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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch26 Ep05

episode350.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 05 " Rencontre du 5e type (2) "

Stuffy évoluait dans une large étendue de mélasse noire que perçaient occasionnellement d’étranges petites bulles arc-en-ciel. Certaines le reflétaient, d’autres pas, mais elles éclataient toutes à quelques mètres de hauteur, libérant de cotonneux nuages qui se dissolvaient dans le vent. Car, dans ce ciel à peine moins sombre que sa mer de matière gluante, l’air se mouvait, parfois violemment. Un quart d’heure plus tôt, des éclairs zébraient encore le firmament soudain tourmenté par des tourbillons plus ou moins clairs, mais cela s’était terminé brutalement.
« Y’A QUELQU’UN ? » hurla Stuffy face à l’immensité.
Peu de chance que l’on réponde, bien que sa chance ait démontré l’inverse il n’y avait pas si longtemps... comment au fait ?
« QUARTMAC ! » cria-t-il alors que des bribes de souvenir remontaient de sa mémoire.
Au même instant, plusieurs énormes bulles crevèrent la surface au loin pour s’élever à une centaine de mètres de hauteur. Lorsqu’elles éclatèrent, les nuages qui s’en dégagèrent couvrirent une large étendue qui, miracle, colora la mélasse noire. Celle-ci devint belle et bleutée, transparente et scintillante durant quelques secondes avant que l’obscurité n’étouffe ce moment de féérie fugitive.
Stuffy resta sans voix, avant de se reprendre. Difficilement, il nagea vers l’endroit où le phénomène s’était produit, mais dut se rendre à l’évidence une fois sur place : tout avait disparu.
« EST-CE QU’IL Y A QUELQU’UN ? » tenta-t-il une dernière fois.
Ce furent les éclairs explosant dans le ciel qui lui répondirent. La tempête ne se déchaina pas seulement au firmament, mais troubla également la platitude monotonie de la mélasse qui gronda et s’agita comme elle ne l’avait encore jamais faite. L’Agent mental lutta tant bien que mal pour demeurer en surface, ce qui ne s’avéra pas si difficile vu l’inertie du liquide composant sa « mer ». Pourtant, dans un creux plus profond que les autres, il se retrouva brusquement débordé, la tête sous l’eau !
D’abord perdu dans l’obscurité, il lui sembla discerner quelque chose plus bas, comme une lumière tamisée qui infusait doucement au travers de la matière gluante. Malheureusement, la pression augmentait au point que chaque centimètre de descente le comprimait plus et lui imposait des efforts surdimensionnés. Il abandonna et remonta prendre son souffle.
Une fois à la surface, Stuffy ne put que constater le retour à la normale : la tempête s’était dissipée et la mer noire redevenue d’huile comme si rien ne s’était passé.
« Bon, faisons le point, se lança-t-il à lui-même en entamant une brasse tranquille vers nulle part. L’étendue de pétrole, le ciel bas et des éclairs... des bulles arc-en-ciel plus ou moins grosses et quelque chose de brillant là-dessous.
Ça me parle, mais de quoi ? »
Il respira profondément et se retourna, laissant à ses jambes le soin d’assurer la propulsion de son corps. En face, c’était le ciel, gris foncé, imperturbable... quoique certaines taches plus claires semblaient ne pas vouloir être englouties par l’obscurité ambiante.
Comment s’était-il retrouvé là ?
« QuartMac, le savant, murmura-t-il pour lui-même... la capsule, le nouveau corps… »
Immédiatement, une nouvelle ébullition s’enclencha, libérant des bulles de bonne dimension dont l’une surgit juste en dessous de lui. Stuffy en profita pour s’accrocher et se laisser emporter à plusieurs mètres de hauteur... jusqu’à ce qu’elle éclate ! L’Agent mental saisit l’occasion et plongea, s’enfonçant bien plus profondément sous la surface que la première fois, laissant derrière lui l’auréole d’un impact qui s’atténuait doucement.
La pression était forte là-dessous, mais pas autant qu’il l’aurait cru : une fois les premiers mètres traversés, l’effet s’inversait et elle diminuait avec la distance. Stuffy poussa de toute l’énergie de son nouveau corps, se frayant un chemin au travers du liquide environnant.
« Nouveau corps ? se surprit-il à penser. Mais oui : j’ai un nouveau corps, une chimère toute propre, c’était avant que la capsule ne... »
Grondement et remue-ménage aquatique : un flux d’une dizaine de bulles remonta vers lui et le repoussa rapidement des profondeurs, rejetant le nageur à la surface telle une branche d’arbre.
Alors qu’il laissait son souffle revenir à la normale, Stuffy observa les alentours. Autour de lui, la mélasse d’huile restait imperturbable, comme le ciel toujours délaissé par les orages, rien ne semblait avoir changé... pourtant, il esquissa un sourire : il venait de comprendre qui il était et où il se trouvait. En réponse à son expression, plusieurs grosses bulles pointèrent de dessous la surface, prêtes à troubler la quiétude toute relative de l’environnement. L’une d’elles monta encore à l’exacte verticale de l’Agent mental qui se prépara à la recevoir.
« J’ÉTAIS DANS MA CAPSULE, JE DEMANDAIS DE L’AIDE ! » cria-t-il comme si quelqu’un pouvait l’entendre.
La sphère arc-en-ciel était plus épaisse et plus large que les autres, Stuffy réussit à maintenir sa position sur elle alors qu’elle quittait la mélasse. À la base, seules quelques gouttes rebelles rejoignirent l’immensité liquide alors qu’elle s’élevait.
« UN VAISSEAU EST ARRIVÉ, UN MODÈLE INCONNU ! »
Dix mètres, vingt mètres, la sphère multicolore montait encore et encore. Stuffy, plus confiant que jamais, se redressa et s’essuya sommairement la chemise et le pantalon. À chacun de ses gestes, des morceaux entiers de mélasse glissaient sur ses vêtements, ne laissant aucune trace.
« Bien évidemment, murmura-t-il, car rien de tout cela n’existe. Il caressa la surface irisée sous ses pieds : merci d’être là, Maman. Enfin, il fixa le plafond nuageux en hurlant à nouveau :
J’AI ÉTÉ CAPTURÉ ! »
Au même instant, une nouvelle tempête se déclencha, plus violente que jamais. Les flashs de lumières vrillaient le ciel où les tourbillons luttaient entre gris clair et gris foncé dans un malstrom impressionniste. Le vent poussa la bulle de souvenir vers les cieux, encore plus haut que toutes les autres...
« JE SUIS DANS LE MOI DE STUFF MACDONE ! VOUS QUI N’ARRIVEZ PAS À TRAVERSER MES BARRIÈRES, J’ARRIVE ! »
Les éclairs frappèrent une dernière fois puis se turent, alors que la sphère traversait le plafond de nuages. Il était en veille mentale, au cœur de son esprit, ses protections psychiques levées par des années de réflexes et, dehors, quelqu’un ou quelque chose tentait d’en forcer l’entrée.
« QUI QUE TU SOIS, ENFOIRÉ, ME VOILÀ ! » hurla l’Agent mental en disparaissant dans le ciel qui symbolisait ses défenses, propulsé par un souvenir bien plus grand que tous les autres... celui de sa mère.


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RedU T1 Ch26 Ep04

episode349.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 04 " bilan "

L’amiral Huate montait le large escalier qui conduisait au bureau de la parlementaire Loxa, attenant à la salle du Comité de salut public nouvellement créé. Cette instance, prévue dans l’état d’exception voté par l’assemblée, regroupait théoriquement un nombre réduit d’élus et de membres des forces de sécurité. Elle concentrait, sur la période d’un quart de cycle renouvelable, les pouvoirs exécutifs, législatifs et même certaines prérogatives judiciaires. Dans la réalité, Loxa et Huate en tenaient les rênes, transformant les séances du comité en simple chambre d’enregistrement.
Le secrétaire lui ouvrit immédiatement les portes, preuve que son arrivée était attendue... fébrilement. Ce que les premières pensées de Loxa confirmèrent :
C’est un désastre militaire que nous allons avoir à annoncer ! Je vous croyais d’une autre trempe, Amiral !
Paix et prospérité aussi sur vous, Loxa, répondit l’officier supérieur sans se troubler. Oui, nous avons essuyé une cuisante défaite : le décompte précis des pertes nalcoēhuales et matérielles est toujours en cours.
Presque sept-mille morts, rugit-elle, sans compter les disparus et les blessés et une douzaine de croiseurs anéantis ou hors de combat, dont le Calcatli en cale sèche pour plusieurs périodes de rotation ! Quant au résultat de ce carnage, c’est la destruction de... six petites corvettes de Ragnvald.
Huate, d’autres que moi auraient demandé votre tête pour moins que cela !
Huate inspira silencieusement, refusant de se laisser guider par la colère. Loxa n’était pas une militaire comme son père, elle ne comprenait pas qu’un chef ressentait profondément la perte de chacun de ses soldats.
D’une manière ou d’une autre, notre technologie a failli et nous en ignorons la cause. Une petite corvette ennemie semblait avoir la capacité de pulvériser d’un coup n’importe lequel de nos croiseurs, nous récoltons toutes les données pour analyse... et la disparition finale de ce portail dimensionnel ne cadre pas avec nos renseignements. Il n’aurait pas dû pouvoir rester ouvert alors que nos salves le pilonnaient. Là aussi, une enquête est en cours.
Après... si vous me demandez ma démission, je vous la signe dans le décile. Mais cela ne changera pas mon point de vue sur la situation.
Qui est ? interrogea Loxa, un soupçon d’intérêt dans le regard.
Que la direction engagée dans la modernisation de la flotte est la bonne : des appareils moins massifs, mieux armés et surtout bien plus mobiles en combat rapproché. L’époque des cathédrales volantes est révolue, si tant est qu’elle ait existé.
La parlementaire sembla se détendre, s’enfonçant dans son fauteuil. La surface de peau couverte par les pansements se réduisait jour après jour, au point que Huate se demandait si son état lors de la prise de pouvoir au parlement, encore très proche, n’était pas surjoué. Elle n’avait plus besoin de nacelle flottante, par exemple, une rémission miracle ? Toujours était-il que sa voix n’était pas revenue à la normale, l’obligeant à communiquer par télépathie. Les nouvelles lunettes de protection pour ses pupilles blessées permettaient de discerner son regard, ce qui simplifiait les discussions.
Tout en ajustant le foulard dissimulant ses deux antennes encore bandées, elle se perdit dans la contemplation d’un grand tableau holographique emplissant le mur de droite. Il représentait une célèbre bataille à laquelle avait participé son père, dans le système de Chilico, haut lieu de rébellion du Cercle-de-Khabit.
Sans détacher ses yeux de la scène virtuelle, elle reprit la conversation :
Vous faites allusion à ces prototypes « Lan’huitl » qui ont supprimé le traitre protégé par l’Empereur-Dieu ? Je crois savoir que, malgré les belles annonces que vous avez faites au parlement, le premier modèle a été détruit et ce fut un second, arrivé en renfort, qui termina le travail.
Elle se retourna vers l’amiral et lui lâcha sèchement :
« Au prix de ces engins, je ne vois pas vraiment où est la différence avec la défaite que nous a infligée l’Exode ! »
Huate ne releva pas le ton, mais écarta tout aussi sèchement l’argument :
Ces deux appareils ont détruit quatre corvettes ennemies, soit pratiquement le bilan de la dernière bataille. Le retour d’expérience de ces deux conflits va dans le même sens, bien qu’il reste à préciser de nombreux points. J’envisage d’ailleurs d’envoyer des recommandations aux usines d’assemblage qui les conçoivent.
La parlementaire se pencha vers lui, un sourire méprisant au coin des lèvres :
Laissez-moi deviner : vous allez encore demander de nouveaux crédits pour en augmenter la production ?
L’autre se redressa imperceptiblement, peu habitué à ce que l’on s’amuse de ses ordres.
C’est une obligation, au moins pour remplacer notre arsenal perdu. À moins que vous ne vouliez mettre de jeunes marins dans des vaisseaux ayant démontré une absence totale de résistance à nos ennemis ?
L’argument fit mouche et, après quelques secondes de silence, Loxa compulsa plusieurs notes éparpillées sur son bureau. L’amiral remarqua que les parcelles visibles de peau bleue claire de la parlementaire se violaçaient légèrement quand elle était prise au piège.
Soit, fit-elle en secouant subtilement la tête, ce qui eut pour effet de faire bouger son goitre de droite à gauche. Où est donc le dernier Lan’huitl encore en activité ? S’il est le seul apte à nous défendre, je préfèrerais le savoir avec la flotte.
Il suit une autre trace, tout aussi inquiétante. Les retours sont fragmentaires et je voulais attendre d’en connaitre un peu plus avant de vous transmettre un rapport.
Allons bon, soupira Loxa, dites-le-moi maintenant officieusement.
Huate sortit de sa poche une petite carte plastifiée qu’il posa sur un des bords de la table. Automatiquement, l’hologramme de la glorieuse scène murale disparut et afficha à la place les informations codées. Il s’agissait d’une suite de relevés et de représentations de toutes sortes que Huate se mit en demeure d’expliquer à sa vis à vis.
Tout a commencé avec nos radars à très longue distance censés surveiller le territoire de Ragnvald. Ils ont détecté, il y a peu de périodes, une grande quantité de sorties de dimension toutes regroupées à cet endroit, là.
C’est en plein territoire de l’Empereur-Dieu, nota Loxa, pensive. Serait-ce une nouvelle armée de corvette ?
Peut-être... mais regardez ces relevés. Ils nous ont été envoyés par nos croiseurs Hual’patli en patrouille à la frontière. Aucune activité de Ragnvald, voire une baisse de tous les échanges, parfois importante... comme s’ils faisaient le mort alors qu’une flotte inconnue se mouvait à proximité.
Par contre, sur ce graphique, une intensité de signaux électromagnétiques sur une plage de fréquence inhabituelle et... ceci.
Il désigna un tracé qui se détachait des autres par sa couleur. Loxa en lut la légende, surprise :
L’intensité psychique ?
Tout à fait, elle est passée de résiduelle à massive. On retrouve ce genre de relevés d’habitude lorsqu’une population nalcoēhuale s’installe sur une étendue jusque-là sauvage. Il n’est pas possible d’en déterminer la source clairement, comme si un brouillage y était appliqué.
Quelque chose de militaire ?
Sans aucun doute, madame. En tous cas, dans la zone de Khabit, seules les forces de sécurité sont autorisées — et entrainées — à en faire usage. Mais ce n’est pas tout, regardez en bas, voici des valeurs envoyées par le Lan’huitl il y a quelques décilles. Si les radars ne captent pas grand-chose, il a pu obtenir des relevés plus précis des passages et sorties de Transition. Et aucun ne correspond à ce que l’on connait de la technologie de Ragnvald, ou de la nôtre. Par contre, il y a des similitudes avec ce que nous avons pu analysé des moteurs dimensionnels... humains.
Loxa bondit sur son siège.
Une flotte militaire humaine avec des pouvoirs psychiques  ?
Et non seulement l’Empereur-Dieu les aurait laissé traverser son territoire, mais la trajectoire qui se dessine les amène dans la droite ligne de l’Exode. Oui, c’était également ma conclusion.
Donc, poursuivit Loxa, ses grands yeux jaunes exorbités, nous avions raison : ces pseudo « migrants » de l’Exode n’étaient que le faux nez d’une invasion massive !
Correct, madame. Pour en avoir la preuve, j’ai ordonné au Lan’huitl de suivre discrètement la piste et de récolter toutes les informations possibles. Ils n’ont pas encore pénétré le Cercle-de-Khabit, mais ils ne tarderont pas, car, toujours d’après les premières estimations, leur vitesse est bien supérieure aux « transporteurs » que nous venons tout juste d’affronter.
Vous comprenez mieux pourquoi j’insiste sur le réarmement de notre flotte. Une première vague de Lan’huitls devrait sortir dans deux périodes, mais j’ai l’assurance des chaines de montage qu’avec une augmentation des personnels ils pourraient les assembler en moins d’une période et accélérer la production de la seconde vague.
Loxa se leva brutalement de son fauteuil. Elle n’était pas le genre « employé de bureau » à supporter de parler de choses graves derrière une table. Elle tourna donc fébrilement dans la pièce durant plusieurs minutes, obligeant l’amiral à contorsionner son goitre pour la suivre.
Soudain, elle s’arrêta. Le fixant du même regard que son père lorsqu’il arrêtait sa décision pour une bataille, elle donna ses ordres :
Stoppez immédiatement toutes les opérations liées à l’Exode, ils n’étaient qu’une diversion. Regroupez tout ce que nous avons comme appareil de combat dans la république pour contrer l’invasion.
Tout ? s’en étonna l’autre. Certains systèmes comme Chilico ou les frontières requièrent une présence militaire permanente, madame.
J’ai dit tous, trancha-t-elle. Notre ennemi éternel arrive pour terminer le travail entamé il y a des cycles avec nos ancêtres, rien n’est plus prioritaire, RIEN !
Elle se reprit, considérant la personne à qui elle parlait, et ajouta d’une voix plus consensuelle :

« Et ne vous inquiétez plus pour vos chaines de montage, vos crédits sont désormais illimités. »

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RedU T1 Ch26 Ep03

episode348.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 03 " Rencontre du 5e type (1)"

Au milieu de nulle part, c’est ainsi que l’agent Stuff MacDone, dit « Stuffy », pouvait décrire les résultats des sondages que les maigres ressources de sa capsule de sauvetage lui transmettaient.
Rien, le vide.
« J’espère que tu vas me trouver un programme multivisuel plus intéressant pour les prochains jours, toi. », murmura-t-il à l’intention de son ordinateur central.
Déjà vingt-quatre heures que l’agent des Forces mentales s’était réveillé à l’intérieur d’un quasi-sarcophage, perdu dans l’immensité intersidérale. Allongé à l’intérieur d’un volume à peine plus large que lui, il scrutait l’écran de contrôle, pilotant ce qui pouvait l’être par deux parties de claviers glissées sous ses doigts.
Le responsable de la grande flotte du Chancelier suprême, le professeur QuartMac, l’avait déclaré comme traitre et mutin avant de l’expulser dans l’espace, le destinant à une mort certaine. L’esprit de Stuffy venait alors tout juste d’intégrer un nouveau corps, mettant fin à de longs mois de douleurs ininterrompues à la suite d’une détérioration accélérée du précédent, non mature. Retrouver sa trentaine d’années et sa chevelure brune lui avait pourtant semblé une bonne idée.
La lecture des étoiles par l’ordinateur de bord ne donnait rien, cette partie de l’univers étant en cours de cartographie par ladite flotte. Enfin... c’était une de ses missions, mais pas la principale : les mille croiseurs mentaux devaient anéantir l’Exode et ses trois millions de voyageurs, ce que Stuffy refusait.
« T’inquiète pas, QuartMac... », il paramétra de nouveau quelques senseurs puis poursuivit, « ... je suis certain que quelqu’un te fera regretter d’être venu au monde et j’espère bien être celui-là ! »

Une interface simpliste mentale/machine était installée à bord de chacune des capsules, elle permettait d’amplifier, relativement, les communications psychiques entre les occupants de ces engins de sauvetage. Depuis des heures, Stuffy y hurlait ses appels au secours dans l’espoir qu’au moins un membre de la flotte, un ami si possible, l’entende.
La preuve était faite que tous les agents des Forces mentales, qui représentaient quatre-vingt-quinze pour cent des équipages, ne partageaient pas forcement ses idées. Quartmac n’avait pas pu transborder son corps dans la capsule et procéder à son largage, pour ensuite faire entrer en Transition, sans que des yeux ou des radars indiscrets assistent à l’opération. D’une manière ou d’une autre, des Mentaux — des collègues — l’avaient condamné à une mort horrible sans réagir. Édifiant.
Le capitaine Viggi, peut-être ? Le plus jeune commandant de vaisseau de la flotte, son principal interlocuteur dans la conspiration, s’était montré particulièrement entreprenant sur les renseignements à fournir. Stuffy avait mis cela sur le compte de l’engouement... pourtant, vu sa situation actuelle, il pouvait tout aussi bien avoir été mystifié. Le précédent de May Rui-Yan, la taupe que Monsieur Heir avait introduite dès l’université Mentale, démontrait combien les traitres se recrutaient tôt désormais...

Un petit avertisseur signala soudain du mouvement dans l’espace proche, déchainant une vague d’espoir chez le naufragé. Il compulsa frénétiquement les claviers pour ne découvrir en fin de compte qu’un météore traversant le firmament, très loin de sa position.
L’agent mental décida de profiter de l’occasion pour lancer son avant-dernière balise de détresse, peut-être que le passage de l’objet céleste attirerait l’attention de quelqu’un ? L’écran lui demanda une ultime confirmation qu’il valida : derrière lui, le bruit sourd de quelque chose se décrochant suivi d’une propulsion apporta une petite animation qui s’estompa rapidement.
Le transmetteur s’éloignerait autant que sa réserve de carburant durerait puis il déclencherait une impulsion radioélectrique de basse fréquence repérable par n’importe quel appareil de communication à portée. Mais pas seulement... Stuffy se concentra. La balise était aussi équipée d’un amplificateur psychique comparable à celui au-dessus de sa tête. Pour quelques secondes, le même laps de temps que le signal physique, il allait pouvoir « hurler » sa détresse qui serait relayée par le transmetteur. En théorie, sa pensée porterait plus loin et peut-être alors que...
« Appel de détresse ! Je suis l’agent Stuff MacDone des Forces mentales de MaterOne. Si vous recevez mon message, remontez son émission, vous me trouverez dans une capsule de survie. Appel de détresse, Agent... »
Son signal psychique dura les dix secondes prévues par le calibrage des batteries de la balise puis tout s’arrêta, laissant Stuffy sur sa faim. Il ne restait pourtant plus qu’à attendre.

Il activa un petit contacteur sur sa droite qui déclencha la descente, à proximité de ses lèvres, d’une paille bleue, celle de la bouillie nutritive, arôme Roubiano. Ce nom provenait d’un savoureux plat de MaterOne que les ingénieurs ayant conçu la capsule avaient cru bon de synthétiser ici, espérant sans doute remonter le moral des naufragés. Stuffy grimaça lorsque la pâte fondit dans sa bouche : visiblement, ceux-ci n’avaient pas souvent gouté de Roubiano. Il se promit de tenter un autre parfum au prochain repas.
Du peu qu’il pouvait vérifier ou comparer, son nouveau corps réagissait aussi parfaitement aux impulsions nerveuses que l’original, le « vrai » corps de Stuffy, détruit dans une base mutualiste il y avait de cela un peu moins d’une année. Pour échapper à la mort, il avait transféré sa psyché dans le cerveau de celui qu’il interrogeait alors : Ralato Ouli, lieutenant dans les Forces mentales. Les deux hommes cohabitèrent plusieurs mois, passant de farouches adversaires à amis particulièrement intimes, jusqu’à la découverte de ces chimères organiques capables de recevoir les esprits.
Nouveau contacteur, un petit vin moelleux, toujours synthétique, lui fut administré par une seconde paille, jaune cette fois. Il en profita pour ouvrir sa braguette, ce qui fut reconnu automatiquement par l’ordinateur central comme un besoin pressant. L’absence de pesanteur permet cela d’autoriser une rapide aspiration de tout liquide flottant dans le maigre habitacle grâce à plusieurs orifices disséminés un peu partout. Pour femme ou homme, tout semblait bien anticipé à bord, même si Stuffy ignorait encore un détail :
« Dis-moi, boite de conserve, si je veux faire la grosse commission, tu as prévu quoi ? »

Les heures s’écoulèrent...
Stuff Macdone écarta les paupières après une courte période de sommeil ponctuée de rêves bizarres. La première « nuit » d’un nouveau corps mettait toujours les méandres de la psyché à rude épreuve. Il fallait imaginer une intense activité psychique faite de souvenirs et de pensées imprégnant soudain, de force, une matière organique cérébrale inerte. La comparaison avec une naissance n’était pas usurpée et, comme tout évènement de ce genre, cela nécessitait du temps pour s’adapter.
Du temps... justement, Stuffy en avait à revendre en ce moment. Son doigt glissa sur le clavier. Devait-il tenter la dernière balise ? Cela s’apparentait à un bien pauvre espoir, mais peut-être qu’un quelconque phénomène céleste pourrait...
Brusquement, les radars d’approche rugirent alors que l’écran de contrôle s’activa, affichant les images des caméras extérieures. Aucun doute, un appareil était sorti de Transition à une centaine de mètres de lui ! Immédiatement, les senseurs comparèrent l’engin à la base de données, mais ils abandonnèrent rapidement : le nouveau venu n’était pas répertorié. D’une taille inférieure de moitié à celle des croiseurs mentaux, sa proue effilée à l’armature évasée sur les bords présentait l’étonnante forme d’un crabe-feuille, tandis que le matériau le composant ne satisfaisait à aucune analyse. Il possédait également d’étranges structures de plusieurs mètres formant une sorte d’étoile à six branches à la poupe. Un doute se fit alors dans l’esprit de Stuffy : soit il venait de démontrer une chance hors du commun, soit on répondait à son appel de détresse. Mais dans ce cas, il ne connaissait pas de Compresseur dimensionnel capable de sauter entre les dimensions avec une telle précision, même les vaisseaux de la flotte auraient dû se matérialiser à plusieurs kilomètres puis se rapprocher de lui sous peine de le pulvériser.
« Mais qui es-tu, toi ? » s’interrogea Stuffy.
Allumant l’amplificateur encastré au-dessus de sa tête il décida, en bon agent mental, de se faire une idée de ses possibles bienfaiteurs. À l’instant où son esprit traversait la coque de l’étrange appareil, un puissant influx psychique en retour le terrassa, comme un réflexe de défense.
Stuffy perdit conscience alors que l’engin se plaçait au-dessus de sa capsule et qu’une trappe s’ouvrait lentement pour l’absorber.


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RedU T1 Ch26 Ep02

episode347.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 02 " Fuite en avant (3) 

Salle de commandement de Transporteur 1.
« Gunjral, changement d’objectif pour les missiles, tir de barrage ! grogna Décembre à la vue des écrans de contrôle. Mais... ... gardez-en encore un ou deux... »
La mitraillade de fusées quitta Transporteur 1, se dirigeant dans toutes les directions pour intercepter, elle aussi, les salves. Toute la zone du champ de bataille s’illumina alors d’innombrables boules de feu, tandis que plusieurs tirs se croisèrent et atteignirent les belligérants des deux côtés. Cela n’empêcha donc pas des bordées de traverser le filet de protection, menaçant directement les sept corvettes qui maintenaient le portail ouvert. Dans un éclair de Transition, l’appareil de Fabio et Gandhi se matérialisa soudain et toutes les projections restantes détonèrent avant de toucher leur cible.
Cette fois, les choses prenaient un tour dramatique, car de nouvelles salves quittaient déjà la flotte nalcoēhuale, ceux-ci ayant enfin compris l’importance de ce passage pour leurs ennemis. Les tirs ne cessaient plus, on déchargeait tous les arsenaux, vidait tous les réservoirs d’énergie dans une ultime tentative pour retourner la situation. Décembre contacta Gandhi :
Nos chasseurs sont rentrés et le transporteur va bientôt être de l’autre côté, évacuez !
Non, Général, grésilla la voix de l’avatar. Si le portail se ferme maintenant, vous serez littéralement coupés en deux. Accélérez, c’est le mieux à faire : nous résisterons le temps nécessaire.
J’esp... j’espère bien ! Qu’ils se dépêchent ! hurla la voix de Fabio en arrière.
Tout autour d'eux, des tirs explosaient aléatoirement, parfois aux parades des corvettes ou de Transporteur 1, souvent par le pouvoir de Fabio. Mais celui-ci avait ses limites et il n’allait pas tenir longtemps sous l’arrivée incessante de nouvelles salves. Le général se tourna vers son second :
« Poussez les machines à fond et notre dernier lancement... ajouta-t-il en pointant une cible du doigt, ce sera pour lui ! »
Les deux dernières roquettes longue distance fusèrent du transporteur, pilotées à distance par le Lieutenant Gunjral en personne.

*

Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald.
Ce qui devait arriver finit malheureusement par se produire. Deux tirs d’une des salves du Calcatli passèrent à travers les défenses conjuguées de Ragnvald et de l’Exode et percutèrent une des corvettes qui maintenait l’ouverture. Elle fut projetée en arrière, rompant la formation et lorsque ses réservoirs de carburant s’enflammèrent, elle explosa, lumière parmi les lumières innombrables de la bataille.
L’ellipse transdimensionnelle clignota subitement, elle vibra, se déforma et se désagrégea sous les yeux impuissants de Gandhi et Fabio, alors que Transporteur 1 achevait presque de le traverser.
Trop tard, lâcha laconiquement l’avatar.
Non... cria le Mental qui se redressa soudain, poings serrés, le visage crispé sous une intense concentration.
D’étranges petites étoiles pourpres surgirent alors du néant, effleurant le contour du passage, englobant toutes les corvettes et le transporteur. Elles brillaient de mille feux, irradiant de lueurs multiples l’ensemble de la scène. La couleur du portail changea, adoptant le grenat environnant, allant même jusqu’à s’agrandir pour phagocyter tous les appareils de Ragnvald, celui de Fabio inclus.
Gandhi écarquilla les yeux et se tourna vers le Mental. Les bras de celui-ci n’étaient que lumière, ses poings chauffaient, brulaient l’email du métal autour de lui, allant jusqu’à faire fondre lentement la peau synthétique de l’avatar.

*

Planète Monte-Circeo, au cœur de l’empire de Ragnvald.
Depuis son antre, Godheim laissa la joie le submerger. Il connaissait parfaitement l’origine de ces étranges manifestations de pouvoir : cette fois, ce n’était plus les Titans qui œuvraient.
On vivait là-bas le baptême du nouveau Passeur. La roue tournait une fois de plus, comme le Faiseur l’avait prévu...
« Le dormeur se réveille... », murmura-t-il dans la solitude de son immense caverne.

*

L’alerte collision hurlait à bord du navire amiral de la flotte nalcoēhuale. Ils avaient sous-estimé les capacités de l’ultime salve du transporteur de l’Exode. Les roquettes évitaient diaboliquement toutes les tentatives de barrage, l’impact devenait imminent.
Le commandant du géant de métal ne s’en inquiétait pas outre mesure, les dégâts seraient insignifiants, proportionnels à la taille du vaisseau de classe Calcatli, même s’il devait prendre toutes les mesures appropriées. Son attention était captée par les salves de la flotte nalcoēhuale qui se rapprochaient du passage interdimensionel des corvettes, un peu comme si la barrière qui arrêtait les tirs faiblissait. L’espèce de matière pourpre était-elle liée à cela ?
Dans un ultime flash plus brillant qu’un soleil, tout ce qui était enveloppé de pourpre disparut. Les corvettes, le transporteur, le passage… plus rien que l’espace zébré de centaines de traits nalcoēhuals qui ne rencontrèrent que le néant.
C’est alors que, face à lui, une main géante à cinq doigts jaillit de l’éther et s’enfonça dans un des flancs du vaisseau, déchiquetant une partie de la structure et activant les dernières alarmes encore muettes. Elle s’évanouit aussi vite qu’elle était arrivée, se dissolvant dans le vide comme le portail précédemment. Le navire tangua, obligeant son commandant à s’accrocher pour conserver son équilibre. Il recevait déjà les premiers rapports psychiques des avaries lorsqu’il comprit... trop tard : les deux roquettes de Transporteur 1, livrées à elle-même, poursuivirent leur chemin automatiquement en mode radar. Elles se jetèrent sur l’écho le plus gros de leurs systèmes... pénétrant la coque par la brèche pratiquée par l’apparition pourpre.

*

Centre de commandement de l’expédition nalcoēhuale, Tilt’chiti.
L’amiral Huate s’effondra sur son siège. On lui annonçait d’importants dégâts sur le vaisseau Calcatli et le bilan de cette opération « Foudre et Cendres » ne cessait de s’alourdir pour un résultat bien mince. Au mieux, avait-on abattu une demi-douzaine de corvettes de Ragnvald et cela avait couté la vie à six milles quatre-cent-douze nalcoēhuals, pour l’instant, et l’état de nombreux blessés était désespéré.
Huate maugréa intérieurement, se jurant d’accélérer la production de leurs nouveaux appareils à « déplacement d’éther » : eux seuls pouvaient tenir la dragée haute à la flotte de l’Empereur-Dieu. Une réunion était d’ailleurs prévue avec Loxa, pour planifier la suite, elle n’allait pas être déçue.

D’ici là, le gradé se préparait à contacter les familles des disparus. Il donna un violent coup de pied dans son fauteuil qui traversa le promontoire pour venir s’encastrer dans un recoin et quitta la pièce, sous le regard dépité de ses subordonnés.


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RedU T1 Ch26 Ep01

episode346.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Episode 01 " Fuite en avant (2) "

L’amiral Huate, juché en haut de son promontoire, suivait en temps réel les évènements se déroulant autour de cet Exode honni. À ses pieds, les opérateurs couraient, pianotaient ou transmettaient les ordres à toute la flotte qui se concentrait sur le dernier vaisseau ennemi. Les messages psychiques fusaient tandis qu’une représentation globale du champ de bataille illuminait le centre de la salle de commandement. Peu y prêtaient attention, mais les antennes gonflées de Huate viraient au bleu foncé presque noir, signe de grande colère. Les améliorations que l’Empereur-Dieu avait apportées aux « transporteurs » les rendaient bien plus résistants et leurs armes, quoique primitives, parvenaient à frapper leurs cibles plus souvent qu’escompté. De plus, les corvettes de Ragnvald harcelaient tous ses croiseurs « Hual’patli », les endommageant parfois gravement par des tirs bien ajustés sur les points faibles de leurs blindages.
« Et la seconde vague d’assaut, pourquoi n’est-elle pas sur zone ? » hurla-t-il, sans un regard pour ses subordonnés qui n’en fourmillèrent que plus laborieusement. Le message aurait dû être transmis psychiquement, par voie cryptée, spécialement en temps de crise comme maintenant, mais il n’en avait cure.
Pourquoi personne n’est encore allé en reconnaissance sur cette formation de corvette ? Dès que la seconde vague arrive, qu’elle détache plusieurs appareils de... »
Au même instant, l’un des croiseurs nalcoēhuals en retrait cessa ses émissions pour totalement disparaitre des projections radar. Immédiatement, les demandes de rapports fusèrent, suivies quelques secondes plus tard, par les premières images de l’engin en question. Huate en resta bouche bée.
Tranché par son milieu, le Hual’patli était littéralement coupé en deux ! Des déflagrations se poursuivaient autour de la césure alors que les principales antennes de communication flottaient désormais dans le néant. Il lâcha, plus pour lui-même que pour les opérateurs :
« Par les anciens, mais que s’est-il passé ? »
Une seconde alerte rugit : à l’autre bout de la formation, un nouveau Hual’patli perdait sa proue ! Le compartiment des munitions touché, une explosion géante perça le firmament, repoussant trois croiseurs avoisinants dont un percuta son entourage immédiat entrainant encore des dommages. Cette fois, de nouvelles vidéos s’animèrent aux quatre coins de la projection et Huate, comme tous les soldats du centre de commandement, obtint un début d’explication. Une corvette de Ragnvald, apparemment identique aux autres, transperçait littéralement les vaisseaux qu’elle approchait, les traversant comme une motte de matière grasse.
Quelle était donc cette arme inattendue ?

*

Salle de commandement de Transporteur 1.
Le général Décembre et une partie de son état-major restaient simplement sans voix devant le spectacle :
« ... une diversion de nature à les occuper... » avait déclaré Gandhi.
Avec des diversions de ce genre, lança le haut gradé, pensif, nous n’aurons plus besoin de livrer bataille. Lieutenant Gunjral, ne laissons pas à ces messieurs le loisir de respirer. Feu de toutes les batteries sur l’ennemi le plus proche... ... harcelons-les sans répit. Combien de temps encore, au fait ?
Une minute et vingt-deux secondes, Général, répondit son second, affairé à jongler entre plusieurs tablettes de contrôle. Mais nos capteurs s’affolent, quelque chose arrive !
Merde, c’était trop beau.
Mille kilomètres au-dessus des combats, une douzaine de nouveaux flashs de Transition laissèrent apparaitre la seconde vague d’assaut. Cette fois, l’immense croiseur amiral de la flotte, classe « Calcatli », entrait en lice et il ouvrit immédiatement ses tubes de décollage, autorisant le lancement d’une centaine de chasseurs qui fondirent sur Transporteur 1 et sur la formation de corvettes en protection du portail.

*

Corvette en chef du corps expéditionnaire de Ragnvald.
Je vois qu’ils changent d’approche, constata Fabio, assis en tailleur face à la verrière avant de l’appareil de Ragnvald. Plutôt que des gros machins tout mous, ils nous envoient des guêpes-feuilles. C’est malin.
Mes vaisseaux en protection du portail les retiendront et Décembre saura s’occuper de ceux qui tourneront autour du transporteur, ajouta Gandhi, debout à ses côtés. Ils tentent de détourner notre attention pour se regrouper, ne leur offrons pas ce plaisir, Fabio.
L’avantage des petits appareils, c’est que je peux agir contre eux d’assez loin. Le temps de choisir une nouvelle cible, je peux appuyer la sécurité du passage, si tu veux ?
Gandhi se retourna et fit un signe au pilote, aux commandes à quelques pas de lui. Celui-ci agrippa le manche en silence, suivant les informations transmises par l’Empereur-Dieu. La vue de la scène pivota doucement alors que la corvette prenait de l’aplomb pour piquer vers sa proie. Un curseur jaune vif traversa la verrière pour venir se placer en plein cœur de la meute ennemie. Gandhi poursuivit :
Attaquons au centre, cela les désorganisera suffisamment pour nous donner le temps nécessaire : l’ouverture du portail est maintenant imminente. Dans douze secondes nous serons dessus, cela te convient-il, Passeur ? demanda-t-il avec une mimique amusée.
C’est comme si c’était fait.
Fabio se concentra et leva d’un coup sec son bras gauche, terminant gracieusement le mouvement par une rotation de son poignet, les doigts tendus tel un chef d’orchestre. Trois des premiers chasseurs en piqué repartirent brusquement en arrière, percutant plusieurs des appareils suivants qui explosèrent à leur tour. Les autres pilotes, surpris, mirent quelques fragments de secondes à reprendre le contrôle, trop tard pour empêcher les corvettes de Ragnvald d'ouvrirent le feu à bout portant.

*

Salle de commandement du Transporteur 1.
Gunjral, débarrassez-nous de ces moustiques en faisant décoller les chasseurs ! ... Dites-moi, j’espère que vos hommes ont bien lu les rapports sur l’accrochage de Vegas IV ? Qu’on ne fasse pas deux fois les mêmes erreurs, ces engins font des... ... des bonds multiples et très rapides.
Oui, Général, répondit le lieutenant en activant son communicateur. Appel au spatioport : décollage immédiat, je répète décollage immédiat ! Feu sur les appareils ennemis à proximité, prenez garde aux microtransitions.
Les machines, grogna Décembre en tournant un contacteur de son siège, en arrière toute ! Nous devons être sur le passage à l’instant où... ... où il s’ouvrira.
Le transporteur s’ébroua tandis qu’à quelques distances de là, la lueur tant attendue apparut au centre du cercle formé par les corvettes.
Général, alerta Gunjral en se saisissant du rapport affiché sur une tablette, il semble que le portail dimensionnel se déploie déjà. On y entre en marche arrière ?
... ... Pas le choix. Que les chasseurs combattent jusqu’au dernier moment avant de nous rejoindre, atterrissage d’urgence autor... Houla ! Qu’est ce que c’est que ça ?
Face à eux, une projection verticale de lumière emporta d’un coup un des croiseurs qui se disloqua en brulant. Cela entraina immédiatement un carambolage paniqué suivi de déflagrations de toutes tailles qui brisa la formation de la flotte nalcoēhuale, les vaisseaux tentant d’échapper à la cohue. Du cœur de la fournaise jaillit une pointe enflammée qui se révéla être l’appareil de Gandhi et Fabio Ouli.
Le général Décembre se pencha vers son lieutenant, et l’interrogea sous le sceau de la confidence :
... ... Dites-moi, il nous reste quelques... ... missiles en réserve ?
Bien sûr, une douzaine, plus quelques torpilles téléguidées, répondit l’autre, un peu décontenancé.
Et là-haut, ils... ... ils ne bougent toujours pas ? Ils tremblent à l’idée d’approcher notre... ... corvette tueuse, non ?
Oui, Général. C’en est troublant d’ailleurs.
Le haut gradé se redressa et déclara calmement à son subordonné, sans cacher une réelle satisfaction dans sa voix :
Préparez tout l’arsenal restant au lancement ! À la seconde où nous entrerons dans le portail... ... on balancera tout sur ces fumiers... ... Qu’ils n’oublient jamais la leçon !
À vos ordres !

*

Centre de commandement de l’expédition nalcoēhuale, Ti’ltchiti.
Du haut de sa plateforme, l’amiral Huate en tremblait de rage. Les pertes atteignaient un niveau inédit dans toute l’histoire nalcoēhuale : six croiseurs lourds totalement détruits, plus d’une dizaine de gravement endommagés et il ne restait déjà plus qu’une cinquantaine de chasseurs au combat. Il hésitait à donner l’ordre d’attaquer à la seconde vague dont le Calcatli, l’appareil principal de la flotte. Vu le déroulement de la bataille, celui-ci attirerait toute l’attention ennemie et l’arme inconnue de Ragnvald risquait alors de faire une nouvelle démonstration.
Quant à ce transporteur de l’Exode, sa résistance déjouait tous les tirs ! Grâce au temps passé à discuter, l’Empereur-Dieu avait bel et bien partagé sa technologie avec les humains et ceux-ci se révélaient désormais redoutables. Concentré sur Transporteur 1, Huate fut intrigué par son recul en accélération constante. Il se rapprochait de la formation en cercle des corvettes où les censeurs décelaient une montée vertigineuse de puissance au rayonnement non répertorié.
La direction de l’engin de l’Exode ne laissait pas de doute, il fonçait droit dedans.
« Qu’on rappelle les chasseurs et que toutes les batteries disponibles de tous les croiseurs encore en état tirent sur ce cercle ! Quoi que ce soit, ils en ont besoin, alors DÉTRUISONS-LE ! » ordonna-t-il en écrasant son poing sur la rambarde.
La flotte nalcoēhuale entière ouvrit alors le feu et des milliers de bordées fondirent d’un peu partout à plus ou moins grande distance vers le portail s’épanouissant. Les corvettes de Ragnvald toujours combattantes se placèrent en protection, poussant toute leur énergie vers leurs boucliers avant, visant les salves de leurs canons dans l’espoir d’en arrêter quelques-unes.


SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: JMJ, iGerard, Acteurs : Xelion: narration, Mik180 (Huate), Icaryon (Gandhi), Akira (gunjral), My-ëve(Fabio), Raoulito (decembre) Derush/montage: iGerard/Raoulito, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

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Teaser Série Forces Mentales

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Forces Mentales, votre nouvelle série de la saga Red Universe.

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RedU T1 Ch25 Ep14

episode345.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 14 " Fuite en avant (1) "

Le colonel Momumba Arlington laissait s’empiler sur son bureau les montagnes de dossiers en cours : bien trop de paperasse à consulter, commenter ou signer.
Il déplaça à l’aide d’une pince l’un des cordages du pont avant puis y coula un point de colle. Il s’écarta de son travail pour l’admirer en soufflant un peu. La maquette en cour représentait une barque de pêcheur du type qu’il avait connu durant sa jeunesse tropicalienne. Ce passetemps l’aidait à oublier la pression de ses fonctions... bien que la situation actuelle poussait plutôt à l’optimisme. Sous la protection de l’Empereur-Dieu et avec un ambassadeur chez les habitants du Cercle de Khabit, la menace extérieure de l’Exode paraissait faible. Titus Matrane se faisait fort de canaliser la nouvelle puissante religion avec l’assistance de Gandhi, là où Phil et Adénor étaient, il fallait le reconnaitre, dépassés par les évènements. Bien que ce côté des choses ne soit guère rassurant, au moins on avait maintenant un interlocuteur.
Momumba se saisissait d’une seconde série de barrettes en plastique lorsque son communicateur sonna : l’avatar de l’Empereur-Dieu demandait audience. Il ordonna qu’on le fasse entrer tout en jaugeant la partie suivante de sa maquette : la poupe. Ce serait délicat.
Godheim, c’est un plaisir de vous voir aujourd’hui, prononça-t-il alors que son invité pénétrait dans la pièce. Venez donc admirer mon bijou, je suis certain que vous allez apprécier ce...
Navré de vous interrompre, Colonel. Mais je suis porteur de la pire nouvelle possible. L’Exode doit quitter sa position immédiatement, vous êtes en très grand danger.
Le colonel se retourna vers le petit androïde aux lunettes écaillées. Bien que malicieux, et parfois sournois, l’Empereur-Dieu ne faisait jamais dans l’humour. Le commandant de Transporteur 3 reprit le dessus :
Que se passe-t-il ?
La guerre avec la République nalcoēhuale est imminente. Mes projections nous donnent une quinzaine de minutes, au plus, avant la première vague de leurs croiseurs.
La pince rebondissait encore sur la moquette que Momumba assénait déjà ses ordres dans le communicateur.

*

Til’tchiti, capitale nalcoēhuale.

La porte un peu arrondie glissa sur ses rails alors qu’un système de champs de protection s’alluma tout autour. La Princesse Azala et Melba étaient bel et bien prisonnières, même si le lieu de leur détention paraissait plus qu’enviable. Aux proportions nalcoēhuales, la suite spacieuse où elles se retrouvaient enfermées offrait tout le confort nécessaire, incluant une douche et plusieurs hublots donnant sur Ti’ltchiti.
Les gardes les ayant escortées jusqu’ici avaient montré plus de méfiance, frisant parfois la paranoïa, que de courtoisie. Quant à ce petit grattouillement dans leur tête, il indiquait clairement qu’elles étaient surveillées psychiquement.
Alors que la princesse laissait son regard se perdre dans l’immensité de la capitale du Cercle de Khabit, Melba s’approcha doucement d’elle et, fait inédit, lui posa une main sur l’épaule. D’abord surprise, Azala se détendit un peu et glissa en retour sa propre main dessus.
Nos chances de survie sont minces, Melba. Pardonne-moi de t’avoir imposé cela, murmura-t-elle.
Je ne crois pas que nous ayons eu le choix, madame. Le devenir de l’Exode était en jeu.
Sans doute, mon amie, reprit Azala dans un soupir. Mais là, je t’avoue avoir du mal à discerner une issue...
Appuyez-vous sur moi dans vos moments de doute. Ma vie vous appartient depuis le jour de ma naissance et je vous assure que mes vœux n’ont pas changé : je resterai toujours à vos côtés et vous protègerai, quoiqu’il en coute... et il leur en coutera, énormément.
Azala serra un peu plus la main de son amie qu’elle ne l’aurait voulu, des larmes embrumant ses yeux.

*

Un homme, la quarantaine... il pense que... il pense à la fille qu’il regarde.
Très bien. Au-dessus maintenant ? demanda Fabio à son étudiante.
À bord de Transporteur 2, installés en tailleur dans la salle de sport de l’équipage, Maeve Onawane et son professeur mental poursuivaient leur entrainement. Ils appliquaient leurs pouvoirs mentaux à tout savoir sur les passants circulants… de l’autre côté du mur.
Dans la direction indiquée par Fabio, un couple se livrait à des ébats volés derrière une armoire de leur lieu de travail. Les effluves psychiques étaient puissants, difficiles à soutenir sans se sentir emportés par le flot de leurs désirs croisés. Cette chaleur communicative commença à agir sur la concentration de Maeve : un serrement au creux de son ventre puis plus bas, tandis que sa respiration s’accélérait, que le sang lui montait aux joues, que..

D’un claquement de doigts, Fabio rompit le lien unissant la commandante au couple. Elle cligna des yeux, revenant à la réalité de la pièce, vide de tout occupant pour le temps de la séance. Son maitre ne put cacher un certain amusement :
C’est une des caractéristiques des Mentaux « sauvages ». Si leur force de pénétration des esprits peut être parfois impressionnante, leurs défenses sont souvent très faibles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont dangereux : imaginez qu’ils passent à côté d’une bagarre ou d’un braquage, ils vont se sentir des pulsions incontrôlables.
Ou dans une simple allée au printemps quand les couples s’embrassent, compléta Onawane. J’ai déjà eu cette sensation quelques fois, mais je n’avais pas fait le lien.
Augmenter ses perceptions entraine automatiquement un afflux plus important, nous allons devoir trav...
Il s’arrêta brusquement, le regard dans le vide. La commandante du transporteur ne comprit pas immédiatement puis ressentit soudain ce qui avait attiré l’attention de Fabio :
Deux officiers accourent. Ils sont extrêmement inquiets. Une... une alerte dans toute la Flotte ? Une... guerre !
La séance est terminée. Nous allons tous deux être très occupés dans les prochaines heures, j’en ai peur.
L’Empereur-Dieu contacta Fabio, sans préambule : il devait d’urgence rejoindre une corvette qui l’attendait déjà au spatioport, il représenterait leur première et dernière ligne de défense.
Découvrir de l’inquiétude chez un avatar de Godheim ne rassurait en rien.

« Tristo, je veux un bilan de toute l’infrastructure des communications internes et externes. Les brouillages psychiques sont-ils enfin opérationnels ? »
Alors que Sterling-Price donnait ses ordres, on lui signala que la réunion urgente du Conseil des commandants débutait. Il enfila ses oreillettes et entendit monter la voix d’Arlington :
... naissons pas exactement, la situation politique du Cercle de Khabit semble avoir changé. Ce sont les loups argentés au pouvoir désormais et ils sont décidés à terminer ce qu’ils ont commencé. Une attaque en règle a eu lieu contre plusieurs appareils de Ragnvald, nous sommes clairement les suivants. Voilà pour ce que je sais. À vous, Décembre.
Merci, Colonel... ... vous avez tous déjà reçu les coordonnées de notre prochaine rencontre. Normalement, les... ... nouveaux moteurs vont nous permettre de rejoindre le point précis en une semaine environ. Il s’agit d’un endroit hors de Khabit... ... abrité derrière un nuage de gaz stellaire. L’activité électrique locale nous cachera d’éventuelles recherches. Je... ... je vous renouvèle les ordres une dernière fois : aucune communication durant la traversée et alerte permanente (si les pirates ont pu intercepter un transporteur en pleine Transition, on ne sait que... ... que penser de nos adversaires actuels).
J’ajoute, compléta Arlington, que nous devons protéger les Exodés et ce fameux Faiseur qui semble intéresser tant de monde. Il peut être dans n’importe lequel de nos appareils. Colonelle Onawane, des informations sur ce sujet ?
Aucune, non, nous n’en parlons pas, répondit Maeve. Par contre, je réprouve à abandonner Fabio Ouli sur une corvette de Ragnvald. Nous partons tous, je ne vois pas la raison de le laisser derrière.
C’est que.. ... Transporteur 1 n’est pas encore prêt, lâcha Décembre, un peu dépité. Ragnvald va nous déployer un portail, mais cela va prendre plusieurs minutes et...
Au même instant, l’alerte monta d’un cran dans la salle de commandement de Sterling-Price et probablement chez tous les autres. Plusieurs flashs, une vingtaine, laissaient place à autant de croiseurs nalcoēhuals qui ouvrirent immédiatement le feu. Les salves s’écrasèrent toutes sur les boucliers des corvettes et des transporteurs. La technologie de Ragnvald nouvellement installée tenait bon et la contrattaque débuta.
Décembre hurla dans l’oreillette :
« ALLEZ-VOUS-EN TOUS, C’EST UN ORDRE ! RENDEZ-VOUS AU POINT DE RALLIEMENT ! »
Les appareils de Junta et d’Onawane s’élancèrent en Transition dans un éclair. Celui de Benkana projeta une dernière bordée qui endommagea un des croiseurs nalcoēhuals puis disparut pareillement. Sterling-Price serra les dents :
Bonne chance, Général Décembre.
ARLINGTON ET PRICE, DÉGAGEZ, BORDEL !
Bonne chance également, Général Décembre, crépita la voix de Momumba dans l’écouteur.
Sur un signe à leurs navigateurs, les deux colonels donnèrent l’ordre simultanément. Les gigantesques masses d’acier s’évanouirent à leur tour dans un éclair alors que plusieurs salves ennemies traversaient un espace désormais vide. La plupart des appareils de Ragnvald vinrent se placer en protection de Transporteur 1, tandis qu’une autre partie se retira à quelque distance, adoptant une formation en cercle. Enfin, au-dessus de la scène, trois corvettes restaient immobiles, observant le déroulement.
À leur bord, Fabio et l’avatar de Godheim se préparaient. Ce dernier conversait avec Décembre :
Quatre minutes seront nécessaires pour l’ouverture du tunnel. Mais faites attention, une seconde vague arrive, nous serons submergés par les assaillants dès leur arrivée.
Le cercle est notre priorité donc. Envoyez vos appareils protéger le passage, nous concentrerons le feu ennemi ici pendant ce temps.
Une explosion illumina un instant la scène : la destruction d’un des croiseurs nalcoēhuals qui avait eu la mauvaise idée de rompre la formation. Godheim n’ignorait pas qu’il avait perdu deux corvettes dans l’opération, mais il estimait que l’impact psychologique pourrait jouer en leur faveur. D’autant qu’il allait maintenant abattre sa carte maitresse.
C’est une bonne stratégie, Général. Khabit vous veut et laissera tranquille ce qui se passera au loin, si nous leur fournissons une diversion de nature à les occuper.
Mhmm, vous avez ça... ... Allo ?
Une salve suivie d’une explosion fit trembler Transporteur 1, qui riposta par un jet de trois missiles dont deux meurtrirent sévèrement leur cible. Gandhi répondit simplement :
« Oui, Général, nous avons cela » et il coupa la communication en se tournant vers Fabio.
Celui-ci esquissa un sourire, se contentant d’un :
« Prêt. »

FIN DU CHAPITRE 25

SOUTENEZ REDUNIVERSE ! - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: Coupie, JMJ, iGerard, Acteurs : Tristan: narration, DrWolf (Arlington), Icaryon (Gandhi), Ranne (Melba), Elioza (Azala), Istria (onawan), My-ëve(Fabio), Raoulito (sterling-price+decembre) Derush/montage: Miiop/Mik180, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

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RedU T1 Ch25 Ep13

episode344.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 13 " Largage "

Stuffy manqua d’en lâcher son thé.
Déjà ? Je pensais devoir attendre une à deux bonnes semaines encore ?
Plus maintenant. On travaille à améliorer en permanence les durées d’incubation. Mon équipe a obtenu une réduction de l’ordre de dix pour cent en modifiant la composition du liquide de maturation, vous allez être le premier à en profiter.
L’agent mental vida sa tasse d’un trait, malgré la température du breuvage. Le corps en déliquescence qu’il habitait ne réagissait de toute façon plus à de nombreux stimulus. QuartMac leva la main pour ralentir les ardeurs de son vis à vis :
Attention, je ne peux vous garantir le résultat à long terme. On sait, à la suite de tests en culture, que les cellules devraient tenir environ la bonne durée, mais rien ne vaut l’expérience in vivo et là, tout est toujours possible.
Franchement, je m’en moque, balaya Stuffy d’un revers du bras. Retrouver mon corps normal — ou presque — et oublier ces satanées douleurs, ça mérite quelques risques.
À votre guise...
Le professeur but quelques gorgées de thé et reposa la soucoupe posément. Il ne semblait pas pressé, voire ne donnait pas l’impression d’avoir épuisé les sujets de cette réunion impromptue.
« Dites-moi, commença-t-il sur un ton presque détaché, que pensez-vous de nos ordres ? J’entends par là, la destruction de l’Exode et la colonisation de cette partie de l’univers ? »
Stuffy écarta immédiatement ses rêves de nouveau corps sans douleur pour revenir à la dure réalité. QuartMac avait-il eu vent de quelque chose ? Rien d’impossible avec lui, même si l’agent ne voyait pas comment. Quand les voix mentales n’étaient pas utilisées, on passait par des canaux cryptés à clé unique, peu ouverts à l’interception ou au déchiffrage. Son attitude aurait-elle pu le trahir ? Stuffy était suffisamment expérimenté pour dissimuler ses sentiments quotidiennement, alors quel était ce piège grossier que le vieux savant lui tendait ? Il botta en touche :
Je ne mentirai pas : je doute de l’intérêt... tactique de neutraliser l’Exode. À long terme, on risque de créer une légende plus dangereuse encore qu’une colonie sur Antarès IV. Ceci étant dit, je suis un agent mental : en tant que tel, je sais où est mon devoir et je suivrai la mission, comme Ralato et Poféus me l’ont ordonné.
Mhmm... marmonna l’autre, jaugeant chaque mot prononcé. Je connais Ralato comme un fils, il fut une époque où il aurait effectivement donné cet ordre de destruction sans sourciller. Mais il a changé, votre « cohabitation » a duré suffisamment longtemps pour que certaines de vos idées infusent en lui.
... et inversement, compléta Stuffy.
Certes, l’agent mental Stuff MacDone n’avait jamais fait de sentiment quand il jugeait la violence nécessaire, mais il reconnaissait que, depuis sa fusion avec Ralato Ouli, il se comportait différent. Dans certaines circonstances, ses réactions étaient plus sèches, privilégiant la froide logique à la compassion. Il en avait conscience, mais l’acceptait : cela ne remettait aucunement en cause ses idéaux, juste appliquait-il plus sévèrement ses propres principes.
Aurait-il, par le passé, tenté de raisonner QuartMac au risque de se découvrir que, désormais, il optait d’instinct pour la mutinerie ?
Hors de question, donc, de dévoiler son jeu.
Je vois les choses différemment d’il y a... on dira une grosse année. Ma présence ici le cautionne, non ? Vous êtes le dépositaire ultime de la mission et je ne suis qu’un observateur... en train de me décomposer doucement.
Hé oui, nous allons vite corriger cela. Il n’empêche, en tant qu’observateur, que penseriez-vous si je vous annonçais que l’anéantissement de l’Exode était ajourné ?
J’en demanderais la raison, lâcha simplement Stuffy.
Il n’osait croire à une si soudaine bonne nouvelle. Soit le bonhomme était en train de le tester, soit il l’avait démasqué. QuartMac lui répondit tranquillement :
« Les ordres d’origine sont contradictoires. Nous devons détruire les transporteurs, mais épargner Fabio. Nous ignorons s’il est encore avec eux et dans quel appareil. Notre dernière rencontre n’a pas été joyeuse (il m’avait brisé les jambes), mais vous voyez à quel épisode je fais allusion... »
Oui, celui qui avait partagé les pensées de Ralato, alors que son frère le « pilotait » à une distance fantastique, ne pouvait oublier ce moment. Il hocha la tête, laissant le professeur poursuivre.
« Bref, il peut se retourner contre nous et j’ignore l’étendue actuelle de ses pouvoirs. Ensuite, nous devrons coloniser ce nouvel univers. Mais, soyons honnêtes, que savons-nous des dangers qui nous menacent ? Rien ou presque alors que ceux de l’Exode sont mieux renseignés. Je suis certain que vous avez eu vent de la découverte du groupe des éclaireurs, n’est-ce pas ? Vous avez vos informateurs parmi les autres Mentaux de la flotte. »
Ce n’était pas une question, Stuffy se contenta de hocher une nouvelle fois de la tête. Le raisonnement d’ensemble de QuartMac ne manquait pas de logique.
« Voici donc mon plan. Ils partagent leurs connaissances et leur expérience, ils s’installent sur Antarès IV et n’en bougent plus. En échange, je leur offre une franchise d’un siècle renouvelable sur la planète et la jouissance d’un port spatial majeur pour toutes les forces de colonisation. Si MaterOne a pu tolérer un endroit du genre de la station Piñata el grande, je ne vois pas qui cela gênerait d’avoir une zone franche sur Antarès.
Qu’en pensez-vous ? Reconnaissez que je joue cartes sur table avec vous. »
Effectivement, le plan semblait pragmatique, voire couvert de bons sentiments. Mais Stuffy préféra la prudence, un sanglier-hyène ne devient pas une mouette-mouton, en tous cas pas si vite.
Je ne suis qu’observateur. Si vous envoyez votre demande au chancelier, je m’engage à la soutenir. Attention cependant, je n’imagine pas Poféus changer d’avis si facilement.
Si mes craintes concernant vos collègues « Stuffy » s’avèrent exactes, je crois au contraire qu’il n’en aura cure.
Quelles craintes ? interrogea Stuffy, surpris.
Le vieux prof sourit mystérieusement, termina sa tasse de thé et se leva de son siège.
« Tout juste tiède, il est temps de s’occuper de votre nouveau corps. Venez, honnête et brave ami de Ralato, je vous expliquerai en chemin. »
Durant les minutes qui suivirent, pendant l’attente d’un ascenseur interne desservant le laboratoire de chimie cellulaire, QuartMac relata les résultats de ses expériences et intuitions au sujet de la stabilité du cerveau non mature des chimères. Plus malléables, elles risquaient une transmutation de la psyché profonde de l’utilisateur, le faisant « devenir » ce que son environnement attendrait de lui. Stuffy se demanda s’il était concerné, il s’en ouvrit au savant devant la cuve où baignait son futur corps.
« Oui, bien entendu. Mais reconnaissez qu’entre une plongée chez les Mutualistes ou les Triades souriantes et la poursuite de votre vie dans les Forces mentales, il y a un gouffre. C’est cette différence que je suppose... toxique pour l’esprit de vos collègues. 
Allongez-vous ici, s’il vous plait. Vous connaissez le processus, il est identique à celui que vous avez expérimenté dans mon laboratoire de Palaos Verde. »
L’agent mental s’exécuta.
Juste avant qu’il ne s’endorme sous l’effet de l’anesthésiant, le vieux savant lui glissa à l’oreille :
« Je vous envie. Je n’ai jamais osé me réincarner dans un corps jeune. Je testerai peut-être la prochaine fois. Bonne nuit… »
Et Stuffy s’enfonça dans les limbes de l’inconscience.

*

Lorsqu’il ouvrit les yeux, une étrange impression de froid le traversa. Il était enfermé dans une sorte de sarcophage où régnait une réelle fraicheur. Malgré l’obscurité, il pouvait éprouver sa nouvelle anatomie, la force contenue dans ses muscles et l’absence totale d’une quelconque douleur quand il bougeait. Même ses sens réagissaient plus vivement et de manière plus aiguisée. Pas de doute, il avait enfin réintégré sa physionomie d’origine.
Il donna un coup de pied dans le bas de la paroi, mais le son mat qui remonta jusqu’à lui indiquait une épaisseur anormale pour un caisson de compression. D’ailleurs, à bien y réfléchir, il n’avait pas connu cette d’étape la dernière fois... pourquoi ?
Du bout des doigts, il parcourut la cloison, autant que le faible espace le lui permit, et eut la surprise de découvrir des commandes à portée de ses mains. Ce genre d’instruments n’avaient pas de raison de se trouver dans...
Soudain, il comprit, reconnaissant la configuration des touches. Il compulsa frénétiquement pour activer l’ordinateur de bord et l’écran face à ses yeux s’illumina… diffusant automatiquement un message préenregistré du professeur QuartMac.
« Agent MacDone, vous venez d’allumer les systèmes de la capsule de survie : je vous ai fait éjecter de la flotte pour trahison et tentative de mutinerie. Les Mentaux n’ont guère de secrets pour moi, j’ai écrit ou participé à la rédaction de la plupart de vos manuels ! Le nouveau Ralato fait preuve de compassion, vous êtes identique. Pas la peine de chercher bien loin votre vrai objectif à tous deux et je refuse de prendre le moindre risque pour la suite : je ne vous veux plus dans ma flotte.
Je ne vous ai pas tout dit lors de notre petite conversation. Voyez-vous, je n’ai jamais ignoré les effets délétères des corps non matures et, lorsque j’ai annoncé à Poféus et Ralato ce qu’il en était, je savais le processus irréversible. Ils ont donc affaire à vos doubles en plus retors, bien plus acerbes... Vous, mais version « de l’autre bord ». Cela me laissera le temps pour assoir ma présence ici et éliminer toute interférence dans ma tache de gouverneur, validée par le chancelier en personne, je vous le rappelle.
J’ai effectivement de grandes ambitions pour Antarès IV, mais l’Exode n’en fait malheureusement pas partie. Quant à Fabio, s’il me pose problème, j’ai plusieurs cartes à jouer pour le neutraliser au besoin.
Revenons à vous : vous devriez avoir des réserves d’air et le nécessaire pour tenir quelques semaines, il était compliqué de les enlever d’une capsule de sauvetage sans éveiller l’attention. Je regrette par avance votre future agonie, au pire pourrez-vous toujours abréger vos souffrances en ouvrant manuellement la cloison.
Adieu agent Stuff MacDone. »

Perdu dans le vide, le hurlement de Stuffy resta ignoré de tous.


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RedU T1 Ch25 Ep12

episode343.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 12 " Chimère "

Le rapport tomba sur le téléscripteur de Stuffy, confirmant la traversée de la Passe de Magellone par le dernier appareil. La flotte était enfin complète et aucun dommage ou avarie n’était à signaler.
Mille croiseurs lourds, équipés de déflecteurs magnétiques et de coques renforcées par des alliages derniers cris... Mille machines de guerre emportant pour certaines des prototypes du fameux « canon psychique » mis au point par QuartMac et pilotées par quelque trente-mille Mentaux et autant de supplétifs... Mille spores de l’humanité « officielle », celle de MaterOne, venu essaimer une nouvelle portion de l’univers et — surtout — anéantir, dans un gigantesque holocauste, une population somme toute réduite de possibles opposants.
D’autant plus réduite qu’un rapport, sur canal crypté, du jeune capitaine Viggi laissait suggérer un voyage de l’Exode particulièrement mouvementé. En tête du groupe restreint de croiseurs partis en éclaireurs, leurs senseurs les avaient alertés sur certaines traces caractéristiques de positrons. Au moins un Compresseur de Transition, ces moteurs capables de propulser les vaisseaux au travers des dimensions pour condenser le temps des traversées galactiques, s’était effondré sur lui-même. Sur place, le nombre de carcasses d’engins de toutes sortes, de débris et de cadavres flottants sur une étendue relativement importante laissait à penser une bataille spatiale d’ampleur. Les premières analyses précisaient deux points : l’Exode avait souffert et les attaquants étaient des pirates installés dans une base camouflée en astéroïde. Il ne subsistait d’ailleurs de celui-ci qu’un nuage épars de pierres, de poussières et de tôles brulées : quoiqu’il se soit passé là-bas, cela avait été très violent. Jusqu’à preuve du contraire, on pouvait raisonnablement penser que les exodés avaient continué leur chemin après cette épreuve.
Plus intrigant, s’il en était possible, l’ordre direct du professeur QuartMac, commandant en chef de la flotte, de tenir ces informations sous le seau du secret le plus absolu. Stuffy pariait qu’il voulait éviter toute poussée de compassion à l’intérieur des équipages mentaux. Preuve qu’il comptait bien poursuivre sa mission jusqu’au bout.
Officiellement, Stuffy n’était que « consultant » dans ce grand voyage. En réalité, il représentait le ministre de la Sécurité, Ralato, et servait de caution vis-à-vis des hommes en tant que Mental expérimenté et respecté. La longue carrière de Stuff MacDone, de son vrai nom, lui avait permis d’établir une réputation d’acier au bureau des Forces mentales, suffisamment pour que sa légende infuse même l’Université mentale, berçant les nouvelles promotions d’idéalisme et d’aventures.
Le capitaine Viggi n’était pas le seul à lui vouer une réelle admiration, mais c’était le plus haut gradé de ses sympathisants et l’un des officiers les plus prometteurs des Forces mentales. Cela comptait dans le plan de Stuffy.
Message psychique relayé par les amplificateurs : « L’agent MacDone est demandé dans le bureau du commandant. »
Quartmac voulait le voir ? Ce n’était pas particulièrement exceptionnel, mais d’ordinaire leurs réunions étaient planifiées.
Il grimaça en appuyant sur le contacteur qui ouvrait le sas de ses quartiers. Ses articulations semblaient se réduire en miettes à grande vitesse, raidissant douloureusement chaque jour un peu plus. Des élancements inconnus lui parcouraient le corps, indices d’un vieillissement accéléré de la chimère biologique lui servant de réceptacle. Serrant les dents, il se lança dans la marche d’une centaine de mètres qui le conduirait à sa destination, souffrant plus ou moins à chaque pas.
Pour déjouer une tentative de coup d’État d’un intriguant au Conseil de la Révolution, dénommé Monsieur Heir, Ralato et Stuffy avaient imaginé un plan assez retord. Pour résumer, ce dernier devait se multiplier en copiant son esprit dans plusieurs réceptacles proches de la maturité que le professeur QuartMac se réservait, pendant que Ralato occupait leur ennemi. En échange de sa survie, le savant n’avait pas rechigné et offert sa technique et ses corps de substitution. Leur plan se révéla un succès : Monsieur Heir mordit la poussière, les Mutualistes et les Souriants tombèrent sous la coupe des Forces mentales et le Contramiral Poféus devint le nouveau Chancelier suprême. Quatre Stuffy se promenaient désormais dans des formes de petits vieux, partageant la voix et l’apparence physique de QuartMac... mais les chimères n’allaient pas mettre longtemps avant de montrer leur fragilité.
Stuffy bifurqua à la cafétéria, se commandant une boisson chaude. Le temps que le liquide remplisse le gobelet, il souffla intérieurement. Aucun des quelques Mentaux présents dans la pièce ne devait entrevoir une quelconque faiblesse : nous étions trop loin de tout et ses objectifs n’autorisaient aucun flottement de son aura. Car il était bel et bien déterminé à empêcher le massacre de trois-millions de personnes quitte, pour cela, à se dresser face au professeur.
Quelques minutes plus tard, il se présenta devant le sas du bureau de commandement, à quelques pas du centre de pilotage. La voix monta de derrière la cloison, preuve que le savant surveillait ses caméras.
« Entrez, Stuffy, venez prenez place. »
Le Mental salua et s’installa sans doute un peu trop lourdement dans le fauteuil offert. Le vieux savant l’observait, un quelque chose de vicieux dans le regard.
C’est très douloureux, n’est-ce pas ?
Oui, prof, répondit l’autre en essayant d’esquisser un sourire. Là-dessus, vous m’aviez prévenu, mais je ne m’y attendais pas aussi vite. C’est de la mauvaise camelote vos chimères, dites donc !
Hé, hé... détrompez-vous agent Stuffy, c’est le top de la qualité ! Mais il aurait fallu les laisser murir encore un bon mois dans l’incubateur pour quelles soient à leur résistance optimale.
Il se leva, contournant son petit bureau et vint s’installer sur le siège face à son vis à vis. Il poursuivit :
De toute façon, ces corps n’ont jamais été prévus pour de l’endurance. La capacité des Mutualistes à se sacrifier si facilement venait aussi de là : leur durée de vie dépasse rarement une grosse année dans les meilleures conditions avant de devoir se retransférer.
... moi, c’était les jambes et les doigts. Et vous ?
Je peux juste dire que le haut des épaules ne me fait pas trop souffrir.
Mhmm... un thé après votre café ? demanda le savant en quittant son fauteuil pour s’approcher d’un petit recoin où était branchée une bouilloire.
Stuffy sourit, brandissant son gobelet vide.
Si vous le proposez. Le chaud, ça diminue mes aigreurs d’estomac... il n’y a pas que les os qui trinquent. Ce corps que vous avez là, il est différent du mien ?
Non. Enfin si : il est plus mature, donc tiendra encore quatre ou cinq mois. Mais justement... attendez, je verse...
Stuffy entendit les deux tasses se remplir d’eau bouillante. Le doux parfum du baob-fraisier précéda le savant et ses deux soucoupes.
« J’ai mis un sucre, précisa-t-il, ça devrait vous plaire. »
Après quelques gorgées, Stuffy ne put que reconnaitre le bienfait émanant de son estomac. Il s’en étonna auprès du professeur et l’autre s’en amusa :
Cela fait des années et des années que je souffre. D’abord le cancer, ensuite les chimères. Alors qu’il parlait, son regard se perdit dans les volutes.
Je suis un scientifique et j’ai appris à tester les différentes essences autant que les molécules sur mes multiples enveloppes… et mes multiples douleurs. Le Baob-fraisier est un analgésique naturel, donc sans danger.
Vous auriez pu me le dire plus tôt, s’insurgea le Mental, j’en aurais rempli une valise.
J’ai mieux à vous proposer : votre nouveau corps est prêt pour le transfert.


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RedU T1 Ch25 Ep11

episode342.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 11 " AllocutionS (3)"

L’hologramme d’une petite pièce de métal à demi fondue brilla au-dessus de la salle. Elle était finement usinée, à peine de la taille d’un ongle et certaines vagues de couleur prouvaient qu’elle avait été soumise à un environnement extrêmement chaud. Gandhi se tourna vers Melba et Azala.
Mesdames, je regrette de vous annoncer que nous sommes tombés dans un traquenard. Préparez-vous à protéger la princesse, Madame Melba, je me charge de vous ouvrir la voie et de les occuper. Une corvette est en route pour vous récupérer dans dix-sept minutes exactement sur le toit du parlement.
À mon signal...
Cette petite chose a été retrouvée au plafond de ma résidence, expliqua Loxa d’une voix soudain teintée de vice. C’est pratiquement à la verticale de là où se tenait mon assaillant, un être capable de prendre plusieurs apparences, comme celle d’un Huitlalcoh... ou... moi-même. D’après nos spécialistes, il s’agit d’un morceau pouvant prendre place dans un cerveau électronique, c’est une technologie très avancée. La masse atomique du métal utilisé pour concevoir ceci est bien trop élevée pour se trouver à l’état naturel. En fait, il ne serait possible de la produire (en faibles quantités) que dans des accélérateurs de particules consommant l’énergie de plusieurs soleils ou de la récupérer au fond d’un trou noir...
En résumé, et je tiens à votre disposition le rapport complet d’expertise, cet objet ne peut pas avoir été fabriqué par nous, ni probablement par la technologie humaine. Par contre, dans l’empire de Ragnvald...
Les visages de centaines de parlementaires se tournaient vers Gandhi quand celui-ci lâcha :
« Maintenant ! »
Simultanément, toutes les lumières et l’hologramme central s’éteignirent, ainsi que l’image de nombreux députés qui suivaient la séance à distance. Ne subsistaient plus que les panneaux rouges d’urgence.
Melba bondit. D’un croc-en-jambe, elle fit tomber le soldat le plus proche et s’empara de son arme. Telle une danseuse de ballet, vive comme l’éclair, elle virevolta, assénant une pluie de coups précis qui envoyèrent gardes et greffiers au tapis. Elle se relevait à peine essoufflée et tentait d’entrainer Azala dans le petit couloir adjacent, quand un puissant rayon bleu la terrassa.

Melba s’effondra au sol, inerte.
« Ha, ha, ha ! Cette humaine a l’efficacité de dix de mes Nalcoēhuals ! Elle mériterait des félicitations ! »
Dans l’obscurité de l’espace réduit apparurent plusieurs points rouges au sommet de deux silhouettes humanoïdes massives dont les épaules touchaient les parois. Chaque mouvement produisait des murmures de profonds rouages internes tournants et vibrants et des reflets métalliques ondulaient au rythme des lumières de secours. Derrière eux, un Nalcoēhual claquait le talon de ses bottes luisantes à chaque pas. Dès que le trio pénétra dans la salle, Azala, qui maintenait le torse et la tête de Melba contre elle, entendit Ci’chi rugir dans son dos :
Amiral Huate ! Mais que se passe-t-il ? Je vous rappelle que vous n’êtes pas autorisé à amener des « CyberNals » dans cet hémicycle ! Greffiers, que l’on rallume la pièce !
Madame la parlementaire, répondit posément le gradé. Moi et mes soldats venons de contrer une tentative de déstabilisation du pouvoir nalcoēhual par l’Empereur-Dieu et ses alliés humains. Quant aux lumières...
Il claqua dans ses mains et les premières sphères d’éclairage se remirent à briller, rapidement suivies par les néons principaux. En moins d’une minute, l’obscurité s’évanouit de l’assemblée et les images des députés distants réapparurent à leur place comme si de rien n’était. Nouveauté : une cinquantaine de militaires armés quadrillaient la salle, assistés de plusieurs de ces exosquelettes de combats qu’ils nommaient « CyberNal ».
Loxa reprit la parole :
« Je réclame votre attention à tous ! Un attentat de l’Empereur-Dieu sur notre sol contre un représentant élu, une invasion humaine déguisée en migration soi-disant involontaire et, maintenant, cette odieuse tentative de fuite depuis l’enceinte du parlement.
Une fuite... loin des démonstrations de justice et d’humanité affichées jusqu’à maintenant...
Compte tenu de la situation alarmante que nous vivons ici et à nos frontières, je demande l’activation du protocole d’urgence. Les pouvoirs de police, de justice et toute décision relative à la sécurité de la république reviendront désormais aux forces militaires. Un comité de salut public sera désigné dans cette assemblée pour participer à leurs côtés à la défense de la nation. QUI VOTE AVEC MOI ? »
Quelques minutes plus tard, le compteur afficha rapidement les résultats :
POUR : 190 voix,
CONTRE : 180 voix,
ABSTENTION : 30 voix

Ci’chi bondit de son siège :
« Je réclame une commission pour juger de la légalité de... »
Elle n’alla pas plus loin, car plusieurs soldats l’entourèrent, menaçants. Huate claqua ses talons devant elle :
« Madame, j’ai le devoir de vous informer que vous êtes en état d’arrestation pour suspicion de trahison envers la nation. »
Il se retourna et leva le bras gauche dans un geste que les CyberNals qui patientaient devant le couloir semblaient attendre. Une multitude de microcanons surgirent de leur carapace d’acier et firent feu simultanément sur Gandhi. Sous les innombrables impacts, le corps de l’androïde se désagrégea en un désordre sanglant de chair synthétique et de métal.
Sous le choc, les petites lunettes d’écaille rebondirent jusqu’aux pieds d’Azala…

*

À portée d’un ultime saut de la planète mère, Artoc et un autre avatar de l’Empereur-Dieu recevaient le rapport des avaries. Un deuxième tir avait touché le système de survie de leur vaisseau et ils perdaient de l’oxygène. L’appareil nalcoēhual ennemi avait été détruit, au prix de trois corvettes et d’un état peu enviable de la dernière. Les frappes du croiseur avaient été précises, violentes. Il s’était révélé capable de bons multiples, technique connue de l’Empereur-Dieu, mais également de « déplacement d’Éther », une manière de glisser instantanément entre plusieurs positions. Les laboratoires de Ragnvald travaillaient sur cette technologie, mais il semblerait que ceux de Khabit les aient distancés.
Artoc se leva, respirant un peu plus difficilement.
« Votre Majesté... Je vais m’allonger pour économiser... l’air d’ici le prochain... bond. »
Il n’eut pas le temps d’atteindre sa couchette qu’un nouveau « flop » retentit face à eux. Un second prototype de croiseur ennemi venait d’apparaitre et il ouvrit immédiatement le feu.
Lorsque Godheim perdit le contact avec son avatar ainsi que les deux dernières corvettes, il n’eut guère d’espoir de retrouver des survivants dans la zone de l’attaque. La flotte qui se matérialisa, quelques trop longues minutes plus tard, ne put que compter les débris et les restes des pilotes, de l’avatar... et du fidèle Artoc.

*

Huate écrasa du talon quelques restes de Gandhi pour atteindre les marches de l’estrade. Il jeta un coup d’œil à Azala qui caressait la joue de son amie en train de reprendre ses esprits. Aux côtés de Loxa qui, cette fois, laissa aimablement la place, il se dressa de toute sa taille et prit la parole :
« Chers parlementaires, en tant que chef d’état-major de notre armée, je ferai tout mon possible pour mener à bien la mission que vous m’avez assignée.
Sachez qu’au moment ou je vous parle, une opération secrète conduite par nos unités d’élite vient de venger nos concitoyens décédés lors du lâche attentat survenu dans l’astéroïde de Pepapaltec. Un traitre nalcoēhual ayant épousé la cause de l’Empereur-Dieu avait permis à un de ses avatars de pénétrer dans la colonie. La mission a été couronnée de succès, la cible ayant été neutralisée définitivement.
Sans interruption et dans un silence de mort, l’amiral poursuivit son discours. Le ton de sa voix, peu coutumier d’une quelconque interruption, ne laissait pas de place à la discussion.
« J’ai également donné l’ordre à notre flotte de se placer en formation de combat et de réactiver l’opération Foudre et Cendres contre les appareils humains qui nous menacent à l’intérieur même de nos frontières. En ce qui concerne celle qui se prétendait ambassadrice, elle et son personnel seront détenus en résidence surveillée en attendant que nous statuions sur leur sort.
Enfin la Parlementaire Ci’chi ainsi qu’une liste de plusieurs élus et hauts fonctionnaires que je tiens à votre disposition, sont aux arrêts sous l’accusation de trahison. Comme nous sommes sous protocole d’urgence, ce sera à une cour martiale de siéger pour les juger et rendre la sentence.
Je rapporterai quotidiennement au futur comité de salut public l’avancée de nos opérations, mais je puis vous assurer, représentants de la république nalcoēhuale, que toute l’armée est mobilisée pour mettre en œuvre les décisions difficiles, mais nécessaires, à la survie de notre nation.
Merci à vous. »

Alors que l’amiral Huate descendait les marches, Azala aidait Melba à se redresser : cette énergie bleue l’avait véritablement brisée. Des bottes claquèrent derrière les deux femmes. La princesse se retourna pour voir Huate la dominer et lui ordonner dans un rictus :
« Madame la princesse, veuillez vous lever avec votre suivante. Nous allons vous conduire à votre cellule royale... »

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RedU T1 Ch25 Ep10

episode341.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 10 " AllocutionS (3)"

Azala reprit donc la parole depuis l’estrade.
« Nous voici donc tous réunis. Réfugiés d’hier et d’aujourd’hui, à converser pour savoir si nous devons nous soutenir ou nous haïr. Visiblement, que ce soit pour vous ou pour nous, il semble que les planètes vivables ne soient pas légions, au point que c’est par la technologie que Nalcoēhuals ou humains se sont construit la plupart de leurs foyers, hors... Veora.
Alors, messieurs-dames, élus de la nation nalcoēhuale, cœur de cette civilisation et fondement de votre démocratie, nous, Exodés, vous demandons votre aide. Montrez-nous comment concevoir un tel système politique, partagez votre expérience de la multitude de courants de pensée, guidez-nous dans cette voie. Nous n’avons connu que les pouvoirs forts et régaliens, l’heure est venue pour ceux dont nos ancêtres avaient fait leurs ennemis, de prouver combien ce choix fut injuste... que dis-je : abject !
La princesse laissa filer le silence quelques secondes. Ses mots marquaient, elle le sentait autant au visage des députés proches qu’aux tremblements de plus en plus énervés de Loxa.
Je vous prie en conséquence de m’accepter comme premier lien entre nos deux civilisations. Ce sera dans un but non pas d’expansion, mais de partage, d’égalité, de liberté et de... fraternité.
Nous nous plierons bien sûr à votre décision souveraine, quelle qu’elle soit. Je vous remercie de m’avoir écouté. »
Lançant un coup d’œil à Loxa qui fulminait, Azala se détourna de l’estrade et descendit les marches de l’escalier pour venir se placer aux côtés de Melba et Gandhi. Celui-ci lui glissa discrètement :
Il fut un peuple dans l’histoire de l’humanité qui avait fait sienne la devise de « liberté, égalité, fraternité ». Vos archives royales remontaient-elles donc jusque-là ?
La formule me plaisait et je n’attendais qu’un bon moment pour la réutiliser. La culture de ce peuple du passé pourra peut-être nous apprendre à vivre ensemble.
Qui sait, princesse ? Mais dans ce cas précis, croyez-moi, mieux valait ne pas être leur roi ou leur... princesse.
Je vous félicite, cela dit, pour votre discours, poursuivit-il en revenant à l’actualité. Vous avez su toucher l’orgueil de ce parlement, et réclamer son aide va grandement amoindrir l’effet des paroles de Loxa.
Madame, reculez un peu, s’il vous plait, intervint Melba. D’autres soldats sont apparus et, mis à part les huissiers, il y a trop de personnes en armes par ici pour que ce soit normal.
Elle a raison, murmura Gandhi, quelque chose d’inquiet (ou de curieux ?) dans la voix.
Melba se déplaça d’elle-même sur la droite d’Azala, à mi-chemin d’un des gardes nouvellement arrivés.

*

Penché sur le tableau de bord, Artoc défilait le compte-rendu automatique, tandis que le pilote testait différentes combinaisons de contacteurs. Le chef de la garde impériale se retourna vers son maitre, soucieux :
Votre Majesté, le rapport des avaries n’est pas bon.
Je le sais, Artoc. Je crois cependant que nous réussirons à faire un ultime saut. De toute façon, nous ne sommes désormais plus seuls.
Au même instant, plusieurs flashs de lumière éclairèrent l’espace autour d’eux : quatre corvettes de Ragnvald arrivaient en protection. Gandhi poursuivit :
« Cela devrait faire réfléchir notre assaillant. De plus, les appareils envoyés en reconnaissance aux stations relais remontent la piste jusqu’à nous. J’estime à plus de soixante-sept pour cent de chance de ne plus être dérangés par... »
Une sorte de « flop » retentit à quelques distances d’eux et immédiatement, les alertes rugirent dans tous les systèmes des vaisseaux présents.
Du fond de sa caverne, Godheim décrivit une courbe inhabituelle de tout son long corps de chair bionique. Mais qu’était-ce donc que ce nouvel ennemi ?
Les émissions de particules et autres subtiles radiations différaient sensiblement de celles des croiseurs nalcoēhuals standards, mais il en faisait indubitablement partie. La signature quantique de la pierre psychique entrant dans la composition de sa coque ne laissait aucun doute, précisant même que sa fabrication ne remontait pas à six mois.
Légèrement plus petit que les vaisseaux de guerre habituels, il possédait d’étranges structures effilées de plusieurs mètres formant une sorte d’étoile à six branches à l’arrière de l’engin. Aucune des bases de données de l’Empereur-Dieu ni aucun des rapports de surveillance ne faisaient état d’un tel croiseur.
Était-ce un prototype ?
De plusieurs ouvertures sur ses flancs, des salves fusèrent alors que les corvettes de Ragnvald partaient à l’assaut du nouvel arrivant.

*

« Mes amis parlementaires ! Mes amis, écoutez-moi ! »
Ci’chi reprenait la parole, profitant du flottement dans l’air et du blocage toujours actif du pupitre de Loxa.
« L’ambassadrice humaine nous demande notre aide, elle propose une forme d’alliance basée sur une similitude d’institutions. Nous pourrions envisager des systèmes de garde-fou pour que chaque partie puisse échanger régulièrement. Et, bien entendu, ils auront besoin d’un apport de matériel, de technologie... une coopération économique se profile ! Saurons-nous aller au-delà de nos préjugés, sans renier ce que nous sommes ou notre objectif ? »
La projection du centre de l’hémicycle se réactiva enfin tandis que Loxa coupait sèchement la parole à Ci’chi.
« ... qu’il ne faut pas croire tout ce que les démons du présent tentent de vous faire accepter ! L’humaine veut de l’aide ? Godheim nous aurait soutenus par le passé ? Ci’chi brandit même d’alléchants contrats économiques... alors, laissez-moi vous montrer ceci... »

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RedU T1 Ch25 Ep09

episode340.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 9 " AllocutionS (2)"

À bord de la corvette de Ragnvald, qui ramenait Artoc sur Monte-Circeo.
Votre Majesté, je sais que vous êtes tout et partout... mais depuis que j’ai le plaisir de vous servir, j’ai pu développer une sorte de... conviction, lorsque des soucis trop importants vous accaparent.
Si je peux vous apporter mon aide, n’hésitez jamais !
Mon brave Artoc, répondit simplement le Gandhi à ses côtés.
Le nalcoēhual reconnut cette sensibilité dans la voix artificielle, une émotion diffusant au travers de l’électronique, quelque chose… d’humain.
« Je suis votre obligé, Sire. » se contenta-t-il d’ajouter, tandis que la corvette effectuait un nouveau saut de Transition, légèrement plus rapide que d’accoutumée.
Quelle raison aurait-on d’accélérer ?

*

Parlement nalcoēhual.
« QUI SOMMES-NOUS ? Qui sont-ils ? Et, encore plus que cela, mes amis élus de la république, que désirons-nous devenir au plus profond des fibres de nos êtres ? »
Loxa, la civière flottante installée devant le pupitre précédemment occupé par l’avatar de Godheim, tenait un discours d’autant plus passionné que son état le rendait poignant.
« Suis-je la seule à penser que dans l’attente du jour où notre armée projettera enfin son ombre sur les plaines de Veora, nous devons nous sacrifier dans l’accomplissement de cet objectif ? Qu’il en allât de notre existence, de notre raison d’être ou, au moins, du respect de nos ancêtres ?
Ragnvald nous a aidés par le passé, parait-il. D’accord... même si aucune preuve ne soutient cette assertion, la géographie spatiale autorise à en tenir compte. Mais alors... plutôt que de nous imposer la proximité de cette race humaine abjecte, plutôt que de restreindre notre propre expansion, pourquoi l’Empereur-Dieu ne nous assisterait-il pas dans la reconquête ? »
Au pied de l’estrade, à quelques mètres du siège de Ci’chi qui suivait le discours, tétanisée, Azala, Melba et Gandhi attendaient. Les traducteurs automatiques effectuaient leur office, à partir de la synthèse vocale des pensées de Loxa, et la princesse sentait bien que quelque chose dans l’air respirait le coup politique. Pas besoin d’être une habituée des Nalcoēhuals pour analyser l’ambiance d’un hémicycle parlementaire. Ce fut Melba qui se pencha vers elle la première, chuchotant à son oreille :
Madame. Des soldats épaulent les greffiers aux entrées. Je n’aime pas ça : nous serions facilement encerclées et nous avons laissé toutes nos armes dans le croiseur.
Je vois... murmura Azala. Merci, mon amie, de toute façon nous ne sommes pas venus combattre, pas comme tu l’entends. Maitre Gandhi ? ajouta-t-elle sans hausser le ton.
Princesse ?
Les Nalcoēhuals communiquent par ondes mentales. Je suppose que l’on ne parle à voix haute que de manière secondaire... Comment pourrais-je prendre la parole ?
Vous ne le pouvez pas, répondit-il en souriant. Enfin, pas légalement. Ils ont des systèmes permettant aux signaux psychiques de se propager et ce sont les greffiers qui s’occupent de sélectionner l’orateur.
Allons, Maitre Gandhi, ne me dites pas que ce serait quelque chose d’insurmontable pour vous ? ajouta-t-elle, espiègle.
Laissez-moi quarante-trois secondes et quelques dixièmes...
Parasiter le fonctionnement des amplificateurs fut simple, les panneaux de contrôle traversaient dans la paroi derrière eux. La demande d’aide rapide à Fabio le Passeur pour se synchroniser avec les pensées de la princesse fut accueillie favorablement par celui-ci et, donc :
Dès que vous serez prête, le signal court-circuitera Loxa. Je vous conseille la prudence, ce genre d’action n’autorise pas de second essai, prévint l’Empereur-Dieu.
J’en suis consciente. Une dernière question : « Veora » serait-elle la planète MaterOne ?
...
Empereur-Dieu ?
En effet, Princesse. Veora était bel et bien « à eux », avant l’arrivée des humains. Nous n’avons pas encore trouvé... l’occasion d’en parler.
Nous l’aurions eu si vous l’aviez désiré. Mais c’était de toute façon inutile : les archives royales le sous-entendaient souvent ; merci donc pour la confirmation. Maintenant, préparez-vous...

*

Depuis sa grotte au cœur de Monte-Circeo, Godheim recevait les premières analyses de ses corvettes en patrouille. Des traces de Transition, mais d’une signature énergétique nouvelle. Quelque chose de plus fluide que la technologie nalcoēhuale œuvrait ici, quelque chose qui se déplaçait selon une trajectoire dont la destination devenait évidente.
Il prévint Artoc à bord de l’appareil les ramenant.
Mon fidèle ami, je crains que nous ne soyons suivis par quelque chose. Nous pourrons lui échapper à condition d’accélérer les périodes d’intersaut. Ce n’est cependant pas conseillé, tu le sais.
Si vous le jugez nécessaire, alors je l’accepte.
Bien... ah, trop tard !
Une salve détruisit l’étambot de la corvette, obstruant sa propulsion standard et ses réserves de carburant. Dans une ultime manœuvre d’évitement, Godheim réussit pourtant à activer la Transition et pousser l’appareil dans son avant-dernière étape avant la planète mère et ses redoutables défenses.

*
Parlement nalcoēhual.
... et j’ai encore plusieurs informations que je compte partager avec vous en temps et en heure pour étayer ma position, mes chers compagnons. Je vous demande cependant de faire bien attention : certains parmi nous cachent, sous des apparences de modération, une pure complicité que je me ferai fort de qualifier de trahison ! Et...
... et nous nous excusons !
La voix de la princesse prit soudain possession de tous les esprits, résonnant au travers de la salle comme dans les têtes. La stupeur se dépeint sur le visage de certains, la surprise sur d’autres. Gandhi traduisait à la volée tandis que les synthétiseurs exprimaient automatiquement les pensées d’Azala.
« Je viens représenter devant vous la race qui a chassé vos ancêtres de leur monde. Je suis la descendante directe du premier roi humain à la tête de MaterOne, la planète que vous connaissez sous le nom de Veora. Fille de Phoméus Archibald Magnam IV, arrière-arrière-petite-fille de Magnam I, je suis la Princesse Azala Lanik Magnam V.
Je... je ne suis pas capable de vous rendre votre terre natale. Je n’y ai plus aucune influence depuis qu’une révolution a balayé les restes d’un pouvoir corrompu pour le remplacer par un autre, dictatorial. Je doute d’ailleurs que celui-là vous soit favorable d’une manière quelconque.
Mes amis et moi-même, à bord de sept transporteurs que vos forces ont tenté de détruire, avons aussi été chassés de Veora. Le nouveau gouvernement nous avait donné le choix entre partir ou périr, à plus ou moins longue échéance, dans ses geôles. Alors, suivant vos traces sans le savoir, nous nous sommes élancés à bord de ces vieux engins désarmés pour traverser l’univers et rejoindre, de l’autre côté, une petite planète à peine habitable. C’est ainsi que nous avons découvert votre existence et tenté de prendre contact, car nous venions en paix. »
Sans hésiter, Azala gravit les marches de l’escalier une à une, soulevant sa robe du bout des doigts tandis que Melba bloquait sans ménagement le passage à quelques huissiers, affolés par cette entorse au protocole.
Lentement, la princesse se plaça face à Loxa. Les yeux nalcoēhuals étaient aussi expressifs que ceux des humains et, malgré la profusion de bandages, le regard haineux de la députée ne laissait aucun doute. De borborygmes et de tremblements, la chef extrémiste extériorisa par son corps ce que sa voix ne pouvait formuler, faute de muscles du visage viables ou de télépathie ouverte sur les autres. Elle tenta même de pousser la princesse hors de l’estrade en usant de son fauteuil flottant, mais celle-ci n’eut qu’à avancer sa longue et fine jambe pour bloquer l’engin.
Encore une chose que la « nouvelle » physiologie nalcoēhuale, trop tassée, n’autorisait qu’avec difficulté, contrairement à celle des humains.

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RedU T1 Ch25 Ep08

episode339.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 8 " AllocutionS "

Le Parlement nalcoēhual grouillait aujourd’hui d’une excitation toute nouvelle. Les élus échangeaient à voix haute tandis que l’espace psychique était empli de conversations que les amplificateurs soutenaient difficilement. Les quatre-cents parlementaires (présents physiquement ou mentalement) s’impatientaient dans l’attente de ce moment historique : la première rencontre de l’illustre assemblée avec un représentant humain depuis tant de cycles que l’on en disait le compte exact perdu. La présence de l’Empereur-Dieu de Ragnvald passait presque inaperçue à côté de la première annonce et pourtant ce serait lui qui introduirait la séance par son discours. Pas question pour Godheim d’utiliser cette fois la puissance du Passeur pour impressionner les élus, ce serait du plus mauvais effet.
L’hologramme géant du drapeau nalcoēhual emplit l’hémisphère signalant l’ouverture des débats. Un des huissiers lui fit signe et Gandhi, l’avatar petit-vieux de l’Empereur-Dieu, monta douloureusement jusqu’au pupitre les marches proportionnées à ce peuple. Il ne ressentait pas vraiment de douleur, mais la programmation de cet androïde incluait certains automatismes simulant la souffrance d’après les conditions de pression aux articulations. Cette apparence maligne, voire chétive, réduisait toujours les sentiments agressifs de ses interlocuteurs, enfin... chez les humains. Les Nalcoēhuals ne seraient pas aussi réceptifs à ce genre d’astuce, d’autant que les rumeurs captées par-ci par-là sur l’immense toile de l’Empereur-Dieu confirmaient les dires de la parlementaire Ci’chi. Loxa avait survécu et son bilan prêtait à l’optimisme. Elle avait reconnu la main de Godheim dans l’attentat de Pepapaltec et cette politicienne enragée risquait de rapidement poser des problèmes.
Obligation était donc faite à la princesse Azala et à lui-même de faire bonne impression.
« Hum... Représentants de la glorieuse nation nalcoēhuale, c’est pour moi un honneur infini que d’être autorisé à m’exprimer officiellement devant cette assemblée. Le simple fait que vous m’ayez ouvert ce droit me pousse à croire que quelque chose est en train de changer, quelque chose que je vois comme bien et encourageant. »
Petite pause. Le silence de l’hémicycle en devenait presque assourdissant, au niveau des meilleurs cérémonials en son nom dans l’empire, se dit Godheim.
L’Empereur-Dieu se plaisait à présenter sa personne comme divine, il s’appuyait pour cela (entre autres) sur le réseau d’informations le plus dense de l’univers connu. C’était une profusion de stations-relais, de censeurs, d’intelligence artificielle dissimulée même dans les boutons de porte qui se croisaient le long d’immenses tunnels de transmission quantiques. Multiplexées, regroupées puis triées, elles aboutissaient au cœur de la planète Monte-Circeo, centre de l’empire, dans la spectaculaire caverne où se dressait la statue phallique vivante du cyborg nommé Godheim. Alors qu’il pilotait son avatar devant le parlement nalcoēhual, il échangeait avec son fidèle Artoc dans la corvette bientôt de retour ; mais il surveillait également la distribution de nourriture dans les cantines communales de plusieurs colonies et modifiait la composition des patrouilles à la périphérie de Ragnvald. Tout cela simultanément, bien entendu.
Sur Ti’ltchiti, il reprit la parole.
« Certains murmurent que je serais une sorte de dictateur qui tendrait des pièges dissimulés dans d’autres pièges à mes voisins, dont vous êtes. Ces mêmes personnes semblent me prêter de mesquines volontés expansionnistes contre la République nalcoēhuale et le Cercle de Khabit...
Que cela est mal connaitre la morale inhérente à Ragnvald ! Que cela est oublier qu’il y a trois-cent-vingt-quatre cycles et douze décades, JE vous ai aidé à franchir ce qui était DÉJÀ l’Empire de Ragnvald, allant jusqu’à prêter assistance à vos blessés et vous fournir nourriture et protection après vos traversées épiques de la Passe de Magellone.
Demandez donc à vos archives, vos traditions orales ou, simplement, à vos anciens... tels que la parlementaire Ci’chi ici présente, qui soutient le principe de l’évènement que nous vivons actuellement.
Mon intervention en ce lieu est, à mes yeux et j’espère aux vôtres, un gage de nature divine à votre jeune république. Je vous reconnais, je vous respecte et je veux que vous prospériez dans le respect de tous : vous, moi... et nos nouveaux voisins ! »
Un brouhaha s’éleva alors que Gandhi ponctuait ces derniers mots, entrainant l’émission d’un « dong ! » psycho-sonore depuis l’hologramme du drapeau : on réclamait un retour au calme. Les Nalcoēhuals avaient du mal avec la notion de partage. Leur installation dans cette zone inhospitalière avait été longue et rude et l’on pouvait comprendre que la proximité de nouvelles races leur soit difficile à accepter. Mais il venait d’en ouvrir la voie et s’était mis en retrait ; la charge revenait maintenant à la jeune princesse de prouver sa capacité à se faire une place.

Dans sa caverne sur Monte Circeo, Godheim étudiait également les dernières informations en provenance de ses espions et sondes implantés dans l’espace humain. Les nouvelles arrivaient en fréquences régulières avec un décalage de quelques semaines, compte tenu de la traversée de la passe. Pour l’instant, rien d’intéressant à signaler. En fait, c’était d’abord la Flotte mentale qu’il surveillait avec attention. Elle venait de franchir Magellone et faisait route vers Antarès IV (destination de l’Exode), sans se douter que ce chemin croiserait les lignes nalcoēhuales. Et ils allaient vite, aussi vite que les rapports de ces dernières années l’avaient prévu.
Soudain, une trentaine de stations d’écoute disposées avec régularité le long d’une voie discrète entre Ragnvald et Khabit stoppèrent toute émission. Il mesura un décalage d’une virgule vingt-sept secondes entre chaque arrêt, dévoilant la progression de quelque chose. Godheim ordonna immédiatement à plusieurs corvettes proches de cette zone de se rendre sur place. Une tempête électromagnétique pouvait avoir entrainé cet incident, mais aucun autre écho hors de cette région ne lui était parvenu. Étrange.

« ... et c’est ainsi que j’ai préféré non pas poursuivre le statuquo, mais simplement montrer à deux peuples que le dialogue prévaut toujours en première instance. Et c’est dans ce but que je me suis présenté humblement devant vous... accompagné de celle que vous attendez certainement avec impatience. »
Nouveau brouhaha, cette fois plus sourd, plus révérencieux. Une civière flottante, inclinée vers l’avant, pénétrait en flottant dans l’hémicycle, par l’entrée principale réservée aux élus. Un grand tableau lumineux annonça la retardataire : « Député Loxa, Extrême haut ».
Du fond de sa caverne, l’Empereur-Dieu grommela tout seul, mais son avatar ne se décontenança pas.
Je me permets donc de céder la place à celle qu’il serait juste de considérer comme... le début d’une ère de prospérité mutuelle. Mesdames et messieurs les parlementaires, merci encore pour cette occasion qui, j’en suis sûr, ne sera que la première d’une longue nouvelle histoire commune.
Je réclame l’instauration d’un vote pour modifier l’ordre du jour !
Le message psychique avait fusé de tous les amplificateurs, en priorité, preuve qu’il était prévu au moins par les huissiers responsables des systèmes. Tous en reconnaissaient évidemment la voix, s’étant même préparés à l’entendre à un moment ou à un autre. Sur un des bancs du premier rang, Ci’chi se leva, adressant un regard plein de reproches à Loxa dont le corps bandé de toutes parts se dressait en haut de l’escalier central. Elle l’interpela psychiquement comme ce genre de situation le requérait :
Parlementaire Loxa, nous sommes heureux de voir que, malgré vos lourdes blessures, vous pouvez venir assister à cette séance. Cependant, et tout en respectant votre condition actuelle, je réclame à la présidence de sursoir à toute intervention avant la fin du programme tel qu’il a été accepté préalablement. Loxa aura tout loisir de...
Quand nous avez-vous trahis, Ci’chi ? la coupa la voix, sèchement. Mais que faisaient les huissiers assignés aux amplificateurs ?
Je ne vous permets pas de lancer de telles accusations, Loxa. Votre état semble incompatible avec une bonne tenue de nos...
Qui veut que je prenne la parole immédiatement et que nous votions avant que le perfide venin de Godheim, de Ci’chi et de cette... humaine ne se répande dans nos oreilles ?
LOXA ! VOUS DÉPASSEZ LES BORNES ! hurla mentalement Ci’chi, outrée par le comportement surréaliste de sa collègue. J’en appelle à la présidence pour interrompre le déplorable spectacle que nous donnons en ce moment à nos invités !

Les trois intelligences artificielles qui présidaient à la bonne tenue des séances de l’assemblée des élus nalcoēhuals ne semblaient rien trouver à redire à cette monopolisation parfaitement abusive du règlement... ajouté au comportement biaisé des greffiers, Ci’chi éprouvait la désagréable sensation qu’un complot ourdi à l’avance se déroulait en direct.
L’hologramme central se transforma alors pour le décompte des voix, stupéfiant la parlementaire.
Sous ses yeux ébahis, elle vit une écrasante majorité de l’assemblée se concentrer pour activer les votes.
« Mes... mes amis ? Mais par les dieux, que faites-vous ? »
Le compteur afficha rapidement les résultats :
POUR : 294 voix,
CONTRE : 102 voix,
ABSTENTION : 4 voix
La mention : « La modification de l’ordre du jour est acceptée. La parole est à la parlementaire Loxa », apparut sur toute la largeur de l’hémicycle, tandis qu’une voix automatique l’annonçait dans l’esprit de tous.
L’avatar de Godheim descendit lentement de son pupitre, rejoignant Azala et Melba qui saisissaient sans trop de difficultés que la situation évoluait très mal.

Quelque part entre les deux grandes civilisations de Ragnvald et de Khabit, plusieurs corvettes sortirent de Transition à quelques centaines de mètres des restes de trois transpondeurs. Sur les débris, d’évidentes brulures d’impacts ne laissaient aucun doute quant à l’origine de leur interruption d’émission.


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RedU T1 Ch25 Ep07

episode338.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 7 " Fantôme "

Poféus cligna des yeux, incapable de réagir.
Les yeux mi-clos, la capitaine Fakir l’observait en retour, une expression de gêne remplaçant progressivement l’extase. L’entrée de son intimité se resserrait et de petits mouvements involontaires des hanches montraient que le corps commençait à le rejeter.
« ... hem... Fakir, je... »
Ce n’est pas elle...
Il retira sa main, sans doute un peu trop vite, déclenchant un fugitif spasme de douleur sur le visage de la jeune femme.
« ... Excusez-moi, Capitaine, je dois y aller. R... restez là, »
marmonna-t-il en s’enfuyant littéralement. Ce n’est qu’en claquant la porte du salon privé qu’il se rendit compte de sa nudité. Fort heureusement, seul le majordome se trouvait dans l’étroit passage attenant à ces quartiers de la chancellerie, il fit signe à Poféus qu’il revenait immédiatement avec une tenue adéquate pour le maitre des lieux.
Que s’est-il passé ? Calande ?
La fraicheur de ce couloir ne faisait qu’amplifier la désagréable sensation de se sentir ainsi dans la plus pauvre des conditions humaines. Il chercha la chaleur de ses bras sur son torse, son sexe baveux pendouillant lamentablement sous un vieil abdomen ridé et enrobé de graisse. Faire quelques pas ne s’avéra pas une meilleure idée. Dans la lumière crue du jour, un des larges miroirs lui renvoya c…
Mais qu’attend cet idiot de majordome ?
Des doigts apparurent soudain sur son épaule, suivis d’une fine main féminine. Il la voyait dans le reflet de la glace, la sentait explorer lentement sa peau. Une seconde main se glissa à l’opposé, sur sa hanche droite ; des seins et un ventre plat et chaud se lovèrent enfin contre lui alors que l’image du visage bien connu de Calande Rorré se montra à sa gauche.
Tu te sens mieux comme cela ? demanda-t-elle simplement.
Calande... non, j’hallucine !
Oui, peut-être...
La paume sur sa droite descendit le long de son bassin et, d’un tour de main précis, emprisonna les testicules. Le regard gourmand de la jeune femme fit place à... autre chose.
« Et si je serrais, cela donnerait quoi, mon amour ? Rien, puisque je ne suis qu’une illusion, n’est-ce pas ? »
Un violent pincement remonta de son entrejambe, quelque chose de douloureusement tangible !
C’est impossible, elle est morte, j’ai vu les restes de son corps !
Le sourire carnassier s’étira sur les lèvres de Calande et la douleur s’accentua, obligeant Angilbe à se contracter et à porter sa propre main en protection sur... sur du vide. Rien, rien ne touchait son sexe.
« Viens, »
déclara simplement la jeune femme, dont l’expression devenait singulièrement inquiétante. Dans le miroir, il la suivit, elle l’entrainait par les testicules vers la grande baie vitrée derrière eux. La souffrance qu’il ressentait l’empêchait de résister, ou était-il choqué de sa présence ici et maintenant ? Pourquoi lui faisait-elle du mal ? Il observa cet entrejambe que rien sauf la douleur et le miroir ne semblait distinguer.
« Regarde-moi ! »
ordonna-t-elle sèchement, serrant si fort qu’il ne put retenir un cri. De la sueur lui pointait sur le front malgré le froid ambiant, ses mains ne rencontraient rien, ses yeux ne percevaient rien et pourtant elle était bien là ! Une pression soudaine sur son torse le plaça de profil à la fenêtre et il put confirmer d’un coup d’œil au miroir qu’elle se tenait bien face à lui, nue également. Elle y croisa son regard, la pointe de ses seins le frôlant comme pour que son toucher atteste la vision du reflet. Mais elle ne le lâchait pas.
Je n’ai jamais compris ce que je te trouvais, Angilbe. Tu es repoussant, vieux et faible... Je te déteste, le sais-tu ?
Moi ? Tu me...
La pression augmenta, lui arrachant un autre cri.
« NE ME RÉPONDS PAS. OUVRE LA FENÊTRE » lui cracha-t-elle au visage.
La situation dérapait à un point inexplicable. D’où venait cette Calande ? Existait-elle seulement ailleurs que dans son imagination ? La douleur montait, difficilement supportable, ses testicules viraient sans doute au bleu, mais il ne pouvait le confirmer. Angilbe n’arrivait pas à se libérer de ce regard de serpent qui l’envoutait tout en lui prodiguant une souffrance abrutissante. Devant son incrédulité, Calande fit glisser sa main libre de la nuque à ses seins, puis à ses hanches, puis vers son pubis, puis...
Se caressait-elle réellement devant lui ? Sa bouche, son expression soudain trouble et sa respiration plus rapide l’indiquaient. Les ongles de sa maitresse fantôme s’enfoncèrent brusquement sans sa chair, arrachant à Poféus un nouveau hurlement bien plus rauque que le précédent. Il dut s’accrocher au verrouillage de la fenêtre qui s’ouvrit aussitôt, alors que le bassin de la jeune femme ondulait de plus en plus et que ses yeux se fermaient de plaisir.
« Cal... Calande arrête, ça… Arrête ça ! ARGH ! »
hurla-t-il ! Simultanément, elle se cambra la tête en arrière, compressant plus encore l’entrejambe d’Angilbe. Celui-ci tomba à la renverse sous la douleur, le buste pendant désormais en dehors du bâtiment. Les sons de la rue montaient de plusieurs étages plus bas, tandis qu’on entendait au loin les puissants moteurs d’un quelconque cargo spatial s’arracher à l’atmosphère de la planète. Les yeux embués de larmes, il regarda le lointain reflet la jeune femme, seul le sommet de son magnifique dos apparu dans le miroir. La pression sur ses testicules se relâchait un peu, alors que celle qu’il aimait se redressait lentement à mesure qu’elle reprenait son souffle.
Une brise glacée lécha sa peau nue, ondulant le reliquat de chevelure grise qui parsemait l’arrière de son crâne. Au même instant, deux mains lui saisirent les épaules pour le pousser dans le vide. Une bouffée d’air lui caressa les oreilles, froide comme la température extérieure :
« Et maintenant, saute ! »
Il résistait à la pression physique, utilisant ses doigts dans les fentes de l’ouverture pour se retenir, ses orteils collés à la vitre.
« SAUTE ! » lui ordonna-t-elle sèchement contre son lobe.
« Monsieur, ne faites pas ça ! » vociféra le majordome qui préféra l’enlacer et profiter du contrepoids pour arracher son maitre à la tentation du néant. Les deux tombèrent à la renverse sur le carrelage du couloir. Le chancelier clignait des yeux, regardait son serviteur, ne parvenant pas à reprendre ses esprits. Il toucha son sexe, ses oreilles, ses épaules... Pour la première fois depuis longtemps, Angilbe Poféus sentit la peur monter en lui. Une vraie frayeur comme il n’en avait plus éprouvé depuis son adolescence, précisément depuis l’altercation entre son père adoptif et Méhala. Le majordome se précipitait déjà pour refermer la fenêtre à double tour, affolé. Ce n’est qu’une fois certain que le mécanisme était verrouillé qu’il aida le chancelier à se relever et à revêtir la robe de chambre épaisse et chaude qu’il avait apportée.
Pas à pas, le serviteur le soutint en direction de l’infirmerie. Malgré un entrejambe douloureux, Poféus ne pouvait ignorer cette voix lancinante qui lui murmurait perfidement dans le tréfonds de son esprit : meurs, meurs, meurs..


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RedU T1 Ch25 Ep06

episode337.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 25 Episode 6 " Elle "

MaterOne Centrum, Complexe financier.
On appelait cette petite voie large d’à peine deux véhicules terrestres « La rue du Mur ». Elle sillonnait sur moins d’un kilomètre les bâtiments parmi les plus anciens de la vieille ville, protégés pour certains par une loi qui contredisait le principe d’interdiction de l’archéologie. Quelques pans de béton armé appartenant au mur original (ayant donné son nom à la voie) trônaient par-ci par-là sur des socles aux inscriptions glorifiantes et invérifiables. Historiquement, les premiers commerces des nouvelles colonies minières s’étaient ouverts ici et, les siècles passants, les grands instituts financiers et leurs puissantes filiales spécialisées dans les mouvements de capitaux avaient remplacé les grossistes et leurs balances plus ou moins trafiquées. Les majestueux gratte-ciels s’élançaient de partout et le prix du mètre carré dépassait dorénavant l’imaginable. Ne traversait plus cette rue que la haute société, arborant les derniers gadgets luxueux et les tenues protocolaires, tandis que la rue du Mur représentait maintenant le lieu de la réussite sociale.
Conçus par les meilleurs architectes, deux immenses immeubles de verre et d’acier s’y imposaient : la place boursière et la Tour M de la toute puissante banque souriante Maha’dong. À la sortie est de la station de métro située sous le bâtiment, deux vigiles surveillaient ce matin-là un jeune cadre dynamique apprêté pour une journée de travail habituelle dans ce quartier. Seule incongruité, une valise plus épaisse que la norme et... un arrêt brusque, au milieu de la voie. Plusieurs taxis se trouvèrent d’ailleurs bloqués par cet hurluberlu n’acceptant visiblement pas de céder le passage. Les deux hommes décidèrent de régler le problème à l’amiable et s’approchèrent du malandrin. Au même moment, un message de la police crépita dans leur transmetteur : des scènes identiques se déroulaient en plusieurs endroits de la rue du Mur et l’on demandait aux agents de sécurité de rapporter tout incident et de surtout ne pas intervenir. La terrible vague d’attentats mutualistes était encore suffisamment fraiche dans les mémoires pour qu’ils réagissent immédiatement.
Le « golden boy » sourit mystérieusement devant la mine soudain paniquée des deux vigiles et, tranquillement, se pencha vers sa valise. Composant un code qui l’ouvrit, il en ressortit une boule métallique dont plusieurs parties pulsaient d’une inquiétante lueur qu’il scruta avec attention. Les agents de sécurité criaient tout autour à l’évacuation de la rue.
Le jeune inspira puis leva l’objet au-dessus de sa tête en hurlant  :
« GLOIRE À LA MUTUALITÉ ! »
À partir de cinq différents emplacements dans le quartier, des hommes et des femmes activèrent simultanément les micros charges d’antimatière : en moins d’une seconde, plus de cinquante-mille personnes et une quarantaine de bâtiments primordiaux pour le système financier de l’humanité furent réduits à l’état d’atomes épars. Les cercles concentriques de l’implosion, issus du contact entre la matière et son opposé physique, tranchèrent sans discernement tout ce qui se trouvait à leur limite d’influence. On assista à d’atroces scènes : des badauds et des enfants mutilés, des tours habitées s’écroulant dans le vide à cause de leurs fondations disparues où plusieurs métros jaillissaient de leurs conduits pour s’écraser plus bas, sur d’autres convois.

Dans les cinq minutes qui suivirent, alors qu’au cœur de MaterOne Centrum les ravages se poursuivaient, une crise sans précédent bouleversa le système financier humain. Des capitaux absolument dantesques s’évanouirent dans la nature, des organismes prêteurs firent faillite entre le café et le croissant de leur directeur. Pire encore, l’état de MaterOne se retrouva en cessation de paiement, déclenchant automatiquement des procédures de blocage dans tous les services publics de l’univers connu.

Jamais, oh grand jamais, un attentat n’allait causer autant de pertes et de dommage en moins de neuf minutes. L’humanité était désormais à genoux, blessée plus gravement qu’aucun scénario catastrophe ne l’avait prédit.

*

Le phallus d’Angilbe pénétrait et s’extirpait du sphincter à un rythme accéléré, tandis que son diamètre gagnait quelques millimètres à l’approche de l’apothéose. Il besognait un fessier masculin — estimait-il à la lueur des chandelles, mais il ne pouvait le certifier à cause de la quantité de coussins et du nombre de participants à cette orgie — et il se concentrait sur la recherche de son plaisir. Lorsque la vague le submergea, il hurla, s’enfonçant jusqu’à la garde dans le postérieur ce qui produisit un croassement... féminin sous la couverture. Visiblement, il s’était trompé. Sans doute était-ce l’effet des poudres aphrodisiaques et hallucinogènes dont on emplissait l’air de la pièce dès le début de ce genre de soirée.
S’extrayant de sa partenaire, il s’écroula sur sa partie de couette, tête contre le fessier, au milieu des autres grognements qui retentissaient un peu partout. Les brumes du plaisir se dissipaient, malgré ses efforts pour s’y maintenir... il aimait à se sentir porter tel un vieux tronc flottant sur l’océan de la volupté.
Que fais-je ici, déjà ?
Ah oui : il venait de prendre cet anus, dont quelques gouttes de liquide ressortaient sous ses yeux. Sans doute pas le sien, vu le nombre d’orgasmes qu’il accumulait ce soir...
... ou était-ce hier ?
Ses absences, ses « sautes de réalités » ne se comptaient plus, seul le sexe le plus débridé, les coups de hanches les plus osées dans les orifices les plus improbables lui permettaient de garder pied dans le monde réel.
Ai-je peur de m’enfoncer dans mes rêves...
... à tout jamais ?
La porte du fond s’entrouvrit discrètement et un majordome portant un petit mouchoir sur le nez chercha le chancelier du regard. Lorsqu’il le trouva, il contourna des groupes plus ou moins enlacés pour le rejoindre et lui tendre une note pliée en quatre. Poféus s’en saisit, tentant de recouvrer ses esprits. Il dut s’y reprendre à trois fois avant que les quelques lignes ne s’impriment dans sa conscience, révélant leur effroyable contenu.
Restant plusieurs secondes sans réagir, il rendit le papier au majordome :
« J’arrive dans quelques minutes. »
L’autre n’insista pas et retourna sur ses pas.

L’effondrement du système financier de l’humanité, une annihilation pure et simple du centre des affaires et un bilan humain au-delà de l’imaginable qui empirait chaque seconde. L’impact de cet attentat allait être d’un tel niveau que son gouvernement, son poste... l’État dont il était la tête pourrait ne pas survivre, emporté peut-être par une nouvelle révolution, qui sait ?
Les conséquences incalculables réveillèrent lentement des parties ensommeillées de son esprit. Sa main parcourut mécaniquement les collines de chair lui servant d’oreiller, cherchant sans doute à toucher une réalité plus agréable que celle le rattrapant. La peau satinée était douce, sans irrégularité ni excédent qui retiendraient ses doigts. Délicatement, il les glissa de plus en plus haut et de plus en plus bas.
Les Mutualistes ne devaient plus organiser d’actions aussi graves. Les ordres du Stuffy à leur tête étaient clairs : maintenir une pression minimum sur la société de MaterOne, quelque chose d’angoissant qui justifiait l’état d’exception.

Mais pas ça, pas ce carnage !
Cette déclaration de guerre allait forcement appeler une réaction comparable, pourquoi entrer dans un tel engrenage au risque de déstabiliser le calme relatif ? Le départ de la flotte était-il lié à ce chronométrage macabre ?
Quelle flotte ?
... LA flotte ! Oui, la flotte... je me souviens.
Le doigt d’Angilbe tourna mécaniquement autour de l’orifice anal, mais ne s’y attarda pas, préférant continuer son voyage sur les lèvres humides qui patientaient plus bas. Les fines peaux intimes se gorgeaient de sang à chaque caresse et se révélaient certainement encore plus sensibles pour leur détentrice.
Visiblement, la dame apprécie.
Ralato approchait de Talbot à la suite de la demande d’un des Stuffy. Il serait mis au courant de la situation très rapidement, si ce n’était déjà fait... était-il conscient du risque couru ? Sans aucun doute. Le professeur QuartMac avait bien évidemment rapporté aussi à Poféus ses inquiétudes concernant la possible déviance de chimères non matures, telles les enveloppes utilisées par les Stuffy. Pourtant, si nous en vivions ici les conséquences, alors c’est que le problème avait été très largement sous-estimé.
Bien trop... une perfidie de QuartMac ?
La petite touffe pileuse dissimulait un clitoris gonflé qu’Angilbe ne perdit pas de temps à titiller. Il enfonça son majeur dans le sexe ouvert et, devant l’acceptation évidente de sa partenaire qui se cambrait, il y joint plusieurs autres doigts, puis la main. L’entrée tendue ne se contractait pas, le corps ne le rejetait pas, bien au contraire, les hanches ondulaient pour lui permettre d’avancer. Angilbe sourit : les réactions de cette femme lui plaisaient, cela le changeait de Fakir, son assistante mentale dont il avait trop abusé. Il s’autorisa donc un ultime oubli avec celle étendue là, avant le déferlement de fureur qui s’annonçait au-dehors. Prenant appui sur la cuisse de sa partenaire, il avança la main, s’enfonçant encore plus loin jusqu’à enserrer le trésor du col dissimulé au tréfonds du vagin offert. C’est en agaçant avec doigté le petit orifice caché qu’il entraina la tempête d’orgasmes multiples et les hurlements de plaisir de dessous le coussin.
Cette voix ?
Il s’arrêta brusquement, recevant par là même un grognement de désapprobation, mais... ce timbre, cette manière dont tout cela se déroulait faisait soudain refluer en lui des souvenirs à jamais enfouis.
Ce n’est pas possible !
Sans se retirer de l’intimité de sa partenaire, il écarta vivement les traversins qui la dissimulaient, dévoilant progressivement le corps allongé.
Ce buste... ce cou... Ce menton...
La tête se dégageât enfin et la vision de ce visage paralysa le chancelier Poféus. Soulevant un sourcil, Calande Rorré lui dit simplement dans un sourire presque carnassier :
« Alors Angilbe, tu ne sais plus finir convenablement nos petits moments ? »


SOUTENEZ REDUNIVERSE - Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: Coupie, JMJ, VlM, Xelion, Acteurs : raoulito: narration, Pof: Poféus, Coupie: CalandeRorrée Derush: Hadaria, Montage: Ceco, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte

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