Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch29 Ep18

episode404.mp3

La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr!

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RedU T1 Ch29 Ep17

episode403.mp3

La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr!

Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 17 : «Délivrance (2)»

Monsieur, c’est votre cancer, une maladie. Il n’y a pas de clémence pour ce genre de combat là. Il doit disparaitre. Écartez-vous, ce sera bientôt fini.
Je… je vois que tes… nouveaux pouvoirs t’empêchent d’entendre un ordre pourtant simple.
Le chancelier se redressa, maintenant sa poigne sur l’avant-bras de Ralato. Une certitude, une affirmation de soi, propre à la personnalité de celui qui fut le maitre des Forces mentales reprenait lentement possession de Poféus. Le surhomme qu’était devenu Ralato ne pouvait ignorer cette transformation soudaine de son chef, qui pleurait encore à chaudes larmes quelques minutes plus tôt.

Tu. le. laisses, est-ce clair ? précisa-t-il froidement à son subordonné.
Les bras de Ralato s’abaissèrent, se rejoignant dans son dos en position de repos militaire. Sans y réfléchir, le soldat en lui réagissait aux injonctions d’un supérieur, celui-ci en particulier. Méfiant, Poféus l’examina encore une poignée de secondes, pensif, jusqu’à ce que l’autre perde son regard dans un horizon imaginaire, la chaine hiérarchique finalement rétablie. Le chancelier se tourna alors vers la créature qui flottait derrière lui.
L’opération de Ralato, même avortée, l’avait profondément marqué. Son maintien en l’air demeurait erratique, instable, un peu plus de la moitié de sa surface souffrait de lactescence, séchant peu ou prou. Les effluves vert foncé se mouvant en elle semblaient ralentir, virant au rouge aux abords des plaques laiteuses.
Encore une minute ou deux de ce traitement et elle aurait disparu, flétrie par l’intervention d’une puissance sans égale.
Es-tu toujours vivant ? demanda simplement le chancelier.
SI TU ES, ALORS JE SUIS AUSSI.
Tu prétends donc être moi ? Une représentation du cancer qui me ronge depuis des années ?
PHYSIQUEMENT, JE SUIS COMPOSÉ DE TES CELLULES ET MON ESPRIT EST EMPLI DE TES SOUVENIRS.
OUI, JE SUIS TOI.
La logique un peu arrangée de cette affirmation laissa Poféus songeur avant de reprendre.
Pourquoi tout ce théâtre, pourquoi m’avoir rendu fou ? J’ai manqué de me suicider plusieurs fois, j’ai… tu m’as fait… manger… mon assistante, revivre plusieurs pans de mon existence avec des personnes et des émotions enfouies dans mon passé. Pourquoi ?

…manger mon assistante… la phrase tourna quelques secondes dans le crâne d’Angilbe. Il avait du mal à faire cohabiter ses souvenirs et leur signification.
La chose ne répondit pas. Angilbe pourrait jurer que certaines plaques blanches avaient encore grossies de quelques millimètres. Le traitement de Ralato se poursuivait-il de lui-même ou son ministre agissait-il en sous-main ?
Ralato. Il sèche encore.
Ce n’est pas moi, Monsieur. Comme toute brulure, cela ne s’arrête pas immédiatement.
Il pouvait très bien mentir et continuer l’opération « dans le monde réel » que Poféus n’y pourrait rien.
Répond-moi, chose. Quel est ton but ?
MAGNAM TE L’A DÉJÀ DONNÉ, NON ?

Tu veux ma mort, voilà ce qu’il m’a révélé. Enfin, toi sous la forme de Calande.

Je ne comprends pas pourquoi tu as perdu ton temps. Tu prétends être moi, mais je ne me commettrais jamais ce genre d’erreur.
Une vaguelette parcourut la surface encore liquide de la sphère, comme un frémissement, avant qu’elle ne reprenne :
TON HEURE EST VENUE, ANGILBE. JE TE CONNAIS PEUT-ÊTRE MIEUX QUE TOI-MÊME, LE MAL DONT TU AS FAIT PREUVE TOUT AU LONG DE TA VIE N’EST QUE CONSÉQUENCE, SEULE LA LOGIQUE FUT TON MOTEUR.
JE SUIS VIVANT, PENSANT, JE SUIS TOI. JE VEUX QUE TU PARTES AVEC MOI VOLONTAIREMENT. J’ESTIME QUE TU AS DROIT À UN DÉPART…
Me pendre ou me faire sauter par la fenêtre n’est pas une manière courtoise pour me convaincre à te suivre, le coupa sèchement Poféus.
TOUJOURS CETTE REMARQUABLE CAPACITÉ À FAIRE ABSTRACTION DE TES SENTIMENTS, D’AUTRES AURAIENT HURLÉ, MAIS TOI — NOUS — NOUS ANALYSONS, NOUS TRAITONS LES INFORMATIONS FROIDEMENT, MÊME CELLES NOUS CONCERN…
Elle glissa de moitié de sa hauteur avant de se reprendre, tournant sur elle-même comme un blessé tâchant de soulager un côté douloureux, puis poursuivit :
NO... BREF, JE SUIS TOI, MAIS UN TOI NOUVEAU. JE NE SUIS QU’UN ENFANT QUE L’ON GAVE D’UNE VIE ENTIÈRE EN QUELQUES MOIS. NOUS AVONS TOUS DEUX REVÉCU TES SOUVENIRS, NOUS AVONS TOUS DEUX SOUFFERT DE LA TORTURE DE TON FRÈRE, JOUI AVEC MÉHALA, PLEURÉ AVEC MAGNAM ET… SUPPLIÉ LE MAGNIFIQUE FABIO DE NOUS PARDONNER.
Sans préambule, Angilbe s’approcha de la chose au flottement oscillant et tâtonna du bout des doigts une croute blanche. Ralato réagit, horrifié :
Monsieur, non !
Reste à ta place, je n’apprécie pas de me répéter. Tu le sais, je crois, lui répondit le chancelier, sans même un regard pour celui venu pourtant le sauver. Il reprit sa conversation avec la créature : tu prétends avoir découvert qui je suis réellement en te nourrissant de mes souvenirs. Calande n’était pas au courant de tout, cela ne l’a pas empêché de m’aimer.
MAIS C’EST ELLE QUI M’A ÉVEILLÉ À LA PENSÉE AUTONOME. CE SONT VOS SÉANCES D’INTROVERSION, LE CHOC DE VOTRE AMOUR, LE TRAUMATISME DE SA MORT QUI ONT PERMIS MON EXISTENCE. CE N’EST PAS PAR HASARD SI JE TE SUIS D’ABORD APPARU SOUS SES TRAITS.
Les doigts glissèrent précautionneusement vers le bord de la plaque blanche, sondant la dureté de la plaie, tel un chasseur nordiste tâtant l’épaisseur de glace sous ses pieds.
S’il vous plait, murmura Ralato, visiblement inquiet.
Tu m’agaces, Ralato, fut la seule réponse d’Angilbe. Tu as donc appris certains évènements de ma vie et pendant que tu grossissais, que tu phagocytais mes cellules saines, tu t’éveillais à la conscience.
ET TOI, TU COMPRENAIS LE MESSAGE.
Quel message ?
HA, HA… HAAAARGHT !
Cette fois, la chose s’affaissa sur le sol en perdant sa géométrie, sa surface fut traversée d’ondes multiples qui la déformaient et de la souffrance irradia à nouveau dans l’esprit des participants. Angilbe esquissa un mouvement pour s’accroupir, mais se reprit au dernier instant, toisant donc de haut la forme affalée sur le chemin de terre.
Elle mourrait. Le traitement infligé par Ralato se révélait comme toujours d’une efficacité à toute épreuve, même non abouti. Dans un soupir, il se retourna vers le ministre qui attendait toujours en position de repos militaire, mais l’expression pour le moins soucieuse.... de l’inquiétude ?
J’insiste pour que tu n’interviennes à aucun prix dans la suite, est-ce clair ?
Et moi, Monsieur, malgré tout le respect que j’ai pour vous, j’insiste pour que vous ne mettiez plus votre vie en danger. Nous avons vraiment besoin de vous pour contrer un grave danger qui plane sur l’humanité !
Un danger, hein ? répéta Angilbe, tournant et retournant ce mot plusieurs fois comme pour mieux en saisir le sens pourtant évident. Avec un sourire inattendu, il répliqua : mon mandat de chancelier n’a guère brillé par son efficacité. Si « l’humanité », comme tu dis, est véritablement en danger, alors le chef naturel pour la guider, ce devrait être toi.
M... pardon ? Moi ?
Aussi incroyable que cela paraisse, l’extraordinaire Mental resta ébahi par cette affirmation. Était-ce l’allégation ou son origine qui le perturbait à ce point ? Jamais, ô grand jamais, le contramiral, puis Chancelier, Poféus n’aurait ne serait-ce qu’évoqué la possibilité de céder sa place à qui que ce soit, fut-il Ralato.
Il passait toujours devant les autres.
Nous, nous avons œuvré tous deux pour le maintien d’un gouvernement fort sous notre férule. Je vous ai suivi, Fabio et moi vous avons suivi pour rendre cet avenir réalisable ! Et maintenant que nous y sommes, maintenant que, plus que jamais, nos choix sont mis à l’épreuve vous… vous…
Ralato, Ralato Ouli ! le coupa Poféus, d’un ton soudain solennel. Je vous nomme officiellement Chancelier suprême par intérim… le temps que tu trouves un moyen de supprimer ce qualificatif. Si combat il doit y avoir, je t’ordonne de le mener, sans le poids que je représenterai dans tes prises de décision.
Mais, je… Monsieur ? bégaya le ministre, si surprit qu’il en perdait sa posture rigide, les bras pendants sur ses flancs.
Affichant un sourire plus fataliste qu’amusé, le chancelier poursuivit :
Aucun témoin ne pourra jamais confirmer cette passation, mais qu’importe. Je compte sur toi, Ralato, fidèle Ralato, pour faire au mieux aussi longtemps que possible et utiliser tous tes talents pour préserver ce que nous avons si durement œuvré à créer.
Mais et… vous ? Chancelier Poféus, vous ne devez pas céder à cette maladie ! Elle va vous…
ELLE A DÉJÀ GAGNÉ, RALATO !
Et d’un geste court, il tomba à genoux et plongea ses deux mains jusqu’aux avant-bras dans la matière verte encore remuante. Ralato hurla, se précipitant vers son chef, mais celui-ci lui cria :
LAISSE-MOI… LAISSE-MOI ! NE T’EN MÊLE PAS !
La substance remonta immédiatement le long de ses épaules, puis se propagea rapidement sur son buste et sa tête. Investissant le corps d’Angilbe Poféus, elle abandonna des morceaux de plaques blanches et dures qui se brisèrent en poussière en percutant le sol. La silhouette entière du chancelier disparaissait maintenant sous une masse mouvante, sorte de gélatine verte parcourue de volutes plus sombres.
Ralato assistait, médusé, à cette absorption, cette…
Une fusion, corrigea-t-il pour lui-même.
Il se retenait d’intervenir, serrant dans ses poings une énergie peut-être capable de renverser le processus. Le chemin de terre commença à frémir, animé par des formes foisonnantes qui le percèrent rapidement. Des pousses de fleurs, herbes, des bosquets puis des arbres s’élevaient tandis que la voie serpentante s’étirait soudain de tous côtés jusqu’à l’infini, se déformant en collines ou vallons. Il aura fallu moins d’un clin d’œil pour reproduire un paysage bucolique que Ralato n’eut aucun mal à reconnaitre. Il s’adressa naturellement à la forme vaguement humanoïde qui se relevait à quelques pas de lui.
Vous retournez donc chez vous, Monsieur ?
OUI, RALATO. NOUS… retournons… chez nous.
Une nouvelle métastase se déroula devant le Mental, le corps se solidifiait et se scindait en deux entités disjointes, mais dont une branche, qui se révéla être deux bras terminés par deux mains jointes, resta commune. De la peau recouvrit la matière encore parcourue d’ondes multiples, s’évasant depuis la plante des pieds pour englober l’entièreté des individus renaissants.
Angilbe Poféus tenait la main de Calande Rorré et s’ils faisaient face à Ralato, leurs regards se perdaient l’un dans l’autre. Un bonheur finalement retrouvé s’épanouissait sur leurs visages.
Je t’aime, Angilbe.
Je t’aime, Calande.
Ils se lovèrent l’un contre l’autre, s’embrassant passionnément, deux amants qui se rejoignaient enfin après une trop longue séparation. Ils tombèrent à genoux et se roulèrent rapidement dans l’herbe, se caressant, riant avant de débuter une lente litanie d’amour charnel rythmé par les souffles des respirations soudain plus profondes.
Un mouvement près d’un arbre solitaire attira l’attention de Ralato. Magnam IV s’y tenait aux côtés de Monsieur Heir, satisfait d’observer le couple qui s’ébattait dans la prairie. Un peu plus loin, une jeune fille en salopette avec un pinceau tendait sa main libre à un gamin blond à la peau pâle que Ralato reconnut comme son frère encore adolescent. Plusieurs existences de Poféus se rencontraient finalement.
Au milieu des hautes herbes, les sons rauques se muèrent en petits cris, les mouvements devinrent plus prononcés, les saccades plus vives.
Ralato soupira doucement, gêné d’assister à cette débauche, mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur.
J’espère connaitre un jour une fin aussi heureuse.
Adieu, Monsieur.
Angilbe Poféus ne répondit pas, trop occupé par la montée de son plaisir… ou tout simplement déjà mort depuis longtemps.

*

Ralato Ouli ouvrit les yeux. Il se trouvait dans la chambre de l’hôpital où l’on avait conduit le chancelier, assit à son chevet. Sanglé sur son lit, celui-ci ne bougeait plus, sa respiration s’était arrêtée, les paupières fermées sur un visage impassible où le connaisseur pouvait tout de même y découvrir l’esquisse d’un léger sourire.
Monsieur, fit une voix devant ses barrières mentales, le chancelier vient de mourir.
Je sais, répondit-il simplement, sans regarder les quatre Gardes mentaux qui patientaient aux angles de la pièce.
Ce quelque chose qu’il sentit glisser sur sa joue gauche, était-ce une larme ?
Le ministre observa une nouvelle fois le visage calme de celui qui avait supervisé sa formation chez le Professeur QuartMac et encadré ses études à l’Université mentale. Il l’avait ensuite accompagné plus d’une dizaine d’années jusqu’au sommet des responsabilités. Lentement, il entreprit de défaire les liens maintenant le corps désormais inerte. Lorsque la dernière sangle tomba, un bras glissa pour pendre sans vie face à Ralato. Celui-ci le remit bien à plat contre le flanc et tira le drap pour recouvrir la tête puis le borda.
Une dernière inspiration, un dernier soupir…
Ralato se leva et se tourna vers les gardes. Le chancelier lui avait offert l’Humanité en testament, il lui revenait donc de la protéger et il comptait bien s’acquitter de cette tâche.
Le message psychique qu’il envoya toucha bien plus loin que les Mentaux de son organisation. Il fut reçu par presque toute la population de la planète MaterOne, ainsi qu’une partie de Maman-Lolo et nul doute qu’il serait très rapidement transmis aux confins de l’univers connu de l’homme.
JE SUIS LE CHANCELIER PAR INTÉRIM RALATO OULI, ANCIENNEMENT MINISTRE DE LA SÉCURITÉ. UNE MENACE SANS AUCUNE COMPARAISON PLANE DÉSORMAIS SUR NOTRE EXISTENCE À TOUS. UN ENNEMI APPROCHE, IL SERA BIENTÔT LÀ POUR NOUS ANÉANTIR ET NOUS DEVONS TOUTES ET TOUS LE REPOUSSER QUOIQU’IL NOUS EN COÛTE.
J’ORDONNE À LA TOTALITÉ DE LA FLOTTE SPATIALE, AINSI QU’À TOUT VAISSEAU AYANT UN QUELCONQUE ARMEMENT DE SE RENDRE IMMÉDIATEMENT À LA PASSE DE MAGELLONE. J’ORDONNE ÉGALEMENT À TOUT HUMAIN EN ÂGE DE COMBATTRE DE SE PRÉSENTER AUX FORCES DE SÉCURITÉ, QUEL QUE SOIT SON ORIGINE OU SON STATUT. QUE VOUS SOYEZ CONDAMNÉ, PIRATES, MERCENAIRE, ASSASSIN OU SIMPLE AVENTURIER, VOUS ÊTES DÉSORMAIS BLANCHIS DE TOUTE ACCUSATION ET DEVEZ REJOINDRE NOTRE LIGNE DE DÉFENSE AU PLUS VITE.
JE PRENDS PERSONNELLEMENT LE COMMANDEMENT POUR LA BATAILLE À VENIR ET J’ACCOMPAGNE LA FLOTTE AU LARGE DE LA PASSE.
SOIT L’HUMANITÉ PROUVERA QU’ELLE PEUT S’UNIR CONTRE L’ADVERSITÉ, SOIT ELLE VIVRA SES DERNIÈRES HEURES. À CHACUN DE FAIRE SON CHOIX… MOI, JE COMBATTRAIS POUR LA VICTOIRE.
BONNE CHANCE À TOUS.
S’en suivirent les images de destruction de la Flotte mentale par l’Armée noire nalcoēhuale qui lui étaient apparues lors de sa rencontre avec les Titans.

Devant ses Mentaux encore sous le choc du message, Ralato s’éleva du sol alors que la fenêtre se déverrouillait d’elle-même. Il leur adressa ses dernières consignes oralement :
« Le Président du Conseil Wolf prend dorénavant en charge la logistique immédiate du déploiement ainsi que les affaires courantes. Toutes les Forces mentales sont réquisitionnées, à tous les échelons. Je nous veux TOUS là-bas pour l’affrontement final. »
Puis il s’envola au travers de cette journée ensoleillée, rejoignant une navette qui décollait déjà pour le ramener à son croiseur. En son for intérieur, une litanie lointaine résonnait jusqu’à ses oreilles, sur fond d’une sorte de rire peu engageant :
« Nooous nous soumettons à tes dééééésirs, nous serons désormais avec toooooi pour t’offrir ce dont tu auraaas besoin. Pour toooujours… »

Les gardes mentaux coururent hors de la pièce où reposait le corps du chancelier alors qu’une légère brise pénétra par la fenêtre, profitant de l’ouverture de la porte. Elle ondula doucement le drap recouvrant le visage impassible de celui qui avait changé l’Histoire…
… autant qu’elle l’avait changé, lui.

Angilbe Poféus était enfin délivré de ses tourments.

FIN

———-
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RedU T1 Ch29 Ep16

episode402.mp3

La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr!

Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 16 : «Délivrance (1)»

Banlieue de MaterOne
Hôpital pour Mentaux
Dans l’esprit du Chancelier suprême Angilbe Poféus

Le cerf de feu qui emplissait le ciel s’estompait progressivement alors que Ralato Ouli se rapprochait du duo à genoux sur le petit chemin de terre sinuant au travers du néant. Poféus, dont les pupilles ne s’accoutumaient pas à l’intensité lumineuse de son subordonné, plissait les yeux et se protégeait le visage d’un bras. Calande se recroquevillait derrière lui, tremblante, meurtrie, recouverte de brulures s’étendant sous forme de plaques fumantes.
Si l’éclat de Ralato en personne baissa à son tour, un reste d’auréole dorée perdura lorsqu’il toucha le sol du sentier. Une déformation en onde s’évasa de l’endroit où se produisit le contact, suivit d’une forme de vapeur, puis plus rien. Angilbe demeura sans voix une poignée de secondes, puis il considéra le buste de son officier avant de croiser son regard.
Que se passait-il ? Était-ce un nouveau mauvais tour de Calande pour manipuler son esprit et le convaincre de périr avec elle ? Cela n’avait pas de sens, Angilbe avait finalement accepté de se plier à la volonté de celle qui voulait sa mort et…
Vous ne devez pas mourir, Monsieur, prononça Ralato sans ouvrir la bouche. Son âme parlait, non son corps.
Nous allons devoir affronter sous peu une situation qui nécessitera toute votre attention et vos talents de meneur. Plus que jamais, vous devez être à votre poste pour diriger l’humanité… Monsieur !
Cette simple phrase ramena le chancelier à l’instant présent : Calande, Heir, Méhala, Magnam, Fabio… et maintenant Ralato ? Mais celui-ci différait des autres. Cette apparition ne venait pas de son passé, quelque chose d’incompréhensible disait à Angilbe que c’était bel et bien le « vrai » Ralato qui se tenait devant lui, le rappelant à ses devoirs.
Il baissa la tête, renifla et s’essuya d’un revers du bras les restes de quelques larmes encore accrochées à ses cernes, puis se releva, dominant de quelques centimètres la projection. D’une voix qu’il espérait plus habituelle pour sa personne, il s’exprima enfin :
Ralato. C’est… c’est une surprise de te rencontrer ici. Mon esprit est censé être inaccessible aux Mentaux.
Les Mentaux, en effet, Monsieur. Mais je ne puis dire si j’en suis toujours un. Mes pouvoirs ont considérablement augmenté depuis Talbot. Il faudrait une nouvelle appellation à ce stade...
Quand bien même… Fabio n’a jamais su m’atteindre. J’étais fermé à lui comme à tous !
J’ai du mal à expliquer, je ne suis pas certain de tout comprendre moi-même. Il leva doucement ses mains, observant ses paumes quelques secondes, pensif, puis reprit. Il existe d’autres manières de communiquer avec un être, d’autres « portes » liées à je ne sais quoi du vivant. J’en ignorais la réalité jusqu’à maintenant, alors qu’elles m’apparaissent avec une évidence déconcertante, dorénavant.
Quoiqu’il en soit, si cela me permet d’empêcher votre cancer de gagner la partie, alors cela doit être bon.
Mon cancer ? Tu es au courant ?
Comme tout le monde ici je pense, vous lui parlez depuis un petit moment, là, et, Ralato, de désigner négligemment la forme en position fœtale derrière Angilbe.
Celui-ci écarquilla les yeux et se retourna doucement, n’osant pas se représenter ce que venait de lui annoncer si innocemment son ancien officier. Calande, recroquevillée, ne bougeait plus, mais ce qui ressemblait auparavant à des marques de brulures se révélait maintenant en une sorte de gélatine grumeleuse et verte foncée, parcourue de volutes internes à la noirceur insondable. Le corps si magnifique de sa compagne se déformait tandis que la superbe bouche s’ouvrait désormais sur l’indicible matière dans laquelle elle semblait se fondre.
Ca… Calande ? CALANDE !
C’est une projection, Monsieur, un peu comme moi actuellement. Une partie souillée de vous-même qui veut vous entrainer dans un dernier sommeil. Vous ne pouviez sans doute pas vous en rendre compte, elle utilisait votre propre intelligence contre vous-même. La manipulation devait être parfaite, car qui vous connait mieux que votre inconscient ?
La vraie Docteur Calande Rorré est morte depuis plusieurs mois, Monsieur. Celle face à vous n’est qu’une illusion. Débarrassons-nous en : elle, le cancer, tout.
Angilbe se retourna vivement. Son regard éprouvait pourtant des difficultés à abandonner la vision sépulcrale des dernières parcelles de la si douce peau de son amante, qui se dissolvait dans l’inquiétante fange vivante.
Tu dis… tu peux le soigner ? Mon cancer incurable ?

Rien que de prononcer cela faisait monter en lui un espoir fou, une lumière impensable éclairant le fond d’une mine perdue, la vie défiant une fois de plus la mort.
Tu pourrais faire cela ?
Oui, Monsieur. Mon pouvoir semble ne pas avoir de limite… ou presque. En tout cas, je peux vous soigner, je le certifie. Il poursuivit, visiblement pressé comme si l’on ne discutait pas de la vie ou de la mort du chancelier.
Allons-y : hâtons-nous, l’Humanité a besoin de vous. Nos ennemis arrivent, ils sont dangereux et…
ES-TU SÛR DE VOULOIR BRAVER LE DESTIN, ANGILBE ?
La forme se restructurait, elle s'élevait péniblement au-dessus du sentier, en formant difficilement une sphère parfaite. On sentait bien ses efforts, sans pour autant en voir les effets. La « créature », car il fallait bien lui donner un nom, évoquait désormais une bille de verre géante, à l’intérieur mouvant. Une matière verdâtre vivante, sans nul doute, et objectivement pensante… avec la voix d’Angilbe, tordue et déformée, certes, mais bel et bien sa propre voix.
La main droite de Ralato s’entoura de petits filaments brillants qui fusaient l’un après l’autre vers la chose au fur et à mesure que celui-ci levait le bras. Sa surface tressaillait à chaque implant qui pénétrait son enveloppe, blanchissant, comme séchant, autour du lieu de contact. Des ondes se propageaient sur ses hémisphères, se croisant ou se repoussant, gondolant la structure globale tandis que de la douleur résonnait dans l’esprit des participants.
Va-t’en définitivement, tu n’es plus désiré ici, déclara simplement Ralato.
ANGILBE ! SUIS-JE... UN ENNEMI OU NE SUIS-JE QUE... ARGH ! NE SUIS-JE QUE TOI-MÊME ?
De nouveaux filaments quittèrent la main de Ralato, plus brillants encore. Il leva son autre bras dont les doigts s’illuminaient à leur tour, libérant d’autres lignes étincelantes.
La créature se couvrait de plaques d’un blanc crémeux, les plus anciennes durcissant comme du plâtre. Sa souffrance irradiait au point que le chancelier comprît que Ralato avait entamé le « traitement ». Intervenait-il seulement sur le plan psychique, ou quelque part dans le monde « réel » opérait-il la tumeur de ses pouvoirs sans égaux ? Un hurlement tangible, d’autant plus concret qu’il s’agissait de sa voix, le toucha plus qu’il ne voulut l’admettre.
ANGIIIILBE ! IL N’EST PAS D’ÉCHÉANCE QUE L’ON... NE PUISSE ÉVITER. BRISE LES.... AAAAARGH !
Va-t’en te dis-je,
Il tendit brusquement les bras et l’intensité des filaments doubla au point de devenir douloureuse aux pupilles de Poféus.
Attend ! se surprit-il à crier soudain.
Le Mental le regarda, un sourcil interrogatif appuyant son expression.
JE T’AI DIT D’ARRÊTER !
Et malgré le risque de brulure, Angilbe Poféus se jeta sur les membres levés de son ancien lieutenant pour les abaisser, ignorant le feu psychique que l’autre s’empressa d’atténuer pour éviter un drame.
D’une voix essoufflée, surmontant la douleur, il ajouta :
« Attend, ne… ne le tue pas… s’il te plait ! »

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RedU T1 Ch29 Ep15

episode401.mp3

La DEUXIEME SAISON DE FORCES MENTALES EST DISPONIBLE SUR http://forcesmentales.fr!

Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 15 : « Percée (4) »
Quelque part dans le Cercle de KhabitBase secrète de construction des Lanhuit’l

L’Amiral Huate exultait. Depuis son petit module d’inspection, il ne pouvait s’empêcher de répondre chaleureusement aux saluts des ouvriers. Ceux-ci s’acharnaient au travail le long des lignes de productions de Lan’huitl. Ce soldat, d’ordinaire si austère et impassible, à l’uniforme parfaitement ajusté et aux chaussures huilées, rayonnait de voir chaque étape de son plan se dérouler avec l’exactitude d’un métronome.
Qui avait mis en avant l’efficacité de ces nouveaux croiseurs légers ?
Qui avait proposé une stratégie de harcèlement, montant crescendo jusqu’à l’attaque finale ?
Et en fin de compte, qui avait convaincu le Comité de salut public qu’il fallait profiter de cette retraite pour porter un grand coup et ruiner les efforts de minage des envahisseurs humains ?
Ces engins auraient pu considérablement compliquer la tâche de la flotte d’invasion, demandant un nettoyage complet d’une zone éloignée du Cercle de Khabit, berceau de la République nalcoēhuale. Mais c’était désormais un risque oublié, comme la majorité de cette flotte ennemie. Et avec la future vague de plus de trois-cents Lan’huitl qui se construisait sous ses yeux, la reconquête prochaine de Veora s’annonçait glorieuse et il la dirigerait avec efficacité et fierté.
Il décrocha un petit transmetteur psychique qu’il fixa à son front. Sous l’impulsion, un message jaillit de son esprit vers toute la population ouvrière qui œuvrait à la victoire. Certes, ces braves gens vivaient sous un régime d’exception, réquisitionnés sous peine de mort par les autorités, mais leur travail lui permettait aujourd’hui de communiquer la grande nouvelle :
« Mes amis, la nouvelle flotte noire que vous avez conçue vient de bouter le dernier humain hors de cette partie de l’univers par la Grande Déchirure. Nous allons maintenant LUI REPRENDRE NOTRE PLANÈTE MÈRE ! »
Des hurlements de joie parvinrent à son esprit alors que ses officiers derrière lui ne cachaient pas moins leur satisfaction. L’amiral replaça le communicateur sur son petit socle au pied de la verrière. Certes, avant de traverser la Grande Déchirure, il allait falloir mater une fois pour toutes la rébellion de Chilico. Aucune nouvelle en provenance de l’expédition punitive, partie il y avait déjà trois cycles, mais cela ne voulait pas forcement signifier grand chose. La guerre frappait à toutes les portes et certaines conventions pouvaient être outrepassées. D’autant que les ordres étaient clairs : on allait repeupler le système de Chilico, ils devaient « l’aseptiser » de toute trace actuelle de vie. Huate comprenait alors que ses soldats rechignent à donner des rapports trop fréquents… ni trop précis sur leurs activités. Sans se retourner, il impulsa télépathiquement à ses assistants :
« Quand nous serons de retour sur Tilt’chiti, rappelez-moi de contacter le corps expéditionnaire envoyé vers Chilico ».
Les autres plissèrent leurs goitres impeccablement rasés en un discret hochement de tête. L’amiral ne quittait pas du regard les docks de construction, suivant la perspective parfaite d’un agencement en étoile qui aboutissait au poste de contrôle central, dominant ces immenses lignes de production. Quelle formidable machinerie, quelle parfaite organisation digne de…
Un petit signal l’avertit qu’on tentait de le contacter. Une arrivée de plusieurs Lan’huitl en procédure de retour automatique. Bizarre, la bataille était maintenant terminée depuis plusieurs déciles et les appareils endommagés ou détruits qui pouvaient revenir avaient été rapatriés. Il composa le code de la zone de rapatriement, ce n’était qu’à quelques encablures, et il était curieux de voir cela de plus près.

*

« MES AMIS, NOUS AVIONS RAISON ! DEVANT NOUS, VOICI LE LIEU DE FABRICATION DE CES ENGINS DE MORT ! OUVREZ LE FEU DE TOUTES LES BATTERIES, NOUS AVONS DES MILLIERS DE NOS CAMARADES MENTAUX À VENGER… MAINTENANT ! »

Le devenir des vaisseaux ennemis qui disparaissaient lorsqu’ils avaient été gravement touchés, ou que leur équipage avait été brulé par le Canon mental, demeurait une énigme pour QuartMac. Que se passait-il alors ? Sa théorie supposait logiquement un retour vers un lieu à l’écart où l’on pourrait réparer ces engins. S’ils partaient vers plusieurs endroits différents, son appareil se disloquerait entre les dimensions, mais s’ils se réfugiaient tous en un point unique les grappins magnétiques pourraient emporter le Croiseur mental avec eux.
Et finalement, il avait eu raison : des docks de constructions, comparables à ceux mis en place pour la fabrication de la flotte du chancelier Poféus, s’étalaient devant lui. Plusieurs escadres, sans doute des centaines d’ennemis ayant vocation à combattre ses Mentaux, à détruire son rêve, attendaient en cale sèche, sans aucune défense. S’ils avaient effectivement balayé ses espoirs, s’offrait maintenant à lui la plus magnifique des vengeances, une frappe qui changerait le destin de cette guerre comme il l’avait toujours soutenu !
Les missiles fusèrent vers les cibles éloignés sélectionnés pour leur importance, les canons à large diamètre enflammaient leur environnement immédiat, réduisant à l’état d’épave ces maudits croiseurs qu’ils auraient eu le plus grand mal à toucher en temps normal.
Et le professeur QuartMac riait aux éclats.

*

Le module d’inspection slalomait entre les échafaudages qui se disloquaient, évitant de justesse un Lan’huitl se brisant en deux sur son passage. Les mains serrées sur ses commandes, Huate tentait désespérément d’atteindre l’imposante tour de contrôle, elle abritait plusieurs engins de secours qu’il pourrait prendre pour s’éloigner d’ici.
« MAIS BON SANG, OÙ SONT LES CHASSEURS D’INTERVENTION ? »
Tiendraient-ils contre ce croiseur ? Sans doute peu de temps, mais c’était toujours ça. Il contourna un entrepôt où plusieurs modules de stockage offraient un abri tout relatif aux redoutables armes de l’intrus. Comment cette faille dans les systèmes de rapatriement d’urgence avait-elle été omise ? Les chances qu’un ennemi se fixe aux Lan’huitl sur le retour furent-elles estimées si infimes, que désormais une machine humaine pouvait consciencieusement semer mort et destruction dans l’usine la plus stratégique de la République ? Pourquoi n’avait-on pas pensé à l’armer d’innombrables défenses, trop rassuré par sa position secrète aux tréfonds du Cercle de Khabit ?
En plongeant sous un quai en flamme, le module d’inspection percuta deux ouvriers qui tentaient de s’abriter et Huate put éviter la collision :
« ÉLOIGNEZ-VOUS BANDE DE… ».
Des traces de sang bleu s’étirèrent atrocement sur le parebrise avant, mais ce fut un petit bruit de claquement cristallin, à quelques centimètres de son visage, qui retint son attention.
« Non, pas ça… » murmura-t-il simplement.
La vitre du module implosa d’un coup, privant d’oxygène les occupants, abaissant la température de l’intérieur au zéro absolu. S’ils n’eurent pas à souffrir longtemps, ce fut grâce à l’explosion d’une citerne primaire de ce dock, deux niveaux plus bas, percée par plusieurs projectiles brulants.

*

QuartMac dirigeait précautionneusement son croiseur vers l’édifice qui dominait cette vallée de vaisseaux ennemis en construction. Sans prévenir personne, il activa le Compresseur, bloquant certains circuits de refroidissements par quelques pensées bien ajustées.
On tirait les missiles par volée de plusieurs, on réduisait en cendre ces maudits extraterrestres bleus et leur armada indestructible. Oui, la vengeance était douce, mais le fait d’armes demandait quelque chose de plus. Autour de lui, quelques moustiques voletaient, des chasseurs qui espéraient percer l’épais blindage du croiseur humain avec leurs griffes…
« Que le groupe de défense télépathique prenne le contrôle de ces pilotes et les envoie se crasher contre quelque cible hors de notre portée ! » pulsa-t-il négligemment.
Il cherchait à marquer cette guerre de son empreinte. Qui pourrait croire qu’ils avaient la moindre chance de revenir sur MaterOne avec une semaine de réparations au préalable ? Une hypothétique demande d’aide à l’Exode le ramènerait vers sa déchéance passée, honnie par ses semblables et obligée de gagner son droit à l’existence, jour après jour (si les exodés répondaient à son appel). Lui qui fut le Gouverneur des colonies de MaterOne, ne redescendrait jamais de son estrade. Il mourra ici, mais on devra rapporter plus tard qu’il partit en beauté, qu’il entraina ses ennemis dans la tombe en les frappant durement comme personne ne l’avait pu.
Les premiers avertisseurs passèrent inaperçus au milieu du tapage des destructions alentour, mais du côté de la salle des machines, on devait avoir relevé le danger. Sans état d’âme, QuartMac asphyxia les mécaniciens lui ayant pourtant juré fidélité. Il avait besoin de quelques minutes supplémentaires, que le labourage des terres adverses soit profond, enregistré, répertorié ! La masse imposante de sa destination approchait toujours, plus grande, attractive.
Derrière elle, apparurent soudain trois croiseurs qui décollaient : on tentait le tout pour le tout dans l’espoir de l’arrêter, quitte à utiliser des appareils non terminés. Le dernier chasseur encore sous contrôle mental vint percuter celui de droite et l’explosion se répandit dans ses entrailles dans un souffle pacificateur. Les deux autres ouvrirent le feu et atteignirent QuartMac, mais peu lui importait, il se trouvait maintenant assez proche et le spectacle touchait à sa fin.
Il se leva lentement de son fauteuil, l’édifice grandissant à toute vitesse, l’angle de vue se modifiant alors que le croiseur mental prenait du gite. Certains opérateurs attentifs se tournèrent vers lui, quelques-uns parmi eux comprirent et lui sourirent. Ils saluèrent leur chef, revenant à leur tâche dans un désir de marquer l’Histoire, eux aussi.
QuartMac avança d’un pas, puis d’un second. L’impact allait se produire la seconde suivante, il leva les bras bien haut, hurlant à tous de sa voix et de sa pensée  :
« QUE L’APOTHÉOSE SOIT » !

La proue du Croiseur mental se fracassa contre la tour de contrôle de l’usine d’armement nalcoēhuale, s’enfonçant profondément à l’intérieur jusqu’à ce que l’écrasement compense la faible poussée des réacteurs. En surchauffe depuis plusieurs minutes, le Compresseur dimensionnel de dernière génération rendit l’âme, saturant sa matrice alors que toutes les sécurités avaient été préalablement suspendues par QuartMac. En une seconde, la fusion projeta dans un rayon d’une dizaine de milliers de kilomètres des éléments de matières à un niveau subatomique. Désagrégeant l’immense dock depuis son centre jusqu’à ses extrémités, elle poursuivit ses ravages sur les appareils qui tentaient de s’échapper et même sur les premiers secours qui sortaient tout juste de Transition.
La lumière produite parcourut l’univers encore plusieurs années, apparaissant bien plus tard aux frontières de Ragnvald ou dans le ciel d’Antares IV. Sur Tilt’chiti, on interrompit le Comité de salut public, pour les descendre dans les profondeurs de la cité, dans la peur d’une quelconque radiation dangereuse. Finalement, ce fut tout le Cercle de Khabit qui trembla sous la lueur de ce soleil dévastateur.
Pour d’interminables minutes, le Professeur QuartMac, homme de science déchu aux vies multiples, devint une étoile qu’aucun de ses ennemis n’oublierait jamais plus.
La mort venait enfin de rattraper l’immortel génie.

———-
SOUTENEZ REDUNIVERSE ! Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture : Gortozaran, TheDelta, CowboyE, Coles - Acteurs: Tristan: narration, QuartMac : DrWolf, Huate : Mik180 Derush/montage : Hadaria/Mik180, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte, Pia

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RedU T1 Ch29 Ep14

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Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 14 : « Percée (3) »

Gouverneur ! Rapport des machines, le Compresseur répond enfin ! Sauf qu’ils précisent que plusieurs circuits primaires sont hors services, nous n’aurons qu’un saut puis il faudra au moins une semaine de réparation.
Ce n’est pas trop tôt ! Alerte jaune, je veux un retour aussi rapide que possible vers notre point d’origine !
Le professeur enrageait, simplement. Les coordonnées les avaient conduits ici, à quelques millions de kilomètres d’une supernova, grande génératrice de microondes qui perturbaient l’électronique embarquée. Le piège avait été savamment organisé et QuartMac doutait de retrouver la Flotte mentale là où il l’avait laissée, mais sans doute y trouverait-il des indices quant à leur nouvelle destination.
Il soutint sa tête d’un de ses bras sur l’accoudoir. À ses pieds, le blouson de cuir noir trainait par terre, piétiné autant de fois que possible par le vieux professeur. Une crise infantile, amplifiée par les efforts sans fin de ces dernières semaines, l’avait submergé. Le spectacle présenté à ses subordonnés ne jouerait pas en sa faveur plus tard, il devrait se charger de les faire taire d’une manière ou d’une autre. Les implications de la traitrise qu’il venait de subir l’exaspéraient autant qu’elles l’inquiétaient : tout le monde devait savoir, tous y avaient sans doute participé.
QuartMac laissa son regard se promener sur les têtes des opérateurs occupés face à lui : finalement, il devrait plutôt les choyer, car eux au moins avaient été honnêtes jusqu’au bout.
Un grondement se répercutant le long de la coque le fit se redresser : on y était.
« Préparez les armements, tout le monde à son poste de combat ! »
Devant l’étonnement qui s’installait sur la passerelle, il crut bon d’ajouter :
« Nous n’avons aucune idée de ce que nous allons découvrir là-bas. Nos ennemis ? Ceux qui nous ont trahis ? Je préfèrerais toujours être le premier à tirer que le premier à mourir ! Compte à rebours trois, deux, un… »
Le décor se transforma, abandonnant la lueur brulante d’une géante rouge pour celle, minérale, de l’obscurité étoilée. Rien, comme prévu. QuartMac scruta de ses yeux ce que les instruments sophistiqués à sa disposition avaient déjà analysé et classé, comme s’il pensait percer un secret dissimulé dans l’insondable néant de l’univers.
Mais non, rien de rien, sauf peut-être…
Monsieur, les balayages fins ont décelé plusieurs structures de l’ordre du mètre à une centaine de kilomètres à bâbord. Aucune présence vivante ni chaleur, mais c’est tout ce qu’il y a dans les alentours.
Qu’on les affiche sur l’écran ! grogna le savant.
Devant le spectacle de ses chimères de rechange congelées, irrémédiablement détruites, il se laissa tomber en arrière dans son fauteuil, les yeux obnubilés par l’image. Sa carte de secours, ses multiples vies… elles dérivaient maintenant, les cellules éclatées par le gel, leurs incubateurs débranchés sans le moindre scrupule.
S'il était un message, c'est que l'on se passait définitivement de ses services, tout simplement.
 Que… fait-on ? demanda avec une certaine inquiétude l’officier de pont.
Il reposa la question trois fois, devant le mutisme de son commandant, mais l’autre gardait toujours le silence, le regard embrumé.
Un avertisseur rugit soudain, traduit immédiatement comme plusieurs sorties de Transition par des engins inconnus. Lorsque les coques des Lan’huitl brisèrent les cylindres congelés et leurs composants dans leur élan, QuartMac s’éveilla de sa transe, ramené au présent par une réalité pressante.
Ce sont nos ennemis ! Préparez le Compresseur pour un saut d’urgence !
Impossible, lui rappela l’autre, les réparations débutent à peine, nous n’avions qu’un seul saut !
La fin.
C’était donc une nouvelle mort, véritable cette fois, qui l’attendait. Ses chimères anéanties, sa flotte enfuie, son vaisseau isolé, sans aucun espoir de survie. Lui, le Professeur QuartMac, celui dont la vie mériterait plusieurs ouvrages sur tous les bienfaits qu’il avait apportés à cette humanité si peu reconnaissante, se trouvait désormais au soir de son existence.
Les engins ennemis n’attaquaient pas immédiatement, se contentant de se séparer pour l’encercler. Ils étaient sept, comme les sept transporteurs qu’il avait reçu l’ordre de détruire, quelle pirouette macabre du destin !
Lui, le savant aux facettes multiples allait-il ainsi se laisser dévorer par les chiens de la fatalité ? Ou donnerait-il ce fameux dernier numéro, cet éclat de gloire étincelante qui resterait sinon dans les archives, au moins dans la mémoire de leurs adversaires ?
D’un geste sec, il se baissa et ramassa son gilet de commandement. Il l’enfila, prenant soin de fermer le zip et s’enfonça dans son fauteuil pour placer le rayonneur sur son front. S’il devait mener sa bataille finale, alors il allait offrir un spectacle inoubliable que personne n’attendait.
D’une pensée, il toucha les esprits de chacun des membres de son équipage :
« C’est votre Commandant QuartMac qui vous parle. Nous n’avons plus aucun espoir de replis, nos ennemis nous sont supérieurs en nombre et se préparent à l’hallali. C’est donc le moment de gloire que nous attendions : nous avons notre nouvelle arme, notre stratégie basée sur des centaines d’heures d’observation et un plan qu’ils n’anticipent pas.
Rassemblant tout ce que son âme pouvait trouver de courage dans sa colère contre ce destin injuste, il conclut :
« BRULONS ENSEMBLE LES DERNIÈRES MINUTES DE NOTRE EXISTENCE POUR GRAVER DANS L’ESPRIT DE CES DÉMONS LA PEUR DES MENTAUX ! SUS À L’ENNEMI, MES FRÈRES ! »
Ces hommes et femmes sélectionnés pour leur attachement à sa personne n’en demandaient pas plus pour lui offrir leur vie. Les retours psychiques fusèrent et une vibration monta en lui, un concentré de ferveur qui s’exprimait depuis les cœurs battant sur son vaisseau. Qu’il en soit donc ainsi :
« Chauffez le nouveau Canon mental, activez les grappins magnétiques, qu’ils soient prêts à sortir à la dernière minute… ET FEU DE TOUTES LES BATTERIES ! »
Les jets de lumière jaillissant du croiseur n’impressionnèrent évidemment pas les sept Lan’huitl qui s’empressèrent de glisser sur le tissu de l’éther. Les projectiles passèrent au travers d’eux et malgré les calculateurs intégrés — sachant faire faire demi-tour aux missiles — eux en face s’en amusaient. Ils se déplaçaient à la dernière seconde : des enfants riant, des soldats joviaux prenant quelque bon temps avec leur proie avant la mise à mort.
« Qu’ils s’amusent… », sourit QuartMac.
L’information qu’il attendait s’afficha dans un coin de la pièce, il donna l’ordre de détruire les fusées et transféra les commandes des trappes sur son esprit. Tout allait se jouer à la milliseconde.
Lorsque les charges détonnèrent, quelques tôles froissées des croiseurs ennemis volèrent, mais ils se placèrent surtout en position pour l’affrontement final. Juste avant qu’ils n’ouvrissent le feu à leur tour, QuartMac activa l’arme. Le Canon mental avait été amélioré, désormais son rayonnement n’était plus linéaire, mais radial, tout autour de lui. Si sûrs d’eux, si impatients d’assister à la curée qu’ils s’étaient bien trop approchés, les équipages Lan’huitl n’avaient pas compris que l’on ne cherchait qu’à les faire se regrouper à faible distance du vaisseau humain.
Les cerveaux nalcoēhuals grillèrent tous sous l’impulsion, leurs corps tombant, privés de leur substance nerveuse avant même de s’effondrer, avant même que le tir du canon ne s’atténuât. Immédiatement, des dispositifs magnétiques furent catapultés vers les Lan’huitl désormais dérivants. Les grappins solidement fixés, des treuils s’activèrent à leur tour, rapprochant les carcasses ennemies jusqu’à entrechoquer leurs coques. Une fois les échos sourds étouffés le long du fuselage, une accalmie pesante s’abattit sur la scène.
Cet amas informe de vaisseaux aux équipages décédés, agglutinés autour d’un appareil, tous feux éteints, paraissait bien incongru au milieu de l’immensité spatiale. Mais la seconde partie du plan allait bientôt prendre son élan, comme le prévoyait QuartMac depuis son fauteuil de commandement, goutant le silence percé de quelques bruits électroniques épars.
« Et maintenant, chuchota-t-il pour lui-même comme pour le reste de ses fidèles répartis dans le croiseur, l’expérience ultime ! »

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