Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch18 Ep3

episode236.mp3

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La plupart des voyageurs de l’espace craignent, à juste titre, les pirates. On les sait affamés de richesses et prêts à tout pour les obtenir, ne reculant devant aucune action d’éclat ni aucune bassesse. Certains, plus lucides, savent également leur reconnaitre une rare témérité, une absence de peur qui fait d’eux des êtres d’exception.

Et encore sont-ils loin de la vérité…

Igor se tenait droit, serré dans sa tenue isolante contre les chocs thermiques, devant l’ouverture béante, à l’arrière de leur vaisseau. Il se trouvait à la quasi verticale de trois appareils cargos traversant la haute atmosphère de leur planète d’origine. Derrière la verrière de son casque, pas de toute première jeunesse, il pouvait distinguer la longue trace cristalline que la condensation laissait derrière les réacteurs au lithium à pleine poussée. C’était le point à éviter à tout prix, sous peine de se retrouver instantanément carbonisé. Au pire, si on ratait sa destination, on pouvait toujours venir se faire récupérer par la navette de secours qui sillonnait la zone, sous réserve que l’attaque se soit bien passée et que le suspenseur accroché dans leur dos, ou la combinaison, ne lâche pas.

Le convoi venait de décoller depuis une grosse poignée de minutes, et c’est lors des sorties d’atmosphères que les communications d’un engin sont les plus perturbées, voire inexistantes. Cela ne dure pas longtemps, mais c’est suffisant pour des pirates. L’autre avantage du lieu était que la présence d’atmosphère, même ténue, évitait les effets de dépressurisation forte, facilitant la progression en intérieur.

« Igor, on vise le troisième, j’y serais avant toi, petit frère !

Misha, ne fais pas comme si je n’allais pas vous griller tous les deux sur le poteau, comme toujours ! À tout à l’heure les peureux ! »

Répondit perfidement Esfir, dans la radio. Et sans préavis, la jeune femme s’élança et se jeta dans le vide, déclenchant l’attaque. Misha se précipita, suivi de tous les autres. Déglutissant, Igor plongea à son tour.

À cette altitude, si le frottement de l’air est négligeable, pour de petites surfaces comme celle d’un humain, la gravité céleste, elle, ne l’est pas. La chute est rapide, directe, sévère : seuls les petits compresseurs à air des suspenseur donnent un simulacre de contrôle à la chute. Tout le groupe, composé d’une trentaine de boucaniers, fondait sur le dernier cargo, il était la proie. Concentré sur sa descente, Igor nota pourtant les premiers petits flashes blancs, regroupés vers l’arrière de la zone d’atterrissage, si ce mot avait un sens pour une chute à cette vitesse. L’antimatière est une substance strictement interdite dans tout l’univers connu et, de tous temps, les rois de MaterOne en avait régulé la production et la dissémination. À trop forte dose, quelques grammes, elle pouvait fendre une planète en deux sous l’apparition d’une singularité dévorant tout. Pourtant, elle était couramment utilisée dans les cas précis d’actes de piraterie.

 

Choc…

Rebond…

Choc à nouveau. Les puissant électroaimants tinrent bon. Igor se trouvait un peu à l’écart, mais il était à destination et en un seul morceau, c’était le principal. Il sorti immédiatement laraignée, le surnom des ogives particulières aux pirates. Une fois posée, elle dépliait ses pattes et s’éloignait à distance respectable des porteurs de balise de reconnaissance. Puis, elle mettait en contact son millionième de gramme d’anti-matière avec la coque du vaisseau. D’où les flashes blancs que l’on apercevait de loin. Pénétrant la coque au travers de la paroi parfaitement découpée, Igor s’efforça de ne pas se souvenir des histoires de mauvaise dosage d’anti-matière dans les araignées, et de leur résultat apocalyptique. Épée dans une main, arme automatique dans l’autre, il courait dans les couloirs, faisant exploser les sas, prêt à abattre toute personne sur son chemin. Enfin presque, disons qu’Igor était sélectif, et ne répondait qu’aux attaques. Un son discontinu, en stéréo dans le casque, le guidait vers les autres balises, donc vers ses camarades. Évidement, l’objectif, une fois entré, était de se regrouper et d’attaquer la salle des machines. Les deux en même temps, parfois cela relevait du ch…

Il percuta un jeune matelot sortant d’une coursive qu’il n’avait pas vu. Tous deux tombèrent à la renverse, Igor en lâcha son automatique. Même s’il n’était pas le meilleur des bretteurs, il n’en demeurait pas moins entraîné au combat : roulant sur lui-même pour amortir sa chute, il se remit sur pied alors que l’autre se précipitait vers l’arme au sol. N’hésitant pas une seconde, il lui lança l’épée dans les jambes, se jetant à son tour sur l’automatique. Le temps que l’autre se relève, Igor était debout devant lui, le tenant en joue.

Le matelot leva les mains, se rendant. Inutile de chercher bien loin à déchiffrer son expression, celui-ci se pensait déjà mort. Igor n’avait qu’à appuyer, c’était si simple. Le jeune homme devant lui avait, au plus, vingt-deux ou vingt-trois ans. Si peu de différence avec son propre âge.

L’écho d’une explosion leur arriva aux oreilles, les combats faisaient toujours rage et la direction des bip-bip était évidente. D’ailleurs ils se rapprochaient, mieux valait se dépêcher. Tout en tenant en respect son vis à vis, Igor lui intima l’ordre de reculer. Il récupéra alors son épée sur le sol et abandonna le matelot tremblant, reprenant sa course dans le couloir principal.

Un peu plus loin, devant un important sas fermé, Igor saisit une de ses dernières araignée, et allait l’activer lorsqu’une rafale de mitrailleuse décrivit un cercle juste au-dessus de lui. Se jetant à terre, il se prépara à riposter… mais c’était inutile.

Le jeune matelot qu’il venait d’épargner se tenait devant lui, hoquetant, du sang coulant de sa bouche… Les yeux écarquillés, il serrait encore son arme fumante, mais ne touchait plus le sol, tenu en l’air par la pointe de la hache de Misha. Tandis que le garçon expirait, le demi-frère d’Igor ne cacha pas sa désapprobation :

« IGOR ! Quand est-ce que tu vas apprendre à surveiller tes arrières ? Ce gamin allait te dégommer comme un lièvre-tourterelle et tu y serais resté sans même comprendre ce qui t’arrivait ! »

Un dernier sursaut, et la tête du jeune ne bougea plus, les yeux encore grands ouverts.

« Un peu comme lui, quoi… Tsss… Bon allez, viens et reste prêt de moi. Y’a des mécanos qui refusent d’y rester gentiment, on a besoin de nous par là. »

Secouant son arme, il laissait le corps glisser sur le sol et indiqua une coursive secondaire. Igor le rejoignit, attardant son regard sur le jeune homme mort.

« Tu veux sa photo ? Viens plutôt voir Esfir. Elle est en pleine forme aujourd’hui et ferraille comme une diablesse, plus belle que jamais.

Misha… Merci.

C’est rien. Mais par l’enfer, fait attention, d’accord ? »

Et ils s’élancèrent vers les bruits de la bataille.

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RedU T1 Ch18 Ep2

episode235.mp3

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Le colonel marchait d’un pas lent dans les coursives menant au centre de commandement. Il avait beau faire le fier, l’appréhension lui tiraillait l’estomac. Ôh oui, il connaissait bien la zone proche de la Passe vers laquelle l’Exode se dirigeait, et pour cause…

 

… C’était dans une autre vie avant la révolution, avant John Fidgerald Hill lui-même, un nom composé de plusieurs penseurs célèbres. C’était un temps où on ne le nommait — à la pirate — que par son prénom et une caractéristique propre :  Igor le penseur, demi-frère du puissant Misha et dEsfir la sans-peur, rejetons d’un grand et puissant chef pirate. Ils n’étaient que trois enfants, ce qui était peu, comparé aux sept femmes de leur géniteur. Chez les pirates, les règles communes à la civilisation étaient non avenues et, bien évidement, le libertinage phallique régnait en maitre. Pourtant les femmes combattaient sur un pied d’égalité, sans doute par nécessité de survie pour leur famille, et elles n’étaient pas moins redoutables que les hommes. Sa grande sœur Esfir, par exemple, était une grande bretteuse devant l’Éternel. Les leçons d’escrime qu’elle lui prodiguait dans la base, lors des périodes de repos, le mettaient toujours à genoux.

« Igor, ta garde ! Relève ta garde ! Voilà, comme çà… Plus haut, et je t’ai déjà dit qu’il fallait bouger plus, c’est la mobilité qui fait l’escrimeur, sinon tu n’es qu’une cible !

Je… j’essaye. Même sans ton agilité, je devrais… pouvoir y arriver !

L’agilité viendra avec la pratique. Tu te souviens de la dernière escarmouche ? Avec ce garde royal, tu avais failli y passer. Il faut t’améliorer : les livres, ce n’est pas tout dans la vie d’un pirate ! »

Igor essayait de penser à ses pas, tout en contrant les attaques de sa vis à vis, se permettant même une feinte. Mais la jeune femme maîtrisait l’épée avec la grâce et l’agilité de ceux rompus aux combats, rien ne pouvait vraiment la surprendre et son frère faisait face à un mur d’acier. Elle n’avait que quatre petites années de plus que lui, collectionnait les amants et multipliait les batailles prestigieuses, aux cotés de leur père et de Misha. Une belle mèche blonde lui zébrait sa chevelure courte, et un fin collier d’or, qu’elle portait toujours autour du cou, lui servait de bijouterie : il datait de son premier pillage, un souvenir de ses débuts dans la piraterie, en quelque sorte. Malgré sa petite trentaine d’année, son nom et sa mèche n’étaient déjà plus inconnus dans les milieux pirates, et même chez leur proies.

Sur une ultime pirouette, elle désarçonna son frère. Le fleuret d’Igor s’envola, rebondit et glissa sur la poussière du sol jusqu’à l’entrée de la salle d’entrainement et du nouvel arrivant : Misha. Le géant était, avant tout, une masse physique, un être tout en muscle à la longue moustache rousse et à la voix tonnante. Il s’amusa sincèrement de la maladresse de son frère, en ramassant l’arme.

« Igor, tu devrais retourner à tes livres ou utiliser quelque chose de vraiment conçu pour les hommes ! »

Dit-il en tapotant le manche de sa redoutable hache, pendue contre son dos. C’était l’ainé de la famille, l’officier en second de leur père quand ils prenaient l’espace à bord du navire et bientôt le commandant de son propre vaisseau. Si Esfir commençait à être connue, la queue de cheval rousse de Misha était déjà redoutée de tous : il se montrait sans pitié avec les équipages capturés et sans aucune compassion avec les faibles ou ceux qui manquaient de courage sous ses ordres. Pourtant, malgré cette aura de violence, l’ainé aimait sincèrement sa famille, bon enfant et protecteur : malheur à celui qui leur chercherait des noises. Igor le lui rendait bien, préférant souvent être à ses cotés lors des batailles, son frère lui assurant une protection presque parfaite.

Car il était vrai que les livres passionnaient plus le jeune homme que les armes. Certes, il se savait pirate et destiné à vivre au milieu de la fureur des abordages et des pillages, mais il ne manquait pas une occasion pour se plonger dans la culture, les romances, les cartes spatiales, tout ce qui pouvait le faire voyager dans le temps et l’espace bien plus loin que ni lui ni son père n’avaient jamais été. Sa prédilection pour les poètes anciens était la seule compétence qu’on lui reconnaissait, en plus de la parenté de sa glorieuse famille, mais c’était un fait paternel, pas une compétence. Alors il s’entrainait, voulait participer aux batailles, aussi rudes soit-elles, cherchant, en faisant montre d’un courage sans faille et d’une analyse toujours plus fine, à combler ses lacunes de combattant. Malheureusement, cela semblait plus émouvoir les autres que réellement les impressionner.

Misha s’approcha et lui rendit son arme. Sur une bonne claque dans le dos qui fit tousser le jeune homme, il ajouta :

« Si tu veux un conseil, Igor, lit les cartes et continue à apprendre. On a des guerriers, mais des stratèges, ça c’est plus rare. »

Et sans préambule, il enlaça sa sœur par la taille, lui embrassant le cou.

« Évidement, je ne parlais pas pour nous, n’est-ce pas, Achtouka ?

Mais je n’en avais jamais douté, mon cher frère. Aller, enlève tes mains de moi avant que je ne te les coupe. Ce serait dommage pour toutes ces filles de bar que tu trousses dans tes soirées de beuveries, non?

Ha, ha, ha ! Achtouka, ce ne sont pas mes mains qu’elles cherchent, ha ha ha ! Y a que toi qu’est insensible. »

Demanda-t-il en la lâchant. Igor avait déjà remarqué ce manège que les deux se livraient, pardon, que Misha livrait à leur sœur. Certes, ils n’étaient que demi-parents, mais tout de même. Le pirate géant en faisait un peu trop, comme s’il tentait une cour maladroite. Pourtant, comme le signalait Esfir, ce n’étaient pas les conquêtes qui lui manquaient. Sa virilité et son endurance étaient elles aussi légendaires, et les femmes accouraient dès qu’il se présentait quelque part. Comble de la honte, il en avait prêté une à Igor, pour son dépucelage lors d’une soirée en retour de campagne. Les livres n’attisent pas les fantasmes féminins, semblait-il.

« Parce que j’aurais l’impression de toucher père, espèce de grand nigaud ! »

L’autre parti dans un dernier grand rire et se dirigea vers la sortie. Juste avant de franchir la porte il ajouta.

« Et n’oubliez pas de régler vos réveils. Demain, nous partirons tôt. Un convoi transportant les richesses d’un vieux marchand passera à portée. Bonne nuit, Igor, bonne nuit, Achtouka. »

Achtouka, un diminutif de guerre inventé par le géant pour leur demi-sœur. Une divinité païenne oubliée…

 

Esfir resta à l’observer alors qu’il disparaissait dans l’ombre des coursives, le regard indéchiffrable.
 

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RedU T1 Ch18 Ep1

episode234.mp3

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« Bonsoir. Suite aux dramatiques évènements arrivés lors de la sortie de la Passe de Magellone, la rédaction et moi-même avons décidé de retarder la diffusion de ce documentaire. Alors que le second convoi nous a maintenant rejoint, il nous a semblé judicieux den terminer le montage et de vous le proposer. Les rushes ayant, par miracle, pu être conservés par nos équipes, voici donc, dans une bien malheureuse exclusivité, ce qui est devenu lultime message de liberté et despoir de -feu- le Colonel John Fidgerald Hill. »

-Générique-

« Bonjour à tous et bienvenue sur Ex-One Média, votre chaîne d’information. Je suis Foudia Hacham et nous sommes sur le transporteur n °6 pour un documentaire spécial sur la sortie prochaine de la Passe de Magellone. Pour cet évènement très particulier, nous avons eu l’immense honneur d’être autorisés à suivre, minute par minute, le Colonel J.F.Hill, commandant de ce transporteur, lors de toutes les manœuvres d’arrivée.

Alors, Colonel, bonjour. Nous sommes ici dans vos quartiers, et au nom d’Ex-One média et de notre public, nous vous remercions encore pour votre esprit d’ouverture et de transparence. Peut-être pouvons-nous commencer ce documentaire avec quelques mots de votre part sur la situation actuelle du transporteur, ainsi que… nous dirons votre sentiment sur ce voyage ?

Bonjour Foudia, c’est un plaisir que de battre en brèche ceux qui prétendent que sur le n°6, les libertés seraient en berne. Et je vous remercie de braquer votre projecteur là-dessus. Alors la situation actuelle ne présente aucun problème, aucune anomalie particulière, ce qui me permet de féliciter toutes les équipes qui assurent le fonctionnement de ce géant de l’espace qu’est le transporteur. Nous savons qu’il n’est plus de toute première jeunesse, alors passer trois semaines d’affilées à traverser Magellone en Transition représente un sacré challenge !

Oui, d’autant que nous avons affronté des perturbations très éprouvantes, comme les sautes temporelles. Tous les équipements ont bien tenu ?

Oh, vous savez, c’est une solide électronique embarquée, dans cette bonne vieille cathédrale de métal et de lithium. J’ai connu autrefois la Passe dans des conditions bien plus rude. Cette fois-ci, ce n’était qu’un voyage agrémenté, tout au plus.

Vous avez déjà traversé la Passe ? Mais c’est une information : nous l’ignorions ! De quelles conditions autrement plus difficiles s’agissait-il ?

Mmhmm… Disons que mon vaisseau était endommagé, ce qui a rendu la traversée particulièrement éprouvante. Mon arrivée sur Pinup, le petit nom de la station Piñata el Grande, fût assez rocambolesque.

Mais c’est passionnant cela ! Vous veniez de l’autre coté de la Passe ? Je pensais qu’il n’y avait que des marchants-contrebandier, quelques rares vaisseaux d’exploration et des pirates, là-bas ?

Ha, ha, ha ! Madame Hacham, un jour, je coucherais peut-être le récit de ma vie sur les pages d’un livre et je vous promet de vous en tenir informée, mais l’heure n’est pas encore venue, ha, ha, ha !

Merci à vous, Colonel. C’est vrai qu’avant d’être commandant de l’Exode, vous avez été politicien dans le premier gouvernement Castiks — dit de transition. Auparavant, vous étiez un chef rebelle, vainqueur de la bataille controversée des monts Atos contre le Colonel Sterling-Price, lui-même actuel commandant du transporteur n °5. Cela se passe bien entre vous deux ?

Hélas non. Il a gagné toutes nos parties d’échec de ces dernières semaines. J’envisage d’arrêter de jouer avec lui, il est bien trop fort. Pourtant, c’est véritablement un homme cultivé, droit et foncièrement bon que j’apprécie, dommage qu’il soit un tel stratège, c’est frustrant.

Hé, hé ! On peut donc conclure que vous vous entendez bien. Mais nous avons eu beau chercher dans les données à disposition, nous ne trouvons pas de trace de vous avant les prémices de la révolution. Vous étiez alors, déjà, à la pointe de la contestation intellectuelle, et votre nom était associé à de grands auteurs célèbres de l’époque. Que faut-il en conclure, et pouvez-vous nous apporter des précisions sur cette période ?

Un jour, chère Foudia, un jour, je vous le promet. Mais je peux tout de même vous avouer un petit secret. Ma longue vie m’a appris trois choses importantes : d’abord, il faut toujours être prévoyant. On m’a, par exemple, installé à proximité un accès à certaines commandes directes du transporteur. Ce qui autorise, en cas d’urgence, des réactions très rapides.

Des rumeurs parlent en effet de votre canne qui aurait été améliorée, est-ce le cas ? Et qu’est ce que vous anticipez de si grave ?

Vous vous doutez bien que je ne commente pas les rumeurs, quand à la raison, c’est que justement, on ne sait jamais. La seconde leçon de vie, c’est… comment dire… peut-être qu’une citation d’un ancien poème serait plus claire ?

 

Toi qui aime, découvre la vie

Toi qui ressent, découvre ta raison d’être

Toi qui comprend, découvre lamour.

 

Je ne sais malheureusement plus d’où il provient, j’en suis sincèrement navré.

Mais je le connais ! Il a été écrit par un conseillé de Magnam I, peu après la création de la royauté, en l’an quatre-vingt trois si ma mémoire est bonne. Le roi l’utilisa dans un discours pour aider la population à croire en l’avenir et à procréer. Votre goût pour la littérature ancienne est également connu, voulez-vous dire par là que l’amour est votre seconde leçon de vie ?

Chère Foudia, vous me ravissez : j’en tiens enfin l’origine ! Oui, l’amour, mais l’amour comme moteur de l’espoir. Nous, humains, demandons de l’amour pour donner un sens à nos existences, et de l’espoir pour construire le futur. Et c’est cela ma troisième leçon de vie : ne JAMAIS désespérer. Et si nous n’avons plus d’espoir alors tenter au moins d’en transmettre à d’autre qui poursuivrons la destinée du groupe.

N’est-ce pas ce que nous reprochions à l’actuel gouvernement Castiks et qui a conduit au schisme de l’Exode ?

Parfaitement ! La voie choisie par les hautes instances n’était plus compatible avec cet idéal de vie. Antarès IV représente un nouvel espoir pour tous les exodés et, malgré de réels remords, nous sommes partis à l’aventure, préférant, redoutant parfois, la mort à la soumission et à l’extinction.

L’amour et l’espoir comme moteur de l’Exode. C’est une définition qui risque de faire date.

Elle le fait déjà, chère Foudia… Bien ! D’ici deux heures environ, nous sortirons de la Passe. Je vous propose de nous rendre au centre de commandement, où mes officiers m’attendent pour superviser les derniers préparatifs.

Peut-être un petit survol de ce qui nous attend à l’arrivé ?

Nous sortirons de Transition un peu plus loin que la Passe elle-même, un endroit assez sûr et hors de l’attraction de la faille dimensionnelle. Puis nous ferons une pause en y attendant quelques jours le second puis le dernier convoi. Il sera intéressant de profiter de ce temps pour cartographier autant que possible ce nouvel univers, et définir la meilleure route à suivre vers Antarès IV.

Un endroit sûr, la meilleure route à suivre… Votre expérience passée de ce coté-ci de la Passe vous inspire-t-elle de l’inquiétude ?

Tout l’univers est inquiétant, madame, tout l’univers… Je vous propose de rejoindre la passerelle, maintenant. Voulez-vous ?

Avec plaisir, Colonel, et dors et déjà merci pour cet entretien.

Une pause de nos annonceurs et nous revenons dans quelques instants. À tout de suite sur Ex-One Média.

 

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Red Universe: Playlist Chapitre 17 « Circus »

NOUVEAU : désormais vous pourrez accéder aux musiques de Red universe (originales ou Jamendo) sur la toute nouvelle page des Thèmes et Musiques du site ! Tout y est: lecteur automatique jamendo, lien téléchargement des compositions, biographie des compositeurs (dans la partie écoute gratuite des compos originales).

Les compositions ont été mises à jour pour tenir compte des nouveaux thèmes ajoutés (Thème Empire de Ragnvald) , ainsi, nouveauté, que des génériques de Ian (chapitre 18-19 et Chapitre 1-2 revisités).

Le chapitre 17 est terminé, voici la playlist Jamendo mise à jour, contenant, entre autre, les musiques utilisées pour les fonds sonores de « Vortex ».

Voici certains thèmes à remarquer pour leur utilisation dans ce chapitre :

  •   Thème du cirque (n°2) : « Techproge » de Breathing Statue / alb: Late Awake (retirée de Jamendo)
  • Thème des révélations finales : « Last line » de Nersonangelo / alb: “Rising Ember”
  • Les thèmes originaux de Ralato & Stuffy, Fabio Ouli ou de Phil Goud

Tout cela est donc disponible dans la section Musiques & Thèmes :-)
Ne vous en privez pas!

Bonne écoute et rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre 18 « Sobrevivir » de RedUniverse

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RedU T1 Ch17 Ep16

episode233.mp3

RENTRÉE LITTÉRAIRE sur Red Universe ! Mise à jour de nos livres numériques avec les chapitres V et VI et la mini-série de l’été: « Dualité » !
Venez enrichir votre expérience de cette grande saga avec les textes réécrits pour l’occasion, des illustrations et des commentaires de l’auteur.

Disponibles sur toutes plateformes ou en achat direct.

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Fabio ouvrit les yeux. À ses cotés, Adénor commençait à bouger ainsi que quelques uns des commandos. Le monde tournait encore un peu mais ils recouvrait tous leurs esprits. Des diodes pulsaient doucement sur quelque console dispersées face à eux, et c’était la lumière d’urgence, d’un rouge vif, qui inondait l’espace arrière de la navette. Rouge vif, avec beaucoup d’ombres, d’un noir de jais.

On était donc revenu dans la dimension originelle. C’était un plaisir de rentrer chez soit.

« Tout le monde va bien ? »

Demanda une voix un peu chevrotante depuis le poste de pilotage. La tête de Carillo dépassait du fauteuil du co-pilote, embrassant le groupe des survivants. Phil eut un sursaut :

« Que.. Quoi ? Attention, l’entrée ! On va s’écraser ! »

Si les sangles ne l’avaient retenu, il se serait jeté sur les commandes à l’avant. Quelques soldats dissimulèrent mal leur amusement, même Fabio et Adénor sourirent. C’était moins la réaction du pauvre Phil que le fait qu’ils soient toujours en vie, qui entrainait cette réjouissance.

« Nous nous sommes… bel et bien écrasé, Lieutenant. En tout cas, la vitesse était bien trop grande lorsque l’on a pénétré dans le transporteur. Mais les systèmes de sécurités de la navette et surtout de la zone d’appontage se sont automatiquement activés. On est à… deux mètres du mur, elles ont du être mis à rude épreuve mais on s’en est sorti. Bienvenue sur le transporteur n°3, messieurs-dames. »

Un grésillement bien à propos l’interrompit. Le pilote décrocha : Arlington les attendait au centre de commandement.

« Heu.. si c’était possible, je voudrais rester quelques minutes avec Adénor, nous vous rejoindrons immédiatement après ? »

Devant la réaction des autres, pour ne pas dire la suspicion, il ajouta :

« S’il vous plait… Laissez un garde ou deux si vous voulez ? Je veux juste régler un petit quelque chose, ce ne sera pas long. Adénor acceptes-tu ? »

Comme l’autre acceptait d’un hochement de tête, Phil insista pour attendre également. Dans un soupir, le Capitaine Carillo prévint qu’ils auraient tous « quelques minutes de retard »…

 

Momumba Arlington survolait les premiers rapports. En gros, ils étaient bel et bien revenus dans leur dimension. Tous les équipements avaient tenu le choc et les avaries étaient minimes. Çà, c’était les bonnes nouvelles.

« Alors, quelqu’un peut-il me répondre ? Je veux savoir OÙ nous sommes ? »

On s’affairait, on comparait les cartes spatiales, on s’interrogeait. Les calculateurs analysaient la position des étoiles, des nébuleuses, des vents solaires, n’importe quoi qui pût apporter un renseignement. Car s’ils avaient été renvoyés dans la bonne dimension, il eut été trop simple que ce soit dans la Passe de Magellone, bien sûr.

« Et Carillo et les autres ? Je n’avais pas demandé à ce qu’on… »

Au même moment la porte principale s’ouvrit et le groupe pénétra dans la salle. Arlington prit sur lui de conserver son flegme légendaire. Cette bande de rebelles lui avait donné beaucoup de sueurs froides.

« Carillo, mettez leur les menottes. Ils sont en état d’arrestation, je vous rappelle.

Je… Oui, Mon Colonel. Gardes… »

Immédiatement les soldats sortirent les menottes qu’ils avaient préparé pour leur première rencontre autour du Positron, mais l’urgence d’alors avait changé les priorités.

Phil et Adénor se laissèrent faire, l’un résigné, l’autre n’appréciant visiblement pas.

« Ce n’est pas une manière d’accueillir ceux qui vous ont permis de revenir de là-bas, commandant ! »

Déclara la jeune femme sans ambages. Arlington en fût surpris, à la fois par le ton que… par la forme.

« Madame Kerichi, je suis ravi d’entendre à nouveau votre voix. On m’avait dit que vos blessures mettraient du temps à cicatriser ?

Monsieur Fabio, ici présent, y a pourvu.

Oui, il avait à se faire pardonner de quelques petites… choses. »

Compléta Phil, et tous se retournèrent vers le mental. Une scène assez cocasse se déroulait : le soldat venait de boucler, deux fois déjà, les menottes, mais celles-ci se détachaient d’elles-même et tombaient par terre. On lui prêta une nouvelle paire, mais, étrangement, elles firent de même. L’intéressé haussait les épaules et se laissait faire, cachant mal son amusement. Un second soldat vînt prêter main forte au premier et le comique de la scène dura encore quelques secondes. Arlington s’approcha du mental blond, il n’avait vraiment pas le cœur à rire :

« Arrêtez cela immédiatement.

Mais Colonel, nous ne sommes pas un danger et vous le savez bien. Je peux comprendre que vous soyez.. irrité.

C’est le moins qu’on puisse dire. Savez-vous tenir une parole monsieur… Fabio ? Et vous deux également ? »

Tous acquiescèrent.

« C’est sans doute une des seules choses que je ne crois pas avoir jamais trahis »

Ajouta Fabio, lançant une oeillade au couple à ses cotés. Ils ne semblaient pas complètement convaincu, mais ne répondirent pas.

« Alors c’est bon. Je veux qui vous restiez à notre disposition en permanence, avec deux gardes pas loin au cas où. Les rumeurs de votre retour n’ont fait qu’amplifier tous les échos religieux vous concernant, Et je n’aime pas cela. »

Il fit un signe aux gardes, qui détachèrent le couple. Devant Adénor, il ajouta :

« Je pense que vous me comprenez.

Tout à fait Colonel, Nous resterons sage, n’est-ce pas, mon petit chou ?

Hê ? Heu oui chérie, nous… ferons comme le dit le colonel… »

Adénor caressa la joue de son amant, puis se toucha la mâchoire, en vérifiant la solidité. Oui, elle se souviendra longtemps que faire confiance à qui que ce soit pouvait être aussi dangereux sur le transporteur qu’avant, sur MaterOne. Son regard croisa celui de Fabio… désormais le jeune homme, aussi, serait à suivre avec précaution.

Le mental décida qu’il était temps de changer de sujet.

Colonel Arlington, nous vous écoutons. Alors où sommes-nous ? Car à vue de nez, ce n’est pas le Passe de ce cher et regretté Capitaine Magellone, n’est ce pas ?

Non, en effet, nous cherchons toujours. Lorsque le vortex nous a emporté, nous avions plutôt les yeux rivés sur votre arrivée in-extrémis. Pensez-vous… pouvoir nous fournir quelque indice ?

Si je peux me rendre utile, ce sera avec plaisir. Laissez-moi réfléchir ».

Fabio se concentra, et cette fois ils apparurent, comme avant. Ses « petits amis » : les Titans. Nous étions sortis de la Passe, et ils avaient délivré leur message. Désormais, ils allaient faire comme si de rien n’était et reprendre leur régulière et sage discipline pour aider le mental. Mais plus jamais, il ne jouerait avec eux. Pas après cette lueur malsaine qu’il avait croisé dans les yeux de Monsieur Loyal. Ils n’étaient pas des êtres inoffensifs, mais bel et bien une race puissante, avec un but, des plans précis pour y arriver, et… un sens de la mise en scène remarquable.

« Nous sommes de l’autre coté de la Passe, en avance sur l’Exode, donc. Mon seul soucis, c’est que je ne peux vous dire où, dans cet autre coté. »

Silence. La révélation de Fabio surprit les uns et confirma les craintes des autres : on les avait expédié quelque part dans l’univers, visiblement dans un lieu où l’homme n’était jamais encore allé et dont aucune carte n’existait.

Une alarme retenti dans un coin, coupant court aux questions de tous. Carillo s’approcha de l’opérateur concerné.

« Mon Colonel, un appareil vient d’effectuer une transition à quelques kilomètres devant nous.

Des précisions Carillo, sil vous plait ?

Design inconnu. Pas très grand, l’équivalent d’un tonnage de corvette. Propulsion au Talbium-3, on dirait, mais le saut dimensionnel qu’il vient d’effectuer est d’une précision et d’une finesse au-delà de nos limites… Attendez… présence d’armes ! C’est un vaisseau de guerre !

Alerte rouge dans tout le vaisseau ! Procédure de protection des civils et que les chasseurs se tiennent prêt au combat. Ne me dites pas qu’après tout cela, nous sommes tombés sur des pirates ?

Colonel… On reçoit une émission radio sur une fréquence inhabituelle. On vous la passe… Allez-y envoyer. »

Quelques grésillements, puis une voix monta dans le centre de commandement :

« À vaisseau inconnu, ici patrouilleur de lEmpire, déclinez votre identité, cest un Haut-Ordre ! »

Un hochement de tête d’Arlington et le capitaine brancha le micro.

« Je suis le Colonel Momumba Arlington, Commandant du quatrième transporteur de l’Exode. Nous sommes placés sous la protection des forces spatiales de la planète MaterOne, et nous ne sommes que de passage. Nous n’avons aucune intention belliqueuse. »

Fabio écoutait les pensées des membres de l’équipage du patrouilleur. Ils étaient plutôt inquiets de voir un vaisseau de dix fois leur taille apparaitre comme par magie au beau milieu de leur zone de surveillance.

« Vous n’allez pas aimer la suite, je vous préviens… »

Déclara-t-il simplement. Tous se tournaient vers lui lors la radio rugit à nouveau :

« Transporteur numéro quatre de lExode, vous êtes désormais la propriété du Grand Empire céleste de Ragnvald. Tout vos occupants, matériels et carburants doivent nous être livrés. Préparez-vous à être abordés dès maintenant. 

C’est une blague ? Ils veulent nous aborder avec leur coquille de noix ?

Oui Phil, mais je serais toi, pardon Colonel, je serais vous, je ne prendrais pas à la légère leurs demandes.

Expliquez-vous, Monsieur Fabio. Qu’avez-vous appris ?

Que nous sommes tombés sur une civilisation humaine de l’autre coté de la Passe, voilà. Et que, lorsqu’ils parlent dEmpire, ils ne rigolent absolument pas. »

Au même moment, plusieurs nouvelles alarmes retentirent un peu partout. Les opérateurs activèrent tous les appareils, réglant les radars et autres censeurs.

« Mon Colonel ! Flashes de transition multiples en sept, quatre, vingt-deux et soixante et un. Et il en arrive d’autre ! »

Fabio ajouta, cherchant à trouver ses mots :

« Ai-je… oublié de vous préciser qu’ils… hem… détestaient MaterOne ?

Nouveaux flashes en huit, dix-huit, quatorze, cinq, trente et un, vingt-deux, trente-trois,…»

La liste égrenée par le capitaine Carillo ne semblait plus vouloir finir…

 

FIN DU CHAPITRE 17

 

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Prod: PodShows
Réa: Raoulito, Relecture: Arthur, Icaryon, Kwaam
Narration: Andropovitch
Acteurs:
Phil: Lorendil,
Adénor: Coupie,
Fabio: Zylann,
Carillo: Andropovitch,
Momumba: JCK,
Radio: Raoulito
Compo: Ian
Montage: Ackim