Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch27 Ep13

episode372.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 13 : « Plaies »

Le communicateur sur le bureau du Professeur QuartMac n’eut pas le temps de finir sa première sonnerie qu’il fut activé.
Allez-y, Laurelian.
Je viens d’envoyer des éclaireurs dans toutes les directions afin de confirmer que la bataille était bien terminée. D’un point de vue stratégique, je pense pouvoir affirmer que oui.
... les dégâts ?
La liste est longue. Nous avons perdu une vingtaine de vaisseaux et leurs équipages, a peu prêt le double de chasseurs et une trentaine de croiseurs sont endommagés. Parmi ceux-là, nous allons en saborder quatre, vu leur état, la récupération du matériel sensible est déjà en cours.
Quant à nos ennemis, leurs pertes sont plus lourdes, mais ils étaient les attaquants. On décompte trente-deux carcasses et plusieurs rapports indiquent que de nombreux appareils sévèrement abimés ont quand même réussi à sauter en Transition.
En ce qui concerne nos blessés, les infirmeries sont...
Je me moque des blessés, Amiral. Qu’on les soigne au mieux, mais la priorité est ailleurs ! Le canon Mental, alors ?
Nous l’avons utilisé trois fois lors de la dernière attaque. À chaque tir, le succès était complet, nos ennemis ne comprenaient pas ou n’arrivaient pas à l’éviter.
Mais il n’est pas dénué d’inconvénients et si j’étais à leur place, je surveillerais les arrières de nos défenses. Le temps de chauffe est énorme comparé à leur vitesse de mouvements, sans même parler des microTransitions dont ils sont capables. Lorsqu’un de nos canons est en préparation, il devient une proie facile pour ceux maitrisant aussi finement les sauts dimentionnels.
QuartMac se mura dans le silence quelques instants, ressassant rapidement toutes les informations de Laurelian. Ce canon Mental, déployé dans la flotte sur plusieurs appareils, nécessitait effectivement beaucoup de temps et d’énergie pour être opérationnel, ce qui représentait un lourd handicap en pleine bataille. Comme prévu, il avait aidé à creuser la différence en leur faveur, sauf que cet avantage disparaitrait s’ils devaient l’utiliser dans une attaque-surprise par exemple. Laurelian venait d’ailleurs de rappeler que leurs ennemis sauraient probablement s’y adapter en devenant plus attentifs et plus mobiles. Il lui demanda de produire un rapport précis avec le bilan final et des propositions d’amélioration, puis coupa la communication.
Se laissant aller en arrière contre le dossier de son fauteuil, le professeur s’autorisa à fermer les yeux quelques minutes. Cinquante appareils détruits ou endommagés, contre un nombre équivalent en face, ce n’était pas ce que l’on pouvait nommer « une victoire », au mieux s’agissait-il d’un statuquo. Peut-être qu’un thé l’aiderait à y voir plus clair ?
Il se leva et s’approcha de sa bouilloire qu’il s’empressa de remplir. Un simple robinet d’eau chaude lui fournirait un service semblable, mais il n’en goutait absolument pas le résultat. La température n’était pas assez élevée pour enclencher les réactions moléculaires adéquates dans les plantes immergées, de plus il fallait impérativement rebouillir quelques secondes le tout, une fois le breuvage mélangé avec le sucre et le thé. Cela, bien sûr, seule sa bouilloire le permettait.
Un reflet incongru traversa fugitivement la pièce. Derrière le hublot, un croiseur en remorquait un autre vers le centre arrière, là où l’on regroupait les appareils nécessitant des réparations. Il songea qu’il serait d’ailleurs intéressant de rejoindre les équipes se dirigeant en ce moment vers les carcasses ennemies : leur étude allait certainement s’avérer très utile, surtout la composition de cet étrange matériau dans lequel ils étaient construits.
Il versait le mélange thé plus eau chaude dans la bouilloire pour terminer la préparation, lorsque la sonnerie de son communicateur retentit. Il décrocha et la voix de Laurelian résonna à nouveau dans la pièce :
Gouverneur, deux des vaisseaux éclaireurs ont confirmé avoir découvert un véritable cimetière de l’espace à deux heures de transition d’ici. Ils n’ont guère eu l’occasion de creuser plus, car plusieurs appareils ennemis patrouillent encore là-bas et ils se sont vite fait repérer.
Une embuscade ?
Non, monsieur, c’est clairement quelque chose qui ne nous était pas destiné, nous sommes simplement tombés dessus au hasard de nos recherches. Les restes rappellent sans aucun doute le design de nos assaillants. En ce moment, on prépare l’envoi de plusieurs drones pour en savoir plus.
Dès que les images arrivent, branchez-moi sur le réseau télépathique des amplificateurs et montrez-les-moi. Encore une fois, je demande un silence total sur le sujet. Pas un mot en dehors du minimum de personnel nécessaire, rien avant que l’on ne sache sur quoi on est tombé.
Suis-je clair ?
L’amirale confirma et rompit la communication.
QuartMac reprit sa préparation du thé, laissant l’eau atteindre le bon degré d’ébullition puis lançant le chronomètre. Un décompte de trois minutes s’enclencha…
Un « cimetière » spatial de nos ennemis ? Qu’est ce que cela pouvait signifier ? Une guerre civile, peut-être... ou existaient-ils également d’autres races combattantes dans les parages ?
Un tintement le sortit de ses réflexions et il désinséra la bouilloire de son étui, versant le liquide à une certaine hauteur de son verre pour améliorer le mélange avec l’air. L’oxygène contenu dans l’eau exhalait le gout et l’ébullition en avait évaporé une partie, il fallait donc produire cette sorte de petite écume pour redonner au thé ses molécules perdues. Se saisissant de l’anse, il ramena le breuvage fumant à son fauteuil, juste à temps pour accueillir la communication psychique de Laurelian.


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RedU T1 Ch27 Ep12

episode371.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 12 : « Chilico en guerre »

Planète Cuitliē, centre administratif du système de Chilico.

La raffinerie principale OLMEK1 était une des quatre usines transformant le minerai brut en matériau de fabrication des vaisseaux spatiaux nalcoēhuals. Pour des raisons de bombardement météorique quotidien, l’unique cité de Cuitliē se retrouvait profondément enfouie dans le manteau de la planète et OLMEK1 suivait la même règle. Située plus au sud, autour de l’équateur, elle ne laissait surgir à la surface que le minimum nécessaire, dont une piste se terminant par un monte-charge géant.
Ce fut celui-ci qui vola en éclat lorsque les Libérateurs de Chilico pénétrèrent dans le complexe. Les charges ouvrirent une brèche par laquelle une vingtaine de rebelles se jetèrent bardés de suspenseurs antigravité et de grenades psychoéblouissantes. Le second sas en profondeur subit le même outrage, dépressurisant le hangar primaire, ce qui asphyxia immédiatement les gardes ou ouvriers pas assez réactifs.
Xopilat’l se laissa glisser lentement au travers du monte-charge extérieur, paralyseurs en mode létal dans chaque main et scaphandre bien ajusté. Derrière lui, Telma’k son fidèle second, lui aussi armé, mais emportant le pad qui les liait aux commandos en tête de l’attaque. Il termina les derniers mètres accroché aux barreaux incurvés de l’échelle de secours. Ce n’est qu’une fois les pieds foulant le sol de l’usine qu’il balaya du regard les premières victimes de sa guerre de libération, murmurant à leur encontre une prière muette.
Demande à quelques partisans de les aligner et de les recouvrir de quelque chose. Quand les miliciens vont arriver, je ne veux pas qu’ils pensent à nous comme à des barbares.
Je donne les ordres, répondit simplement Telma’k qui se retourna vers deux rebelles en arrière.
D’un mouvement du bras, il engloba la scène et les deux Nalcoēhuals se mirent à l’ouvrage en récupérant plusieurs bâches entassées dans un réduit d’entretien.
La raffinerie OLMEK1 s’étendait sur de nombreux kilomètres de galeries, couloirs et autres salles de travail, mais finalement seules deux parties importaient : les fours de craquage et le central de coordination des systèmes. C’est vers ce dernier que se dirigea le président en activité de la République cachée de Chilico. Les casques des deux hommes avaient été retirés une fois entrés en zone pressurisée, mais leur progression n’en était pas plus rapide. Si le chemin avait déjà été sécurisé et balisé par la première section des commandos, Xopilat’l restait extrêmement prudent dans cette raffinerie connue pour être sous haute surveillance. Il considérait chaque croisement comme un redoutable piège, roulant en boule pour pointer ses paralyseurs dans le vide, écoutant le silence à la recherche du moindre bruit. Dans la plupart des cas, ce fut en vain : entre les corridors condamnés par explosifs ou ceux aux sas soudés, chaque zone potentiellement à risque avait préalablement été assurée. Sauf une : une grille de support de câbles où s’était glissé un garde plus malin que les autres. Il tomba sur le président dès que celui-ci fut à sa portée et le frappa à répétition aussi violemment que possible avec sa matraque dans l’espoir de lui faire lâcher ses paralyseurs. Mais l’ancien mineur avait la cuirasse robuste : une fois la surprise passée, il para le dernier coup du milicien et lui expédia en plein torse un de ses coups de poings qui l’avait rendu célèbre dans sa jeunesse. L’autre fut projeté deux mètres en arrière, le souffle coupé. Il n’eut jamais l’occasion de le retrouver : un couteau lui transperça le cœur par derrière, œuvre de Telma’k qui attendait le bon moment pour intervenir, tapi dans l’ombre.
Xopilat’l remercia son ami d’un hochement de tête silencieux, mais il ne put retenir un grognement de douleur : ses os n’étaient plus aussi solides qu’auparavant et son avant-bras avait visiblement souffert. Son second le balaya d’un petit scannographe et confirma :
Fracture en deux points. Il ne vous a pas raté, dites donc.
Je tiendrais le temps nécessaire... on mettra une attelle, une fois arrivés.
Laissez-moi passer devant, ajouta l’autre en échangeant son couteau contre les paralyseurs du président. Nous ne sommes plus très loin.
Une décille plus tard, ils pénétrèrent sans encombre dans le central, découvrant avec inquiétude plusieurs cadavres de gardes et de techniciens qui avaient eu l’idée saugrenue de résister. Xopilat’l jeta un œil mauvais à ses commandos trop zélés, mais il se retint de leur faire la morale : entre l’oppression de l’occupant et le stress de l’attaque, ces nerfs de ces Nalcoēhuals étaient à fleur de peau. Comme les miliciens d’ailleurs, la « rencontre malheureuse » du corridor en étant un exemple flagrant. Tandis que Telma’k offrait un semblant de sépulture à ceux tombés, on regroupa les opérateurs au centre de la pièce.
Certains tremblèrent quand le président s’approcha d’eux, d’autres le toisèrent. Xopilat’l soutint tous les regards, cherchant à lire l’histoire de chacun sur les visages plus ou moins tournés vers lui. On avait ici des natifs de Chilico — peu, les envahisseurs de Ti'ltchiti ne leur faisant pas confiance — et beaucoup d’ouvriers nalcoēhuals gagnant leur vie dans un des métiers les mieux rémunérés de la zone de Khabit : producteur de minerais détaché sur Chilico. Évidemment, cela n’était pas valable pour les habitants de Chilico qui demeuraient, eux, sous-payés. Leur destinée à tous se retrouvait maintenant entre ses mains et les fusils-paralyseurs des commandos. Xopilat’l les rassura immédiatement, le sang ayant déjà bien trop coulé :

« Nous ne sommes pas venus tuer, ni les gardes, ni les travailleurs que vous êtes. Retournez à vos fonctions habituelles et n’essayez pas de vous opposer à nous, tout sera très vite terminé. Vous avez la parole du Président de la République cachée de Chilico que vous ressortirez tous libres et en vie d’ici quelques heures. Allez-y, maintenant. »
Et, sous l’insistance des commandos les entourant, tous repartirent à leur poste, une expression interrogatrice dépeinte sur leur visage.
Moins de cinq décilles s’écoulèrent avant que les visualiseurs ne montrent les soldats en scapahandre de l’armée régulière investir simultanément plusieurs entrées d’OLMEK1. Une demande de contact psychique fut transmise par l’amplificateur secondaire de la salle et Xopilat’l y répondit posément.
Je suis No’ork Kelm’tek, gouverneur de Cuitliē et membre du directoire de Chilico. Je veux parler avec un responsable.
Xopilat’l Aktar, Président de la République cachée de Chilico, je suis la plus haute autorité ici. Bien le bonjour, Gouverneur. Je vous propose de nous rencontrer dans le hangar de secours, venez avec quelques gardes si cela vous rassure, je serais seul de mon côté. Nous pourrons discuter, disons dans... deux déciles ?
Le présid... heu, oui. Soyez à l’heure !
La communication psychique disparue et Telma’k croisa le regard de son chef. Tous deux connaissaient le plan et échangèrent une poignée de main avant que Xopilat’l se s’éloigne par une petite porte de côté, accompagné d’un des commandos.
Le chemin pour le hangar secondaire se révéla plus rapide que celui depuis le principal, pour la simple raison qu’il était plus court et jamais fréquenté. Le rebelle protégeant Xopilat’l l’abandonna à quelques mètres du dernier sas, saluant son président une ultime fois alors que celui-ci ouvrait le panneau.
Au milieu du dock, quatre Nalcoēhuals armés jusqu’aux dents entouraient un fonctionnaire joufflu, plutôt tassé sur lui-même, au goitre disproportionné. Ses petits yeux aux larges iris complétaient, chez celui qui se présenta comme le gouverneur, l’allure d’un bébé Zlabot. Le président connaissait bien sûr cet envoyé spécial de Ti’ltchiti qui avait comme mission principale de maintenir la paix dans l’unique région productrice de « pierre qui chante ». De trop nombreux amis croupissaient dans les geôles à cause de sa politique répressive.
Président Xopilat’l... murmura le gouverneur. C’était donc vous. Et dire que nous vous avions sous les yeux depuis le début.
Vos services ne pourront jamais nous faire plier et nos secrets vous seront toujours inaccessibles, Gouverneur Kelm’tek.
J’en doute. Mais revenons au présent. Rendez-vous et je m’engage à ce qu’il n’y ait pas de victimes chez les rebelles. Vous passerez en jugement, bien entendu, mais seule la prison leur sera réservée.
Xopilat’l ne put cacher un ricanement, puis ajouta :
Entre la mort et vos geôles, nous préférons souvent la mort. J’ai une autre proposition, annonça-t-il simplement en ouvrant sa main droite devant le groupe face à lui.
Au creux de sa paume, une sphère de quelques centimètres encadrait un point rouge pulsant lentement d’une lumière inquiétante. Immédiatement, les soldats accompagnant le gouverneur levèrent leurs armes, tandis que celui-ci reculait de plusieurs pas, une expression de terreur se dépeignant sur son visage. Xopilat’l poursuivit calmement :
Je meurs, tout explose, j’appuie, tout explose. Un groupe de partisans a placé des charges à la sortie des fours de craquage. Vous connaissez le processus, qu’arriverait-il si le minerai liquide brulant entrait au contact de l’air ou pire, au contact d’un conduit de minerai brut ?
... une réaction en chaine, grogna le gouverneur.
Exactement. Voici ma proposition : vous laissez partir tous les rebelles dans une navette qui va apparaitre d’ici une petite décille et je me rendrais à vous sans combattre. Bien sûr, vous récupèrerez la raffinerie entière sans une rayure... autre que celles déjà présentes.
Vous voulez vous livrer ? s’étonna Kelm’tek, dubitatif.
Absolument. Alors ?

Lorsque le modeste appareil sans matricule sortit de Transition à proximité de l’entrée du hangar secondaire, personne ne l’arrêta ou ne tenta de l’obliger à se poser. Il put traverser les lignes des forces de sécurité, prendre à son bord une vingtaine de Nalcoēhuals armés et repartir comme il était venu.
Xopilat’l reçu les premiers coups dès que le gouverneur le laissa seul, sans son scaphandre, sous la surveillance des quatre soldats qui l’avait accompagné. Il avait heureusement dissimulé son attelle sous plusieurs couches de vêtements. Cette fracture aurait agi comme un aimant pour la hargne de ses geôliers.


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RedU T1 Ch27 Ep11

episode370.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 11 : « Piège (5) »

Plusieurs tremblements secouèrent le grand immeuble au fond duquel se terrait le cœur des Triades souriantes, la tête bien mal nommée « Le triangle » en référence à la période passée où trois anciens dirigeaient la tentaculaire organisation.
Stuffy patientait, assis en tailleur sur un épais tapis au centre de la pièce où son prédécesseur avait rencontré Ralato. Tout autour de lui, des hommes aux visages fermés campaient, les doigts bien serrés sur leurs mitrailleuses. Quelques étages au-dessus, Ralato et des troupes de choc des Forces mentales avançaient inexorablement jusqu’à lui, malgré les pièges, les défenses ou les gardes armés lourdement. Eussent-ils reçu des renforts d’hypothétiques soldats supplémentaires que la vitesse de cette progression laissait Stuffy dubitatif. C’était bien trop rapide.
Le chef des Triades n’était pas stupide au point de croire en ses chances de résister longtemps. Dès que le croiseur était réapparu dans le ciel de TB01, il avait compris que son grand rêve de Conquête souriante du pouvoir était sérieusement compromis.
Nouveaux tremblements, plus proches... quelques bruits de tirs percèrent au travers des parois et de l’imposante porte.
Que s’était-il donc passé là-bas, dans la chaussetrappe destinée à supprimer son dangereux ancien ami ? Le trou noir ne s’était peut-être pas déclenché ? Stuffy-Quartmac avait-il failli en quelque point du programme ? Un imprévu ? Une chose demeurait certaine : la navette souriante posée à l’intérieur du croiseur avait bien fait exploser sa charge d’antimatière, un signal codé leur était parvenu en multitransmission. Alors par quel miracle ce même croiseur pouvait-il orbiter tranquillement ? Sans nouvelles de son prédécesseur, la nouvelle chimère de Stuffy avait choisi l’attaque dès qu’un détachement s’était élancé vers la planète.
Il soupira silencieusement, supportant l’attente dans une attitude toute Souriante. Ce modèle de clone était cette fois identique à l’agent original, avant que son corps ne soit détruit par l’arrivée de Fabio dans la base Mutualiste des Appalaches. Sans en avoir poussé les capacités dans ses retranchements, les différences avec la version fatiguée de QuartMac ne se comptaient plus.
Plusieurs crépitements, on approchait du dernier couloir menant à cette salle.
Stuffy se releva, dégainant ses deux révolvers et, surtout, il sortit son sabre traditionnel du fourreau sculpté et le pointa vers les épais battants de l’entrée. Les nombreux fidèles autour de lui reçurent parfaitement le signal, armèrent le chien de leurs mitrailleuses et se précipitèrent à l’extérieur ; telle la garde royale des Lakedaímōns (et sans doute d’autres corps d’élite avant eux) ils allaient offrir leur vie pour défendre celle de leur chef.
« Bonne chance, messieurs, tâchez de tenir quelques minutes au moins... »
murmura simplement Stuffy alors que le dernier combattant claquait la porte derrière lui. Du bout du pied, il écarta un pan du tapis et appuya sur le contacteur dissimulé dans le sol. Un escalier s’enfonçant vers les profondeurs de Kyuang apparut et il s’empressa de l’emprunter. Ce ne seraient pas les multiples blindages qui se fermèrent derrière lui qui ralentiraient longtemps Ralato et ses hommes, mais chaque petit instant de gagné lui permettrait de s’échapper. Malgré le moment plutôt dramatique, il ne put s’empêcher d’apprécier son nouveau corps. Svelte, musclé, chaque foulée lui faisait dévaler les marches par groupe de quatre, sans essoufflement particulier, tandis que ses yeux portaient si loin qu’il aperçut la sortie plusieurs minutes avant de l’atteindre. L’empreinte palmaire de cette chimère avait heureusement été rapidement encodée dans les systèmes centralisés des Triades, autorisant à Stuffy l’ouverture de tout ce qui appartenait plus ou moins à l’organisation et à ses obligés. Il pénétra dans un sas qui se pressurisa à la suite de son passage. Un second sas apparut alors devant lui, offrant au regard du visiteur une série d’épais fauteuils scellés et rangés en cercle, dans une petite pièce de quelques mètres de diamètre. Au milieu des sièges, un discret promontoire présentait quelques commandes que Stuffy s’empressa d’activer. Il s’installa dans un des fauteuils et agrafa sa ceinture, pendant qu’un compte à rebours rapide s’égrenait en chiffres holographiques au-dessus de sa tête. Le décrochage fut violent et suivi de l’accélération digne d’un avion de chasse tandis que la capsule de secours — réservée aux cadres supérieurs de l’organisation — s’enfonçait vers le centre de la géante gazeuse.
Vu de MaterOne, TB01 ne représentait qu’un corps céleste aux réserves quasi inépuisables de Lithium. Partant de là, les rochers, cités/usines ou raffineries flottantes n’étaient que des ilots naviguant au gré de l’humeur des marées de gaz liquéfié.
Quelle vision étriquée de la réalité !
Sous le manteau interne, à près de dix-mille kilomètres de la surface, se trouvait le cœur bien solide de la planète, un noyau fait de pierre et de métal dans lequel des générations de Souriants avaient aménagé une base spatiodimensionnelle. L’Armée royale avait expérimenté cette technologie il y avait quelques siècles, mais, ayant l’univers connu sans fin à disposition, le projet de « base Transitionnelle » (tel qu’on le nommait alors) avait été abandonné. L’idée, et quelques savants à l’origine des recherches, avaient été récupérés par les Triades et poursuivis. Une sphère de cinquante kilomètres de diamètre avait été percée dans le noyau, au centre de laquelle un vaisseau modeste, mais équipé des Compresseurs dimensionnels les plus récents, patientait, le réservoir plein. Comme il était impossible de suivre un appareil en Transition, sauf à y avoir installé un système de localisation multispatial, l’armée pourrait bien mettre sous embargo toute la planète si cela lui chantait, Stuffy naviguerait déjà loin.
La décélération fut aussi brutale de l’accélération initiale, rappelant à Stuffy ses séances de pilotage à bord des puissants simulateurs. Qu’à cela ne tienne, son nouveau corps résista sans grandes difficultés et les verrous de freinage fumaient encore qu’il bondissait vers la sortie. Quelques mètres plus tard, le poste de contrôle de la petite station s’alluma automatiquement et Stuffy programma son vol. Un dernier escalier adjacent donnait sur l’ouverture extérieure du croiseur léger qui serait son lieu de vie pour... une période indéterminée.
« Ordinateur, active la séquence de Transition. Départ immédiat. » 
commanda-t-il dès ses premiers pas à l’intérieur de l’engin.
Plusieurs lumières clignotèrent, confirmant que les ordres avaient bien été pris en compte. Stuffy inspira, écoutant le silence qui s’effaçait doucement derrière les ronronnements profonds du Compresseur, puis s’affala dans un des fauteuils du salon principal en fermant les paupières, la tête reposée en arrière. Le tout automatique présentait bien des avantages...
« Question de point de vue » fit la voix de Ralato.
Étonnamment, Stuffy ne fut pas plus stupéfait que cela. Il se surprit même à rire avant de regarder enfin son vis à vis. Le ministre Ralato se tenait devant lui, installé confortablement, une tasse de thé fumante en main. Il souffla doucement dessus pour refroidir le breuvage, puis poursuivit :
Stuffy-Quartmac m’avait fait gouter à ce merveilleux thé au Jasmin et je dois bien t’avouer en être tombé amoureux. Il reste encore de l’eau chaude, je pense, si tu es intéressé...
Ralato, Ralato, Ralato... je... je ne sais que dire. Bravo. Simplement bravo ! Comment es-tu arrivé là ? Et que fait-on, maintenant ?
Première question : ça me regarde, seconde question : tu vas être jugé et exécuté pour trahison et, bien sûr, je prendrais personnellement la tête des Triades en tant que ton successeur. Mhmm... ce thé !

Donc j’avais raison depuis le début. Tu en es finalement venu à supprimer toute opposition ? Fini le grand cinéma avec les méchants Mutualistes, les Souriants bien sages et le gouvernement qui travaille ? Tu veux le pouvoir pour toi tout seul ?
Qu’entends-tu par là ? demanda Ralato, un rien surpris.
Je suis l’ultime Stuffy vivant dans l’univers connu, tous les autres sont morts (au cas où tu l’ignorerais, tu es maintenant au courant). La crise économique a terrassé presque tous les acteurs extérieurs ou anciennes fortunes et les coffres des banques Souriantes offriront de quoi modeler une société à l’image de celui ou ceux qui le désireront. Poféus est en train de perdre totalement la raison et...
Il leva le doigt, montrant le plafond :
Tu as même le dernier croiseur de la Flotte mentale à disposition. Après moi, tu deviendras le seul maitre à bord... pour toute l’humanité !
Ralato ne répondit pas. Il se contenta de finir d’un trait sa tasse et la reposa... au travers de la petite tablette sur le côté. Stuffy comprit d’un coup :
Tu n’es PAS ici !
Bien sûr que non, pourquoi donc ? Je suis dans ta tête en ce moment et ce thé, je le déguste depuis ta cuisine personnelle, la pièce à droite après les tentures de ta salle de réunion aux quatre dieux.
Ce ne sont pas de simples dieux et tu ne peux atteindre mon esprit à cette distance. Mes barrières sont levées en plus et je ne... Aaaaargh ! hurla soudain Stuffy, en se prenant le crâne entre les mains.
Figure-toi que je ne t’ai pas quitté une seconde depuis ton attaque au missile contre ma navette, précisa Ralato, une expression plus dure malgré les souffrances de son ancien ami. Si tu savais combien nous étions loin de connaitre tous les raffinements de notre pouvoir, avec nos dogmes aux œillères bien fermées par une éducation trop rigoureuse. Je comprends mieux Fabio, maintenant... que je vois notre monde comme lui.
Stuffy, les larmes aux yeux et les jambes repliées sous son siège leva sur Ralato un regard de pierre :
C... c’est impos... possible ! Tu... n’es... pas... F...FABIO !
Certes, je suis Ralato, répondit l’autre simplement en se relevant. Mais j’ai hérité de ses pouvoirs et je t’informe de plusieurs choses. Un, les dernières chimères de QuartMac augmentent la puissance psychique, je le sens bien à travers toi et, deux, je vais te laisser partir.
La douleur dans le crâne de Stuffy s’effaça tout aussi brusquement qu’elle était arrivée. Celui-ci se redressa, dubitatif : quel plan le ministre avait-il en tête ? Ralato poursuivit.
Est-ce que tu te rends compte que je retiens ton Compresseur dimensionnel depuis le début de notre discussion ? C’est proprement hallucinant tout ce qu’il m’est permis de faire, je t’assure !
Ce fut un plaisir. Adieu, toi qui fut mon ami. Tu sais, la bouille enfarinée qui me regarde en ce moment me manquera.
Tu... tu me laisses partir, alors ?
Bien sûr, je viens de te le dire, insista Ralato, un rien agacé que son ancien ami doute ainsi de lui. Ha oui, pour ta dernière remarque. Je ne cherche en rien le pouvoir, mais j’ai eu récemment une sorte de... on dira « prédiction ». Quelque chose arrive qui va nécessiter une vraie rigueur du côté de notre humanité. Et si je dois, pour la combattre, mettre au pas tout le monde vivant...
Comme effacé par une brise légère, l’image du ministre se volatilisa, laissant juste l’écho de sa voix terminer la phrase en suspens :
« ... je le ferais. »
Le ronronnement du Compresseur monta alors brusquement et Stuffy sentit le passage de son vaisseau en Transition. Il ne comprenait pas pourquoi Ralato le laissait partir. Ni même comment il avait réussi à l’atteindre, malgré la distance, voire à... retenir le moteur dimensionnel ? Les pouvoirs de Fabio, disait-il ?
Il eut soudain une intuition. D’un bon, il se précipita au poste de pilotage. Les systèmes automatiques indiquaient une arrivée imminente, bien plus rapide que le voyage programmé par Stuffy. Lorsque son petit croiseur réapparut dans l’univers normal, les doutes devinrent certitude.
Face à Stuffy, l’immense trou noir, créé quelques heures plus tôt, écrasait de sa majesté un malström de météorites et de débris en tous genres dans lequel son appareil fut vite emporté. Juste avant d’être broyé entre deux astéroïdes géants, Stuffy rit une dernière fois à gorge déployée, puisse cela atteindre les oreilles de son ancien ami.

Sur TB01, le ministre sortit de la cuisine et lança à ses hommes le signal du départ. Tout en remontant à la surface de la cité, il murmura entre ses dents  :
« Oui. Je t’ai entendu, Stuffy. »


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RedU T1 Ch27 Ep10

episode369.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 10 : "Piège (4)"

La navette glissa silencieusement hors du hangar d’appontage et s’éloigna du croiseur mental en direction de TB01. À son bord, le ministre Ralato patientait, sanglé dans un treillis aux couleurs de la planète gazeuse, ainsi qu’un groupe d’assaut d’une vingtaine de soldats mentaux, tous lourdement équipés. Pour sa seconde visite au chef des Triades, fort probablement une chimère toute neuve de Stuffy, Ralato jugeait que le stade de la politesse diplomatique était passé, place à la force.
Lui-même ne portait qu’un simple revolver accroché à sa ceinture et un gilet pare-balle. Il ne se sentait plus l’obligation d’être bien armé pour partir au combat, un peu comme Fabio en son temps. Quelque chose lui disait que désormais plus rien ne serait jamais pareil, qu’il entrait dans une nouvelle ère. Toutes les impressionnantes facultés révélées dans le piège souriant n’étaient qu’un début, il pourrait aller bien plus loin que cela, bien plus loin que... Fabio. Car il était intimement persuadé que l’étrange Monsieur Loyal, et les petits objets translucides, qu’il voyait présentement flotter autour de lui, voudraient à tout prix éviter de reproduire la disparition de son frère et donc offrir à Ralato un pouvoir réellement infini. Ce n’était qu’une intuition, mais...
Sur son reflet chromé à la surface du fauteuil devant lui, il laissa quelques secondes un doigt glisser le long de la cicatrice qui marquait son cou de part en part. Il ne restait déjà plus qu’un mince filet rosâtre et le ministre devinait que d’ici peu elle serait totalement effacée. Existait-il dans l’Histoire des êtres revenus d’entre les morts ?
« Toi... tu l’avais vécu lors de notre capture par les Forces mentales… » pensa-t-il, l’image de Fabio enfant surgissant de ses souvenirs.
Sans préavis, le décor changea, le projetant à sa grande surprise dans les montagnes des Appalaches, le jour où...

Deux jeunes garçons jouaient dans la campagne. Devant eux, une chaine de belles montagnes où il faisait bon paitre pour les troupeaux avant l’hiver. À l’arrière, une vallée paisible où l’on devinait des petites fermes blanches, réparties tels des boutons de fleurs sur un pré en cette fin d’été. Ralato et Fabio, les deux rejetons de la famille Ouli, s’amusaient à cache-cache entre les gros rochers à flanc de parois et c’était au tour de Ralato de chercher. Leur jeu était un peu différent de celui des enfants ordinaires où on devait trouver son ou ses adversaires. Ici, la pente était assez dénudée et il y avait peu d’endroits susceptibles de dissimuler des garçons de sept ans. Assis en tailleur, Ralato devait se concentrer pour ressentir la présence de son frère, tandis que lui devait justement se masquer derrière un silence d’esprit parfait.
Au seuil de l’adolescence, les Mentaux développaient leurs facultés progressivement, des comportements particuliers qui, si elles étaient bien canalisées, feraient d’eux une élite de la société. Le pouvoir royal avait rapidement mis en place des services spécialisés, rattachés au ministère de la Défense, chargés de les découvrir et de les former à l’exercice de ce pouvoir peu commun. D’où certaines visites d’hommes en tenue médicale, parcourant les lieux scolaires et passant quelques heures avec les enfants qu’ils scrutaient de leurs yeux étranges. Comme la semaine dernière, à l’école…
Fabio sentait des gouttes de sueur glisser le long de sa joue. Il serrait fort ses petits poings et ses paupières : toute sa concentration se focalisait en un point blanc sur un fond noir. Grâce aux jeux avec son frère, il avait développé cette technique qui réussissait souvent à condition de conserver le point blanc bien en face de lui. Aucun bruit ne lui parvenait : tout allait bien, il restait invisible à l’esprit de son adversaire. Un vrombissement l’alerta, lointain, mais qui semblait se rapprocher ? Fabio inspira puis expira : un maudit avion passait trop bas et cela risquait de perturber ses efforts, mais le son augmentait et augmentait encore, on devinait des rotors. Le souffle de l’air changea de direction et ce fut un vrai vent qui tourbillonna maintenant autour de lui. Définitivement, sa concentration était compromise et le point lumineux venait de se brouiller avant de disparaitre. Il était inutile de se cacher, son frère pouvait le trouver sans aucune difficulté. Mais il ne se passait rien. Fabio jeta un œil et la scène qu’il découvrit derrière le rocher le laissa sans voix. Un énorme orthoptère était posé à quelques pas de son Ralato et plusieurs hommes en blanc l’entouraient, ainsi que des soldats armés...

Ralato écoutait les messieurs lui expliquer dans son esprit que ses parents étaient au courant, qu’il ne risquait rien, que le roi allait s’occuper de lui spécialement. Ils ajoutaient qu’il était un enfant à part avec de réelles qualités, mais le petit garçon pensait à son Fabio : il ne pouvait pas le laisser seul dans la montagne.
Quel frère ? Les hommes en blanc se regardèrent, interloqués. Ils se tournèrent vers les alentours, ouvrant grands leurs yeux comme l’avaient fait ceux qui étaient venus jouer, à l’école. Puis, l’un des nouveaux venus le prit par-dessous les bras et l’emmena dans l’engin volant :
Il n’y a personne ici, mon garçon, tu es certain qu’il n’est pas rentré ?
Mais oui, répondit Ralato. Il se cache, c’est tout, et il est très fort ! Il est là : devant le rocher du milieu.

Tous se figèrent devant l’apparition de ce frêle garçon tremblant qui venait de surgir comme par enchantement. Les soldats, aussitôt, se crispèrent : ils avaient compris qu’un imprévu se produisait. D’un regard, le sergent fit signe aux autres de se tenir prêts. Les hommes blancs hésitaient, débattant mentalement sur la conduite à adopter. Après un hochement de tête, l’un d’entre eux avança doucement vers Fabio, tandis qu’un second s’agenouilla aux côtés de Ralato :
Il se cachait comment, ton frère ? demanda-t-il.
C’est notre jeu : je ne dois pas ressentir sa présence et il est fort à ce jeu-là !
C’est vraiment ton frère ? Réponds-moi honnêtement, c’est important s’il te plait.
Oui. Il s’appelle Fabio et on est né le même jour ! Maman dit souvent que c’est un don de Dieu, même si Papa, il n’aime pas trop çà…
Le premier Mental consulta une fiche, se figea puis communiqua l’information à ses collègues :
Il dit vrai : Fabio Ouli, date de naissance identique. En fait, c’est l’ainé des deux de six minutes.
Soudain, leur attention fut attirée par l’homme en blanc auprès de Fabio : il tombait à terre, les mains crispées sur la tête. Un cri mental s’éleva au même moment dans l’esprit de tous :
« RALATO, ILS VEULENT NOUS EMMENER LOIN DE CHEZ NOUS ET FAIRE DE NOUS DES SOLDATS ! VIENS VITE, IL FAUT FUIR  ! »
Les autres en furent pétrifiés, assimilant difficilement tant d’informations : deux frères, Mentaux ? Impossible. De toute l’histoire des Mentaux de MaterOne cela n’avait jamais été. Et que dire d’un enfant capable de leurrer leurs pouvoirs, de foudroyer l’un des leurs et de projeter une onde mentale de cette puissance ?
Tout cela était im-pen-sa-ble !
Les soldats avaient également reçu le choc psychique, mais ils étaient entrainés pour ce genre d’évènements et conservaient leur sang-froid. Un genou à terre, leur chef leva son arme, suivi par ses subordonnés.
En joue ! hurla le sergent en visant Fabio.
Ne tirez pas ! Il nous le faut vivant ! lui ordonna un des infirmiers.
L’homme au pied de Fabio était inconscient, le jeune garçon focalisa alors le point blanc sur le militaire le plus proche qui le menaçait : immédiatement, celui-ci roula des yeux et cria, rejetant la tête en arrière. Les autres allaient lui faire du mal, Fabio l’entendait très clairement dans leurs esprits.
Bon Dieu, on fait qu... AAARGH ! hurla le sergent avant de s’écrouler.
Le dernier soldat ouvrit le feu au moment même où l’attaque mentale le frappait : il s’effondra à son tour sur le sol, alors que son arme tirait quelques cartouches, tuant net l’infirmier évanoui aux pieds de Fabio. Ralato regardait toute la scène, terrorisé. Il ne bougea pas jusqu’à ce qu’il voit son frère emporté par la dernière balle. Il se jeta hors de l’appareil et couru vers lui, près des rochers où il tomba à genoux à ses côtés :
Fabio ! Que s’est-il passé ? Qu’est ce que je dois faire ? Fabio !
J’ai mal… Ralato, j’ai… très… mal… murmura Fabio également en larmes sous l’impact et la douleur.
Le projectile lui avait traversé le poumon droit, se glissant entre deux vertèbres. Il ne pouvait plus respirer et suffoquait, en état de choc. Il voyait Ralato crier, pleurer devant lui, mais ne l’entendait plus distinctement. Par contre, le point blanc était réapparu tout seul sur ses yeux grands ouverts. Chose étrange, il bougeait et grossissait, semblant même vibrer. Fabio sentait ses dernières forces s’évanouir, mais il était captivé par le spectacle : le point s’était multiplié en des milliers d’autres, dansants maintenant autour de lui dans une farandole féérique. Progressivement, ils s’agrandirent, puis prirent des couleurs différentes, des formes anodines, translucides : une cafetière et un caillou parurent aux côtés de Ralato. Plusieurs instruments de musique, un pneu et une lampe de chevet tournaient dans le voisinage des hommes en blancs, mais une majorité voletaient près de Fabio lui-même. Leur lueur interne vibra, apaisant le jeune garçon qui prenait conscience du retour de ses forces. Encore quelques secondes et il put inspirer un grand volume, comme si ses poumons s’étaient regonflés malgré la blessure. Il hurla sous la douleur et sentit même de l’air s’échapper de sa plaie, mais il allait vivre, il le savait.
Il allait vivre !
Sa tête lui tourna, il tomba sans connaissance sur l’herbe rougie de son sang. Ralato continuait de pleurer : pauvre garçon impuissant devant les souffrances de son frère. Une piqure dans le dos, violente, il se retourna : les derniers hommes en blancs approchaient, porteurs de pistolets de forme étrange. Il les détestait tous, il allait se venger d’eux. Le jeune Mental se concentra, mais reçut une seconde piqure et ses forces déclinèrent. Tombant à terre, il hurla sur ses ennemis sa colère. Ceux-ci s’arrêtèrent, l’un d’entre eux recula même d’un pas. Mais les paupières de Ralato étaient devenues de plomb, malgré toute la rage qu’il ressentait. Une dernière fléchette anesthésiante acheva le travail et le garçon sombra à son tour dans l’inconscience. L’image qu’il conserva fut celle de ce gros engin volant qui avait déchiré la naïveté de leur enfance en y apportant violence et mort.

Un avertisseur ramena brusquement Ralato à l’instant présent : les radars clignotaient, signalant par plusieurs points ce qu’on lui décrivit comme des missiles verrouillés sur leur navette.
Le ministre se surprit alors à sourire : jamais aucun tir n’avait pu toucher Fabio et ce n’était pas un hasard. Le Stuffy souriant avait donc compris ses intentions et relevait le gant.
« Un excellent moyen pour tester mes nouvelles capacités. » songea Ralato.
Il en appela aux centaines de petits objets translucides qui flottaient dans l’habitacle et ceux-ci s’empressèrent de lui communiquer autant de force qu’il le souhaita.


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RedU T1 Ch27 Ep09

episode368.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 09 : "Piège (3)"

Comme lorsque l’on relâchait un objet qui pesait, Ralato libéra les membres de son équipage. Sur une pensée, il demanda de l’aide à deux de ses hommes qui l’assistèrent pour se rendre dans ses quartiers. Ce ne fut qu’assis sur son lit qu’il leur transmit ses derniers ordres, puis les congédia avec recommandation stricte de ne pas le déranger.
Les quelques croiseurs règlementaires militaires dans la nébuleuse étaient déjà en route pour les rejoindre en protection ; quant au nouveau Stuffy souriant, il devait sans doute s’interroger sur ce retour inopiné. L’équipage avait également pas mal de travail pour peaufiner et vérifier l’état général du vaisseau, ce qui laissait à Ralato quelques heures pour se reposer et essayer de comprendre ce qui venait de se passer.
Il enlevait ses bottes, quand un tournis l’obligea à s’allonger plus vite que prévu. Au plafond, grouillaient ces petits objets translucides multicolores qui flottaient, comme attentifs. Ralato en avait tant entendu parler...
« Quand je pense que je n’avais jamais cru Fabio lorsqu’il vous décrivait. Même ces derniers temps, je n’y voyais que des effets résiduels de la fatigue... c’est fou. »
Ralato resta une poignée de minute à les observer, comparant tailles et couleurs, réactivité ou luminosité à la recherche d’une quelconque classification. Malheureusement, rien ne les distinguait réellement les uns des autres, tout au plus pouvait-il concéder à certains une forme un peu plus originale, mais cela frisait l’anecdotique.
« Nooous ne sommes que des refleeeets dans cette dimeeension  ! »
Debout à l’horizontale, les pieds posés sur le mur à la tête du ministre, Monsieur Loyal lui adressait son plus beau sourire. Ses formes arrondies claires et sombres, et une absence d’ombre portée, en faisait une caricature de spectre un rien effrayant à quelques centimètres de soi. Avant que Ralato n’ait eu le temps de réagir, celui-ci claqua des doigts et toute la pièce devint blanche. Non pas que tout ait disparu, non, juste comme si toutes les couleurs s’étaient envolées, comme si une unique matière laiteuse et matte recouvrait soudain chaque objet présent dans la chambre. Les formes translucides demeuraient impassibles, bien que cette fois certaines se décollèrent du plafond pour remplir l’espace vide.
Loyal se plissa l’abdomen et le laissa retomber dans un grand bourdonnement caoutchouteux tout en claquant dessus, visiblement satisfait. Il enjamba alors une lampe murale et se lança dans une petite marche sur la surface, n’hésitant pas à poursuivre son chemin sur le mur de droite, enjambant l’angle comme s’il n’existait pas. Il chantonnait un air de musique, sans que cela n’évoque le moindre souvenir dans la mémoire de Ralato, et semblait parfaitement content de lui-même. Le ministre n’était pas du genre à manquer une occasion, même face aux extravagances de Loyal, et malgré cette lourdeur qui perturbait sa concentration, il posa la question qui paraissait le plus évidente :
« Qui êtes-vous ? »
L’étrange bonhomme s’arrêta au milieu de sa lancée et tendit comme un arc le doigt vers le centre de la pièce. Suivant ce geste, les petits objets translucides s’y amalgamèrent alors en une forme de boite surplombée d’un nœud que Ralato reconnut immédiatement, non sans surprise :
Un paquet cadeau  ?
Nooous nous soumettons à tes dééééésirs, répondit l’autre simplement et il ajouta la phrase qui résonnait encore dans l'esprit de Ralato : nous serons désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours... 
...et pourquoi  ?
Certes, Ralato venait d’entrouvrir cette dernière heure les portes d’une magie inégalée, sinon par Fabio lui-même… mais il doutait qu’il n’y ait pas de plans, d’objectifs, voire d’intérêts à défendre derrière tout cela ; c'était une loi immuable dans cet l'univers... ou ailleurs. Ces êtres qui aidaient Fabio depuis le début portaient maintenant leur dévolu sur lui et cela demandait des justifications.
À sa grande surprise, le fringuant Monsieur Loyal tomba soudain à genoux, le faciès défiguré, déformé par un chagrin tel que le ruissèlement de ses larmes inonda bien vite le mur sur lequel il se tenait. Apparemment, ses pleurs ignoraient tout autant que lui certains principes de la gravité.
Iiiiilllll n’eeeeesssttt... PPPLLLUUUUUUUUUUUUSSSSSS ! hurla-t-il, désespéré.
Qui n’est plus ?
Mais... mais lui ! lança l'autre, un brin d’étonnement dans la voix alors que le cadeau se transformait en un visage bien connu de Ralato.
FABIO !
Ainsi, ce qui était redouté avait fini par se produire : son frère n’était plus et, mécaniquement, « ses petits amis » (comme il les appelait) s'étaient rabattus sur lui. Sauf que quelque chose clochait  :
« Comment peut-il être mort, alors que vous avez réussi à me sauver, moi  ? »
L’autre redoubla de sanglots, partageant, surjouant un désespoir que Ralato traduisit comme une interprétation de chagrin destiné à se faire comprendre. Mais la nouvelle n’en demeurait pas moins brutale et cette comédie ne l’aidait pas à se faire une idée ce qui était arrivé. Il insista donc :
Répondez-moi !
C’est le FFFFaiseur qui l’a maaaangé ! On ne peuuuuut pas sauver quelqu’un mangéééééé par le fffffaiseur, c’est impos’ible !
Le « Faiseur » ?
L’autre renifla, tête baissée, mais l’on sentait qu’il se reprenait, ou montrait qu’il allait s’en remettre. Dans un soupir, il se redressa et commença une série de moulinets, semblables à ceux de Ralato dans le piège souriant. En réponse, les objets au centre se murent pour prendre la forme d’une monstruosité dont seule la gueule ressemblait clairement à quelque chose. Une apparition que l’on pouvait imaginer être un bipède se matérialisa sur la droite, il ne mesurait pas plus du quart de la chose. Immédiatement, des dizaines de créatures surgirent du corps géant et se ruèrent sur le nouvel arrivant. Ils finirent simplement par le porter jusque dans la bouche de la bête qui se referma. Pendant quelques secondes, la scène resta figée, puis les ustensiles multiples se séparèrent, reprenant leur place dans l’espace de la pièce blanche. Loyal enchaina :
Nalcoēhuals méchaaaants, ils ont trahiiiiis notre ami et ils attaaaaaquent les humains !
Mais, mon frère Fabio, comment est-il arrivé là ? De quoi parles-tu, espèce de fou ?
L’étrange personnage tendit alors les bras et, cette fois, les objets translucides formèrent un anneau au milieu duquel des images apparurent. Cette sorte de projecteur holographique révéla une bataille titanesque entre des dizaines et des dizaines de croiseurs qui faisaient feu de tous bords. Les carcasses brulées flottaient entre les chasseurs qui s’acharnaient dans un combat les dépassant. Le profil d’une partie de ces appareils écarta un court instant les autres pensées de Ralato :
C'est la Flotte mentale ? Ils sont attaqués ?
Les Nalcœhuaaaaals sont au seeeeervice du FFFFaiseur. Ils pensent aaaavoir gaaaaagné, car notre ami n’est pluuuuus alors ils vieeeeedront jusqu’ici et ils...
L’anneau se détendit puis, d’un coup, se contracta pour exploser en une multitude d’objets translucides qui voletèrent doucement jusqu’à leur place originale. Loyal termina sa phrase en claquant ses mains l’une contre l’autre :
... écraseront les hooommes.
Nalcoēhuals ? Faiseur ? C’est quoi : une autre histoire de domination et de conquête et Fabio voulait empêcher ça ?
Ouuiiiiiiiiiii !
Qu’avez-vous à y gagner ? Et comment réussir là où mon frère a échoué, alors vous étiez avec lui depuis... depuis notre « recrutement » quand nous étions enfants ?
Ralato assemblait progressivement chaque pièce du puzzle, mais il ne croyait pas en l’assistance désintéressée de Loyal ( qui avait par ailleurs déjà évité une fois de répondre à cette question).
Nous vous aimoooonsss ! cria Loyal, les bras en l’air et une bosse déformant son entrejambe.
Ralato resta quelques secondes sans voix devant cette vision. Il ne trouva malgré tout pas de réponse pertinente, bredouillant un...
« Aimer dans le sens... manger ? Ou comme une... attraction d’esprit à esprit  ? »
Cette bosse que le petit bonhomme rondouillard pointait allègrement le destabilisait : que voulait-on donc lui faire comprendre ? Il s’esclaffa alors, tombant à la renverse à la perpendiculaire de son mur et tout s’évanouit soudainement : le blanc omniprésent, Loyal et une majeure partie des objets translucides. Ralato aurait pu croire qu’il avait rêvé si une voix ne s’insinua dans sa tête (faisant fi de ses barrières) et lui susurra la seule explication qu’il pouvait entendre :
« Les ennemiiiiis de mes ennemiiiis sont mes amiiiiis... »
Oui, ça par contre le ministre de la Sécurité l’acceptait comme une réponse plausible. Il s’endormit là-dessus, offrant à son corps et son esprit meurtri une bonne heure de repos.


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RedU T1 Ch27 Ep08

episode367.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 08 : "Piège (2)"

Ralato sursauta une dernière fois. Un ultime spasme, alors que son cœur abandonnait le combat. Le corps non irrigué glissa finalement sur le sol, rebondissant comme au ralenti du point de vue de son détenteur. Ses yeux figés virent distinctement la chimère Stuffy-Quartmac se faufiler à ses côtés pour méticuleusement lui ouvrir la gorge, chose que les sensations de sa peau lui confirmaient. La tâche à moitié effectuée, elle dut s’arrêter momentanément pour se retenir au fauteuil riveté, sans doute à cause de l’impact de quelque objet céleste contre le vaisseau. Ralato, dont la vue devenait floue, découvrit que les sensations de son corps n’avaient pas encore toutes disparu, car les cervicales étaient toujours en place, mais plus rien ne réagissait. La chimère reprit son ouvrage et terminait de couper la carotide droite lorsqu’enfin plusieurs officiers du centre de commandement la maitrisèrent.La lumière ambiante diminua progressivement alors que son cerveau commençait déjà à se refermer sur lui-même, faute d’apport en oxygène. Des petits flashs blancs parcellèrent quelques instants les dernières visions transmises par sa rétine, puis soudain... plus rien, à l’image de toutes les impulsions nerveuses qui se taisaient définitivement.
La mort.
Ainsi, c’était de cette manière que tout allait finir. L’humanité, l’Exode, son frère Fabio, les Forces mentales... tout cela devrait se poursuivre sans lui. Comme dans les légendes urbaines, alors que le néant représentait son unique et ultime horizon, un étrange tunnel de lumière lui apparut. Ralato s’en approchait-il lentement ou cela venait-il vers lui ? Aucune idée, mais le passage s’agrandissait, il pouvait sentir de cette... chose une douce émanation, une paix qui l'appelait à l'ultime repos.
Les Forces mentales avaient souvent suivi ce genre d’expérience dans les esprits des mourants, mais peu, hormis Fabio, avaient réussi à rester assez longtemps pour voir « l’après ». Le voici donc, ce moment où l’âme s’en allait vers l’au-delà, se noyant dans cette attrayante lumière au centre de laquelle cette silhouette rondouillarde lui ouvrait ses bras...
... une silhouette rondouillarde ?
Le corps de Ralato se stabilisa devant ce qui se révéla être un bonhomme assez petit, mais gros, grimé en Monsieur Loyal, comme dans les spectacles de cirque. À la différence que le maquillage de celui-ci épousait trop bien une forme de visage à la limite du caricatural, faite de lignes étirées et d’inquiétantes pupilles noires. Même sa tunique en queue-de-pie présentait quelque chose de faux, de... presque ressemblant. L’autre l’enlaça et lui fit la bise, enfin quelque chose simulant une embrassade, mimant tel un enfant ce qu’il aurait entrevu chez ses parents. Il claqua ensuite une main sur le front de Ralato et le fixa les yeux dans les yeux, un sourire au coin des lèvres. Une voix grinçante monta alors dans la tête du ministre :
Veux-tu viiiivre ?
Oui, pensa Ralato sans réfléchir.
Qu’es-tu prêêêêt à donner en échaaaange ?
Je ne sais pas, je veux vivre. Je veux poursuivre ma tâche.
Bieeeeen, répondit l’autre, énigmatique. Ta répoooÔnse t’engage, nous saaaaurons te le rap’peler.
Puis, aussi simplement que cela, il retourna Ralato sur lui-même, face au néant d’où il venait. Sur un geste de Monsieur Loyal, s’allumèrent alors des milliers, non... des millions de petits objets translucides colorés de toutes sortes et de toutes formes. C’était un océan de lumière dédié aux seuls yeux du ministre de la Sécurité, quelque chose d’une intensité, et d’une beauté, qui dépassait même celle du tunnel devant — théoriquement — l’entrainer dans un monde meilleur.
Il ne pouvait toujours pas bouger, juste penser, mais il entendit très distinctement la bouche de Loyal qui lui chuchota à quelques centimètres de son oreille gauche :
« Nous sommmmes désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours... »
L’ensemble de la vision de Ralato se déforma soudain, s’étirant comme la surface d’un métal liquide qui serait aspiré par un quelconque interstice en son centre. Il entrevit à peine une sorte d’ombre géante en forme de mâchoire de cauchemar le happer, puis plus rien.
Ralato ouvrit les yeux.
Il se tenait debout, dans la salle de commandement du croiseur mental. Sur les parois aux verres fendillés, un gigantesque trou noir apparaissait au centre d’une spirale de poussière et de pierre. Cette singularité improbable, œuvre d’un piège souriant, n’était destinée qu’à le détruire, lui. La simplicité du plan lui apparut : d’abord des membres des Triades accumulant durant des semaines suffisamment d’antimatières aux abords d’une naine bleue pour déclencher une réaction en chaine. Ensuite, le choix des coordonnées par le Stuffy-Quartmac souriant pour que les radiations empêchent le Compresseur de s’initialiser, son multi clonage pour prendre la relève alors que cette chimère mourante s’engageait dans un suicide. Et quelques preuves d’un passé déjà connu des Souriants pour l’appâter.
Devant lui, les opérateurs et le Stuffy-Quartmac le regardaient, tétanisés. Il se demandait pourquoi, lorsqu’il sentit soudain ses bras se baisser... pour recoller sa tête. La violente inspiration de ses poumons brulants manqua de le faire tomber tandis que toutes ses sensations lui revenaient d’un coup. Son cœur lui hurla la douleur de sa guérison forcée, ses côtes se ressoudaient alors que sa gorge pleurait à la suite de sa cicatrisation contre nature ; tout son corps lui rappela que tous deux vivaient une impossible résurrection et qu’il ne l’appréciait pas.
Par réflexe, Ralato s’accrocha à son siège, un filet de bave lui déborda des lèvres pour se fondre dans le duvet du fauteuil. Son muscle cardiaque battait bien plus vite qu’à l’accoutumée, sa respiration ne semblait plus vouloir finir ses vas et viens, comme si tous tentaient de récupérer les instants perdus. La tête lui tourna encore plusieurs secondes durant lesquelles son cerveau absorba l’afflux de sang frais regorgeant d’oxygène, puis, petit à petit, il reprit le contrôle de ses sens.
« Le vaisseau, il est en danger », fut sa première pensée.
Les grondements se succédaient aux étincelles et aux hurlements des opérateurs qui cherchaient courageusement de retarder l’inéluctable : leur appareil était condamné et eux avec. Grommelant plus que parlant, Ralato éructa quelques mots qu’aucun de ses hommes ne perçût ni n’aurait sans doute compris. Mais les Mentaux possédaient d’autres moyens de communication que la voix. Il se laissa glisser jusqu’à s’assoir dans son siège, puis se synchronisa en une fraction de seconde avec tous les marins et Mentaux présents à bord. Il ne leur envoya qu’un message :
« Avis général, ici le ministre Ralato. Nous allons nous sortir de ce piège, n’interférez pas dans le contrôle que j’exercerai sur vos corps. »
Et comme un seul homme, tous se murent tels des automates, sans autre réflexion que celle d’un spectateur devant un écran de multivision. Ne faisant dorénavant plus qu’un avec chaque membre du croiseur, Ralato se reporta sur le trou noir. Il n’était pas de la pire catégorie, mais suffisamment pour garantir une mort certaine à ceux qui entraient dans sa zone d’attraction. Pour lui échapper et éviter les collisions, malgré les terribles dégâts déjà infligés au vaisseau, il allait falloir plus qu’une bonne organisation interne. Il leva les bras, sans trop être convaincu de ce qu’il faisait et... repoussa les astéroïdes, rochers et fragments qui les menaçaient.
Ce n’était pourtant pas assez.
Ralato inspira un peu plus, gonflant ses derniers alvéoles encore contractés à la suite de sa pseudo mort, et relâcha ses nouveaux pouvoirs sur l’énorme brèche à l’arrière de son appareil. Jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres, des morceaux de titanes, d’alliages ou des fluides de toute sorte revinrent plus ou moins s’agglutiner dans un simulacre de ce qu’ils formaient avant l’explosion. Même plusieurs cadavres congelés de techniciens qui se trouvaient à proximité se réchauffèrent soudainement en hurlant, dans l’espace intérieur recréé.
Les systèmes se réactivaient. Au travers de ses opérateurs, il reprenait le contrôle des tuyères secondaires et la coque redevenait hermétique pour une bonne partie. Se sentant de mieux en mieux dans un corps qui récupérait très vite de son traumatisme, Ralato se lança dans un ballet de mouvements avec ses avant-bras. Alors que des astéroïdes géants changeaient brusquement de direction, les délicats circuits du vaisseau se reconnectaient, les tuyaux ou les antennes se ressoudaient, l’appareil redevenait opérationnel.
Mais cela ne suffira toujours pas pour échapper au piège.
Tout à ses réparations ou au contrôle de ses hommes, Ralato ne prêtait pas d’attention aux agissements de Stuffy-Quartmac. Bien que pétrifié par ce qu’il voyait, le clone sut se reprendre vite en comprenant que Ralato était au centre de toute cette magie. Compte tenu des capacités que le ministre déployait sous ses yeux, tout devenait possible, même l’échec d’un plan si durement préparé. Dans un hurlement débordant d’une rage inattendue, la vieille chimère se jeta sur le miraculé, le couteau visant l’orbite gauche pour atteindre l’intérieur du crâne.
« RALAAATOOOOOOO  ! »
Ralato ne détourna pas son attention, tout juste leva-t-il un petit doigt au milieu d’autres mouvements et ce ne furent que quelques fragments d’os un peu rouges qui tachèrent son pantalon. L’arme traditionnelle roula sur le sol et termina sa course contre le support du fauteuil de commandement. La chimère s’était littéralement désintégrée en l’air, comme passée au tamis de mailles moléculaire.
L’ultime miracle se produisit peu après, quand tous perçurent le ronronnement du compresseur, quelques secondes avant que l’engin ne s’élance entre les dimensions. Les coordonnées de milliers de sauts interdimensionels avaient été préalablement injectées dans les puissants calculateurs du vaisseau, incapables de fonctionner au milieu des interférences propres à la zone du trou noir. Les nouveaux amis de Ralato lui avaient offert ce cadeau comme gage de leur bonne volonté.
Une poignée de secondes plus tard, alors que le croiseur réapparaissait en orbite de TB-01, Ralato ne put s’empêcher d’admirer la mer de formes translucides qui imprégnait l’espace face à lui. On aurait pu croire que son vaisseau glissait sur elle, tels les anciens bateaux naviguant sur les océans. Une petite voix grinçante monta dans sa tête, rappel d’une promesse de pouvoir infini :
« Nous serons désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours... »


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RedU T1 Ch27 Ep07

episode366.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 07 : "Piège (1)"

Je te demande pardon ? C’est de l’humour souriant ?
Hé non, mon grand. Te souviens-tu que nous en avions parlé avec un ancien dans son échoppe du centre urbain ? Cela s’était révélé un piège, mais en creusant dans les archives de la communauté, pour rechercher des informations sur l’au-delà de la Passe de Magellone, je suis tombé sur des choses...
Il manipula la même commande dans son vêtement et le premier hologramme se réduisit, laissant large place à...
Une frise temporelle ? s’en amusa Ralato. Tu comptes me donner un cours d’antiquité ?
Pas exactement. Mettons plusieurs faits côtes à côtes : notre histoire remonte à cinq-cents années environ, une interdiction de l’archéologie sévèrement tenue par le pouvoir royal, et maintenant par la république, bloque toute velléité de connaitre le passé plus lointain. Nous avons, tous les deux, découvert sur Talbot d’anciennes galeries creusées artificiellement aux traces antérieures à la période autorisée et dont les proportions ne nous sont pas communes.
Plus proche de nous : la structure même des Forces mentales, et du parcours individuel de chaque Mental, implique que dès les tous débuts, ils furent acceptés et intégrés par les populations. Or ce n’est pas logique, ils auraient dû être ostracisés un moment, comme toute branche humaine différente. Aucune trace de cela, même dans les archives des Forces mentales qui remontent à... cinq-cents ans. Tout juste évoque-t-on des sortes de mercenaires-Mentaux qui parcouraient la planète que le roi d’alors regroupera sous l’égide des Forces mentales.
Tout en s’expliquant, Stuffy se redressa et effectua quelques pas au travers de la représentation.
Je ne te parle pas ici de ces légendes de surhommes à faire pâlir même ton frère Fabio, des nombreuses preuves scellées, dissimulées, voire détruites par la royauté aux quatre coins de MaterOne — ici aussi, figure-toi.
Et enfin, réponds donc à cette question : si l’être humain est une créature ayant plus de cinq-cents années, et malgré l’interdiction de l’archéologie, pourquoi aucune trace de sa civilisation passée ne subsiste-t-elle ? Je ne sais quels murailles, lieux de culte ou viaducs plus anciens, vestiges d’un passé où nous nous serions développés ?
Il se redressa face au ministre en montrant du doigt le début de la frise.
Ralato : nous ne sommes pas apparus sur MaterOne telle une génération spontanée il y a cinq-cents ans, avec des vaisseaux spatiaux et une civilisation aboutie ! Nous avons conquis cet endroit à l’aide de Mentaux !
Le ministre observait le clone de son ami expliquer avec une certaine fébrilité sa vision de l’histoire cachée de l’humanité. Certes, le sujet était intéressant et aurait mérité d’ouvrir lieux et archives à des spécialistes, cependant, la situation actuelle demandait de concentrer ses efforts sur d’autres questions. Ralato se redressa à son tour, le rejoignant :
Tu as peut-être en effet mis la main sur un tigre-loup... mais j’ai besoin que notre économie redécolle maintenant, avant que chacun ne se décide à créer un petit pays indépendant tout seul dans son coin. Et les Souriants en ont la clé avec les fonds bloqués.
La chimère de QuartMac sourit, un peu par résignation, un peu parce qu’elle devait connaitre par avance la réponse du ministre.
Oui... toujours s’inscrire dans le temps présent, hein, mon Ralato ? Un jour, en raison de tes nouvelles fonctions, tu sauras voir au-delà du court terme. Il glissa ses avant-bras dans ses manches puis poursuivit :
Je m’occupe de débloquer les fonds, mais en échange, peux-tu venir visiter avec moi un lieu à quelques encablures d’ici ? C’est une ultime preuve très impressionnante et tu repartiras après avec une copie de toute la documentation que j’ai récoltée patiemment. Tu pourras l’étudier plus tard à ta convenance.
Le ministre regarda une dernière fois la frise qui flottait dans les airs au-dessus du duo. Oui, que se trouvait-il derrière les trois petits points avant les cinq-cents premières années de la civilisation ? L’idée lui traversa même l’esprit que c’était peut-être cela que cherchaient Poféus et Fabio durant la révolution Castiks. Il baissa la tête vers Stuffy et ne vit qu’un vieux semi-Souriant qui patientait calmement dans l’attente d’une réponse, alors qu’il venait de présenter plusieurs longs mois de furetage intensif.
Ralato accepta donc le marché, mais sous la seule réserve que le duo ne se déplace qu’à bord du croiseur mental. Une navette avec le plein permettrait au chef des Triades de revenir par ses propres moyens, alors que le ministre poursuivrait ensuite son chemin en direction MaterOne.
Son hôte répondit, énigmatique :
« Biànlùn Bei guānbì, le débat est clôt. »

*

« C’est une merveille de technologie, dis-moi. Très impressionnant ! »
Les yeux de Stuffy Souriant se baladaient sans arrêt de droite à gauche, posant question sur question pour chaque organe, chaque élément de structure quand il n’interrogeait pas directement un opérateur au travail devant une console. La consigne avait bien circulé et tous attendaient le hochement discret de tête de Ralato pour répondre. Stuffy avait beau être un de leurs anciens collègues, et même une légende dans les Forces mentales, la nouvelle de l’attentat mutualiste avait relativisé les limites de sa fidélité supposée.
On apporta au ministre un relevé des cartes de la destination, selon les coordonnées du chef souriant. Un petit champ d’astéroïde, il faudrait naviguer aux radars, mais l’engin dernier cri dans lequel ils voyageaient savait gérer ce genre de choses. À priori, aucun danger n’était à redouter tant qu’ils resteraient dans le croiseur. Tout heureux de discuter technique multispatiale avec un des ingénieurs, Stuffy semblait vraiment plus s’amuser à découvrir un nouveau jouet, qu’ourdir un quelconque complot. De plus, il venait avec eux donc normalement, si piège il y avait, ce serait plus subtil qu’un simple trou noir dissimulé par les Souriants.
Où est-il prévu que je m’assoie ? Tu comprends, à mon âge... hé, hé, hé !
La phrase ramena Ralato dans le centre de commandement du croiseur. Il trouva une solution rapide à cette question sensible :
La Transition ne durera qu’une petite minute. Tu prendras mon fauteuil et je resterai debout à tes côtés, cela te convient-il ?
Parfait ! J’allais justement te demander ne pas t’éloigner, car ma vieille voix m’empêche de crier. D’ailleurs, je crois avoir entendu que les discussions mentales internes étaient soumises à une règlementation stricte ?
En effet, elles dépendent du poste ou plus exactement elles ne sont autorisées qu’entre certaines zones. C’est le boulot des amplificateurs, ils permettent de dialoguer tout le long du vaisseau, mais en contrepartie ils bloquent toute communication hors des clous.
Prépare-toi, nous partons...
Un petit ronronnement lointain se fit ressentir quand le Compresseur de dernière génération s’activa et, immédiatement, les vagues colorées de la traversée en Transition remplacèrent l’espace féérique de la nébuleuse. Le voyage allait les emporter dans l’extrémité inférieure du nuage principal de Talbot, un endroit peu riche en Lithium et assez déserté des colonies minières (ce qui, vu les dimensions de l’ensemble, laissait présager l’absence totale de présence humaine).
L’écran supérieur égrenait un compte à rebours qui touchait déjà à sa fin. Stuffy se pencha vers Ralato pour lui chuchoter discrètement :
Tu vas être impressionné. Les artéfacts trouvés là-bas valent vraiment le détour. Je tenais à ce que tu les vois personnellement avant de rentrer.
On va les admirer ensemble, puisque tu sembles adorer me servir de guide, répondit l’autre un sourire aux coins des lèvres.
Hé, hé, hé. Tu vas comprendre. Attention, nous arrivons.
Les couleurs de la Transition s’estompèrent pour laisser place à... un cauchemar. De puissants éclairs zébraient le firmament, alors que des vents stellaires balayaient le vide en entrainant des amas de météores dans une farandole follement dangereuse. Les rares moments où le croiseur mental réussissait à se stabiliser, l’espace censément obscur n’était lui-même qu’un malström sans logique, rayé d’explosions et de flashs lumineux.
Toutes les alarmes rugirent en même temps à la présence proche d’un trou noir d’une catégorie élevée, générateur de cet intense chaos ! Le vaisseau se cambra alors que certains opérateurs basculaient de leurs chaises pour glisser le long des coursives et Ralato ne put que s’accrocher à son fauteuil, à quelques centimètres du Stuffy souriant.
MAIS QU’EST CE QUE C’EST QUE CELA  ?
Je t’avais déjà dit que tu étais trop prévisible, mon Ralato, lui répondit l’autre d’une voix toute différente.
D’une vivacité que son état ne présupposait pas, le clone sortit une longue lame rituelle effilée et la planta à la hauteur du cœur de Ralato ! Celui-ci ouvrit les yeux, inspirant instinctivement sa dernière bouffée d’air alors que Stuffy, de son autre main, activait un connecteur de sa manche libre.
Dans le hangar, l’antimatière dissimulée à l’intérieur du réservoir de lithium fut libérée de son champ de confinement. La fusion des atomes et de leurs opposés déclencha une éjection d’énergie d’une intensité fabuleuse malgré les quantités impliquées. La rage de l’explosion emporta l’endroit ainsi que presque un tiers du puissant croiseur, dépressurisant des pans entiers de couloirs et de ponts, congelant ou asphyxiant toutes les personnes présentent sans équipement.
Au centre de commandement, Ralato glissait le long du fauteuil sous les tremblements consécutifs de la déflagration. La poigne des bras noueux du Stuffy souriant le maintenait, malgré tout, bien enfoncé sur le couteau :
... que... Stuff...
Je ne suis pas Stuffy. Je ne suis que l’un de ses multiples clones et nous allons tous mourir ici.
D’un coup de poignet, il tourna le couteau traditionnel souriant sur lui-même, sectionnant définitivement les valves du cœur du ministre mental.


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RedU T1 Ch27 Ep06

episode365.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 06  : "Talbot"

Plusieurs ouvertures se dégagèrent à la base de l’immense croiseur qui s’approchait de la brume en surface de TB-01 et de puissants compensateurs de gravité s’activèrent alors, repoussant sans ménagement les nuages de Lithium. À une poignée de kilomètres, faisait face la cité administrative et minière de Kyuang, large métropole flottante au milieu d’une nuée infinie. Le dernier appareil de l’armada mentale encore en activité dans cette partie de l’univers venait troubler la quiétude toute relative dans ce centre urbain de la Nébuleuse de Talbot, haut lieu de la production si cruciale du Lithium.
De nombreux badauds s’amassaient le long des baies vitrées géantes de la ville pour assister à ce spectacle. Les gros cargos transportant le gaz liquéfié restaient invariablement hors de l’atmosphère, pour des raisons pratiques comme de sureté, et même les convois de voyageurs opéraient par rotations de navettes depuis l’orbite spatiale. Mais là, le ministre de la Sécurité de l’humanité, Ralato Ouli, ne voulait pas prendre de pincettes. Un État montrait toujours plus facilement ses muscles quand il était affaibli et c’était le cas en ce moment ; entre la terrible crise économique qui frappait la civilisation et l’instabilité psychologique (qui finissait par se savoir malgré ses efforts) de son Chancelier suprême, seul Ralato tenait les rênes de ce qui fonctionnait encore. Il ordonna au commandant de réaliser un accostage directement contre la ville et d’ouvrir le large sas extérieur. Ce fut donc accompagné d’une petite poignée d’agents de sécurité mentaux, en uniformes tirés à quatre épingles, qu’il effectuât ses premiers pas sur la cité souriante.
De nombreux officiels attendaient sur le promontoire, tous porteurs d’un indispensable casque respiratoire. Si la planète était habitable d’un point de vue atmosphérique ou gravité, l’organisme humain ne pouvait survivre plus de quelques secondes à son air saturé de gaz. Peu importait, il suffisait alors d’un équipement simple et d’une paire de gants souples pour se déplacer hors de l’enceinte protectrice de la ville, comme pour les travailleurs des raffineries auxiliaires qui recouvraient TB-01, par exemple.
Ralato contempla quelques secondes la mer de nuages au-dessus de laquelle flottait la station. Celle-ci touchait l’horizon de son duvet cotonneux, tandis que les couleurs fauves du ciel se mélangeaient au gré de la nébuleuse vers laquelle la rotation de la planète l’emportait. Le lieu offrait un opéra féérique aux yeux de l’observateur naïf, pourtant c’était ici que lui et l’agent Stuffy avaient violemment affronté le redoutable maitre mental Monsieur Heir et ses élèves Hou Niáo et May Rui Yan. Une cascade d’évènement s’enchainèrent à la suite de cette bataille, aboutissant à la chute du même Monsieur Heir et à la disparition du Stuffy d'origine. C’était durant ces évènements que les hallucinations de Ralato concernant des petits objets translucides avaient commencé et cela ne s’était jamais vraiment arrêté. Ce n’était pas permanent, plutôt... récurrent.
Stuffy s’était préalablement dupliqué quatre fois, dans des corps du professeur QuartMac, en prévision de leur combat final avec le maitre mental. Il offrit ainsi à Ralato l’aide précieuse de collaborateurs loyaux qui s’empressèrent de remplacer Heir chez les Souriants et les Mutualistes ainsi que Ralato — devenu ministre — chez les Forces mentales.
Aux dernières nouvelles, le terrible attentat de « la rue du Mur » était officiellement attribué aux Mutualistes (le doute n’était de toute façon pas vraiment permis) ; lors de sa dernière communication, l’ultime Stuffy officiant au ministère avait garanti qu’il allait s’en occuper personnellement. Pas de nouvelles depuis, mais Ralato avait confiance et se préparait d’abord à sa rencontre prochaine avec le Stuffy à la tête des Souriants. Des rapports inquiétants exprimaient des soupçons quant à sa loyauté envers ses anciens amis et le compte rendu du Professeur QuartMac, évoquant les modifications possibles de la psyché des chimères non matures (comme celle des Stuffy), n’arrangeait rien. En résumé, Ralato ne savait pas à quoi s’attendre, sinon à des relations bien différentes avec ce Stuffy-là, en comparaison de sa précédente venue en ces lieux.
Une fois les salutations d’usage accomplies, un convoi de plusieurs véhicules aux vitres teintées conduisit le ministre à la mairie pour une première réunion de travail... parfaitement simulée. Car, dès son entrée dans le bâtiment, on lui présenta une discrète sortie où patientait un second transport en provenance du croiseur mental. À ce jeu de passepasse, Ralato se retrouva au sous-sol d’une résidence luxueuse, à l’extrémité nord de la cité. Ce fut face à une imposante porte de bois rouge que cessa son périple. Elle était incrustée de moulures et de bas reliefs racontant certaines scènes épiques de la colonisation de Talbot et des symboles souriants, très abstraits pour Ralato, en ponctuaient les angles. Alors qu’il cherchait un quelconque carillon, une voix frêle et toussotant monta de derrière le battant, l’invitant à entrer.
Ralato s’exécuta.
Si ses informations étaient exactes, et elles l’étaient, il s’agissait d’une des salles de réunion des Triades, ces redoutables organisations mafieuses qui régissaient l’économie souterraine (et pas uniquement) de la culture souriante. Ambiance tamisée et délicates tentures, les tons rouges et ocres dominaient entre ces quatre murs soutenus par les massives statues des divinités ancestrales représentant une tortue-serpent, un tigre-loup, un chauve-phénix et un dragon. Au centre de la pièce, sous un cône de lumière crue, en tenue traditionnelle, la chimère de QuartMac (Stuffy Souriant) invitait les nouveaux venus à s’assoir à ses côtés.
« Ralato, ministre ! Savoir certaines choses ne signifie pas en prendre une complète conscience : te voir en chair et en os dans cette nouvelle fonction me ravit, entonna avec autant de joie possible le Stuffy souriant. Excuse ma forme quelque peu décrépie, viens donc dans mes bras, espèce de génie  ! »
Dubitatif, le chef des Mentaux s’approcha, sous l’œil inquiet de ses gardes, et s’agenouilla en enlaçant le clone de son vieil ami.
C’est bon de te revoir aussi, vieille branche. Laisse-moi te regarder... ouais, on ne peut pas dire que ton corps soit plus solide que les autres. Tu comptes en changer ?
C’est en effet prévu. QuartMac m’avait confié les graines d’une chimère de Stuffy toute neuve. Il arrivera bientôt à maturité et je pourrais gambader comme un jeune loup au printemps !
Il ajouta sur le ton de la confidence :
Je peux d’ailleurs t’assurer que certaines dames du cru chauffent leur literie avec impatience, hé hé hé  !
Ralato sourit de bon cœur à l’anecdote. C’était bien l’esprit du Stuffy qu’il avait connu, avec cependant une diction plus soutenue et un quelque chose de chantant dans la voix. Peut-être que tous ces rapports et ces théories échafaudées durant son voyage n’étaient qu’inquiétudes mal placées ?
Raconte-moi donc de vive voix tes tribulations souriantes, lança Ralato, en indiquant à ses gardes de se faire plus discrets. Comment s’est passée l’intégration ?
Mieux que très bien, répondit l’autre, amusé. Il leva la main en un signe à destination de ses domestiques et deux jeunes femmes s’empressèrent de servir une collation. Je représente Poféus, celui qui a tué l’ancien chef, donc je suis à mon tour le chef des Triades. Un peu tribal, mais ce fut très efficace dans notre cas. Je te conseille le thé au jasmin, c’est une merveille.
Merci. Et, dis-moi, que penses-tu de l’attentat mutualiste de la Rue du Mur ? demanda Ralato en soulevant sa tasse brulante.
Bien évidemment, sous une apparente décontraction, lui et ses hommes étaient tendus comme des arcs. La question était posée dès le début de la conversation et les réactions de leur hôte seraient scrutées à la loupe. Celui-ci reposa la tasse qu’il venait pourtant de prendre, cachant presque l’expression de son visage dans l’ombre.
Je... je ne comprends simplement pas. Jamais je n’aurais imaginé un tel acte, en tout cas pas de la part... de moi-même !
Il avait pratiquement crié cette dernière phrase, dissimulé comme pour couvrir une honte, qui n’avait par ailleurs pas de raison d’être.
Rassure-moi, Stuffy... notre Stuffy, celui resté avec toi, il est... parti le voir ? poursuivit-il. On a des nouvelles ?
Aucune, non, répondit posément le ministre en trempant le bout de ses lèvres dans son breuvage fumant. Je te tiendrais au courant. Sinon, autre petite question, en passant...
Il reposa sa tasse et sembla s’intéresser aux serviteurs qui s’affairaient derrière l’étroit passage obscur entre les tentures :
D’après nos analyses, la crise économique a été amplifiée par le retrait d’une quantité impressionnante d’avoirs et de participations de plusieurs filiales des banques souriantes. Je me suis demandé si tu en savais quelque chose et si tu pouvais voir à les réinjecter dans le système financier ? Cela représente un chiffre avec de nombreux zéros... une jolie somme, donc.
Oui, j’en suis conscient. C’est sous mon ordre direct que cela s’est produit, répondit l’autre en se redressant comme si cette phrase en elle-même lui permettait de regagner de sa dignité perdue.
Il s’agissait de faire exactement ce que tu viens de dire : mettre cet argent à l’abri pour le réinvestir ensuite.
Moins de quatre secondes après l’explosion des bombes à antimatières ? insista Ralato sèchement.
Cette fois, la tension devenait quasiment palpable dans la pièce alors que les statues des immobiles dieux souriants riaient sous les jeux de lumière.
Doctement, ce fut le Stuffy souriant qui brisa le silence :
Paix, Ralato. Je n’ai trahi personne. J’ai eu... on dira que les Souriants ont eu une information moins de vingt minutes avant que cela ne se produise. J’ai donc pris la décision de préparer « le après ». Voilà, c’est aussi simple que cela.
Et tu n’as pas pensé à nous prévenir ? insista Ralato, toujours aussi inquiet, même si la pression amorçait une forme de décrue.
C’est Stuffy qui m’a répondu, il m’a alors précisé qu’il allait envoyer une équipe sur place. Mais cela ne fut pas assez rapide... je lui accorde qu’il ne restait que dix minutes, c’était peu pour stopper une mécanique mutualiste.
Ralato demeura silencieux. Il confirmerait cette version avec le Stuffy du ministère dès qu’il reprendrait contact. Pour l’instant, à par offrir à un clone de son ancien ami le bénéfice du doute, il ne voyait pas quoi faire d’autre. Celui-ci reprit d’ailleurs la parole.
Quitte à sauter de la chevrette-limace à la croasouris, mon message pour t’inviter ici datait de bien avant cette histoire. Et, aussi terrible soit celle-ci, ce que j’ai à te montrer est... encore plus impressionnant. Cela relève des fondamentaux de notre civilisation.
À ce point-là ?
Regarde...
Il appuya sur un bouton dissimulé dans sa manche et un hologramme de rocher géant s’afficha en représentation tridimensionnelle devant eux. De multiples galeries en sillonnaient l’intérieur de part en part.
Stuffy souriant ne chercha pas à ménager son effet et déclara sans ambages à Ralato :
« Nos ancêtres ont volé la terre d’une ancienne population extraterrestre et en voici la preuve irréfutable. »


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RedU T1 Ch27 Ep05

episode364.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 05 : "Pugilat divin"

Fabio se retint de sermonner le chat installé à ses côtés : le Faiseur savait parfaitement ce qui allait arriver. Il avait aiguillé Fabio sur la grossesse d’Adénor pour qu’il envoie Phil lui parler, libérant ainsi la place pour la venue de l’avatar de Godheim.
Parmi les secrets que tout le monde semblait avoir envers tout le monde, le Faiseur voulait que l’Empereur-Dieu (le précédent Passeur) ignore sa nouvelle forme physique dans cette réalité. En fait, il ne désirait que des contacts indirects ou anonymes avec lui.
Gandhi poursuivit tout en s’approchant du canapé et de Vivagel-Faiseur :
« Je viens échanger avec toi… mais permets-moi d’aller m’installer entre ces coussins, mhmm...
Aaah ! La vie d’un dieu n’est pas de tout repos et les quelques moments de douceur disponibles sont toujours bons à prendre. Salut le chat, comment vas-tu ? Tu me montres ton ventre, hé, hé, hé, d’accord pour quelques grattouillements... »
Tout en assistant à la scène surréaliste de l’ancien Passeur caressant l’abdomen du Faiseur, Fabio ne put que se demander jusqu’à quel point l’androïde de Godheim pouvait jouer la comédie du « petit vieux fragile ». Piloté à plusieurs millions d’années-lumière depuis la planète Monte-Circeo, le vrai Godheim mélangeait chair synthétique et rouages électroniques sous une forme de phallus géant, dressé au cœur d’une grotte. De là, il rayonnait par canaux multidimensionnels sur tout son immense empire dit « de Ragnvald » où il régnait en despote éclairé, imposant son adoration comme seul credo possible à des milliards d’êtres vivants (humains pour la plupart, mais quelques Nalcoēhuals également).
La fusion de sa religion avec celle de Phil et Adénor, dans ce qu’il était convenu désormais d’appeler « L’Incomparable Trinité » (comprenez Godheim, Phil et Adénor), avait finalement réussi à étendre encore plus son pouvoir. Elle intégrait, de fait, l’Exode et la future colonie d’Antarès IV dans le giron plus ou moins direct de Ragnvald.
Il devait, dans le même laps de temps, gérer plusieurs millions d’autres évènements parallèles au travers de l’univers. Pourtant, il était aussi présent là, à simuler des rhumatismes et à caresser un chat, affichant une émotion attendrie que le réel cyborg ne ressentait probablement pas.
Un comédien né, certes, mais qui ne faisait jamais rien sans but. Quel était donc celui de sa visite ici ? Fabio s’en ouvrit à lui :
« Tu voulais me parler de « Passeur à Passeur », disais-tu ? J’ai peur de ne pouvoir t’être très utile de ce côté-là, n’ayant que peu de...
... quoique, peut-être sais-tu ce qui m’est arrivé lors de la dernière bataille ? »
L’autre n’arrêta pas de caresser le chat, se contentant d’un regard en coin qui ne dissimulait pas une certaine malice. Fabio connaissait suffisamment l’individu pour y reconnaitre une invitation à poursuivre...
Bien sûr... tu es ici à cause de ça. C’était le pouvoir du Passeur qui s’était déclenché là-bas, n’est-ce pas ? Mais comment est-ce arrivé et pourquoi ?
C’est quelque chose qui t’est naturel, répondit tranquillement l’androïde. Penses-tu à respirer, réfléchis-tu à chaque pas lorsque tu marches ? Ce pouvoir, tu y as déjà fait appel auparavant, c’est évident, mais je ne l’avais pas détecté, alors que là j’ai eu la chance d’être aux premières loges. Enfin... uniquement en tant que spectateur, dois-je préciser.
Fabio n’était guère avancé. C’était intéressant, mais il aurait aimé des explications plus pratiques sur la méthode d’accession à cette puissance.
Déjà, fais appel, dis-tu... je dois me concentrer comment ? Me focaliser sur quelle capacité particulière ? Bref, comment cela se déclenche-t-il ?
L’oiseau n’apprend à voler qu’en s’élançant dans le vide. C’est la même chose pour les premières manifestations de ce pouvoir : lorsque tu n’as plus de choix, que tes facultés héritées des Titans sont à leur limite, voire inexistantes, tu exploites les ressources du Passeur. C’est aussi simple que cela.
Le Mental blond ne trouva pas autre chose à faire que de s’assoir sur le large accoudoir du canapé, aux côtés de l’androïde. Il était suffisamment rodé aux techniques psychiques pour parfaitement comprendre ce qu’entendait par là son interlocuteur. Avoir des aptitudes ne signifiait nullement être susceptible de les utiliser. Les Mentaux en étaient l’exemple frappant et son élève Onawane la parfaite démonstration.
Je veux bien m’entrainer pour maitriser ce qu’être Passeur m’autorise à faire, mais sans indication précise je me sens démuni. Puis il ajouta, sur le ton de la confidence : comment cela était-il arrivé pour toi ?
Mhmm... ce fut compliqué. Disons que, progressivement, je contrôlais certaines petites ouvertures, découvrant (ébloui, il faut l’admettre) les multivers que seule la théorie mathématique m’avait alors permis de connaitre. C’est ainsi que j’apparus à leurs yeux.
Leurs... les Titans, c’est cela ?
Oui. Et ils m’ont berné, comme toi, mais d’une autre manière. Je les ai autorisés, aidés, à venir...
QUOI ? Tu as laissé les Titans entrer dans cette dimension ? Si... si je me souviens bien du spectacle qu’ils nous avaient montré dans le cirque délirant, les humains et... probablement les Nalcoēhuals ont su profiter du Passeur pour pénétrer notre univers. C’était donc toi  ?
L’avatar leva la main comme s’il appelait au calme. Il lui répondit posément, d’une voix étrange :
Ils ont mélangé les occurrences de plusieurs époques. Ce spectacle n’était destiné qu’à vous offrir leur version des évènements consécutifs à l’arrivée de notre race sur Véora-MaterOne. Ce que je te raconte, moi, s’est déroulé bien avant, comme préalable au second Exode de l’humanité.
Stop ! intima un peu trop vivement Fabio. Les informations venaient toujours trop vite ou trop lentement quand il s’agissait du Faiseur ou de l’Empereur-Dieu, il préféra résumer rapidement :
Nous ne sommes donc pas originaires de MaterOne ? Merci de confirmer ce que tu n’avais que suggéré sur Monte-Circeo... les Titans étaient déjà là à nous tourner autour depuis un moment, deuxième nouvelle du jour et tu parles d’un second Exode ? Nous en serions au combien... troisième ?
C’est cela. Il y a eu celui de Moïse, il y a maintenant le tien et il y eut celui... de Marenkof.
Le chat se retourna brusquement sur ses pattes et bondit négligemment sur les frêles genoux de l’avatar, virant quelques secondes sur lui-même pour s’y rouler en boule. Le silence qui suivit ne fut perturbé que par les ronronnements décidément peu discrets du félin. Toujours sans se douter de qui se trouvait réellement devant lui, Gandhi poursuivit.
À chaque nouvelle génération, il semble que les Titans améliorent leur stratégie. D’après le Faiseur, j’ai été le premier humain à accéder au rang de Passeur, tu es le second, peut-être avons-nous quelque prédisposition à cet honneur... en fait, j’ignore comment ce « rôle » est distribué et si les Titans savent mieux se jouer de nous que d’autres races ?
Oui, je le présenterais plutôt comme ça !
Alors que Gandhi se contentait d’élargir son sourire, tout en caressant le félin, Fabio dressa l’oreille : le Faiseur entrait dans la conversation. Déjà qu’elle était complexe, cela n’allait pas s’améliorer.
L’être divin, dont seule la voix résonnait dans les têtes, poursuivit :
Je ne fais que survoler le coin, mes loulous, mais c’est vrai que deux Passeurs au même endroit, ça intrigue. Alors Anton, si tu proposais à Fabio ton deal, plutôt que de te muer en chroniqueur historique ?
Je mettais en place le contexte, Faiseur, répondit l’autre à voix haute. Nous sommes ainsi, nous les humains, il nous faut comprendre pour décider.
Oui. Côté décision, tu as effectivement un passif magnifique... mais d’accord. Fabio, es-tu bien dans le contexte ? (J’abrège parce qu’Anton peut souvent être ennuyeux à mourir.)
Heu... oui, je pense… bredouilla le Mental, pas certain de tout saisir, justement.
Cette fois, l’avatar de l’Empereur-Dieu Godheim cessa de caresser Vivagel et regarda le Mental blond les yeux dans les yeux, comme il ne l’avait encore jamais fait. Même s'il s’agissait probablement d’une nouvelle astuce pour orienter les choix de son interlocuteur, cela impressionnait quand même.
« Les évènements se précipitent. Le plan des Titans atteint sa phase critique et, plus que jamais, tu y joueras un rôle d’une extrême importance. Je veux que tu viennes avec moi. Je sais voyager entre les dimensions sans mes anciens pouvoirs et toi seul peux me suivre.
Je veux enfermer à tout jamais les Titans dans leur dimension ! »
Un petit rire retentit aux oreilles du duo, le tout-puissant Faiseur se moquait une fois de plus de la courte vue de celui qui représentait, malgré tout, le plus ancien humain ayant jamais vécu et côtoyé les dieux.
Au lieu de tirer des plans sur la comète, pourquoi ne pas prévenir tes alliés, les exodés, de ce qui approche ?
Je leur ai dit de s’en aller, rétorqua Godheim. Ils en ont tenu compte et le départ vers Antarès IV devrait intervenir dans les prochaines minutes. C’est inutile de développer avec eux, sous peine de leur offrir d’autres options qui seraient regrettables.
Fabio suivait vaguement, n’arrivant plus à connecter les informations multiples de ceux qui, visiblement, en savaient bien plus que ce qu’ils partageaient à voix haute.
Vous pensez m’expliquer à un moment ou à un autre  ? demanda-t-il, l’exaspération montant lentement, mais surement.
Sauf qu’ils ont bien compris que Fabio leur échappait, poursuivit le Faiseur, ignorant totalement l’intervention précédente, ils se sont déjà tournés vers quelqu’un que tu n’attendais pas. Même toi, tu ne peux suivre ceux qui n’ont pas l’expérience du Temps, car ils ne connaissent pas de limite !
Si ce que j’ai imaginé peut se produire, rugit Gandhi, une colère rentrée perceptible dans la voix de l’androïde, alors leur riposte restera lettre morte. On peut les vaincre, faut-il encore que tu acceptes cela !
Tu vas empirer la situation, vieil obsédé, laisse donc faire les grands ! Fabio, nous en reparlerons plus tard, ne t’inquiète pas.
L’avatar se retourna brusquement à la suite de cette dernière phrase, juste à temps pour croiser le regard du Mental blond qui passait l’entrée du logement. D’une expression plus désabusée que contrariée, il déclara simplement aux deux protagonistes :
« Quand vous en aurez assez de tenir les autres à l’écart de vos petites combines, prévenez-les ! »
Et il claqua la porte.
Gandhi resta quelques secondes immobile, puis soupira en s’enfonçant dans le dossier du canapé.
Tu es trop prétentieux, Faiseur, même pour un dieu.
Et toi tu fais chier, même pour un humain ! répondit la voix, visiblement agacée.
L’avatar de l’Empereur-Dieu reprit la caresse du chat roux qui somnolait sur ses cuisses. Derrière la certitude de la réussite de son plan, il activait frénétiquement ses banques de données réparties dans tout l’empire de Ragnvald sur cette terrible information : qui les Titans avaient-ils choisi comme nouveau héraut ?


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RedU T1 Ch27 Ep04

episode363.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 04 : "ExOne Media (2)"

Alors, étant donné que le sujet des stocks vient d’être déjà évoqué et censu... on dira... heu...
Ragnvald s’occupera de tout, Ted. Ce n’était pas assez clair ?
Okay, Commandante Onawane... donc, bref, nous passons à la suite. Quelque chose de plus consensuel, je veux parler de Phil et Adénor, deux têtes de la Sainte Trinité. Lors d’un précédent voyage sur Transporteur 3, j’ai eu l’occasion d’interviewer le nouveau « grand Pope » de cette vaste plaisan... religion, Titus Matrane.
La régie ? Allez-y...

Nous voici donc dans le quartier que l’on nomme « TrinityLand », c’est ici que sont regroupés les organes idéologiques de référence et ce qui correspond le plus à une hiérarchie de la religion du Rablerane. Autant dire que tous les gens que nous croisons ici ont le petit livre à la main, moi aussi, je l’avoue... mais je suis ici pour... d’autres raisons.
Nous avons rendez-vous avec le grand Pope et... ha ? Sa porte s’ouvre devant nous... Gandhi ? vous êtes de passage, ici ? Une déclaration pour ExOne-Média  ?
Journaliste Maos’n, c’est un immense plaisir pour moi de vous voir exécuter votre pèlerinage en ces lieux. Cela dit, la liturgie du Rablerane, que vous portez dans votre main (celle qui ne tient pas de micro), semble vous être étrangère. Comment s’adresse-t-on à un Dieu ?
Oh ! hem... au temps pour moi. Alors... genoux à terre, … bras levés... Je reconnais la Sainte-Trinité comme seule et unique, merci pour toute notre... notre vie-machin et que ça dure tout le temps pour les siècles des cycles et merci encore.
... j’ai, peut-être, sauté une partie.
Ted ! Ce n’est pas du tout la bonne manière de se présenter ! Votre Grandeur, pardonnez-moi. Je n’ai pas été à la hauteur de la tâche qui m’incombe dans sa formation. Mais je compte me racheter à vos yeux sans attendre.
Ted... dans le bureau ! Pardon encore votre Grandeur, que votre lumière rayonne éternellement sur toute chose.
Que cela soit, Pope Matrane. Et que le Rablerane guide toutes et tous. Tachez de vous améliorer, journaliste pénitent Maos’n et je vous souhaite le bonsoir à tous deux.
Merci pour lui, je m’en occupe personnellement... vous verrez... au revoir... au revoir  ! Revenez toujours  ! Il y a une march... Ha oui, merci !

...
TED MAOS’N !
Hum... donc pour ExOne-Média c’est un plaisir de vous rencontrer, grand Pope et...
Bon, mon Ted. Je veux bien m’imposer la patience et la compassion conseillées par la Sainte-Trinité dans toutes les situations, mais il va falloir que tu y mettes du tien, là  ! On ne peut pas taper la claque à l’Empereur-Dieu : on lui doit le respect ab-so-lu !
... je vous remercie pour vos réponses. Alors, pouvez-vous nous résumer en quoi consistent vos fonctions de grand...
Et toi, tu vas commencer par me réciter l’engagement en boucle durant dix-sept minutes pendant que j’exécuterai mes repentances. Allez hop  !
Pfff... tu répondras à mes questions au moins ? Hey, tu fais quoi, là ? Des exercices de musculation ?
... Ce... sont... des repentances... Aller, je t’écoute...
Je suis un mendiant dans l’noir, ils sont friqués et lumineux et l’Incomparable Trin...
... Si tu le fais... mal, tu devras... ... continuer vingt... minutes de plus.
Purée de pois, mais qu’est ce que je fous là  ? C’est vraiment parce que tout le monde nous le demande, crotte !
Je ne suis qu’un mendiant dans le noir, ils représentent ma... ma richesse et ma lumière.
Que l’Incomparable Trinité éclaire à jamais mon chemin et me guide vers le destin-truc qui m’est promis.
Et le monteur, je te souhaite beaucoup de courage pour couper tout ça ! Sinon, Titus-le-Pope, ma question tu l’attaques quand tu veux, okay  ?
Je ne suis qu’un mendiant dans le noir, ils représentent ma richesse et ma lumière.
Que l’Incomparable Trinité éclaire à jamais mon chemin et me guide vers le destin qui m’est promis.
OUF ! C’était la dernière... Donc, mon Ted... pendant que tu continues à... à prononcer tes engagements, je m’en vais répondre.
Quand la lumière est venue, le jour où saint Phil se dressa devant moi pour nous galvaniser de...
 !

L’écran de a s’éteignit d’un coup, entrainant un léger soupir de Fabio. Depuis son canapé, le Mental blond se tourna vers Phil Goud qui reposait la télécommande.
« Elle te sort par les oreilles cette religion, n’est-ce pas  ? »
Cherchant à retenir quelque montée de colère, le lieutenant inspira profondément pour se détendre, puis :
Complètement, lâcha-t-il sèchement. Je n’ose plus mettre un pied dehors de peur d’avoir cinquante fidèles qui me suivent en récitant le Rablerane et cinquante autres qui ouvrent la voie en tapissant le sol de pétales en plastiques. Sans parler des miliciens qui surveillent le convoi.
Il s’arrêta une poignée de secondes, la colère immédiate s’estompant doucement.
Au moins, Matrane nous évite de sortir pour les évènements peu importants, mais je me sens comme... prisonnier.
Fais attention, je ne crois pas que ce mot te soit aussi familier qu’à moi lui dit Fabio, un soupçon de reproche dans la voix. Il enchaina, revenant sur le sujet : Adénor semble s’arranger de cette situation, elle. Elle sait que cela vous ouvre de nouvelles possibilités.
Ouais, grogna l’autre en s’asseyant à côté de Vivagel. Il caressa distraitement le pelage roux du félin tout en répondant. Les trucs caritatifs c’est bien, mais ce n’est pas avec du sparadrap qu’on referme une plaie.
Merde ! L’Exode va bientôt repartir pour Antarès, on n’en a jamais été aussi prêt et pourtant on n’a aucune idée de ce que l’on va y construire. Pire, entre les Nalcoēhuals, Ragnvald, MaterOne, les pirates et... cette religion, notre avenir commun risque — au mieux — de se retrouver entre des mains... des mains... bref, d’autres mains que les nôtres et on aura fait tout ça pour rien !

Fabio ne répondit pas, observant le chat qui se tournait sur le dos pour profiter d’un grattage intégral, ronronnant de plus belle. Malgré la position hautement impudique, il entrouvrit les yeux et croisa ceux de Fabio. Celui-ci souleva un sourcil, se concentra quelques secondes... sourit franchement et reprit la conversation avec Phil :
Tu sais... il y a quelque chose que l’on a tendance à oublier quand on vit toutes ces aventures. Ce n’est jamais au milieu des combats que l’on y pense, mais finalement c’est pour cela qu’on les fait.
On ne se demande jamais pourquoi on fait cela !
Phil arrêta de caresser Vivagel, au grand dam de celui-ci qui attendait le ventre à l’air, dans l’espoir que son maitre continue. Mais le lieutenant semblait s’offusquer de la question, pourtant simple, de Fabio.
Pourquoi ? Mais... pour qu’on puisse tous profiter de la justice et de la paix dans la dignité, bien sûr !
Certes, mais c’est une conséquence. Je reformule : pourquoi veux-tu la paix de l’Exode, pourquoi veux-tu qu’Adénor et toi couliez des jours tranquilles... quel est le but même de tout être vivant, parfois avant sa propre survie ?
Un foyer, répondit l’autre, surpris de prononcer ces mots.
Des enfants, oui... c’est bien cela. C’est pour eux que l’on bataille en général. C’est pour sa descendance qui devra grandir et exister dans le monde que l’on aura préparé pour elle. Policiers ou médecins, responsables ou simples manutentionnaires, le combat pour l’avenir est avant tout un combat pour sa progéniture. Même si les voies de chacun divergent et sont parfois contradictoires, voire conflictuelles, l’objectif est identique.
Enfin... je parle en terme générique... ajouta-t-il, l’image d’Angilbe Poféus traversant ses pensées.
Phil se releva du fauteuil, brisant définitivement les espoirs de Vivagel, alors que Fabio arrivait à sa conclusion :
Je pense que tu devrais aller en parler avec Adénor. Si cela peut t’aider, j’interviendrai pour tu sortes d’ici incognito ?
Adénor ? Maintenant ? Elle est en visite à l’hôpital, non ?
Oui. Et, là-bas, elle a peut-être déjà un début de réponse aux interrogations de votre couple sur l’avenir. Enfin... c’est une intuition et tu sais combien mes intuitions peuvent être pertinentes.
Phil resta quelque secondes à observer le jeune homme blond, confortablement installé dans le canapé face à la multivision. À défaut de l’apprécier sincèrement, le lieutenant ne pouvait qu’approuver cette dernière phrase. Depuis qu’ils se côtoyaient, Fabio n’avait cessé de démontrer des capacités hors-normes en toute situation.
« J’y vais. Débrouille-toi pour que personne ne me voie et garde le chat. Après tout, ça me fera du bien de sortir » lança-t-il en enfilant une longue gabardine et un feutre un peu trop large.
Les minutes qui suivirent virent Fabio perturber les pensées de tout un chacun dans le quartier pour permettre la semi-fuite de Phil. C’était un exercice psychique assez amusant, typique des leçons du Professeur QuartMac, bien que l’élève du Mental blond, Onawane, y avait été réfractaire lors de leur dernière séance.
Mais bon, il y a toujours une première fois, n’est-ce pas ? conclut-il à voix haute dans le vide relatif de la pièce.
Miaaooow ! Oui, si tu veux. C’était assez malin de suggérer d’aller lui parler sans annoncer directement la nouvelle, monta une petite voix du canapé.
D’un bond, Vivagel se retrouva sur le sommet du dossier où il s’assit avec sa grâce féline habituelle, entourant la queue autour de ses pattes arrière. Fabio s’expliqua calmement en se relevant :
Elle n’a que des soupçons d’être enceinte, bientôt cela deviendra une certitude. Je ne veux pas interférer là-dedans, mon crédit chez eux est assez fragile, n’en rajoutons pas.
Pourtant, ils t’ouvrent leur porte, même pour « garder le chat », miaw, miaw, miaooow !
Tu y es surement pour quelque chose, arrêtes de jouer. Fabio se rapprocha du félin, d’un pas assuré. J’ai des questions au sujet de ce qui s’est passé autour du portail dimensionnel. Je n’ai pas compris et mes souvenirs sont flous. Suite à cela, c’est Sterling-Price en personne qui vient maintenant m’interroger au nom du Conseil des Commandants !
Alors, tu vas être servi, jeune Passeur. Brrrrrrr...
Au même instant, on frappa doucement à la porte ce qui surprit Fabio (un évènement rarissime déjà en soit). Il demanda à l’inconnu d’entrer et découvrit Gandhi marchant lentement vers le centre de la pièce, souffreteux comme toujours, sa modeste toge serrée autour de la taille.
Alors que l’avatar refermait posément, le Mental s’enquit de la raison de sa venue. L’androïde en forme de petit vieux le regarda, les yeux pétillants derrière ses lunettes rondes :
« Je viens parler de Passeur à Passeur », répondit-il, presque rieur.


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RedU T1 Ch27 Ep03

episode362.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 03 : "ExOne Media (1)"

Bonjour à tous, vous êtes bien sur ExOne-Média, et c’est Ted Maos’n en direct de Transporteur 1 pour l’édition du soir !
Voici les titres :
L’Exode est à nouveau regroupé et cette fois hors de portée des attaques nalcoēhuales. Pour en saisir les tenants et les aboutissants, notre spécialiste militaire nous rejoindra, j’ai nommé Jack Blast !
Nous approchons de notre destination et, bien évidemment, se pose déjà la question de notre vie sur place. Après toutes nos aventures bonnes ou mauvaises, quel est l’état de nos stocks, quelles sont les réparations en cours ?
Enfin, vous avez été très nombreux à demander des nouvelles de Phil Goud et Adénor Kerichi, plus connus sous le titre de l’Incomparable Trinité (avec l’Empereur-Dieu de Ragnvald), nous avons donc rencontré un ancien collaborateur d’ExOne-Média qui s’est élevé dans la hiérarchie du Rabliro... Rablar... une seconde, je consulte mes fiches... RABLERANE, voilà, Ra-ble-ra-ne ! Bref, interview de Titus Matrane en fin d’émission.
D’ici là, pour nous accompagner, et c’est une première dans cette émission, nous accueillerions deux commandants de l’Exode afin de nous aider à décrypter toute cette actualité foisonnante. Mesdames les Commandantes Onawane et... Benkana !
Bienvenues parmi nous, commandantes, je vous laisse vous installer, pendant la petite page de publicité.
Ne zappez pas ! 

Retour dans votre édition du soir. Sont présentes, sur ce plateau, deux membres éminentes du Conseil des Commandants de l’Exode. Qui veut commencer ?
Aurora, tu m’autorises ? Donc, très cher Ted, c’est un plaisir de venir à mon tour, à notre tour devrais-je dire, partager avec nos concitoyens sur la première chaine multivisuelle de la flotte. Je vous remercie pour votre invitation, ainsi que d’avoir accepté Madame Benkana par la même occasion.
Aurora, je te laisse la parole...
Oui. Je suis très heureuse aussi de réapparaitre devant les médias. C’est... inattendu.
Effectivement, Commandante Benkana. Il faut préciser à nos multispectateurs que votre invitation à cette émission l’a été à l’instigation de Madame Onawane qui était seule prévue à l’origine. Mais comme elle a insisté, nous avons BIEN SÛR, été ravis d’accéder à sa demande !
D’ailleurs, Madame Benkana, votre précédente intervention devant les caméras s’était déroulée lors de la seconde médiatisation du couple de Phil et Adénor, pas encore sanctifiés à l’époque. Nous parlons d’une prise d’otage sur votre transporteur que vous aviez envisagé de régler définitivement, semble-t-il.
Mais non, Ted ! Madame Benkana assistait aux évènements et ne pouvait cacher sa joie devant la conclusion sans effusion de sang de cette histoire !
Alors, justement, Mesdames Onawane et Benkana, voici un extrait. Allez-y la régie...
... donc…
… on suit d’abord la Princesse Azala qui guide le groupe de journalistes vers votre position, sur un toit à quelques centaines de mètres de la prise d’otage. Votre équipement ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à un armement de haute technologie, non ?
Pas du tout. Il s’agissait d’instruments d’observation et j’aimerais que vous évitiez de lancer des accusations de ce genre, ça me rend irritable.
Vous êtes pourtant connue pour vos nerfs d’acier, Commandante. Ha ! Vous vous exprimez maintenant, d’une voix tout de même étrangement chancelante ? Écoutons :
« Messieurs, nous assistons à un moment magnifique et je vous offre volontiers cette place de choix pour tout filmer autant que vous le voudrez. Pardonnez-moi je dois retourner dans mon centre de commandement pour terminer quelques... préparatifs... »

Ted ? Je me permets de vous interrompre, mais ne devions-nous pas parler de l’actualité ? Je pensais que la Commandante Benkana et moi-même étions d’abord venues pour commenter et partager nos avis avec les multispectateurs, pas pour être accueillies par des archives remontant à des lustres, bien avant la découverte des Nalcoēhuals, de l’Empereur-Dieu, la bataille avec les pirates et même la Passe de Magellone !
En tous cas, c’est ainsi que Monsieur le Commandant Junta nous l’avait présenté. Il sera déçu, car je sais qu’il nous regarde en ce moment et nous lui passons notre bonjour, que la célèbre courtoisie de cette émission puisse être... mise à mal, n’est-ce pas ?
Heu... bien... une page de publicité et nous revenons avec le reportage de Jack Blast. À tout de suite !

(off)
Nan, mais vous savez, c’est pas contre votre frère. On essaye juste de...
De pourrir mon image depuis le début !
Mais pas du tout, Madame Benkan…
Si vous insistez, je me casse, c’est clair ?
Et si elle part, je pars aussi. Maos’n, vous voulez être le premier journaliste à faire fuir deux commandants d’un coup ?
Nan, mais... écoutez, c’est bon. Jack arrive et on va changer le sujet...

... et nous voici à nouveau ensemble pour la suite de l’émission ! Tout de suite, une analyse de Jack Blast qui prend place sur le plateau... qui n’avait pas de chaise... on lui en amène une, s’il vous plait la régie... vite, merci !
Bien ! Ça va Jack ? Vous connaissez nos deux invitées, je crois ? Au moins, Madame Benkana sachant que vous êtes l’envoyé spécial d’ExOne-Média à bord de son vaisseau.
Absolument, Ted, sur Transporteur 7. Bonjour à vous Mesdames et bonjour à nos multispectateurs. Donc, et je me place sous le jugement de nos illustres invitées, je vais vous résumer la situation post Cercle-de-Khabit.
La bonne nouvelle, c’est que tout va bien : aucun transporteur n’a été détruit ni très gravement endommagé et il semble que la république nalcoēhuale ne nous poursuive pas. Je tiens cela d’après certains de mes contacts dans les centres de contrôle.
Par contre, nous avons connu des pertes lors de notre arrivée et surtout lors de notre départ, particulièrement Transporteur 1 qui a dû faire front tout seul. La flotte de Ragnvald lui a, fort heureusement, apporté son soutien, mais on déplore tout de même quatre-vingt-douze morts et deux-cent-trente blessés. Une majorité dans les troupes de maintenance, à la suite d’explosions et chez les pilotes qui ont payé un lourd tribut.
Je serai à la cérémonie en leur nom, ce soir, d’où ma présence aussi sur Transporteur 1. Maeve... la Commandante Onawane m’accompagnera pour rendre un ultime hommage à ces soldats. Vous y serez, Blast ? Ou Maos’n ?
Heu... malheureusement, j’ai un... un rendez-vous qui ne peut... être... repoussé…. Blast ?
Bien sûr que j’y serai ! D’après les témoignages, ça fusait de partout quand ils ont reçu l’ordre de sortir affronter les chasseurs ennemis. Franchement, je n’y serais sans doute pas allé. Ce genre de courage est rare, il faut l’avouer...
...
... ne m’en veuillez pas si je poursuis.
Il faut aborder les dégâts matériels qui sont assez importants. Même les transporteurs ayant quitté la bataille dès le début doivent procéder à des réparations, fort heureusement assez légères. Mais Transporteur 1 a subi un feu nourri pendant près de trente minutes et il y a eu de la casse.
Le plus gros souci reste tout de même les stocks de munitions et de Lithium qui atteignent un niveau assez inquiétant...
Je vous coupe, Monsieur Blast, car il me semble que vous exagérez beaucoup la situation. D’abord, vous sous-estimez grandement nos réserves, mais également la chaine logistique de notre allié de Ragnvald. Et, autre chose, Aurora... tu lui as donné les clés de ton armurerie ? Ou alors les codes d’accès à nos échanges radio ?
... Monsieur Jack Blast est une légende sur Transporteur 7. Il aime user de toutes les méthodes possibles pour obtenir des informations et, parfois, je le soupçonne d’aller trop loin.
Mesdames, allons. Jack est un journaliste tout ce qu’il y a de plus...
Couché le toutou, on n’est plus sur MaterOne où ça emprisonnait à tout va. En plus, nous sommes bientôt arrivés. Mais qu’au moins certaines informations militaires restent confidentielles, d’accord Blast ? Nous sommes en guerre contre les Nalcoēhuals et cela n’a rien d’un show multivisuel.
Hé, je suis pas un toutou !
D’accord, Madame. Au nom de mon éthique professionnelle, je conserverai certaines informations secrètes. Ted, nous dirons qu’avec le soutien actif de l’infrastructure de Ragnvald, l’empire aux dix-mille soleils, nous n’aurons pas de souci majeur d’approvisionnement. Nous espérons seulement que tout cela durera encore longtemps.
Cela me va... Aurora ?
Très bien, donc, cette formulation nous convient. Ted, à vous la parole, vous vouliez lancer la publicité, je crois ?
Ha non. On devait parler de votre vie privée à toutes les deux, ainsi que de la Princesse Azala, mais où est-elle au fait ?
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(off)
Cette fois, j’en ai marre, tu viens Maeve ? Cet avorton ne mérite que...
Hey ! Ça intéresse les multispectateurs de savoir qui fréquente qui !
Surtout les torchons qui se disent des journaux. J’appelle Pernov, il m’attend à côté.
Aurora, une seconde. Jack Blast, merci pour votre geste. Ted Maos’n : c’est mon dernier avertissement. La Princesse Azala est en mission secrète pour l’Exode et quoique vous pensez avoir entendu sur la vie privée des commandants, c’est non avenu !


... et retour de nos multispectateurs pour cette troisième partie de l’émission !


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RedU T1 Ch27 Ep02

episode361.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 02 : "La Grande Guerre de la revanche (1)"

Tout commença le quatrième jour après la découverte des totems, alors que la flotte se remettait en mouvement, multipliant les éclaireurs et affutant ses armes.
Une formation de cinq appareils composait la sécurité de l’arrière-garde. Ils pouvaient voir sur leurs radars les derniers vaisseaux du gros des troupes, leur mission consistant à faire tampon (et un peu voitures-balais dans certains cas) avec l’espace rendu à sa virginité.
En quelques secondes, tous les voyants, alarmes et avertisseurs lumineux ou sonores rugirent : à cent-vingt milles kilomètres au-dessus d’eux, une paille dans l’univers intersidéral, trente croiseurs inconnus venaient de sortir brutalement de Transition. Ils libérèrent immédiatement une nuée de ce que l’on reconnut rapidement comme des chasseurs.

*

Dans son bureau, QuartMac activa le communicateur qui sonnait :
Oui ?
Gouverneur, répondit la voix froide de Laurelian. Ça a commencé. Ils sont sur l’arrière-garde.
Le professeur se raidit : leurs ennemis inconnus n’avaient pas trainé.
On applique le plan. Et n’oubliez pas : priorité absolue aux informations. Vous avez lu les conclusions des analyses, ce sont des Mentaux, eux aussi.
Ne vous inquiétez pas pour cela, nos troupes y sont formées depuis leur enfance. Nous allons vite savoir ce qu’il en est de nos adversaires.
Tenez-moi au courant toutes les cinq minutes, conclut-il. Terminé.
Il coupa la communication. Regroupant les feuilles éparses sur son bureau, le gouverneur les aligna autant que possible et les parcourut pour la centième fois en quelques heures. Ces analyses de ce que l’on pouvait comparer à un avertissement, comme les tribus primitives tropicaliennes, révélaient de nombreuses choses. Quartmac avait passé plusieurs heures, quotidiennement, dans le laboratoire pour superviser, sinon effectuer lui-même, les explorations. Il avait découvert les salves d’énergie de l’armement ennemi et cet étrange matériau noir aux propriétés psychiques et à la dureté impressionnante dont les traces apparaissaient sur des artéfacts. Mais, au-delà des fragments métalliques, c’est l’étude des restes de cerveaux trouvés sur place qui focalisa toute son attention.
La conservation dans l’espace est connue pour être excellente, sous réserve d’être éloigné d’un soleil. On avait pu mesurer des restes d’activité mentale sur une résonance différente à celle que l’on appréciait habituellement chez les Mentaux de MaterOne. Les victimes avaient visiblement été interrogées par des « spécialistes de l’esprit » avant d’être tuées sans doute par ce même biais. Quartmac et ses collaborateurs y avaient vu une sorte de colère, de haine, dans la manière particulièrement douloureuse d’achever ces victimes. Cela, dans l’histoire des hommes, ne trouvait d’équivalent que dans les conflits d’ordre religieux ou racial. Or, aucune trace de symbole mystique ou d’un quelconque cérémonial... un nouvel indice sur la culture de leurs ennemis : ils n’avaient laissé aucune marque distinctive. Un message unique et fort, clair, froid et violent, compréhensible par tous, indiquant l’entrée de leur territoire.
La dernière surprise, QuartMac l’avait fait sceller dans un bloc sous vide qu’il exposait sur un meuble à côté de son bureau : c’était un morceau de protection trouvée encore fixée sur le corps d’un des cadavres. On en avait ressorti des empreintes palmaires dont la morphologie n’appartenait, de toute évidence, pas à un humain. Six doigts, longs et noueux, et une structure de la main que l’on pouvait considérer comme pratique, mais ne descendant pas de la branche des hominidés. Il avait cru d’abord à une quelconque mutation isolée dans cette partie de l’univers, mais on en avait détecté d’autres sur des dépouilles et des carcasses...
Une autre race, une technologie inconnue et puissante, des pouvoirs mentaux et une férocité à toute épreuve. Voilà ce qui ressortait de l’analyse des totems.
Certes, devant cette découverte, QuartMac aurait pu figer la flotte et demander des ordres, ainsi que de nouvelles troupes, à MaterOne. Mais outre le temps que cela aurait pris, il avait toujours eu l’intention d’aller plus loin que ses instructions initiales. Il ambitionnait de créer dans cet univers quelque chose d’inédit qui n’avait pas été accepté par les rois successifs de l’humanité : une société basée sur la suprématie psychique absolue. Quelque chose permettant de diriger des masses sans heurt, de réguler les populations comme seuls les dieux pouvaient le rêver. Bref, utiliser enfin les Forces mentales pour autre chose que de la garderie champêtre pour système malade et cela ne pouvait se faire que hors de vue de MaterOne et du chancelier Poféus.
Une sonnerie l’interrompit dans ses réflexions, c’était Laurelian.
La bataille fait rage. Ils sont très rapides et pratiquent des microtransitions. C’est extrêmement difficile à gérer, car nos tirs mettent du temps à les atteindre et c’est suffisant pour qu’ils accomplissent des bonds les plaçant hors de portée.
Et l’activité mentale ?
Trop loin pour les croiseurs ennemis, même avec les amplificateurs, répondit-elle, dépitée. Par contre, il y a une bonne nouvelle avec leurs chasseurs. Nos troupes arrivent à pénétrer les esprits des pilotes et à les neutraliser.
Des protections, des barrières ?
Oui, nombreuses et multiples. Mais en attaquant à plusieurs on les traverse, visiblement ils n’ont pas notre niveau. Autre chose intéressante : comme supposé, nos boucliers magnétiques antimissiles montrent des résultats probants face à certaines salves d’énergie adverses. Pas toutes, on compile les données pour avoir une vision d’ensemble pour l’instant.
Et... le canon mental ? demanda QuartMac, une légère tension dans la voix.
Il comprenait que les conclusions de ses analyses du totem n’avaient pas été prises en défaut : on pouvait envisager une équivalence technologique ou psychique, l’un compensant plus ou moins l’autre. Mais cela ne suffisait pas. Il leur fallait quelque chose qui ferait la différence, sinon ce serait une boucherie sans fin où celui alignant le plus de vaisseaux gagnerait. Cette méthode, qui fut celle de l’armée royale durant des siècles, n’avait jamais convaincu le savant, et pour cause ! Son canon se révélait donc l’élément déterminant attendu. L’amirale répondit posément :
« En cours de déploiement. Je vous tiens informé. Terminé. »
Quartmac s’affala dans son fauteuil, maintenant plus petit que dans ses souvenirs. Il regarda sa nouvelle main, la ferma... l’ouvrit à nouveau. La longévité de ce corps tout neuf allait sans doute dépendre des prochaines minutes de la bataille.
Il ne s’était même pas renseigné sur les pertes. Pour l’instant, c’était secondaire.

*

L’espace autour de l’arrière-garde s’emplissait de carcasses et de débris entre lesquels flottaient des formes humanoïdes dont on ne pouvait dire de loin qu’elle était la race. Des cinq vaisseaux mentaux originaux, un seul avait survécu, vite secouru par un détachement imposant qui, lentement, repoussait les agresseurs nalcoēhuals. Deux chasseurs ennemis se lancèrent soudain dans une microtransition pour réapparaitre devant l’entrée de leur hangar d’origine, au milieu des attaquants. Ils s’y désintégrèrent, emportant avec eux l’appareil et tout son équipage. C’était évidemment un des résultats de l’intervention psychique des Forces mentales et elle ne passa pas inaperçue chez leurs adversaires. Un départ massif de salves quitta les vingt-deux engins valides du corps expéditionnaire nalcoēhual, protégeant un retour des chasseurs dont les tirs ne parvenaient de toute façon pas à pénétrer suffisamment la coque des immenses croiseurs humains.
De son poste de commandement, Laurelian leva son stylo pointeur et visa deux autres endroits sur la représentation schématique de la flotte. Ses ordres pulsèrent :
« Prévenez ici et... là. Si j’étais eux, ce serait sur notre flan avant que j’attaquerais, maintenant que notre attention est focalisée à l’arrière. »
Alors que quelques renforts affluaient vers les zones en question, une seconde vague de trente nouveaux vaisseaux nalcoēhuals apparut, très proche d’une des prévisions de Laurelian. Cette fois, ce fut une pluie de missiles qui s’abattit sur la formation à l’offensive, endommageant plus ou moins gravement les arrivants.
« Et maintenant, à notre tour de les harceler… » commenta l’amirale sur un signe de tête.
De l’arrière de la flotte, trois croiseurs se dématérialisèrent pour émerger en amont des engins nalcoēhuals et libérèrent plusieurs dizaines de chasseurs. Certes, un peu loin encore, ils n’atteindraient pas immédiatement leurs proies, mais seule la largeur de l’armada humaine permettait les plus petits bonds possible, d’un bord à l’autre, au travers des dimensions. La technologie humaine n’autorisant pas les microtransitions.
Contrairement aux chasseurs monoplaces nalcoēhuals, ceux des Mentaux emportaient deux pilotes : l’un pour la navigation et le second pour gérer les systèmes d’attaques physiques et psychiques. La seconde vague ennemie ayant subi de graves dégâts, seule une poignée d’engins de combat sortit pour intercepter les nouveaux arrivants et elle ne fit pas le poids. L’armée noire nalcoēhuale se défendit pied à pied : les trois croiseurs-porteurs essuyèrent de plein fouet suffisamment de tirs pour les neutraliser et l’un explosa, balayant les derniers chasseurs au décollage. Les premiers rapports indiquaient une quasi-impossibilité de traverser les coques des vaisseaux nalcoēhuals de quelque manière que ce soit. Laurelian reconnut ici les propriétés de ce mystérieux métal dont parlait le rapport final de QuartMac, au sujet de l’analyse des totems.
« La moitié des chasseurs va occuper les défenses ennemies, l’autre moitié doit pénétrer par n’importe quelle ouverture et lancer des attaques mentales groupées de l’intérieur pour... »
Elle s’interrompit lorsque la totalité des appareils attaquants non détruits se volatilisa, sur le flanc comme à l’arrière ! Abandonnaient-ils déjà la partie ? C’était trop simple, sauf si leurs ennemis envisageaient une couteuse stratégie de harcèlement.
« Passez en balayage à longue distance. Prévenez les éclaireurs et je veux une centralisation de tous les rapports concernant cette... »
Une seconde fois, elle s’arrêta. Une trentaine de vaisseaux nalcoēhuals étaient cette fois apparus à la verticale de son croiseur, pourtant noyé au cœur de la masse de la flotte. Elle comprit d’un coup : leurs ennemis avaient cherché d’où émanaient les ordres dans cette immense armada. Une fois le commandement localisé, une troisième vague d’assaut partait directement à l’attaque de la tête.
Elle serra les dents : la conclusion de la bataille s’éloignait, mais l’amirale était maintenant personnellement visée.


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RedU T1 Ch27 Ep01

episode360.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 27 Épisode 01 : " Totems "

Une main l’aida à se redresser, lentement. Puis, d’autres vinrent lui apporter une serviette pour essuyer son visage ou pour prendre son pouls. Enfin, on le soutint pour sortir de la cuve encore frémissante des ultimes bulles de maturation. Son épiderme assoupli ressentait les gouttes visqueuses qui glissaient pour retourner à la baignoire, tandis que son corps la quittait sans regret. Le Professeur QuartMac, dans sa nouvelle chimère, inspira un grand coup et toussa profondément, crachant dans une serviette propre les dernières squames qui obstruaient ses poumons.
Ce ne fut qu’une bonne douche plus tard, alors que ses assistants le laissaient déjeuner pour la seconde fois, qu’il put demander à sa chef d’état-major un résumé des dernières vingt-quatre heures.
Gouverneur, la défection de ces neuf croiseurs et de tous leurs équipages a déjà fait le tour de la flotte. La voix de l’officier supérieur ne dissimulait en rien son anxiété. L’inquiétude gagne chaque Mental surtout que l’on doute de... je dirais de l’honnêteté de son voisin. L’agent Stuff MacDone était très apprécié et reconnu comme une légende pour certains. Rien ne prouve que nous n’allons pas vers une nouvelle vague de défect...
Il suffit, Générale Laurelian, la coupa QuartMac d’un ton sec. Je n’attends pas de vos rapports des pleurnicheries de caserne sur la dureté de la vie !
L’officier prit une expression outrée, son visage en amande à l’épiderme laiteux soudain rougi et engoncé dans le strict uniforme noir de la nouvelle flotte. Un nez petit et fin, des cheveux noirs de jais mi-longs, une bouche charnue, mais surtout des pupilles dorées surmontées de fins sourcils interrogateurs, la grande femme mince représentait le fantasme masculin de l’inaccessible. Elle avait gagné ses galons au sein des Forces mentales à force de persévérance, les évaluations de ses instructeurs et de ses supérieurs révélaient depuis longtemps que les portes de l’état-major lui étaient grandes ouvertes. Quartmac soupira, puis se reprit :
« Comprenez-moi : nous sommes à la veille d’anéantir plusieurs millions de personnes et nous avons une dizaine de vaisseaux dans la nature, tous dangereux. Il n’est pas acceptable, en aucune manière, que l’on risque de nouveaux actes de mutinerie ou la perte d’autres croiseurs. »
Il avala rapidement son café serré et se leva. Laurelian ne put retenir un hoquet de surprise : si le visage n’avait pas trop changé, quoique nettement moins ridé, le corps avait pris dix bons centimètres et la pilosité du torse, que le peignoir entrebâillé laissait apparaitre, était étonnamment fournie. Le professeur perçut sa réaction et se retourna pour resserrer son vêtement.
Générale, commença-t-il de dos, affairé à mieux sangler sa ceinture. Vous m’aviez proposé un système de surveillance plus poussé dans la flotte, c’était dès les premiers jours de notre voyage, je crois ?
En effet, Gouverneur. Mais il a été refusé.
JE l’ai refusé, un peu pour ne pas brusquer MacDone, un peu par faiblesse, je dois l’avouer... à la vue de la situation, je pense que vous pouvez me préparer une version « rafraichie » que nous appliquerons immédiatement.
L’autre le regarda en silence. Cherchait-elle déjà de nouvelles idées ou n’avait-elle pas compris ? Quartmac saisit quelque chose sur la table du fond et se tourna enfin vers elle, deux nouveaux cafés en main.
Par « rafraichie », j’entends que nous ayons un maillage de surveillance comme en temps de guerre. Et que se passe-t-il avec les déserteurs ou les saboteurs en temps de guerre ? Tenez, prenez ce petit café, Amirale...
Merci, Gouverneur, et je ne suis que générale.
Vous êtes désormais l’Amirale Laurelian de la Flotte mentale de MaterOne. C’est vous qui superviserez toutes les troupes, quel que soit leur statut, dans cette nouvelle région de l’univers que nous allons coloniser. Trinquons à cela, voulez-vous ?
Un sourire traversa le visage de la nouvelle promue alors qu’elle entrechoquait sa tasse avec celle du professeur QuartMac. Même brulant, le café lui parut doux. Elle reprit :
J’envisageais à des « inspecteurs de la pensée », des Mentaux conditionnés, à l’endoctrinement parfait, qui sillonneraient et rencontreraient tous les membres de la flotte.
« Commissaires politiques », me semble une tournure plus... plus littéraire, je trouve. Idéalement, il en faudrait un par croiseur et les organiser en dehors de la chaine hiérarchique, à son insu si possible. Si un commandant de vaisseau se révélait être un nouveau Vo... Vigo... comment s’appelait-il déjà ?
Viggi, monsieur. Le capitaine Viggi. Je comprends l’idée et je réfléchirai à un moyen pour cela également. De toute façon, les hauts officiers seront les premiers à être testés. J’y veillerai personnellement.
L’œil étincelant, QuartMac posa sa tasse vide parmi les autres et se dirigea vers une dépendance qui lui servait de penderie. Si on ne pouvait le voir de l’extérieur, on pouvait l’entendre et il en profita pour répondre à la question silencieuse de l’amirale :
« Ce corps est plus jeune et plus endurant. Les cheveux gris que vous avez vus sur mon crâne étaient programmés génétiquement, dans le but de ne pas trop changer mon apparence. C’est une sorte d’expérience : une chimère de petit vieux résisterait-elle plus... ou moins au temps qui s’écoulait ? Le meilleur moyen de le savoir était... »
Il sortit de la dépendance, en pantalon et tenue blanche. Cette fois, on sentait sans erreur que l’homme en face était bien plus vigoureux que l’habituel professeur QuartMac. Le pas lourd, la démarche assurée, le geste vif... en fait, seul le visage ne cadrait pas parfaitement avec ce corps presque athlétique.
... d’en prendre un autre ! Vous en pensez quoi ?
Que vous ferez des ravages chez les aspirantes ! Enfin, celles qui passeront nos tests avec succès.
Laurelian se tendit tout à coup, le regard dans le vague. Ses yeux se plissèrent et elle sembla hocher de la tête. Le signal d’une alerte rouge retentit alors dans tout le vaisseau tandis que les lumières baissaient. Quartmac, à son tour, eut un haut-le-cœur devant cette silhouette sans expression, aux pupilles brillantes et fixes, soudainement auréolée d’une lueur sanguine. Il demanda simplement :
Que se passe-t-il ?
Quelque chose de très inquiétant, gouverneur. Venez avec moi au poste de commandement, les implications de ce que nous avons trouvé sont presque sans limites.

Quelques minutes plus tard, dans le centre de commandement, le professeur QuartMac et l’amirale Laurelian suivaient, incrédules, les images de la première preuve officielle d’une vie extraterrestre sous la forme des abjects totems bordant le Cercle-de-Khabit. La découverte de l'Exode était désormais connue par d'autres humains de MaterOne.
Les structures étaient composées des carcasses compressées de vaisseaux et de leurs équipages, laissés comme avertissement sans préambule pour tous ceux qui voudraient aller plus loin. Devant une telle découverte, la flotte n’eut d’autre choix que de se mettre en alerte constante et de se regrouper en attendant plus de précisions.
Suivies personnellement par QuartMac, plusieurs équipes se chargèrent de disséquer la macabre découverte durant presque deux journées standards. Leurs analyses imposaient non seulement une relecture complète des cartes spatiales, mais une réévaluation des enjeux de cette vague humaine (et mentale) de colonisation sauvage.
C’est dans son bureau, lors de la pause café du matin suivant, qu’il lâcha entre deux tartines :
« Préparons-nous à la guerre, Amirale. Il n’est pas question de reculer et nous savons désormais que les mondes à conquérir ne seront pas uniquement occupés par quelques groupes de pirates... »


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RedU T1 Ch26 Ep14

episode359.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 14 : " Sauvetage (2) "

« Bon sang, c’est ma chance ! Voyons si l’un de nos bonshommes de la salle des opérations peut m’ouvrir ces satanées portes. »
Stuffy éprouvait plus de mal à se déplacer dans les souvenirs des Nalcoēhuals, et même parmi les informations récentes stockées dans leurs cerveaux. C’était une chose de se connecter sur les centres optiques, c’en était une autre de comprendre des pensées structurellement différentes. Au moins, restaient-ils les émotions, plus universelles. Il fouilla donc l’esprit de chacun des soldats, cherchant ce qui pouvait représenter de l’agacement ou du danger (ce que lui-même devait leur inspirer), voire une sensation de passage vers l’intérieur ou l’extérieur (présentement le sas), quelque chose d’essentiel au navire.
Alors qu’une nouvelle série de salves quittaient le bâtiment nalcoēhual en direction des vaisseaux de la Flotte mentale, un flash illumina brièvement l’obscure clarté stellaire. Pas de doute, entre les images qui apparaissaient et les rayonnements de joie des opérateurs, Stuffy comprit qu’un des appareils mentaux était en flammes, gravement touché. Il décrochait de sa position lorsqu’une seconde déflagration fit voler en éclat sa proue, déclenchant une réaction en chaine. En quelques secondes, le fier croiseur de l’armada personnelle du chancelier Poféus se transforma en un amas de débris brulés et déchiquetés... ponctués de quelques morceaux de cadavres calcinés. Stuffy serra les dents : même si ces gars l’avaient jeté dehors, il ne pouvait ignorer sa filiation le liant aux humains... à fortiori aux Mentaux.
Mais d’où contrôlait-on la porte du hangar ?
Il poussa l’intensité de son balayage mental à la limite des capacités de l’amplificateur. Tel opérateur semblait faire partie des systèmes balistiques, tel autre suivait des jauges ressemblant beaucoup à des quantités de munitions et d’énergie. L’officier commandant, serein, déroulait des schémas dans sa tête pour sélectionner tel ou tel mode d’attaque, le doigt appuyant toutes les cinq minutes environ sur un petit bouton de son fauteuil.
« Une sécurité, mais dans quel but ? Il doit l’actionner avec régularité... je ressens que c’est très important. »
Malheureusement, ce faisant, il déclencha les systèmes de protection du vaisseau, suivis par le capitaine et également deux de ses soldats. La réaction fut d’autant plus violente que les cibles avaient l’impression d’avoir été agressées dans leur dos. Une fois encore, les boucliers de Stuffy soutinrent l’attaque, mais cela lui en couta : son amplificateur crépita lorsque ses fusibles se mirent hors circuit, preuve de l’intensité du combat. Au même instant, il sentit les deux marins de l’entrée du sas se ruer à l’assaut, pas forcément rassuré, mais avec des ordres visiblement très clairs. L’équipage coordonnait à nouveau une offensive psychique et physique contre lui.
« Et merde, ils remettent ça ! » grogna-t-il.
Il ne partageait plus l’esprit de Ralato, désormais il lui était impossible de se battre sur deux fronts en même temps ! D’un puissant balayage, il stoppa net l’avancée des deux soldats, mais ne put le maintenir : le capitaine venait d’ordonner à plusieurs sections de se joindre à l’influx agressif qui pilonnait Stuffy. Des mécaniciens et même le personnel de l’infirmerie se joignirent à l’attaque, leur flux catalysé par les amplificateurs qui parsemaient les coursives du vaisseau. Sous l’assaut, Stuffy n’eut d’autre choix que de libérer les deux marins. Ils reprirent leur progression quelques secondes plus tard : dans toute chasse arrivait le moment où l’on sentait la résistance de la proie faiblir et cela attisait la hargne de la meute. Ils luttèrent contre l’impulsion que l’agent mental leur envoya, tandis que deux nouveaux soldats, appartenant à l’artillerie, se précipitèrent pour l’hallali.
Bloquant autant que possible les attaques, Stuffy compulsa l’ordinateur de bord : que pouvait-il trouver là-dedans pour repousser des assaillants déjà pratiquement sur lui ? Il ne restait guère que la dernière balise et encore ne serait-elle tirée que dessous la capsule, contre...
« Bordel ! Mais je suis rouillé moi ou quoi ? »
Dans une ultime concentration, il envoya une puissante vague psychique qui remonta les multiples signaux, touchant ou gênant plusieurs de ses agresseurs. Cela ne lui libérait qu’une fenêtre de quelques secondes, sous réserve que les deux autres qui approchaient n’ouvrent pas immédiatement le feu.
« Ordinateur, séquence balise, maintenant ! »
L’écran afficha alors face à ses yeux la question suivante : « Le tir d’une balise est déconseillé si la capsule est posée sur le sol. Il pourrait en résulter une déchirure de la coque ainsi qu’une décompression. Voulez-vous vraiment procéder ? oui — non »
Il allait valider lorsqu’un doute s’installa : la structure déjà affaiblie de son petit astronef résisterait-elle à une explosion supplémentaire ? Une soudaine attaque psychique vrilla ses défenses qui tremblèrent, alors que les parois du vaisseau subissaient à nouveau une salve de l’extérieur. Il n’avait plus le choix : c’était la mort dans l’espace ou la mort clinique dans ce sarcophage !
Il accéda à la demande de l’ordinateur et confirma.

*

Le capitaine Viggi lançait les ordres de contrattaque à la volée, surchargeant les esprits de ses sous-officiers, mais l’ennemi était redoutable et seule une coordination sans faille pouvait permettre de le contrer. Il était installé dans son large fauteuil central, le crâne encerclé par le Rayonneur, une ingéniosité du professeur QuartMac, aidant à la synchronisation la plus précise possible de tous les commandants. Il voyait ce que tous voyaient et inversement, ils partageaient idées et stratégies ensemble, mélangeant les options à la vitesse des pensées de chacun. La destruction d’un des insurgés, déjà peu nombreux, représentait un coup suffisamment dur pour que Viggi propose aux autres officiers supérieurs de passer à ce niveau exceptionnel de combat.
En ce moment, ils occupaient l’appareil ennemi en évitant autant que possible de nouvelles pertes. Pendant ce temps, un vaisseau de l’arrière-garde se préparait à faire feu du Canon mental, une arme terrifiante capable de neutraliser n’importe qui de vivant dans sa ligne de tir, mais le problème était la mise en œuvre : il nécessitait de longues minutes pour accumuler l’intensité psychique nécessaire au fonctionnement.
Huit, il ne restait que huit équipages encore aptes à faire preuve de discernement sur le millier que comptait la Flotte mentale. Lorsque Viggi s’était aperçu de la disparition de Stuff MacDone, il avait alerté ses connaissances les plus loyales. À la suite d’un jeu de patience pour récupérer, décoder et trier les journaux de bord du navire de QuartMac, ils avaient pu relever l’éjection d’une capsule de sauvetage, peu avant une précédente Transition. Le trouble déclenché par cette découverte avait amené une petite troupe à faire sécession... la goutte de trop pourrait-on dire. De nombreux partisans restaient dispersés dans les centaines de vaisseaux, mais il n’avait pas été possible de les regrouper sans éveiller l’attention. Charge à eux de s’enfuir, quand ils le pourraient. C’est ainsi qu’ils se matérialisèrent ici, immédiatement attaqués par ce bâtiment inconnu... et redoutable.
« Déplacement en six, huit, vingt-cinq, poussée fois quatre. Refermons le piège... » pulsa-t-il, un rien d’excitation perçant dans ses ordres.
Le schéma était clair dans son esprit, comme celui des autres commandants. Malgré cette fantastique faculté à se mouvoir… non, se transférer sur de courtes distances, l’adversaire tombait droit dans le piège tendu par les Mentaux. Le signal du canon mental enfin opérationnel était déjà arrivé depuis quelques secondes et l’ennemi se déplaçait dans la bonne direction, sans se rende compte qu’on le manipulait.
Une déflagration se produisit alors à sa base et un petit objet en sortit pour s’éloigner doucement sous l’effet du souffle. Mais Viggi n’eut pas le temps de s’y intéresser plus : le rayon psychique bleuâtre traversa soudain l’assaillant, dans un tourbillon d’éclairs et d’énergie radiante. Quelques décharges électrostatique s’échappèrent encore puis... le silence.
Les secondes défilèrent.
Lui et les autres commandants, synchronisés d’une manière toute « Forces mentales », patientaient dans l’observation des conséquences du tir.
Rien ne se produisait et les minutes s’écoulaient lentement.
Rapidement, ils eurent la certitude que les hôtes du vaisseau ennemi étaient au moins sévèrement sonnés, encore fallait-il le prouver. C’est là que l’explosion du sas inférieur devenait intéressante : elle permettait de contourner la barrière de cette coque si étrange, imperméable aux sondes psychiques (et dont on ignorait la capacité à contrer le canon mental).
« Placez-nous en dessous, nous devrions pouvoir scanner l’intérieur. Que donnent les senseurs sur l’objet qui a été expulsé ? »
Il perçut le sentiment de surprise de ses collaborateurs avant même l’information : il s’agissait d’une capsule de sauvetage standard, modèle mental ! Immédiatement, il focalisa son amplificateur sur le point clignotant de l’écran et lança un appel mental :
Ici le capitaine Viggi des Forces mentales libres de MaterOne, identifiez-vous.
Bordel ! Viggi, content de t’entendre, lui répondit la voix de Stuffy. J’ai une fuite d’oxygène et l’ordinateur de bord ne fonctionne plus. Venez me chercher !
Pas d’inquiétude, on est sur vous dans quelques secondes ! Heureux de vous revoir, Chef !
On se bécotera plus tard, fais vite !
Alors que, d’une manœuvre aussi fluide que précise, le croiseur mental « avalait » la capsule de sauvetage endommagée, ce fut dans un flash que l’appareil nalcoēhual disparut en Transition.
Le commandant, mort comme tous les autres membres à bord, n’avait plus appuyé sur le bouton de sécurité depuis peu, le vaisseau avait donc basculé en pilotage automatique et amorcé le voyage de retour à sa base.

Trois quarts d’heure plus tard, ce fut un Stuffy lavé à la cheville bandée qui vint frapper à la porte du bureau du premier officier. Une simple pensée lui répondit :
« Entrez, Agent MacDone ! »
Alors qu’il passait les battants, il eut la très agréable surprise de découvrir huit Mentaux hauts gradés parfaitement alignés se tendre en un strict garde-à-vous. Un peu étonné, il rendit le salut en se tournant vers Viggi pour une explication. L’autre sourit et précisa d’une voix où pointait une réelle fierté :
Agent MacDone... nous vous offrons le commandement général de notre... modeste flotte libre !
Oh... « Flotte mentale libre » tu disais tout à l’heure ? Vous avez tous décidé d’abandonner le train de Poféus et QuartMac, c’est ça ?
Oui, Monsieur. Nous et nos équipages. Et nous sommes à vos ordres, que fait-on maintenant ?
Stuffy observa chacun des hommes. Ces soldats avaient choisi de sortir des sentiers battus pour venir le chercher, quitte à renier leur serment, dans un lieu inconnu de l’univers et loin du premier avant-poste. Il ne pouvait que les admirer en retour, même si ce n’était pas ce qu’ils attendaient de lui. L’Agent mental se redressa, adoptant un ton plus martial, comme le moment en convenait :
« Alors, messieurs, prévenez vos navigateurs : nous allons rejoindre l’Exode le plus vite possible. Notre mission est désormais d’éviter un génocide d’une ampleur inédite dans notre histoire...
... aussi, laissez-moi vous serrer la main à tous, bande de génies ! »
Et Stuffy embrassa chaleureusement chacun d’eux, entre rires et accolades. D’une manière incroyable, s’il était encore en vie, c’était d’abord grâce à eux...
...et aussi un peu de chance, il fallait l’avouer. N’avait-il pas un jour raconté à Ralato qu’il s’agissait de la force la plus puissante de l’univers ?

Fin du Chapitre


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RedU T1 Ch26 Ep13

episode358.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 26 Épisode 13 : " Sauvetage (1) "

L’attaque psychique éprouva ses boucliers, mais ils tinrent bon. Stuffy n’en revenait pas, car ses assaillants nalcoēhuals s’y étaient pourtant mis à trois pour tenter de percer ses défenses : QuartMac avait, sans le vouloir, trouvé un moyen de démultiplier la puissance des Mentaux. Il riposta, remontant jusqu’à la source ennemie et endommagea gravement la psyché d’au moins l’un des extraterrestres, tandis que les deux autres resteraient au tapis pendant plusieurs heures.
L’Agent mental se protégeait, agenouillé derrière sa capsule, dans le large hangar où il avait été capturé. Usant sans retenue de l’arme volée dans le laboratoire où il s’était réveillé, il repoussait les assauts physiques et psychiques de l’équipage. À défaut d’avoir pu trouver des vêtements à sa mesure, il portait une ample chemise dissimulant quelque peu sa nudité.
Un calme précaire s’abattit sur la scène tandis que les Nalcoēhuals tentaient visiblement de se réorganiser. Stuffy regarda autour de lui : la chance avait voulu qu’il n’existât qu’un accès à cet endroit, un sas central que le feu de son rayonnant permettait de parfaitement protéger, comme ses ennemis l’avaient découvert pour leur malheur. Néanmoins, c’était une voie sans issue, car l’unique chemin pour s’échapper se trouvait sous ses pieds : les portes extérieures. Inutile de préciser que seuls ses assaillants pouvaient les ouvrir, que ce n’était pas dans leurs intentions et qu’une capsule de sauvetage n’était pas armée, sans moyen d’en forcer le passage.
« Ils veulent me prendre vivant, apparemment. C’est ta chance mon Stuffy... », se dit-il en tirant un coup de semonce aux pieds d’un matelot extraterrestre un peu trop téméraire.
Un clignotement à la base de la crosse de son arme attira son attention. Aucune explication, sinon que plusieurs petits emplacements situés avec régularité au-dessus demeuraient éteints.
« Ça, c’est une jauge, constata-t-il simplement. Je suis à court de munitions et merde ! »
Il se savait encore capable de repousser plusieurs vagues d’assaut rien qu’avec ses pouvoirs mentaux, mais combien de temps cela durerait-il ? Et s’ils décidaient d’abaisser la pression atmosphérique dans cette salle, il n’aurait plus d’autres choix que de s’enfermer dans la capsule... qui elle-même connaitrait la fin de ses batteries à plus ou moins longue échéance.
Il laissa la paume de sa main glisser sur les écorchures extérieures de son appareil de secours. Les engins nalcoēhuals avaient tenté de forcer l’accès avant qu’un petit génie ne pense à appuyer sur le gros bouton rouge immanquable à la base de la structure, pour activer l’ouverture. Quelles seraient ses chances de survie au-dehors si l’intégrité de la capsule était endommagée ? De toute façon, la présence de ce vaisseau extraterrestre avait été miraculeuse et, sous réserve qu’ils décident de l’abandonner sans l’atomiser en partant, la solitude spatiale aurait eu raison de lui, in fine.
« Aucune issue sauf la mort ou la reddition. Tu parles d’un choix génial », se murmura-t-il à lui-même.
Sans conviction, il profita de l’accalmie qui se prolongeait pour faire un balayage passif aussi large que possible des forces déployées du côté des Nalcoēhuals. Il savait déjà que cinq soldats bloquaient l’entrée et... ah non, deux seulement ? En fait, perdu dans ses pensées, il n’avait pas remarqué que l’équipage s’était dispersé, chacun étant visiblement revenu à son poste. En se concentrant plus, il pouvait même ressentir une appréhension grandissante chez ses ennemis, quelque chose les inquiétait franchement !
Il éprouva alors une courte sensation de dédoublement, signe que l’on venait de passer en Transition. Mais Stuffy tiqua :
« C’était très court, on ne doit pas être allé bien loin et... »
Un tremblement parcouru la coque du vaisseau nalcoēhual, suivit d’un second, livrait-on bataille ? Il balaya autant que possible les alentours, mais rien n’y fit : les parois bloquaient son signal mental.
« L’amplificateur de la capsule ! » s’exclama-t-il en déclenchant l’ouverture.
Sans parler du radar qui pourrait apporter des infos, il y avait une chance qu’il puisse percer ce maudit rempart. Nouveau tremblement, les tirs se faisaient de plus en plus proches, mais pourquoi l’appareil nalcoēhual ne battait-il pas en retraite ? Plusieurs passages en Transition très rapide se succédèrent alors que des salves de ripostes fusaient. Plus aucun doute n’était possible : un combat se déroulait en ce moment à l’extérieur.
fit le coffrage de la capsule en se refermant sur Stuffy. Immédiatement, l’ordinateur de bord s’initialisa, activant tous les censeurs. Bien plus ouvert aux ondes radars depuis l’intérieur, le vaisseau livra quelques-uns de ses secrets. Les résultats confirmaient par exemple ce que Stuffy avait supposé : ce n’était pas un gros engin, à peine plus grand qu’un croiseur léger. Il pianota encore un peu, élargissant la zone de recherche. Malheureusement, la coque bloquait le passage des signaux dans l’autre sens également.
Il lança de nouvelles commandes et les diodes de l’amplificateur sortirent de leurs écrins pour venir se poser doucement contre sa boite crânienne. Un ronronnement monta dans sa tête puis s’atténua, indiquant qu’il pouvait commencer à émettre.
« Ici l’agent Stuffy des Forces mentales de MaterOne. Si vous entendez ce message, répondez-moi ! »
Il attendit quelques secondes, mais aucune réaction ne lui parvint. Rien, sinon un lourd tremblement qui se répercuta jusque dans la capsule. Les systèmes de blocage du signal psychiques résistaient à ses amplificateurs, même depuis l’intérieur. Retour à la case départ.
« Putain, quel con ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt », s’invectiva-t-il à haute voix ?
S’il ne pouvait franchir la barrière de la coque, il avait toute latitude pour balader son esprit à l’intérieur du vaisseau et ceux du poste de pilotage avaient forcement accès à toutes les données. S’il avait réussi à obliger son geôlier à le libérer, il devait pouvoir récupérer des informations dans les cerveaux de ceux qui contrôlaient ce vaisseau.
Il se concentra... et les trouva assez vite. Ils étaient six opérateurs et un commandant au centre de l’engin, assis en cercle devant une sorte d’écran holographique affichant schémas ou images de l’extérieure. Les ordres fusaient et tous agissaient en fonction. Sans difficulté, il put contourner les barrières psychiques de l’officier supérieur et suivre ce que ses yeux voyaient. C’était étonnant qu’une telle race, habituée aux pouvoirs mentaux depuis longtemps, ne soit pas plus aguerrie que cela aux subtilités mentales.
La relative nouvelle puissance de son corps n’expliquait pas tout.
Revenant au présent, il dénombra neuf assaillants sur le mur holographique. Des bribes qu’il comprenait dans l’esprit du commandant, le vaisseau nalcoēhual s’en sortait très bien et restait sur la zone pour obtenir suffisamment d’information, utilisant des capacités de Transition exceptionnelles pour tester leurs ennemis.
« Okay, vous êtes très forts, murmura Stuffy du fond de sa capsule, maintenant montre-moi qui est en face. Allez, gentil commandant, tu peux le faire, vas-yyyy... »
Plusieurs appareils adverses s’affichèrent alors sur la gauche et le cœur de l’Agent mental se serra : il s’agissait sans aucun doute de croiseurs de la Flotte mentale !


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FORCES MENTALES - Juillet 2018
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