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Son père servit les deux verres, posa le sien sur la table et tendit l’autre… Il s’était ajouté deux glaçons, comme à son habitude. Vernek tenta d’attraper son whisky mais sa main traversa le verre.

« Je ne supporte plus cela, c’est invivable ! » pesta-t-il contre les illusions. Il serra le bon verre, cette fois, et le porta à ses lèvres.

Du coin de l’œil, il observait son voisin qui dégustait le liquide ambré, apparemment sans s’intéresser à autre chose. Chacune de ses déglutitions tombait parfaitement avec un « tic » ou un « tac » de l’horloge au fond de la pièce. Soudain le verre que Junta était en train de boire lui traversa la bouche alors que, dans une gerbe d’étincelles, l’intercom principal s’enflamma !

Il se précipita sur l’extincteur et enseveli l’appareil rougeoyant sous une avalanche de poudre chimique.

« Ce n’est que le début Vernek. La tempête arrive, elle est toute proche.


  • Et c’est pour cela que tu es ici ? Cingla le politicien, excédé par cette situation où tout semblait lui échapper.

  • Non, je suis ici grâce à cela. Nuance. C’est assez rare de te voir perdre tes moyens, je suis content d’assister à cela au moins une fois.

  • Mais qui es-tu, merde ?! Mon père est lamentablement mort dans un accident d’avion, il y a plus d’un an ! Tu ne dois pas être là, tu ne dois PLUS être parmi les vivants !

  • Je te gène tant que cela ? De toutes façons ce n’est pas toi qui m’a fait revenir ici, je ne suis pas TON fantôme mon garçon et… »

Il posa son verre et se redressa, s’approchant de son fils. D’un geste souple, il lui pinça la joue comme il l’avait si souvent fait par le passé. Et sur le rythme des sons de son horloge, il secoua doucement la tête du politicien en lui décernant le premier sermon depuis son apparition.


« Je.suis.ton.père.Tu.me.dois.le.res-pect ! »


Junta se laissait faire, oscillant entre un puissant reflux de souvenirs d’enfance et une quasi hébétude face à cette situation si ubuesque. Son père le lâcha et, tout en l’aidant à poser l’extincteur au sol, l’entraîna contre lui.


« Accroches-toi à moi, fils. »


L’autre obtempéra, profitant d’un moment d’amour filiale inattendu. Il la sentit alors.


Une puissante distorsion traversa tout le vaisseau. Les piliers de métal se tordirent, se confondirent dans un maelström fou. La force de la vague était telle qu’il se sentit happé par elle et fut projeté hors du transporteur, flottant dans l’espace inter-dimensionnel, accroché à son père comme unique bouée. Il vit avec effroi des explosions crever les parois de son vaisseau en plusieurs endroits. Il hurla, figé dans une expression de terreur absolue. Son père remonta alors un bras et lui offrit le creux de sa nuque comme refuge. Mais cette sensation de sécurité toute relative ne suffisait pas à atténuer la panique qui étreignait le politicien. Serrant le tissu du costume de son père à le déchirer, il continuait à hurler. Relevant brusquement la tête, il allait à nouveau affronter l’impossible spectacle.


Le bureau était vide, silencieux. Le tic-tac de l’horloge marquait les secondes comme il l’avait toujours fait.


Silence.


Son père lui sourit, l’aidant à reprendre ses esprits.


« Je n’ai plus beaucoup de temps, fils. Tu as du remarquer que je ne suis qu’une projection de l’horloge. » Il s’approcha de l’antique engin et en caressa doucement les moulures dorées. « Je l’ai littéralement imprégnée de ma force vitale, elle m’a suivi depuis ma jeunesse et maintenant, elle te suit toi »


Junta écoutait d’une oreille, mais il ne pouvait guère se concentrer, le cœur battant toujours la chamade. Il regardait à nouveau son bureau, le calme qui y régnait, l’immobilisme de cette situation qui pourtant venait de déraper d’une manière parfaitement surnaturelle. Il lui fallait un peu de temps pour se ressaisir, mais son père ne lui en laissa pas :


« Navré Vernek, ma venue s’arrête là. J’aurais tant aimé parler avec toi, répondre à tes questions ou te soumettre les miennes. Mais c’est impossible. » D’un pas rapide, il enlaça le politicien, le serrant de toutes ses forces. Vernek réagit d’instinct et l’étreignit à son tour.


« Au moins que je ne sois pas venu pour rien. » Il le regarda alors droit dans les yeux. « Je vous aime, ta sœur et toi. Je savais parfaitement que ma vie allait s’achever, j’ai tout fait pour que vous n’en soyez pas victime, et éloigner le fléau de votre tête. » Cette fois, les mots atteignaient l’esprit du politicien qui écarquilla les yeux. « Vernek, je ne suis pas mort lamentablement, ton père ne voulait pas vous impliquer,  c’est pour cela que je suis mort loin de vous. Retiens cela mon fils ! »


 


Disparu.


Vernek Junta se retrouvait seul, seul dans cette pièce vide, seul comme toujours. Il se retourna d’un trait : la photo de son père et de lui était posée sur l’horloge, à sa place. Le vénérable engin égrenait les secondes, imperturbable. Complètement perdu, le politicien prit appui sur le rebord de son fauteuil, qui disparu sous ses mains telle la projection temporelle qu’il était, abandonnant son maitre aux effets impitoyables de la gravité. Junta donnait un coup de poing rageur contre le sol quand rugit le second intercom de la pièce, celui près du canapé.


« Quoi ?!



  • Monsieur le Commandant, ici le Docteur Quentin ! Vous.. vous devriez venir voir immédiatement au laboratoire ! Il se passe des choses incroyables ! »

 




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Prod: PodShows
Réa: Raoolito
Relecture: Icaryon, Arthur R, Adastria
Narration: Coupie
Acteurs:

Junta (Arthur)

Père de Junta (Tristeur)
Compo: Ian
Montage: MTIce