiplier la puissance des Mentaux. Il riposta, remontant jusqu’à la source ennemie et endommagea gravement la psyché d’au moins l’un des extraterrestres, tandis que les deux autres resteraient au tapis pendant plusieurs heures.
L’Agent mental se protégeait, agenouillé derrière sa capsule, dans le large hangar où il avait été capturé. Usant sans retenue de l’arme volée dans le laboratoire où il s’était réveillé, il repoussait les assauts physiques et psychiques de l’équipage. À défaut d’avoir pu trouver des vêtements à sa mesure, il portait une ample chemise dissimulant quelque peu sa nudité.
Un calme précaire s’abattit sur la scène tandis que les Nalcoēhuals tentaient visiblement de se réorganiser. Stuffy regarda autour de lui : la chance avait voulu qu’il n’existât qu’un accès à cet endroit, un sas central que le feu de son rayonnant permettait de parfaitement protéger, comme ses ennemis l’avaient découvert pour leur malheur. Néanmoins, c’était une voie sans issue, car l’unique chemin pour s’échapper se trouvait sous ses pieds : les portes extérieures. Inutile de préciser que seuls ses assaillants pouvaient les ouvrir, que ce n’était pas dans leurs intentions et qu’une capsule de sauvetage n’était pas armée, sans moyen d’en forcer le passage.
« Ils veulent me prendre vivant, apparemment. C’est ta chance mon Stuffy... », se dit-il en tirant un coup de semonce aux pieds d’un matelot extraterrestre un peu trop téméraire.
Un clignotement à la base de la crosse de son arme attira son attention. Aucune explication, sinon que plusieurs petits emplacements situés avec régularité au-dessus demeuraient éteints.
« Ça, c’est une jauge, constata-t-il simplement. Je suis à court de munitions et merde ! »
Il se savait encore capable de repousser plusieurs vagues d’assaut rien qu’avec ses pouvoirs mentaux, mais combien de temps cela durerait-il ? Et s’ils décidaient d’abaisser la pression atmosphérique dans cette salle, il n’aurait plus d’autres choix que de s’enfermer dans la capsule... qui elle-même connaitrait la fin de ses batteries à plus ou moins longue échéance.
Il laissa la paume de sa main glisser sur les écorchures extérieures de son appareil de secours. Les engins nalcoēhuals avaient tenté de forcer l’accès avant qu’un petit génie ne pense à appuyer sur le gros bouton rouge immanquable à la base de la structure, pour activer l’ouverture. Quelles seraient ses chances de survie au-dehors si l’intégrité de la capsule était endommagée ? De toute façon, la présence de ce vaisseau extraterrestre avait été miraculeuse et, sous réserve qu’ils décident de l’abandonner sans l’atomiser en partant, la solitude spatiale aurait eu raison de lui, in fine.
« Aucune issue sauf la mort ou la reddition. Tu parles d’un choix génial », se murmura-t-il à lui-même.
Sans conviction, il profita de l’accalmie qui se prolongeait pour faire un balayage passif aussi large que possible des forces déployées du côté des Nalcoēhuals. Il savait déjà que cinq soldats bloquaient l’entrée et... ah non, deux seulement ? En fait, perdu dans ses pensées, il n’avait pas remarqué que l’équipage s’était dispersé, chacun étant visiblement revenu à son poste. En se concentrant plus, il pouvait même ressentir une appréhension grandissante chez ses ennemis, quelque chose les inquiétait franchement !
Il éprouva alors une courte sensation de dédoublement, signe que l’on venait de passer en Transition. Mais Stuffy tiqua :
« C’était très court, on ne doit pas être allé bien loin et... »
Un tremblement parcouru la coque du vaisseau nalcoēhual, suivit d’un second, livrait-on bataille ? Il balaya autant que possible les alentours, mais rien n’y fit : les parois bloquaient son signal mental.
« L’amplificateur de la capsule ! » s’exclama-t-il en déclenchant l’ouverture.
Sans parler du radar qui pourrait apporter des infos, il y avait une chance qu’il puisse percer ce maudit rempart. Nouveau tremblement, les tirs se faisaient de plus en plus proches, mais pourquoi l’appareil nalcoēhual ne battait-il pas en retraite ? Plusieurs passages en Transition très rapide se succédèrent alors que des salves de ripostes fusaient. Plus aucun doute n’était possible : un combat se déroulait en ce moment à l’extérieur.
fit le coffrage de la capsule en se refermant sur Stuffy. Immédiatement, l’ordinateur de bord s’initialisa, activant tous les censeurs. Bien plus ouvert aux ondes radars depuis l’intérieur, le vaisseau livra quelques-uns de ses secrets. Les résultats confirmaient par exemple ce que Stuffy avait supposé : ce n’était pas un gros engin, à peine plus grand qu’un croiseur léger. Il pianota encore un peu, élargissant la zone de recherche. Malheureusement, la coque bloquait le passage des signaux dans l’autre sens également.
Il lança de nouvelles commandes et les diodes de l’amplificateur sortirent de leurs écrins pour venir se poser doucement contre sa boite crânienne. Un ronronnement monta dans sa tête puis s’atténua, indiquant qu’il pouvait commencer à émettre.
« Ici l’agent Stuffy des Forces mentales de MaterOne. Si vous entendez ce message, répondez-moi ! »
Il attendit quelques secondes, mais aucune réaction ne lui parvint. Rien, sinon un lourd tremblement qui se répercuta jusque dans la capsule. Les systèmes de blocage du signal psychiques résistaient à ses amplificateurs, même depuis l’intérieur. Retour à la case départ.
« Putain, quel con ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt », s’invectiva-t-il à haute voix ?
S’il ne pouvait franchir la barrière de la coque, il avait toute latitude pour balader son esprit à l’intérieur du vaisseau et ceux du poste de pilotage avaient forcement accès à toutes les données. S’il avait réussi à obliger son geôlier à le libérer, il devait pouvoir récupérer des informations dans les cerveaux de ceux qui contrôlaient ce vaisseau.
Il se concentra... et les trouva assez vite. Ils étaient six opérateurs et un commandant au centre de l’engin, assis en cercle devant une sorte d’écran holographique affichant schémas ou images de l’extérieure. Les ordres fusaient et tous agissaient en fonction. Sans difficulté, il put contourner les barrières psychiques de l’officier supérieur et suivre ce que ses yeux voyaient. C’était étonnant qu’une telle race, habituée aux pouvoirs mentaux depuis longtemps, ne soit pas plus aguerrie que cela aux subtilités mentales.
La relative nouvelle puissance de son corps n’expliquait pas tout.
Revenant au présent, il dénombra neuf assaillants sur le mur holographique. Des bribes qu’il comprenait dans l’esprit du commandant, le vaisseau nalcoēhual s’en sortait très bien et restait sur la zone pour obtenir suffisamment d’information, utilisant des capacités de Transition exceptionnelles pour tester leurs ennemis.
« Okay, vous êtes très forts, murmura Stuffy du fond de sa capsule, maintenant montre-moi qui est en face. Allez, gentil commandant, tu peux le faire, vas-yyyy... »
Plusieurs appareils adverses s’affichèrent alors sur la gauche et le cœur de l’Agent mental se serra : il s’agissait sans aucun doute de croiseurs de la Flotte mentale !


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, Leto75: Stuffy Derush/montage: Coles/Ceco, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep12

episode357.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 12 : " Révolution "

Du hublot de la navette de transport, Xopilat’l regardait s’éloigner lentement la planète naine d’où il venait de décoller avec une section de mineurs. De son illustre nom « Cuitliē », celle-ci abritait la majeure partie des habitants de cette région nommée « Chilico » ; c’était une zone stratégique car productrice de la fameuse « pierre qui chante », ce minerai sensible aux émissions psychiques qui représentait le cœur de la technologie nalcoēhuale.
Cela faisait pas mal de cycles qu’il n’avait plus été autorisé (il ne l’avait pas demandé non plus, avouons-le) à quitter ce bout de roche perdu au milieu du système d’anneaux formant Chilico. Ses obligations officielles d’agent des mines comportaient d’abord une lourde part administrative, loin des contraintes physiques de son ancienne vie de mineur, mais cela lui offrait peu de temps libre. Autrefois très impliqué dans l’action syndicale, le pouvoir en place sur Ti’ltchiti avait profité de son grave accident pour le rapatrier sur Cuitliē, sous les yeux et les oreilles de la police politique, où il se tenait désormais tranquille.
Il maugréa un peu trop fort, ce qui intrigua quelques secondes ses voisins avant qu’ils ne s’en désintéressent.
La vie des mineurs de Chilico n’était pas de tout repos. À creuser les astéroïdes proches du trou noir central on risquait, au mieux, de perdre un bras et l’extrémité de ses antennes comme Xopilat’l, au pire, de ne jamais revenir.
La République nalcoēhuale avait colonisé cette région sous le prétexte fallacieux que tous les Nalcoēhuals étaient frères, mais c’était bien évidemment pour sécuriser l’approvisionnement en « pierre qui chante », vital pour l’industrie militaire. Les habitants ancestraux, issus de la vague originale des pionniers, n’avaient pas accepté cet état de fait et s’étaient révoltés par deux fois... insurrections noyées dans le sang par de terribles répressions.
« Et dire que cela se prétendait une « république », pensa Xopilat’l, la main sur le petit amplificateur-crypteur psychique à sa ceinture. Qu’ils commencent par lever la suspension des droits des citoyens et la loi martiale en place depuis près d’un cycle ! »
Car, loin de n’être qu’un activiste rangé, l’ancien mineur était en fait le président élu de la République cachée de Chilico, celui que tous les services de Ti’ltchiti recherchaient assidument sans y parvenir. Utilisant les derniers moyens de cryptage physiques et psychiques, multipliant les zones de réunions et filtrant les arrivées, la république cachée de Chilico avait réussi l’exploit de s’étendre dans un environnement dominé par la police de la pensée. Ses partisans apprenaient à échapper aux contrôles psychiques, à concentrer toutes les informations, quelle qu’en soit l’importance, et à les transmettre à la présidence.

La navette ralentit puis pivota pour apponter au sas prévu. C’était la dernière arrivée avant que le cargo de transport ne quitte son orbite pour le centre du système de Chilico. Apparemment, on les destinait à la quatrième ceinture, où un gisement prometteur avait été découvert à la suite de deux grosses collisions d’astéroïdes. Ce cauchemar ultime du mineur représentait également le salut de la production...
« ... tout du moins pour ceux de Ti’ltchiti », chuchota-t-il pour lui-même au milieu de ses congénères qui s’ébrouaient dans le sas.
Le voyage durerait cinq déciles avec un seul saut de Transition et c’était justement la principale raison de la présence de Xopilat’l ici. Car les services de sécurité ne prenaient pas garde aux transports de moins d’une douzaine de déciles et le saut entre les dimensions permettait d’échapper à un quelconque traçage. Sur un signe de tête, quelques compagnons formèrent une haie de solides gaillards autour d’un coin de mur où il put placer sur son front la barrette liée à l’appareil psychique de sa ceinture. Dès l’activation du protocole de protection, son esprit se matérialisa dans le Colisée, un immense lieu de réunion virtuel où les rebelles de la résistance pouvaient organiser de grandes rencontres comme celle-ci.
À sa droite patientait Telma’k, son fidèle ami qui tenait le rôle de premier secrétaire. S’il n’éprouvait pas le même genre de foi en l’avenir que Xopilat’l, il demeurait un coordinateur de génie adepte du secret ce qui, vu la situation de la république cachée de Chilico, représentait un sérieux avantage. Ses yeux viraient à l’orange et son teint bleu ciel parlait pour lui de l’état de fatigue, voire de stress dans lequel il baignait en l’attente de ce jour, car il n’était pas dupe.
Alors c’est pour aujourd’hui, Président ? chuchota-t-il le dos tourné à l’assemblée qui patientait. Xopilat’l lui sourit en tapotant doucement l’épaule de son ami.
Oui, nous attendions cela depuis si longtemps. Aie confiance, comme moi j’ai confiance...
Il s’approcha ensuite du bord de l’estrade. Écartant les bras en un geste apaisant, il demanda aux spectateurs un moment de calme, ce qui était quasiment inutile. La rumeur avait couru et tous savaient que quelque chose d’important allait être annoncé aujourd’hui.
Le président observa quelques secondes l’assemblée face à lui. Combien y avait-il d’informateurs de la police, de traitres voire d’agents infiltrés dans cette foule ? Par définition, une minorité et certains étaient déjà fichés par ses camarades chargés du renseignement. À ce jeu du Zlabot et de la croasouris, Xopilat’l pouvait compter sur un avantage intrinsèque au mouvement de résistance de Chilico : les anciennes familles se connaissaient toutes et chaque membre y avait sa place. D’où la difficulté pour la police de Ti’ltchiti de les infiltrer.
Il décida de mettre fin au suspense :
« Mes amis, mes voisins, mes concitoyens ! Vous avez sans doute suivi comme moi les changements intervenus à la tête de l’oppresseur de Ti’ltchiti. Désormais, il ne se voile plus derrière une façade démocratique, il s’est officiellement et durablement transformé en dictature. Au moins, nous lui reconnaissons une clarification des choses, même si nous lui connaissions déjà cette face depuis bien trop longtemps.
Mais ce n’est pas tout. Nos sources, précises, se recoupent sans possibilités d’erreur : l’armée noire qui nous oppresse retire ses forces de tous les territoires, dont le nôtre. Ils partent se regrouper à l’opposé du Cercle-de-Khabit dans une folle tentative pour contrer un quelconque ennemi qui la terroriserait. Est-ce l’Empereur-Dieu de Ragnvald ? Sont-ce de nouveaux humains ou encore quelque chose d’autre ? Dans tous les cas, mes amis, je vous le dis sans ambages : nous saurons profiter de la situation pour en tirer avantage.
Je parle bien sûr de négociations, de discussions en haut lieu avec des membres influents de la politique nalcoēhuale. Ceux de Ti’ltchiti sont en état de faiblesse, je suis persuadé qu’ils nous offriront enfin une oreille attentive. Et dans le cas, possible, où nous aurions besoin de montrer notre union, vous serez appelé pour que nous levions tous ensemble notre poing.
Ce sera tout pour l’instant, je vous tiendrai informé de l’évolution de la situation. Soyez prêt, l’œil bien ouvert et attendez : le dénouement est peut-être proche !
Longue vie, et prospérité. »
Et toute la foule répondit, croisant bras contre torse :
« Longue vie et prospérité ! »
« Longue vie et prospérité ! »
S’en suivit une longue ovation où la ferveur se teintait de l’espoir irréel d’une liberté retrouvée. Avant qu’il ne se déconnecte du Colisée, Telma’k le prit à part :
Tu es certain qu’ils auront compris le message ?
Bien sûr. Il n’y aura que les agents infiltrés pour chercher d’hypothétiques politiciens négociant avec nous. Nos partisans ne s’y tromperont pas.
L’autre baissa les épaules, presque résigné :
Donc on attaque ? Et tu veux vraiment commencer par la raffinerie de « pierre qui chante » ? C’est un endroit bien gardé...
Xopilat’l plissa les paupières le regard soudain sombre : il allait devenir chef de guerre et de ses victoires, ou de ses échecs, dépendrait l’avenir de son peuple :
« Plus que jamais. »


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Tristan: narration, Hamzalactus: Xopilat'l, Xelion: Telma'k Derush/montage: Miiop/MTIce, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep11

episode356.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 11 : " La guerre des Stuffies (3)"

Tous ne purent entrer, mais rapidement l’atmosphère devint lourde de respirations, de transpiration ou de la simple élévation mécanique de la température. De son imposant fauteuil, le Stuffy mutualiste se leva et une haie s’ouvrit jusqu’à son alter ego. Lentement, il descendit quelques marches et s’approcha en boitant, abandonnant la distorsion de sa voix en détachant la prothèse collée à sa gorge :
Comme tu vois, j’ai aussi du mal. Mes pilules protègent un peu, mais ne font pas de miracles : une chimère usée est une chimère usée.
Je te rappelle que tu m’as donné ta parole que je contacterais mes hommes pour repartir, lâcha Stuffy ministère qui n’appréciait pas du tout cette meute d’agents mutualistes bloquant tous les accès.
Oui, oui... répondit énigmatiquement l’autre en s’approchant. Donc QuartMac par exemple, celui qui nous prête ses traits. As-tu cru sérieusement qu’il ignorait ce que deviendraient ses chimères non matures ? Ce... ce type les fabrique depuis des années et des années, il était censé être mort alors que Fabio et Ralato n’étaient que des adolescents ! Il maitrise la technologie du clonage et tous ses obstacles, il ne pouvait méconnaitre le risque que l’on prenait.
Mais je lui en sais gré. Car cela nous a ouvert les yeux, à moi et à l’autre.
Quel autre ? demanda doucement Stuffy ministère, comme s’il essayait de repousser ce qui apparaissait déjà comme une évidence.
Le Stuffy Souriant, bien entendu. Il m’a contacté alors que les premières certitudes s’imposaient à moi (comme à lui). Nous avons convenu qu’il était indispensable de poursuivre ce qui avait été entamé, mais cette fois en nous unissant, Souriants et Mutualistes. Les conglomérats de Talbot ont participé à la mise à mort de la bête en rapatriant d’urgence leurs fonds de partout, à la seconde même où se produisaient les explosions.
Tu entrevois maintenant le chronométrage de toute l’opération ?
Il le saisissait en effet : aux Souriants l’élimination de Ralato, aux Mutualistes celle de Stuffy ministère, tandis que l’attentat géant mettait à genoux la société humaine toute entière. Les Forces mentales désorganisées, il ne restait que l’armée qui ne saurait où donner de la tête. Résistant à l’envie de prévenir Ralato coute que coute, il contre-argumenta à l’autre Stuffy :
Même si Ralato et moi disparaissons, Poféus tient toujours très bien les rênes. Et il n’est pas du genre compréhensif.
Le président de l’assemblée, le parlementaire Wolf occupera l’intérim selon la constitution, tandis que Poféus tombera pour incapacité. Ce ne sera pas difficile... il est complètement fou depuis la mort de son amie la psychologue, les témoignages ne manquent pas. Wolf est un opportuniste, il se rangera avec nous le temps qu’on affirme notre emprise, on l’éliminera ensuite.
Les transmetteurs ne fonctionnent pas dans cette base, tout signal est coupé et nous nous sommes assurés que plus personne ne se trouvait à portée de ton pouvoir mental...
... donc tu vas mourir. Tu le sais, je pense, non ?
Stuffy ministère ne répondit pas. Toute cette mise en scène n’avait aucun sens, sauf à cacher autre chose :
J’ai toujours été faible de cœur, pour les nanas comme pour les mecs. Si tu avais voulu ma disparition, tu aurais pu être bien plus efficace. Qu’est ce que tu cherches, vraiment ? Et pourquoi tous ces Mutualistes doivent-ils y assister ?
Ha, ça... murmura Stuffy mutualiste. Il franchit le peu de distance restant jusqu’au Stuffy ministère.
Dans un curieux sourire, il écarta les bras devant lui, le visage levé au plafond en une soudaine expression de quasi-béatitude. Un grand gaillard en tenue sombre s’approcha de lui par-derrière et d’un mouvement sec, lui trancha la gorge ! Le rictus ne quittait pas la figure radieuse de ce QuartMac-Stuffy, alors que son corps s’affaissait sur le sol tel un vieux chiffon.
Le Stuffy ministère, dernier « Stuffy » de cette base et de cette planète, couvert de sang, resta sans voix. Il mit plusieurs secondes à détacher ses yeux de la vision morbide pour contempler l’assassin à la dague ruisselante encore levée. Leurs deux regards se croisèrent quelques secondes, puis l’autre lui adressa un sourire. L’Agent mental comprit enfin :
Tu t’es dupliqué en Mutualistes, tu as volé l’esprit de chacun d’entre eux !
Exact, répondit une femme derrière lui. Ils étaient ce qu’on appelait la « source », les esprits originaux que l’on dupliquait à volonté et qui restaient bien cachés dans les bases secrètes de l’organisation.
Lui, ajouta-t-elle en désignant du menton le corps gisant, n’était qu’une enveloppe condamnée.
Cela m’a pris du temps, poursuivit un Tropicalien qui sortait de la foule. Car toutes les notes de QuartMac ou de Heir n’expliquaient pas s’il était possible d’effacer une psyché vivante pour en imposer une nouvelle, sauf que...
Stuffy ministère compléta, coupant la parole à l’aberration des clones de son double :
Sauf que nous avons partagé l’esprit de Ralato pendant des mois et que cela nous a aidés à comprendre bien des choses.
À force d’expériences, en effet, confirma la première femme. Une fois la méthode au point, cela n’a été qu’une question de temps. Regarde donc ! Une armée de Stuffy, nous à l’infini ! Je l’ai fait !
Je vois ça, rétorqua l’autre. Et tu as fait venir tout le monde pour assister à ma mise à mort ? C’est quoi ? Une sorte de rituel pour faire plaisir à tes clones ?
En réponse, les Mutualistes présents sortirent une dague et la pointèrent vers Stuffy dans un geste, non pas menaçant, mais qui se voulait inéluctable. Plusieurs parlèrent en même temps :
« Nous désirons tous être là pour te voir mourir. »
Et quarante couteaux s’abattirent sur l’Agent mental changé en chimère bien malgré lui. La mise à mort dura de très longues minutes, le temps que chaque Mutualiste ait pu déchirer un morceau de la chair de leur ancien frère. L’une après l’autre, les lames aiguisées s’enfoncèrent dans la masse sanguinolente qu’était devenu le tronc de Stuffy. Il s’effondra au sol, sur la dépouille de son double mutualiste, et ce fut dans son dos ou dans ses côtes que la majorité des coups plurent.
Lorsque le dernier Mutualiste, le Tropicalien, vint planter sa propre arme dans l’amoncèlement de chair, il constata la mort de la chimère. Un rapide balayage mental le lui confirma, mais il y eut autre chose : une sorte de point luisant dans l’esprit s’éteignant, une sensation très subtile que l’excitation de l’assassinat des deux Stuffy avait occultée. Tous partagèrent cette étrange sensation et levèrent la tête. Une borne, un amplificateur psychique, avait été installé à l’insu de tous au sommet de la colline, sous laquelle se trouvait la mine, et elle était connectée d’une manière ou d’une autre avec le Stuffy ministère. Alors qu’ils s’inquiétaient, la brillance disparut et l’engin se tut.

À cent-vingt-mille kilomètres d’altitude, quatre croiseurs de la flotte spatiale étaient en orbite stationnaire. Lorsque le Stuffy des Forces mentales mourut, le petit appareil suivit sa programmation et émit l’impulsion attendue par l’escadre.
Les canons patientaient, leurs ogives pointées sur l’objectif et les ordres étaient clairs.
Un déchainement de fureur s’abattit alors sur la mine, la colline, le lac, la région, réduisant plusieurs villages, des routes, la forêt et même quelques maisons des faubourgs lointains de MaterOne-Centrum, en un amalgame déconnecté de millions d’atomes. L’erreur du Stuffy mutualiste avait été de se croire suffisamment protégé, face à son frère du ministère, pour venir le tuer en personne. Il avait sous-estimé le choc et le sentiment de trahison qu’il avait déclenchés chez celui qui restait, jusqu’à preuve du contraire, le seul Stuffy équilibré de cette partie de l’univers.
Les flammes brulèrent bien plus profondément que les seules fondations de la colline, le sillon arraché à la terre mettrait des siècles à cicatriser de l’impact cumulé de ces frappes orbitales.

Le vrai dernier Stuffy n’avait jamais souhaité se cloner et il avait personnellement vidangé les cuves de ses chimères de remplacement en maturation. Lui aussi pouvait estimer qu’une cause valait des sacrifices et, surtout, n’avait cultivé que peu d’espoir sur l’issue d’une hypothétique confrontation avec son double mutualiste.
Peut-être était-ce les douleurs, sans doute le carnage provoqué par son frère d’esprit, toujours est-il qu’il ne s’estimait plus en droit de vivre comme un fantôme.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Rafa96: narration, Leto75/Drwolf: Stuffies, FallenSwallow: femme mutualiste, Lorendil: tropicalien mutualiste Derush/montage: Gvillaume/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep10

episode355.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 10 : " La guerre des Stuffies (2)"

(EDIT: 20/07/2018, mauvais fichier, on est désolé!)

Rapidement, le décor changea. Des abords typiques d’une vieille mine désaffectée avec ses poutres vermoulues et ses toiles d’araignées, le Stuffy du ministère pénétra un corridor impeccable à la lumière bleue diffuse, truffé de capteurs et autres caméras.
« Arrête-toi quelques secondes », lui intima son hôte dans un message psychique.
Plusieurs carreaux autour de lui se mirent alors à rougeoyer du sol au plafond, tout y passa jusqu’à ce que le couloir redevienne normal. Un panneau sur le côté s’enfonça et glissa en révélant une seconde galerie.
« Rejoins-moi, maintenant » précisa simplement la voix.
Le mur reprit sa place, Stuffy apprécia l’idée d’un œil connaisseur : si des agresseurs attaquaient, personne ne se douterait que le corridor principal n’était qu’un cul-de-sac, voire un labyrinthe ou un piège fatal ! Le vrai passage était l’accès secondaire dissimulé dès l’entrée de la base secrète... très « Mutualiste » tout cela.
Il déboucha dans une grande antichambre de près de cent mètres de long : des dizaines et des dizaines de membres de l’organisation y étaient alignés, sertis dans leur tenue noire moulante et serrant le poing contre leur torse. Femmes, hommes, leurs durs regards se perdaient dans les hauteurs des parois, mais Stuffy jurerait qu’il s’agissait des personnes originales de ce fameux « cœur » mutualiste. Quelque chose dans leurs influx psychiques, un je ne sais quoi dans leur apparence plus tendue ou fatiguée... impossible de sonder plus loin les esprits, ce serait certainement repéré et mal interprété. Sans compter qu’ils étaient sans doute gavés de Boramol.
Ils levèrent le poing en criant :
« GLOIRE À LA MUTUALITÉ »
, alors que Stuffy franchissait la porte du fond dont les larges ventaux se refermèrent derrière lui.
« Bienvenue » résonna la voix déformée.
La nouvelle salle baignait dans une obscurité presque totale, on devinait la silhouette d’un imposant fauteuil nimbé d’une lueur violette. Stuffy s’étonnait qu’on ne lui ait pas retiré son révolver. Certes, la séquence des carreaux rougeoyants de l’entrée dissimulait sans doute un portique d’imagerie, pour vérifier qu’il ne portait rien d’autre que son émetteur et son arme, mais c’était bien insuffisant quand on connaissait la paranoïa maladive de l’organisation.
La voix poursuivit, alourdie par la déformation :
Les cachets font-ils déjà leur effet ? Cela devrait être rapide.
Je me sens un peu mieux, merci, répondit prudemment Stuffy ministère. Pourquoi tout ce théâtre ? On sait tous deux qui tu es et on vient de se croiser dehors.
Parce que c’est ainsi que cela fonctionne chez les Mutualistes... mon vieux ! Détends-toi, je ne te sens pas dans ton assiette : tu ne peux lire nos esprits, nous ne pouvons percer tes défenses... match nul, parlons !
Alors, comment va notre cher Chancelier ? Toujours en plein délire éroticoparanoïaque ?
Aux dernières nouvelles, il n’a pas condamné des centaines de milliers de gens à la mort, lui. Tu sais pertinemment qu’on t’arrêtera, maintenant ou plus tard. L’organisation des Mutualistes doit être dissoute immédiatement et ses membres doivent comparaitre devant les tribunaux.
Les tribunaux ? Et comment les paierez-vous ? Il n’y a plus d’argent, seuls les militaires ou les Forces mentales peuvent encore intervenir. Nous venons de créer les conditions pour que la vraie révolution commence et elle sera mutualiste ! Tu sais — toi aussi — que j’ai raison, car nous partageons le même gout de la justice !
Je voulais que tu puisses me retrouver ici. Je suppose que tu t’en doutes depuis le début, c’est pour cela que tu as préféré laisser tes troupes dehors.
Stuffy ministère ne répondit pas, il essayait de comprendre à qui il avait à faire. Ce Stuffy mutualiste usait d’un vocabulaire un peu plus châtié que le sien et d’une intonation hautaine. Malgré cela, c’était bel et bien un Stuffy-Quartmac identique qui lui parlait. Leurs références se croisaient, parfois même leurs objectifs ! La finance, l’économie monopolisée par quelques-uns, il ne les appréciait guère, mais ça ne méritait pourtant pas de tuer tout le monde ! Le Mental décida d’abréger, quelque chose de malsain flottait dans l’air.
Suis-moi, un orthoptère atterrira pour nous prendre et tu ordonneras à tes hommes de se rendre gentiment aux troupes mentales.
Hmmm, nous verrons. Dis-moi, as-tu reçu cette note de QuartMac qui prédisait une « transformation » de la psyché des chimères non matures ?
Oui. C’est ce qui fait que je voulais venir te chercher et pas te faire abattre, répondit sèchement Stuffy ministère. Son vis-à-vis avait visiblement choisi de jouer cartes sur table.
Hé, hé, hé... un peu de sérieux. Tu te demandes comment un frère a pu prendre une décision qui te semble aussi abominable, n’est-ce pas ? Tu considères que ce n’est pas possible, qu’une quelconque force extérieure m’a tordu l’esprit pour concevoir un tel projet ?
Stuffy mutualiste glissait doucement dans la véhémence, ce qui ne faisait que conforter le Stuffy ministère dans ses convictions. La silhouette poursuivit avec sa voix déformée :
« La réalité est que tu ignores l’étendue des implications. Mais nous en reparlerons plus tard. Dis-moi, que penses-tu de la multiplication des clonages ? As-tu décidé de transformer les Forces mentales en « Stuffy-land » avec des tas de doubles de toi, petits ou grands, gros ou maigres ? Ne t’es-tu pas demandé si tu n’étais pas l’agent idéal pour augmenter artificiellement les effectifs de ton organisation ? »
Bien sûr qu’il y avait réfléchi ! Une armée de lui-même ou plutôt des bataillons d’une sélection des meilleurs éléments des Forces mentales... mais Stuffy n’était pas mégalomane. Il ignorait ce que l’omnipotence pouvait engendrer, même sur un esprit équilibré, qu’il pensait équilibré, comme le sien. La folie du Stuffy mutualiste, comme les avertissements de QuartMac prouvaient qu’il avait eu raison de s’abstenir.
Tu sais parfaitement que non, répondit-il. Et d’ailleurs pourquoi discute-t-on, là ? Je t’ai demandé de me suivre et de donner à tes hommes l’ordre de se rendre aux Forces mentales !
QuartMac nous a menti ! rugit l’autre. Poféus t’a menti, tout le monde ment ici, tous ne font que se soumettre à la concupiscence et à la luxure ! Je veux un monde honnête, droit et surtout... sans surprise !
Soudain, de grands projecteurs éblouirent le Stuffy ministère, tandis que la porte coulissante derrière lui laissait entrer, autant que sa largeur le permettait, les Mutualistes présents dans l’antichambre.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, Leto75/Drwolf: Stuffies Derush/montage: Guilitane/VG, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep09

episode354.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 09 : " La guerre des Stuffies (1)"

L’équipe mentale progressait avec précautions vers la mine abandonnée. Plusieurs de ses collègues préconisaient le bombardement de l’endroit avec tout ce que comptaient les arsenaux spatiaux, quitte à raser les villages alentour et la banlieue de MaterOne, mais Stuffy avait repoussé l’idée. D’abord pour les victimes, mais également pour une raison personnelle : un Stuffy, un double de lui-même, était responsable du carnage à MaterOne-Centrum et il voulait comprendre pourquoi, malgré le risque.

C’était une semaine plus tôt, cinq Mutualistes, du nom de cette organisation prônant un changement majeur dans la société, sacrifiaient leur corps de chimères dans l’attentat le plus meurtrier de l’histoire. En une fraction de seconde, des charges d’antimatière avaient rayé de la carte tout le quartier des affaires de la capitale MaterOne-Centrum. Les dégâts structurels consécutifs au drame avaient presque doublé le nombre des victimes et la crise économique universelle qui en avait découlé perdurait. On pouvait tout juste produire un décompte définitif des administrations fermées et des faillites en tous genres. Mais quatre-vingt-sept-mille-six-cent-quarante-trois morts et plus de cent-mille blessés ne suffiraient pas à la folie qui avait atteint les Mutualistes, ils voudraient frapper plus fort et plus loin.
Dans la logique de changement de système, rien de mieux que de mettre à genoux le précédent et c’est exactement ce qui s’était passé. Si chez les Souriants ou les Nordistes la situation demeurait calme, du côté des Tropicaliens ou des Bruns cela virait à la violence et à l’anarchie. L’État ayant fait faillite, les budgets de la police, des milices ou de tous les services de secours étaient gelés et seule l’armée pouvait intervenir. Le carburant des forces de sécurité provenait uniquement de stocks réquisitionnés et cela ne durerait pas longtemps. On assistait à un redit des scènes de la Révolution Castiks quand des assauts étaient ordonnés dans plusieurs villes où des seigneurs de guerre tentaient d’accaparer le pouvoir...
Lorsque le Stuffy original s’était cloné quatre fois pour contrer le plan de Monsieur Heir, deux avaient pris la place du politicien dans ses rôles officieux : grand maitre des Triades souriantes et chef des Mutualistes.
Le ministre de la Sécurité Ralato Ouli se rendait actuellement auprès du premier, à la suite de quelques doutes des espions des Forces mentales, mais l’attentat de la rue du Mur changeait la donne.

Son équipe avait déjà neutralisé plusieurs dispositifs de surveillance qui truffaient les abords de l’entrée de la mine. La progression était difficile et...
... un des éclaireurs lui envoya l’image d’une vieille personne qui se dressait debout, seule, devant le passage obscur dans la paroi.
C’était le Stuffy.

Après la prise de pouvoir du chancelier Poféus, les dossiers et archives de l’organisation avaient été rapidement transférés aux bureaux du ministère, tenus à jour aussi souvent que possible. Il avait suffi de quelques semaines pour que le flot d’informations se tarisse et, stupidement, personne n’avait réagi à l’absence de données. Qui pouvait alors soupçonner un Stuffy, « un des quatre », d’une quelconque mauvaise intention ? Mais, depuis le drame, tout avait été relu et comparé et on n’avait pas mis longtemps pour capturer les premiers Mutualistes ayant participé à la préparation de l’attentat. Leurs interrogatoires par des Mentaux avaient permis de remonter la piste jusqu’ici.
L’organisation terroriste exploitait la technique du clonage à grande échelle de ses membres principaux, un millier d’après les documents reçus. Ils se transféraient régulièrement dans de nouveaux corps et poursuivaient leur quête en se sacrifiant aussi aisément qu’une version d’eux-mêmes prenait vie ailleurs. Ensuite gravitaient, autour de ce cœur, des sympathisants « normaux » répartis sur tout l’univers connu, parfois utilisés comme messagers, espions ou tout simplement comme chair à canon dévouée.

Sous le regard atterré des autres membres de son commando, le Stuffy du ministère se dressa au-dessus des buissons. Il laissa tomber au sol la majeure partie de son équipement, se contentant d’un révolver et de vêtements légers. Sac à dos, gilet pare-balle, casque... même son bonnet resta sur place. D’une pensée, il donna l’ordre de se replier et descendit, prudemment, vers l’entrée de la mine.
Ses hommes devaient littéralement paniquer à l’idée inquiétante que tous les Stuffy se soient ligués contre l’humanité. Cela les encouragera à se retirer au plus vite : si c’était une rencontre entre Stuffy qui était visiblement attendue côté mutualiste, on risquait de voir anéantir le reste du commando.
Le dernier pas qui le conduisit au terreplein fut de trop et le genou droit hurla : la décomposition de son corps se poursuivait et les douleurs se répandaient maintenant partout. Il ne put retenir une grimace impossible à dissimuler à l’autre petit vieux qui attentait : Stuffy mutualiste arborait un sourire narquois, sa peau était blanche comme une feuille de papier tandis que de profonds cernes bleus entouraient un regard inquiétant. Clairement, leur physionomie à tous deux différait.
Les quatre Stuffy s’étaient clonés dans les seuls corps alors à disposition : les chimères de remplacement non matures du professeur QuartMac. Résultat, quelques mois plus tard, des articulations en décrépitudes, des parties de l’organisme qui ne fonctionnaient plus et une vie de souffrance dans l’attente d’un nouveau corps. Stuffy mutualiste sortit doucement de sa poche une série de comprimés qu’il jeta aux pieds de l’arrivant, alors que des points rouges se promenaient sur sa tête : apparemment, les hommes du commando se refusaient à abandonner leur chef. Il prit la parole :
Dis-leur de s’en aller. Tu pourras leur envoyer un signal pour qu’ils viennent te chercher quand nous en aurons fini. Et ne t’inquiète pas, il ne leur arrivera rien.
Et çà, c’est quoi ? demanda Stuffy du ministère en ramassant la boite.
Un analgésique puissant doublé d’une formule de ma composition pour retarder les effets du vieillissement. Si tu les prends, la différence devrait se faire sentir très rapidement, dans le quart d’heure. C’est très efficace.

Stuffy ministère en fit rouler deux dans la paume de sa main. Était-ce un piège ? Quel serait l’intérêt de le tuer maintenant, l’autre en avait sans doute déjà eu l’occasion. Une drogue quelconque ? Il n’en savait guère plus que ce que Stuffy mutualiste connaissait déjà. Ce dernier reprit :
« Tu peux en avaler trois vu ton état. Moi, j’en ai besoin de deux par jour... pour l’instant. J’espère que de futurs corps sont en maturation de ton côté, les miens seront bientôt prêts.
Décide-toi, moi je rentre. La lumière du soleil m’éblouit et la présence de tes Mentaux me gêne. Rejoins-moi quand tu veux ! »
Stuffy ministère s’interrogea… puis il avala d’un trait trois comprimés en signalant à ses hommes de se replier une fois pour toutes, ordre mental à l’appui.
Enfin, sur une ultime hésitation, il disparut dans l’obscurité de l’entrée à la suite de l’autre Stuffy.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Gvillaume: narration, Leto75: Stuffy Derush/montage: iGerard/`ceco, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

VOTRE NOUVELLE SÉRIE EST ENFIN PRÊTE A ÊTRE TÉLÉCHARGÉE
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

Trailer Episode 1 Forces mentales

Trailer_Ep1_Vdef.mp3

Trailer_Ep1_Vdef.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,1 Mo )

Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

7 Juillet 2018 à 22h (10 PM GMT) sur http://forcesmentales.fr




forces mentales

Podcast
En cours de lecture

Teaser n°2 Série Forces Mentales

BA_stuffy01.mp3

Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

7 Juillet 2018 à 22h (10 PM GMT) sur http://forcesmentales.fr




forces mentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep08

episode353.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 08 : " condamnation (2)"

«  la première défense peut livrer son ultime plaidoyer », lança la voix synthétique de la première intelligence artificielle.
Depuis presque une heure, à peine, la Princesse Azala, sa garde du corps Melba, ainsi que la parlementaire Ci’chi supportaient le feu roulant d’accusations plus loufoques les unes que les autres. On chargeait leurs dossiers de tout et n’importe quoi : ici, la divulgation d’une quelconque annonce top secrète que la Nalcoēhuale aurait glissé à Azala, là, Melba truffant les corridors d’émetteurs dissimulés. Pour la superbe, on reprocha même à la jeune femme les mauvaises expressions de son traducteur.
Si l’issue n’était pas gravissime, la peine « maximale » ayant été largement et clairement demandée — exigée — par l’accusateur public, le comique de la situation prêterait à rire à gorge déployée. Mais quel était donc le système judiciaire qui ne permettait pas aux avocats de présenter des témoins ou des preuves ? Seuls les éléments à charge étaient montrés à la cour. Enfin, la présidence du tribunal se résumait à trois armoires noires brillantes dont une console clignotait en haut de la face avant. Non seulement ces machines ne faisaient que donner la parole à l’un ou l’autre, mais Azala aurait bien aimé savoir comment elles pouvaient se faire une idée de ce qui leur était livré. Si tant était que ce terme ait un quelconque sens pour elles.
Elle croisa le regard de Melba, à quelques mètres d’elle. Les accusées avaient été séparées pour les empêcher de communiquer entre elles et un brouilleur psychique avait été placé autour de chacune. Elles étaient isolées dans une sorte de cabine de verre renforcé, un unique garde, qui se curait consciencieusement les ongles derrière elles, les surveillait, débonnaire.
L’expression dure de l’ancienne Lakedaímōn (l’ancienne garde royale sur MaterOne) prouvait qu’elle ne se laisserait pas exécuter sans combattre. Azala tenta un sourire réconfortant qui ne combla en rien son amie. De l’autre côté, sur sa droite, Ci’chi souffrait visiblement. On la sentait sur le point de s’évanouir apparemment sous l’influence de quelque drogue (peut-être était-ce le cas, mais la princesse soupçonnait que le brouilleur assigné à la parlementaire était responsable de son état. Sans doute l’avait-on réglé — volontairement ? — trop fort).
Pendant ce temps, l’avocat de Ci’chi terminait sa défense :
... cliente a refusé de reconnaitre les faits qui lui ont été reprochés. Était-elle dans son droit de ne pas cautionner cela ? Oui, fort heureusement, car les libertés des accusés ne sont pas lettre morte. Les preuves que l’on nous a montrés l’accablent et parlent d’elles-mêmes. Par son statut et sa responsabilité de représentante du peuple, mis en suspens le temps du procès, je demande... la clémence. Merci à vous !
la seconde défense peut présenter son ultime plaidoyer, lança alors la seconde intelligence artificielle.
Mes chers confrères ! Mais que vois-je ? Est-ce ainsi que nous traitons les diplomates étrangers qui viennent dialoguer en notre sein ?
Azala leva un sourcil. Le juriste chargé de la défendre n’avait pas fait preuve de véhémence et elle n’attendait guère plus de lui que de celui de Ci’chi. Pourtant, cette entrée en matière surprenait, il poursuivit :
Lorsque nous voyons ce tribunal militaire aux normes uniquement conçues pour la condamnation facile, on s’interroge bien de savoir si l’État n’avait pas à y gagner quelque chose dans l’élimination, oui je prononce ce mot, l’élimination de ma cliente.
Je demande donc également la clémence. Merci à vous !
la troisième défense peut présenter son ultime plaidoyer, déclara le timbre sans âme de la première machine.
Quoi, c’était tout ? La princesse toqua plusieurs fois à la vitre avant que l’avocat ne réalise que sa cliente voulait lui parler. Un peu gêné, il se décida, après quelques secondes de réflexion, à ouvrir une petite trappe destinée aux discussions de la défense. La voix du troisième ténor du barreau couvrait quelques-unes de leurs paroles :
Vous désirez ?
... désarmer, voir tuer à mains nues n’était pas à proprement parler une preuve de méchanceté...
Navré de vous déranger et toutes mes félicitations pour votre plaidoyer tout en grâce et en finesse, commença la princesse de sa meilleure hypocrisie. Je voulais vous demander... avez-vous déjà gagné un procès ?
... mais que l’abus qu’en a fait ma cliente devrait effectivement être puni...
Moi ? Mais pourquoi ? Je ne suis pas payé pour gagner, mais pour proposer de beaux discours de fin. Je trouve aussi que celui que je viens de prononcer était plutôt bien.
Heu... si c’est tout, je vais me mettre en place pour le verdict. C’est un moment important où les caméras cadrent bien sur les avocats.
M... merci, mon brave. Je comprends parfaitement, je vous souhaite un bon… verdict, donc.
Ah, mon collègue a terminé. Merci à vous également ! dit-il en refermant prestement la trappe.
... donc nous n’accepterons pas la peine de mort sans protestations. Merci à vous !
Azala regarda les trois ordinateurs qui clignotaient frénétiquement. Comment pouvait-on être certain de l’impartialité de ces juges ? D’un autre côté, vu ce qui leur avait été présenté et si elles s’en tenaient uniquement à cela, la cause devait être entendue. Finalement, des règles de droit transgressif et des machines sans âme pouvaient parfaitement fournir un résultat très convenable pour toute institution désireuse de condamner facilement sans être accusée de fraude.
« Article sept, alinéa quatre du Code pénal... révision A » hurla soudain Ci’chi.
Azala sursauta. Dans le silence qui précédait la sentence des ordinateurs, la voix tonitruante, certainement doublée d’une impulsion psychique qu’on pouvait imaginer contournant le brouilleur, surprit tout le monde. Même les juges semblait-il, car le troisième donna de son timbre monocorde :
vous faites appel à l’ancienne loi relative aux retours sur enquête ?
Cet article a été retiré, poursuivit la première intelligence artificielle. Vous n’y êtes pas autorisée.
Aussi étrange que cela paraisse, Ci’chi sourit et lança sereinement, toujours d’une voix tonnante :
Sauf que la procédure actuelle a failli concernant l’article trente-quatre, paragraphe six, alinéa douze : « Aucun document lié à l’accusation ne devra être présenté à un inculpé hors de l’enceinte du tribunal ». La députée Loxa m’a pourtant projeté l’hologramme d’un texte listant les griefs qui me sont reprochés, mes souvenirs sont à la disposition des greffiers.
Or, comme il est d’usage en référence à la jurisprudence du troisième cycle, dans l’arrêté du soixante-quatrième mois, si le nouveau Code pénal faillit, il est possible de revenir au précédent s’il ne contient pas les mêmes omissions.
La parlementaire Loxa devra répondre de ses actes devant la justice. Cela ne compromet pas le Code pénal actuel.
Loxa préside au comité de salut public, contra Ci’chi, certaine d’elle-même. Elle se retrouve donc membre de la juridiction suprême... vous ne pouvez appeler à comparaitre votre chef, mesdames.
Azala n’en revenait pas. Malgré sa méconnaissance du système judiciaire nalcoēhual, elle comprenait parfaitement que la vieille députée, visiblement férue de textes de loi, avait laissé le procès se dérouler pour apaiser leurs ennemis et mieux les surprendre à la dernière minute. Il suffisait de constater le retour précipité de l’accusateur public, parti quelques secondes se chercher une boisson chaude. L’imbécile venait de briser sa carrière.
La seconde intelligence artificielle reprit la parole :
la démonstration est exacte et la preuve est faite. Ce tribunal se réinitialise sur la base du Code pénal A. L’accusée Ci’chi a activé l’article sept, alinéa quatre. Prenez-vous l’ensemble des accusations à votre seule charge ?
Oui, répondit-elle sans faillir.
Puis elle se tourna vers Azala. Au travers des deux vitres, cette dernière lut distinctement les vieilles lèvres bleues prononcer un...
...« Bonne chance » dans la langue commune de l’humanité.
  la peine par neutralisation dans le vide spatial est requise et appliquée immédiatement à l’encontre de la prévenue Ci’chi, poursuivit la seconde intelligence artificielle.
Plusieurs accroches sautèrent à la base de la cabine de la députée et elle s’enfonça en un souffle dans les profondeurs du tribunal. L’ouverture se scella et tout fut terminé. Posément, sans une once de sentiment pour celle qu’elle venait d’envoyer à la mort, la machine poursuivit :
  Le signal de destruction a été reçu. La condamnée Ci’chi est décédée ce dix-huitième mois du cinquième cycle. La peine des prévenues humaines Azala Lanik Magnam V et Melba est désormais commuée en cryogénisation jusqu’à ce que l’histoire les juge d’ici douze cycles. 
Le mot de la fin fut pour la troisième :
la justice est rendue et la loi fut appliquée. Paix et prospérité. Déconnexion des intelligences artificielles de délibération 
Et les trois cadrans lumineux s’éteignirent alors que plusieurs gardes entrèrent et se placèrent à l’ouverture des cabines d’Azala et de Melba. Cette dernière ne put que suivre rageusement celle qu’elle avait juré de protéger.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Rafa96: narration, Fallen Swallow (Ci'chi), Elioza(azala), Bohort (avocat ci'chi & IA1), Lorendil (Avocat Azala & IA2), Guilitane (avoca Mela & IA3) Derush/montage: Coles/MTIce, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep07

episode352.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 07 : " condamnation (1)"

La parlementaire Ci’chi avançait au rythme de ses gardes qui la maintenait solidement menottée et serrée entre eux. Pas de brutalité, non, mais un pas martial que l’ancienne Nalcoēhuale n’avait pas le souvenir d’avoir connu... ou était-ce parce qu’elle n’avait jamais été inculpée ? Chaque claquement de talon sur le sol la faisait frémir.
Loxa et Huate n’allaient tout de même pas oser aller jusqu’au bout de cette pièce de théâtre, c’était simplement inimaginable ? Si la république commençait à se saigner elle-même, de quoi pourrait-elle se prévaloir face à des empires dictatoriaux comme ceux de Ragnvald ou de MaterOne ?
Même dans ses premières expériences de la politique, alors qu’elle n’était encore qu’une jeune Huitlalcoh, elle n’avait jamais envisagé les débats d’idées, parfois houleux, susceptible de se terminer par une condamnation à mort. Car elle n’était pas stupide, le simulacre d’un procès devant une cour martiale était connu d’avance, mais habituellement destiné aux militaires et surtout dans les cas de désertion et d’erreurs ou actes graves. Pas pour des civils et certainement pas pour des représentants du peuple tels que des parlementaires !
Étrangement, ses gardes tournèrent à un embranchement dans une mauvaise direction, quelle surprise lui réservait-on encore ?
Tous les corridors de cet espace pénitentiaire se ressemblaient, mais il lui semblait que les influx télépathiques aux alentours changeaient sensiblement. Elle pouvait ressentir de la peur, voire même de la souffrance...
Du coin de l’œil, elle scruta au-delà de l’entrebâillement d’une porte et remarqua fugitivement un Nalcoēhual solidement attaché à une table. Plusieurs infirmiers jonglaient avec des fioles multicolores et des aiguilles pour lui injecter des drogues. Que se passait-il ici ? Elle n’osait pas penser le mot qui lui vint naturellement à l’esprit :
« On torturerait donc dans le Cercle-de-Khabit ? Où cela n’avait-il jamais vraiment cessé ? »
murmura-t-elle à voix haute, avant qu’un coup sec dans les côtes ne la rappelle au silence. Le regard de celui qui l’avait frappé semblait aussi dur que l’acier, depuis combien de temps formait-on des bourreaux dans les écoles militaires de la république ?
Ascot-8 était le numéro de la pièce devant laquelle on l’arrêta. Le soldat de gauche lança un signal psychique à l’intention de l’intérieur, puis le trio attendit qu’on daigne bien leur ouvrir. Aucun influx particulier ne ressortait de l’écoute des pensées de l’autre côté de la paroi. Aurait-elle droit, elle aussi, à ces infirmiers avec leurs potions diaboliques ou lui réservait-on un traitement « à l’ancienne » à base de coups et d’humiliations de toutes sortes ? Jusqu’où le système militaire est-il tombé ?
La porte s’ouvrit sur une apparition franchement inattendue : la députée Loxa, debout et couverte de bien moins de pansements que lors de la dernière session parlementaire, l’accueillait avec deux tasses à la main. De sa voix nouvellement retrouvée, elle déclara avec une joie parfaitement simulée :
« Ci’chi, vous voici enfin, c’est un réel plaisir de vous revoir ! Mais que vois-je ? Allons, soldats, ce ne sont pas des manières pour traiter une personnalité telle que notre élue. Veuillez lui enlever ses menottes et nous attendre. Entrez donc, Ci’chi. »
Une fois libérée, la vieille Nalcoēhuale s’exécuta tout en frottant ses poignets endoloris : mais que mijotait la chef du mouvement « extrême haut » ? Celle-ci ferma la porte et se dirigea vers une petite tablette de côté où trônait une théière fumante. Elle s’installa dans l’une des deux chaises, invitant son hôte à prendre la seconde.
La modeste pièce était vide de tout autre mobilier excepté... excepté une longue table inclinée avec des sangles ouvertes trainant négligemment dessus. Alors qu’elle servait le breuvage, Loxa intercepta le regard de sa collègue :
Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas pour vous. Nous sommes juste ici pour bavarder tranquillement. Un peu de lait de Zlabot dans votre tasse ?
Non merci, je ne suis pas certaine de pouvoir l’avaler. Qu’est-ce que c’est que tout cela Loxa, où sommes-nous ? Qui sont ces prisonniers que l’on interroge et... vous les torturez, n’est-ce pas ?
Moi ? Absolument pas, répondit la parlementaire en déposant la tasse de Ci’chi face à elle. Vous confondez mes responsabilités au Comité de salut public et les actes individuels de quelques militaires trop zélés. Nous sommes ici pour discuter, vous disais-je, et...
Donc vous ne cautionnez pas ces actes, la coupa-t-elle. Vous allez y mettre un arrêt immédiatement !
Pas question.
Les deux Nalcoēhuales se mesurèrent du regard, on pouvait même sentir quelque chose d’électrique entre elles, comme si leurs pouvoirs psychiques se jaugeaient en vue d’un affrontement direct.
Ce fut la parlementaire aux pansements qui brisa la tension sous une grimace :
Ouch... ma migraine revient. C’est un souvenir de votre cher Empereur-Dieu lorsqu’il a attenté à ma vie, voyez-vous ? Elle laissa s’écouler quelques secondes, puis reprit : venons-en au cœur du sujet, ce procès n’a aucun sens et nous le savons toutes deux. Je vous propose donc d’y mettre un terme, pour que nous passions à autre chose.
Il a été annoncé en séance plénière, alors que les CyberNals de l’amiral Huate prenaient possession du parlement. Je ne vois pas quel arrangement je pourrais espérer.
Tenez, regardez cela... lui répondit simplement Loxa, une tasse de thé aux lèvres, tandis qu’elle lui tendait plusieurs cartouches de données.
Ci’chi s’en saisit, dubitative, et plaça la première sur le coin de table marqué d’un cercle. Immédiatement, la lumière de la pièce baissa et l’impression holographique d’un palmier se dessina au-dessus des deux parlementaires.
La vieille Nalcoēhuale reconnut la représentation avec surprise :
C’est un... un arbre ? J’ignorais que l’on pouvait en trouver ailleurs que dans la pépinière des Huitlalcohs, en tout cas pas des vrais.
Lors de l’attentat contre ma personne, ce magnifique spécimen a été détruit par les flammes de l’explosion. Il avait pourtant plusieurs centaines de cycles et provenait d’un petit plant congelé que mon père avait reçu de mon grand-père. Cela remontait jusqu’à Veora...
Ci’chi, sous le charme des grandes feuilles vertes, ne put s’empêcher de s’intéresser à cette rareté. Le nombre d’arbres dans le Cercle-de-Khabit se comptait sur les six doigts d’une main.
Cette plante venait de Veora ? Vous l’avez fait pousser ici, sur Ti’ltchiti ?
Pas moi, mon père, expliqua-t-elle une touche nostalgique dans la voix.
C’est que ce plant avait une histoire. Notre lointain ancêtre avait été acheté comme esclave par un humain en échange de ce même plant. Lorsque les combats se rapprochèrent de la propriété, il tua son « maitre » et retrouva celui qui l’avait vendu, ainsi que le plant encore congelé.
Bref, c’est un symbole de liberté et de résistance contre « l’humanité » que l’Empereur-Dieu a anéanti.
Je vois. C’est effectivement une perte regrettable... passons à la suite.
À contrecœur, Ci’chi échangea la première cartouche avec la seconde et ce fut un document de plusieurs pages qui s’afficha entre les deux députés. Alors qu’elle parcourait les premières lignes, la vieille Nalcoēhuale se rembrunit, puis sentit monter en elle une colère froide au fur et à mesure de sa lecture. Le masque de Loxa tombait et le sens de ce rendez-vous apparaissait enfin.
Les dents serrées, elle cracha plus que ne parla :
Il est abject de votre part de me proposer la liberté en échange de la signature de... de ce déchet !
Allons, il ne s’agit que de quelques paragraphes où vous avalisez les accusations portées contre vous. Mais, comme dit le proverbe, « faute reconnue entraine la clémence ». Vous n’aurez qu’à parafer les pages et retenir les principaux arguments qu’il faudra réciter lors du procès.
Une fois cela fait et compte tenu de votre âge et de votre fonction, votre peine sera commuée en une sorte de disgrâce sans conséquence.
La parlementaire Ci’chi quitta la table et se dirigea vers la porte.
Je n’ai rien fait de ce qu’il y a d’écrit sur ce torchon ! Aucune collusion avec l’ennemi, aucune corruption ni trahison de secrets ! Vous nuisez au peuple nalcoēhual par vos actes et je suis déjà certaine que cela nous coutera très cher à tous !
Attendez, souffla Loxa en la retenant par la manche. Savez-vous que j’ai dû jouer de mon influence sur Huate et le conseil pour obtenir cette possibilité ? N’avez-vous donc pas reconnu les prisonniers torturés dans cette aile du centre pénitentiaire ?
Ci’chi fut soudain prise d’un doute. Elle laissa son esprit vagabonder dans les geôles proches et ce qu’elle découvrit l’horrifia. Mais comment avait-elle pu rater cela ? Loxa enchaina :
« Vous les reconnaissez, n’est-ce pas ? La parlementaire Ho’lioa, les assistants Vagh’iot et Et’izot et même plusieurs membres de la caste des Huitlalcohs. »
Elle saisit les cartouches pour les tendre à nouveau à la vieille Nalcoēhuale, ce qui eut pour effet de remettre la lumière et faire disparaitre la projection.
C’est une faveur, Ci’chi. Si vous reconnaissez vos fautes, nous pourrons limiter la répression à la portion congrue et nous concentrer sur la défaite de nos ennemis !
Comment cela, quelle répression ? rugit l’autre en arrachant sa manche à la prise de sa vis-à-vis.
La parlementaire Loxa se rembrunit, visiblement insatisfaite d’être entrainée sur ce terrain. Elle répondit pourtant à la question :
« Vous croyez que nous ignorons qu’un nettoyage serait préférable pour purger l’administration et les forces de sécurité de tous les éléments subversifs acquis à votre cause ? »
Ci’chi se saisit des cartouches et les jeta négligemment dans la théière. Le plouf résonnait encore dans la pièce vide qu’elle ouvrait déjà la porte, non sans glisser à l’intention de Loxa :
« Vous n’avez jamais eu l’intention de me libérer et vous n’aurez aucune preuve de ma part pour cautionner votre délire paranoïaque. Je préfère la mort à la déchéance, c’est quelque chose que vous apprendrez certainement un jour également.
Gardes ! Conduisez-moi à mon tribunal, une condamnation est en souffrance... la mienne. »
La porte se referma automatiquement sur Loxa, la laissant seule avec une longue table inclinée aux sangles ouvertes trainant négligemment.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Bohort: narration, Fallen Swallow (Ci'chi), Eloanne (Loxa) Derush/montage: Gvillaume/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep06

episode351.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 06 : " Rencontre du 5e type (3)"

 L’Agent mental n’était plus qu’à quelques secondes d’atteindre la conscience. C’était aussi désagréable que de se réveiller tout barbouillé d’une opération chirurgicale, un moment où les esprits éveillés et somnolents se mêlent dans un patchwork aux airs impénétrables.
« Idn’t tok bla. Wiir’hanld, sih’te ! »
Quels étaient ces sons qui lui parvenaient ? Non pas des sons... des pensées à peine voilées, mais au sens incompréhensible. De la panique y transpirait, c’était quelque chose de facilement reconnaissable, car universel, lié à l’existence de la vie elle-même. Qui que soient ses geôliers, ils s’inquiétaient terriblement.
« Thl’a ! »
Un rayonnement lui traversa brusquement la tête, comme des pieux surgissant de nulle part qui transperceraient ses chairs pour le maintenir crucifié. Sous la force de la chose inconnue, il fut repoussé loin dans les profondeurs du sommeil, incapable de remonter à la surface. Pourtant, le moi était toujours actif, cela faisait partie intégrante de l’entrainement d’un agent mental que de pouvoir « exister » à plusieurs étages d’éveil, jusque dans l’inconscient.
Stuffy tenta de déduire ce qui pouvait l’être de ce premier échec :
« Ils doivent utiliser une sorte de machine émettant un flux psychique. C’est dans l’idée des amplificateurs que j’avais dans la capsule, mais en bien mieux... 
Ce n’est pas ceux de MaterOne : je l’aurais su et ils sont maintenant loin. Par contre, si j’ai été trouvé, c’est peut-être simplement, car ceux-là suivaient l’armada et je me suis bêtement retrouvé sur leur chemin à hurler partout !
Ce sont des Mentaux qui parlent une autre langue, une branche dissidente, peut-être ? »
Depuis longtemps, les Forces mentales accumulaient des preuves de l’existence d’êtres aux pouvoirs psychiques chez les pirates. Il était tout à fait envisageable qu’au-delà de la Passe de Magellone, cette mouvance ait pu se regrouper en de puissantes fratries capables de développer ce potentiel et la technologie adéquats.
Non, cela ne collait pas. Les pirates conservaient de leur culture nordiste traditionnelle un appétit pour le contact physique. Suffisamment pour considérer les pouvoirs psychiques comme un atout, mais pas forcement comme une arme à généraliser, sans parler des moyens à mettre en œuvre pour concevoir et usiner tout cela. C’était difficile à imaginer.
Stuffy observa le rayonnement qui s’atténuait jusqu’à lui. Le repoussoir agissait en profondeur, pourtant... pas autant que ce que l’on pouvait obtenir avec deux Mentaux bien formés. Face à un agent entrainé, cela risquait de fournir des marges de manœuvre au prisonnier, ce dont Stuffy s’empressa de profiter. Par exemple, ce rayonnement semblait parfaitement homogène en matière de pulsations rythmiques, par contre sa diffusion laissait à désirer.
Le Mental se concentra, modifiant sa forme astrale, s’étirant à en devenir proportionné comme un serpent-annulaire et s’élança. Il fallait faire vite avant qu’une quelconque surveillance ne détecte sa progression. Barre à droite, circonvolutions à gauche, double crochet et pirouette, tel un beau diable Stuffy longeait chaque faille, profitait de toute ouverture dans l’influx extérieur pour se rapprocher toujours plus de la sortie et de son éveil !
« Ognozok Ath. Etakanotak, It’ske! »
Il dépassait déjà la limite précédente d’où il avait été repoussé. Le Mental en voulait pour preuve d’entendre à nouveau les bourdonnements de pensées. Dans une large et complexe spirale, Stuffy atteignit finalement l’ultime frontière, celle au-delà de laquelle il pourrait se réveiller. Sans attendre une seconde de plus, il s’élança au travers, ne percevant au loin que des tonalités anodines comme si ses geôliers se sentaient en sécurité. Ils n’avaient mis personne en surveillance, s’en remettant à l’efficacité théorique de leurs appareils.
« Grave erreur... » murmura l’Agent mental en ouvrant les yeux.

Il était entièrement nu et sanglé sur une table inclinée, la tête enserrée dans un étau métallique dont il pouvait ressentir l’électricité statique. Au-dessus de lui, une sorte de grande araignée incrustée dans la structure descendait jusqu’à quelques centimètres de son visage, s’ajustant en permanence tel un objectif qui ferait continuellement le point. Le reste de la pièce ressemblait à presque tous les compartiments des vaisseaux de l’espace, avec ses quelques mètres carrés (bas de plafonds), son sas ouvert, ses ordinateurs et interfaces fondus dans la paroi et sa lumière diffuse à dominante bleue.
Deux êtres lui tournaient le dos, deux non humains. Stuffy réprima un hurlement de surprise, ne pouvant que constater leur masse corporelle tassée, leur peau foncée virant au noir, leurs antennes et leurs six doigts compulsant frénétiquement les claviers virtuels. L’un était un peu plus grand que l’autre et il semblait émaner de lui plus d’impulsions psychiques, sans doute le responsable pour le duo. Car il s’agissait de militaires ou d’un quelconque corps nécessitant ces symboles (des grades ?) marqués sur les épaules.
Brusquement, tous les senseurs pointés sur son visage refluèrent et l’espèce d’araignée électronique poussa un croassement qui se révéla être une alarme, alors qu’elle se repliait dans le plafond. Les deux individus tournèrent vers lui de larges yeux globuleux jaunes que l’absence de nez et un goitre disproportionné mettaient encore plus en évidence.
Stuffy secoua ses liens : rien à faire, il était solidement attaché, plus d’autre choix que d’attaquer !
Tentant le tout pour le tout, il abaissa ses barrières et lança un balayage mental direct sur le chef, celui au potentiel psychique qu’il estimait le plus important (la technique de combat basique : neutraliser d’abord le plus fort pour s’occuper du plus faible ensuite). L’individu reçut la projection de plein fouet et, pris par surprise, ses défenses se brisèrent net sous l’impact. Stuffy n’en revenait pas d’avoir atteint si facilement sa psyché profonde.
« Merde, c’est incompréhensible là-dedans ! Ils ont une manière différente de concevoir les idées, ça va être difficile de m’y retrouver... » commenta-t-il.
Il n’eut pas le temps de pousser plus loin son analyse : le second prenait à sa ceinture une poignée surmontée d’une sorte de chose ovale. Pas besoin d’être devin pour y voir une arme de poing. L’autre leva l’objet, visa Stuffy... et s’effondra, foudroyé par un tir de son chef. L’agent mental souffla, les contrôles physiologiques ne se différenciaient pas tant que cela des humains et il avait même cru déceler une forme de soulagement dans l’esprit qu’il asservissait (les liens entre collègues semblaient aussi chaotiques ici qu’ailleurs). Il fut plus corsé de l’obliger à défaire ses attaches qui, fort heureusement, étaient toutes contrôlées par un connecteur sur le coté de la table.
Quand Stuffy était sorti de l’université mentale, une promotion ou deux avant celle — célèbre — de Ralato et Fabio Ouli, « piloter » un être vivant n’était possible qu’avec quelques batraciens et encore. Il avait été dans les premiers du programme pilote des Forces mentales à mouvoir le bras ou la jambe d’un autre. Mais maintenir ce... N’l — co-h’al, ou quelque chose d’approchant, sous sa coupe était un exploit dont il ne se serait jamais cru capable.
Son nouveau corps était probablement la clé de cette performance : d’une manière ou d’une autre, la matière organique composant son cerveau de chimère permettait une plus grande fluidité des connexions et, par conséquent, un pouvoir accru. Il contourna le chef hiérarchique du laboratoire et coupa l’alarme par un petit bouton fiché dans la paroi :
« C’est bien celui-là, hein, bonhomme ? Bon, donne-moi ton machin. Rouge on tue, vert on assomme...
Essayons. »
Dans un éclair bleu du paralyseur, le Nalcoēhual s’effondra tandis que Stuffy passait déjà le sas, arme bien tendue. Personne dans le couloir, mais l’alarme allait forcément attirer l’attention. Il scella l’entrée et détruisit la commande d’ouverture d’un coup de rayon.
« Efficace, ce machin. Bon, mon Stuffy : mission une, trouver un abri en évitant de se faire repérer et, mission deux, il jeta un œil à son torse musclé couvert d’un duvet châtain clair, puis ajouta : ne plus me retrouver à poil ! »
Il s’élança vers le corridor de gauche.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Coupie: narration, Leto75: Stuffy, Kabesso: soldats nalcoehuals Derush/montage: Guilitane/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep05

episode350.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 05 " Rencontre du 5e type (2) "

Stuffy évoluait dans une large étendue de mélasse noire que perçaient occasionnellement d’étranges petites bulles arc-en-ciel. Certaines le reflétaient, d’autres pas, mais elles éclataient toutes à quelques mètres de hauteur, libérant de cotonneux nuages qui se dissolvaient dans le vent. Car, dans ce ciel à peine moins sombre que sa mer de matière gluante, l’air se mouvait, parfois violemment. Un quart d’heure plus tôt, des éclairs zébraient encore le firmament soudain tourmenté par des tourbillons plus ou moins clairs, mais cela s’était terminé brutalement.
« Y’A QUELQU’UN ? » hurla Stuffy face à l’immensité.
Peu de chance que l’on réponde, bien que sa chance ait démontré l’inverse il n’y avait pas si longtemps... comment au fait ?
« QUARTMAC ! » cria-t-il alors que des bribes de souvenir remontaient de sa mémoire.
Au même instant, plusieurs énormes bulles crevèrent la surface au loin pour s’élever à une centaine de mètres de hauteur. Lorsqu’elles éclatèrent, les nuages qui s’en dégagèrent couvrirent une large étendue qui, miracle, colora la mélasse noire. Celle-ci devint belle et bleutée, transparente et scintillante durant quelques secondes avant que l’obscurité n’étouffe ce moment de féérie fugitive.
Stuffy resta sans voix, avant de se reprendre. Difficilement, il nagea vers l’endroit où le phénomène s’était produit, mais dut se rendre à l’évidence une fois sur place : tout avait disparu.
« EST-CE QU’IL Y A QUELQU’UN ? » tenta-t-il une dernière fois.
Ce furent les éclairs explosant dans le ciel qui lui répondirent. La tempête ne se déchaina pas seulement au firmament, mais troubla également la platitude monotonie de la mélasse qui gronda et s’agita comme elle ne l’avait encore jamais faite. L’Agent mental lutta tant bien que mal pour demeurer en surface, ce qui ne s’avéra pas si difficile vu l’inertie du liquide composant sa « mer ». Pourtant, dans un creux plus profond que les autres, il se retrouva brusquement débordé, la tête sous l’eau !
D’abord perdu dans l’obscurité, il lui sembla discerner quelque chose plus bas, comme une lumière tamisée qui infusait doucement au travers de la matière gluante. Malheureusement, la pression augmentait au point que chaque centimètre de descente le comprimait plus et lui imposait des efforts surdimensionnés. Il abandonna et remonta prendre son souffle.
Une fois à la surface, Stuffy ne put que constater le retour à la normale : la tempête s’était dissipée et la mer noire redevenue d’huile comme si rien ne s’était passé.
« Bon, faisons le point, se lança-t-il à lui-même en entamant une brasse tranquille vers nulle part. L’étendue de pétrole, le ciel bas et des éclairs... des bulles arc-en-ciel plus ou moins grosses et quelque chose de brillant là-dessous.
Ça me parle, mais de quoi ? »
Il respira profondément et se retourna, laissant à ses jambes le soin d’assurer la propulsion de son corps. En face, c’était le ciel, gris foncé, imperturbable... quoique certaines taches plus claires semblaient ne pas vouloir être englouties par l’obscurité ambiante.
Comment s’était-il retrouvé là ?
« QuartMac, le savant, murmura-t-il pour lui-même... la capsule, le nouveau corps… »
Immédiatement, une nouvelle ébullition s’enclencha, libérant des bulles de bonne dimension dont l’une surgit juste en dessous de lui. Stuffy en profita pour s’accrocher et se laisser emporter à plusieurs mètres de hauteur... jusqu’à ce qu’elle éclate ! L’Agent mental saisit l’occasion et plongea, s’enfonçant bien plus profondément sous la surface que la première fois, laissant derrière lui l’auréole d’un impact qui s’atténuait doucement.
La pression était forte là-dessous, mais pas autant qu’il l’aurait cru : une fois les premiers mètres traversés, l’effet s’inversait et elle diminuait avec la distance. Stuffy poussa de toute l’énergie de son nouveau corps, se frayant un chemin au travers du liquide environnant.
« Nouveau corps ? se surprit-il à penser. Mais oui : j’ai un nouveau corps, une chimère toute propre, c’était avant que la capsule ne... »
Grondement et remue-ménage aquatique : un flux d’une dizaine de bulles remonta vers lui et le repoussa rapidement des profondeurs, rejetant le nageur à la surface telle une branche d’arbre.
Alors qu’il laissait son souffle revenir à la normale, Stuffy observa les alentours. Autour de lui, la mélasse d’huile restait imperturbable, comme le ciel toujours délaissé par les orages, rien ne semblait avoir changé... pourtant, il esquissa un sourire : il venait de comprendre qui il était et où il se trouvait. En réponse à son expression, plusieurs grosses bulles pointèrent de dessous la surface, prêtes à troubler la quiétude toute relative de l’environnement. L’une d’elles monta encore à l’exacte verticale de l’Agent mental qui se prépara à la recevoir.
« J’ÉTAIS DANS MA CAPSULE, JE DEMANDAIS DE L’AIDE ! » cria-t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
La sphère arc-en-ciel était plus épaisse et plus large que les autres, Stuffy réussit à maintenir sa position sur elle alors qu’elle quittait la mélasse. À la base, seules quelques gouttes rebelles rejoignirent l’immensité liquide alors qu’elle s’élevait.
« UN VAISSEAU EST ARRIVÉ, UN MODÈLE INCONNU ! »
Dix mètres, vingt mètres, la sphère multicolore montait encore et encore. Stuffy, plus confiant que jamais, se redressa et s’essuya sommairement la chemise et le pantalon. À chacun de ses gestes, des morceaux entiers de mélasse glissaient sur ses vêtements, ne laissant aucune trace.
« Bien évidemment, murmura-t-il, car rien de tout cela n’existe. Il caressa la surface irisée sous ses pieds : merci d’être là, Maman. Enfin, il fixa le plafond nuageux en hurlant à nouveau :
J’AI ÉTÉ CAPTURÉ ! »
Au même instant, une nouvelle tempête se déclencha, plus violente que jamais. Les flashs de lumières vrillaient le ciel où les tourbillons luttaient entre gris clair et gris foncé dans un malstrom impressionniste. Le vent poussa la bulle de souvenir vers les cieux, encore plus haut que toutes les autres...
« JE SUIS DANS LE MOI DE STUFF MACDONE ! VOUS QUI N’ARRIVEZ PAS À TRAVERSER MES BARRIÈRES, J’ARRIVE ! »
Les éclairs frappèrent une dernière fois puis se turent, alors que la sphère traversait le plafond de nuages. Il était en veille mentale, au cœur de son esprit, ses protections psychiques levées par des années de réflexes et, dehors, quelqu’un ou quelque chose tentait d’en forcer l’entrée.
« QUI QUE TU SOIS, ENFOIRÉ, ME VOILÀ ! » hurla l’Agent mental en disparaissant dans le ciel qui symbolisait ses défenses, propulsé par un souvenir bien plus grand que tous les autres... celui de sa mère.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Tristan: narration, Leto75: Stuffy Derush/montage: iGerard/MT_ice, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/

Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/
Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep04

episode349.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 04 " bilan "

L’amiral Huate montait le large escalier qui conduisait au bureau de la parlementaire Loxa, attenant à la salle du Comité de salut public nouvellement créé. Cette instance, prévue dans l’état d’exception voté par l’assemblée, regroupait théoriquement un nombre réduit d’élus et de membres des forces de sécurité. Elle concentrait, sur la période d’un quart de cycle renouvelable, les pouvoirs exécutifs, législatifs et même certaines prérogatives judiciaires. Dans la réalité, Loxa et Huate en tenaient les rênes, transformant les séances du comité en simple chambre d’enregistrement.
Le secrétaire lui ouvrit immédiatement les portes, preuve que son arrivée était attendue... fébrilement. Ce que les premières pensées de Loxa confirmèrent :
C’est un désastre militaire que nous allons avoir à annoncer ! Je vous croyais d’une autre trempe, Amiral !
Paix et prospérité aussi sur vous, Loxa, répondit l’officier supérieur sans se troubler. Oui, nous avons essuyé une cuisante défaite : le décompte précis des pertes nalcoēhuales et matérielles est toujours en cours.
Presque sept-mille morts, rugit-elle, sans compter les disparus et les blessés et une douzaine de croiseurs anéantis ou hors de combat, dont le Calcatli en cale sèche pour plusieurs périodes de rotation ! Quant au résultat de ce carnage, c’est la destruction de... six petites corvettes de Ragnvald.
Huate, d’autres que moi auraient demandé votre tête pour moins que cela !
Huate inspira silencieusement, refusant de se laisser guider par la colère. Loxa n’était pas une militaire comme son père, elle ne comprenait pas qu’un chef ressentait profondément la perte de chacun de ses soldats.
D’une manière ou d’une autre, notre technologie a failli et nous en ignorons la cause. Une petite corvette ennemie semblait avoir la capacité de pulvériser d’un coup n’importe lequel de nos croiseurs, nous récoltons toutes les données pour analyse... et la disparition finale de ce portail dimensionnel ne cadre pas avec nos renseignements. Il n’aurait pas dû pouvoir rester ouvert alors que nos salves le pilonnaient. Là aussi, une enquête est en cours.
Après... si vous me demandez ma démission, je vous la signe dans le décile. Mais cela ne changera pas mon point de vue sur la situation.
Qui est ? interrogea Loxa, un soupçon d’intérêt dans le regard.
Que la direction engagée dans la modernisation de la flotte est la bonne : des appareils moins massifs, mieux armés et surtout bien plus mobiles en combat rapproché. L’époque des cathédrales volantes est révolue, si tant est qu’elle ait existé.
La parlementaire sembla se détendre, s’enfonçant dans son fauteuil. La surface de peau couverte par les pansements se réduisait jour après jour, au point que Huate se demandait si son état lors de la prise de pouvoir au parlement, encore très proche, n’était pas surjoué. Elle n’avait plus besoin de nacelle flottante, par exemple, une rémission miracle ? Toujours était-il que sa voix n’était pas revenue à la normale, l’obligeant à communiquer par télépathie. Les nouvelles lunettes de protection pour ses pupilles blessées permettaient de discerner son regard, ce qui simplifiait les discussions.
Tout en ajustant le foulard dissimulant ses deux antennes encore bandées, elle se perdit dans la contemplation d’un grand tableau holographique emplissant le mur de droite. Il représentait une célèbre bataille à laquelle avait participé son père, dans le système de Chilico, haut lieu de rébellion du Cercle-de-Khabit.
Sans détacher ses yeux de la scène virtuelle, elle reprit la conversation :
Vous faites allusion à ces prototypes « Lan’huitl » qui ont supprimé le traitre protégé par l’Empereur-Dieu ? Je crois savoir que, malgré les belles annonces que vous avez faites au parlement, le premier modèle a été détruit et ce fut un second, arrivé en renfort, qui termina le travail.
Elle se retourna vers l’amiral et lui lâcha sèchement :
« Au prix de ces engins, je ne vois pas vraiment où est la différence avec la défaite que nous a infligée l’Exode ! »
Huate ne releva pas le ton, mais écarta tout aussi sèchement l’argument :
Ces deux appareils ont détruit quatre corvettes ennemies, soit pratiquement le bilan de la dernière bataille. Le retour d’expérience de ces deux conflits va dans le même sens, bien qu’il reste à préciser de nombreux points. J’envisage d’ailleurs d’envoyer des recommandations aux usines d’assemblage qui les conçoivent.
La parlementaire se pencha vers lui, un sourire méprisant au coin des lèvres :
Laissez-moi deviner : vous allez encore demander de nouveaux crédits pour en augmenter la production ?
L’autre se redressa imperceptiblement, peu habitué à ce que l’on s’amuse de ses ordres.
C’est une obligation, au moins pour remplacer notre arsenal perdu. À moins que vous ne vouliez mettre de jeunes marins dans des vaisseaux ayant démontré une absence totale de résistance à nos ennemis ?
L’argument fit mouche et, après quelques secondes de silence, Loxa compulsa plusieurs notes éparpillées sur son bureau. L’amiral remarqua que les parcelles visibles de peau bleue claire de la parlementaire se violaçaient légèrement quand elle était prise au piège.
Soit, fit-elle en secouant subtilement la tête, ce qui eut pour effet de faire bouger son goitre de droite à gauche. Où est donc le dernier Lan’huitl encore en activité ? S’il est le seul apte à nous défendre, je préfèrerais le savoir avec la flotte.
Il suit une autre trace, tout aussi inquiétante. Les retours sont fragmentaires et je voulais attendre d’en connaitre un peu plus avant de vous transmettre un rapport.
Allons bon, soupira Loxa, dites-le-moi maintenant officieusement.
Huate sortit de sa poche une petite carte plastifiée qu’il posa sur un des bords de la table. Automatiquement, l’hologramme de la glorieuse scène murale disparut et afficha à la place les informations codées. Il s’agissait d’une suite de relevés et de représentations de toutes sortes que Huate se mit en demeure d’expliquer à sa vis à vis.
Tout a commencé avec nos radars à très longue distance censés surveiller le territoire de Ragnvald. Ils ont détecté, il y a peu de périodes, une grande quantité de sorties de dimension toutes regroupées à cet endroit, là.
C’est en plein territoire de l’Empereur-Dieu, nota Loxa, pensive. Serait-ce une nouvelle armée de corvette ?
Peut-être... mais regardez ces relevés. Ils nous ont été envoyés par nos croiseurs Hual’patli en patrouille à la frontière. Aucune activité de Ragnvald, voire une baisse de tous les échanges, parfois importante... comme s’ils faisaient le mort alors qu’une flotte inconnue se mouvait à proximité.
Par contre, sur ce graphique, une intensité de signaux électromagnétiques sur une plage de fréquence inhabituelle et... ceci.
Il désigna un tracé qui se détachait des autres par sa couleur. Loxa en lut la légende, surprise :
L’intensité psychique ?
Tout à fait, elle est passée de résiduelle à massive. On retrouve ce genre de relevés d’habitude lorsqu’une population nalcoēhuale s’installe sur une étendue jusque-là sauvage. Il n’est pas possible d’en déterminer la source clairement, comme si un brouillage y était appliqué.
Quelque chose de militaire ?
Sans aucun doute, madame. En tous cas, dans la zone de Khabit, seules les forces de sécurité sont autorisées — et entrainées — à en faire usage. Mais ce n’est pas tout, regardez en bas, voici des valeurs envoyées par le Lan’huitl il y a quelques décilles. Si les radars ne captent pas grand-chose, il a pu obtenir des relevés plus précis des passages et sorties de Transition. Et aucun ne correspond à ce que l’on connait de la technologie de Ragnvald, ou de la nôtre. Par contre, il y a des similitudes avec ce que nous avons pu analysé des moteurs dimensionnels... humains.
Loxa bondit sur son siège.
Une flotte militaire humaine avec des pouvoirs psychiques  ?
Et non seulement l’Empereur-Dieu les aurait laissé traverser son territoire, mais la trajectoire qui se dessine les amène dans la droite ligne de l’Exode. Oui, c’était également ma conclusion.
Donc, poursuivit Loxa, ses grands yeux jaunes exorbités, nous avions raison : ces pseudo « migrants » de l’Exode n’étaient que le faux nez d’une invasion massive !
Correct, madame. Pour en avoir la preuve, j’ai ordonné au Lan’huitl de suivre discrètement la piste et de récolter toutes les informations possibles. Ils n’ont pas encore pénétré le Cercle-de-Khabit, mais ils ne tarderont pas, car, toujours d’après les premières estimations, leur vitesse est bien supérieure aux « transporteurs » que nous venons tout juste d’affronter.
Vous comprenez mieux pourquoi j’insiste sur le réarmement de notre flotte. Une première vague de Lan’huitls devrait sortir dans deux périodes, mais j’ai l’assurance des chaines de montage qu’avec une augmentation des personnels ils pourraient les assembler en moins d’une période et accélérer la production de la seconde vague.
Loxa se leva brutalement de son fauteuil. Elle n’était pas le genre « employé de bureau » à supporter de parler de choses graves derrière une table. Elle tourna donc fébrilement dans la pièce durant plusieurs minutes, obligeant l’amiral à contorsionner son goitre pour la suivre.
Soudain, elle s’arrêta. Le fixant du même regard que son père lorsqu’il arrêtait sa décision pour une bataille, elle donna ses ordres :
Stoppez immédiatement toutes les opérations liées à l’Exode, ils n’étaient qu’une diversion. Regroupez tout ce que nous avons comme appareil de combat dans la république pour contrer l’invasion.
Tout ? s’en étonna l’autre. Certains systèmes comme Chilico ou les frontières requièrent une présence militaire permanente, madame.
J’ai dit tous, trancha-t-elle. Notre ennemi éternel arrive pour terminer le travail entamé il y a des cycles avec nos ancêtres, rien n’est plus prioritaire, RIEN !
Elle se reprit, considérant la personne à qui elle parlait, et ajouta d’une voix plus consensuelle :

« Et ne vous inquiétez plus pour vos chaines de montage, vos crédits sont désormais illimités. »

SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Raoulito: narration, Eloanne (Loxa), Mik180 (Huate) Derush/montage: Miiop/MT_ice, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch26 Ep03

episode348.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 03 " Rencontre du 5e type (1)"

Au milieu de nulle part, c’est ainsi que l’agent Stuff MacDone, dit « Stuffy », pouvait décrire les résultats des sondages que les maigres ressources de sa capsule de sauvetage lui transmettaient.
Rien, le vide.
« J’espère que tu vas me trouver un programme multivisuel plus intéressant pour les prochains jours, toi. », murmura-t-il à l’intention de son ordinateur central.
Déjà vingt-quatre heures que l’agent des Forces mentales s’était réveillé à l’intérieur d’un quasi-sarcophage, perdu dans l’immensité intersidérale. Allongé à l’intérieur d’un volume à peine plus large que lui, il scrutait l’écran de contrôle, pilotant ce qui pouvait l’être par deux parties de claviers glissées sous ses doigts.
Le responsable de la grande flotte du Chancelier suprême, le professeur QuartMac, l’avait déclaré comme traitre et mutin avant de l’expulser dans l’espace, le destinant à une mort certaine. L’esprit de Stuffy venait alors tout juste d’intégrer un nouveau corps, mettant fin à de longs mois de douleurs ininterrompues à la suite d’une détérioration accélérée du précédent, non mature. Retrouver sa trentaine d’années et sa chevelure brune lui avait pourtant semblé une bonne idée.
La lecture des étoiles par l’ordinateur de bord ne donnait rien, cette partie de l’univers étant en cours de cartographie par ladite flotte. Enfin... c’était une de ses missions, mais pas la principale : les mille croiseurs mentaux devaient anéantir l’Exode et ses trois millions de voyageurs, ce que Stuffy refusait.
« T’inquiète pas, QuartMac... », il paramétra de nouveau quelques senseurs puis poursuivit, « ... je suis certain que quelqu’un te fera regretter d’être venu au monde et j’espère bien être celui-là ! »

Une interface simpliste mentale/machine était installée à bord de chacune des capsules, elle permettait d’amplifier, relativement, les communications psychiques entre les occupants de ces engins de sauvetage. Depuis des heures, Stuffy y hurlait ses appels au secours dans l’espoir qu’au moins un membre de la flotte, un ami si possible, l’entende.
La preuve était faite que tous les agents des Forces mentales, qui représentaient quatre-vingt-quinze pour cent des équipages, ne partageaient pas forcement ses idées. Quartmac n’avait pas pu transborder son corps dans la capsule et procéder à son largage, pour ensuite faire entrer en Transition, sans que des yeux ou des radars indiscrets assistent à l’opération. D’une manière ou d’une autre, des Mentaux — des collègues — l’avaient condamné à une mort horrible sans réagir. Édifiant.
Le capitaine Viggi, peut-être ? Le plus jeune commandant de vaisseau de la flotte, son principal interlocuteur dans la conspiration, s’était montré particulièrement entreprenant sur les renseignements à fournir. Stuffy avait mis cela sur le compte de l’engouement... pourtant, vu sa situation actuelle, il pouvait tout aussi bien avoir été mystifié. Le précédent de May Rui-Yan, la taupe que Monsieur Heir avait introduite dès l’université Mentale, démontrait combien les traitres se recrutaient tôt désormais...

Un petit avertisseur signala soudain du mouvement dans l’espace proche, déchainant une vague d’espoir chez le naufragé. Il compulsa frénétiquement les claviers pour ne découvrir en fin de compte qu’un météore traversant le firmament, très loin de sa position.
L’agent mental décida de profiter de l’occasion pour lancer son avant-dernière balise de détresse, peut-être que le passage de l’objet céleste attirerait l’attention de quelqu’un ? L’écran lui demanda une ultime confirmation qu’il valida : derrière lui, le bruit sourd de quelque chose se décrochant suivi d’une propulsion apporta une petite animation qui s’estompa rapidement.
Le transmetteur s’éloignerait autant que sa réserve de carburant durerait puis il déclencherait une impulsion radioélectrique de basse fréquence repérable par n’importe quel appareil de communication à portée. Mais pas seulement... Stuffy se concentra. La balise était aussi équipée d’un amplificateur psychique comparable à celui au-dessus de sa tête. Pour quelques secondes, le même laps de temps que le signal physique, il allait pouvoir « hurler » sa détresse qui serait relayée par le transmetteur. En théorie, sa pensée porterait plus loin et peut-être alors que...
« Appel de détresse ! Je suis l’agent Stuff MacDone des Forces mentales de MaterOne. Si vous recevez mon message, remontez son émission, vous me trouverez dans une capsule de survie. Appel de détresse, Agent... »
Son signal psychique dura les dix secondes prévues par le calibrage des batteries de la balise puis tout s’arrêta, laissant Stuffy sur sa faim. Il ne restait pourtant plus qu’à attendre.

Il activa un petit contacteur sur sa droite qui déclencha la descente, à proximité de ses lèvres, d’une paille bleue, celle de la bouillie nutritive, arôme Roubiano. Ce nom provenait d’un savoureux plat de MaterOne que les ingénieurs ayant conçu la capsule avaient cru bon de synthétiser ici, espérant sans doute remonter le moral des naufragés. Stuffy grimaça lorsque la pâte fondit dans sa bouche : visiblement, ceux-ci n’avaient pas souvent gouté de Roubiano. Il se promit de tenter un autre parfum au prochain repas.
Du peu qu’il pouvait vérifier ou comparer, son nouveau corps réagissait aussi parfaitement aux impulsions nerveuses que l’original, le « vrai » corps de Stuffy, détruit dans une base mutualiste il y avait de cela un peu moins d’une année. Pour échapper à la mort, il avait transféré sa psyché dans le cerveau de celui qu’il interrogeait alors : Ralato Ouli, lieutenant dans les Forces mentales. Les deux hommes cohabitèrent plusieurs mois, passant de farouches adversaires à amis particulièrement intimes, jusqu’à la découverte de ces chimères organiques capables de recevoir les esprits.
Nouveau contacteur, un petit vin moelleux, toujours synthétique, lui fut administré par une seconde paille, jaune cette fois. Il en profita pour ouvrir sa braguette, ce qui fut reconnu automatiquement par l’ordinateur central comme un besoin pressant. L’absence de pesanteur permet cela d’autoriser une rapide aspiration de tout liquide flottant dans le maigre habitacle grâce à plusieurs orifices disséminés un peu partout. Pour femme ou homme, tout semblait bien anticipé à bord, même si Stuffy ignorait encore un détail :
« Dis-moi, boite de conserve, si je veux faire la grosse commission, tu as prévu quoi ? »

Les heures s’écoulèrent...
Stuff Macdone écarta les paupières après une courte période de sommeil ponctuée de rêves bizarres. La première « nuit » d’un nouveau corps mettait toujours les méandres de la psyché à rude épreuve. Il fallait imaginer une intense activité psychique faite de souvenirs et de pensées imprégnant soudain, de force, une matière organique cérébrale inerte. La comparaison avec une naissance n’était pas usurpée et, comme tout évènement de ce genre, cela nécessitait du temps pour s’adapter.
Du temps... justement, Stuffy en avait à revendre en ce moment. Son doigt glissa sur le clavier. Devait-il tenter la dernière balise ? Cela s’apparentait à un bien pauvre espoir, mais peut-être qu’un quelconque phénomène céleste pourrait...
Brusquement, les radars d’approche rugirent alors que l’écran de contrôle s’activa, affichant les images des caméras extérieures. Aucun doute, un appareil était sorti de Transition à une centaine de mètres de lui ! Immédiatement, les senseurs comparèrent l’engin à la base de données, mais ils abandonnèrent rapidement : le nouveau venu n’était pas répertorié. D’une taille inférieure de moitié à celle des croiseurs mentaux, sa proue effilée à l’armature évasée sur les bords présentait l’étonnante forme d’un crabe-feuille, tandis que le matériau le composant ne satisfaisait à aucune analyse. Il possédait également d’étranges structures de plusieurs mètres formant une sorte d’étoile à six branches à la poupe. Un doute se fit alors dans l’esprit de Stuffy : soit il venait de démontrer une chance hors du commun, soit on répondait à son appel de détresse. Mais dans ce cas, il ne connaissait pas de Compresseur dimensionnel capable de sauter entre les dimensions avec une telle précision, même les vaisseaux de la flotte auraient dû se matérialiser à plusieurs kilomètres puis se rapprocher de lui sous peine de le pulvériser.
« Mais qui es-tu, toi ? » s’interrogea Stuffy.
Allumant l’amplificateur encastré au-dessus de sa tête il décida, en bon agent mental, de se faire une idée de ses possibles bienfaiteurs. À l’instant où son esprit traversait la coque de l’étrange appareil, un puissant influx psychique en retour le terrassa, comme un réflexe de défense.
Stuffy perdit conscience alors que l’engin se plaçait au-dessus de sa capsule et qu’une trappe s’ouvrait lentement pour l’absorber.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Xelion: narration, Leto75 (Stuffy) Derush/montage: Gvuillaume/Ackim, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

Vous aimez Red Universe ou alors vous avez des critiques ou des remarques ? Laissez vos commentaires ici : http://reduniverse.fr/la-saga/episodes/
Participez aux recrutements sur http://reduniverse.fr/la-saga/the-red-universes-team/recrutement/

Nous vous attendons !

Prochainement Dans RedUniverse
FORCES MENTALES - Juillet 2018
forcesmentales