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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch29 Ep03

episode389.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 03 : « Debriefing »

« Poféus devenu chancelier et une grande flotte de colonisation avec pour but principal de nous rayer de la carte », résuma Sterling-Price dans la salle de réunion.
Sa voix résonna bien plus longtemps que lors des Conseils des Commandants de Transporteur 1, preuve des dimensions hors normes de ce croiseur. Ils étaient tous installés dans de confortables fauteuils de cuir synthétique, répartis autour d’une large surface de travail arrondie dont ils n’occupaient qu’un petit quart-de-cercle. Le lieu regorgeait de ce qui se faisait de mieux en matière de gadgets utiles pour les démonstrations ou explications. Stuffy en usait actuellement pour afficher les enregistrements vidéos et des fiches techniques sous le verre de la table.
Oui, colonel. Voici les images de notre départ, d’ailleurs... là, sur l’estrade, on voit Ralato qui représente le chancelier, le Président du conseil Wolf et... un autre moi-même.
Et tout ce voyage qui nous a pris plus de huit mois ne vous aura couté que... quoi ? Quelques semaines ? Nos transporteurs ne sont pas de toute première jeunesse, c’est vrai, mais tout de même !
Quatre pour être exact. C’est que la Flotte mentale n’a pas été conçue de la même manière que des vaisseaux commerciaux ordinaires, ni même que des vaisseaux de guerre. Viggi, s’il te plait, les plans... voilà, regardez.
Poféus a détourné pendant des années des quantités hallucinantes de matériels et de personnel. Les schémas sont osés, voire visionnaires et totalement axés vers les pouvoirs psychiques ! Déjà bien avant la révolution, des unités de constructions produisaient les parties de ces navires, dissimulées à l’intérieur d’un anneau d’astéroïde interdit à la navigation... ne me zieutez pas comme ça, je sais ce que je dis ! réagit-il devant les regards dubitatifs autour de lui.
Ralato et moi y sommes passés, par hasard, à notre retour de Talbot. J’ignore ce qu’il en est advenu, mais les docks de montage semblaient s’étendre à l’infini, vus du porte-conteneur.
Hé bien, soupira Sterling-Price en se laissant aller dans son fauteuil. Ce contramiral... enfin, Poféus je veux dire, aura mené en bateau beaucoup de monde durant pas mal de temps. Reste à en connaitre la raison. S’il avait commandité cette flotte depuis tant d’années, ce n’était évidement pas contre nous et je l’imagine mal avoir des prétentions colonialistes. Si nous admettons qu’il ambitionnait de renverser la royauté avec, pourquoi alors l’envoyer ici et maintenant ?
Je dirais qu’il a eu ce qu’il voulait, intervint le Capitaine Viggi. Il lui fallait une nouvelle utilisation à toute cette armée.
Nan, infirma Stuffy, pensif. Les Forces mentales lui sont dévouées corps et âme ; or il vient de se séparer de son meilleur atout. En une fois, hop, plus de Mentaux et plus de flotte ! conclut-il d’un claquement de doigts.
Personne n’y trouva à redire pendant quelques instants, jusqu’à ce que le Gandhi assit dans un des fauteuils, le deuxième androïde debout derrière lui, n’ajouta son eau au moulin :
Il est connu au travers de l’histoire qu’une armée puissante sous-exploitée risque de se retourner contre le pouvoir en place. Ceci étant dit, j’ai une seconde théorie.
Il est possible que le Chancelier Poféus poursuive un autre but : il aurait une priorité toute particulière à réduire en cendres l’Exode. Une raison suffisamment impérieuse — à ses yeux — pour envoyer toute sa force militaire, sous couvert d’élimination d’opposants et d’élargissement de l’espace humain.
Azala est sa demi-sœur, lança Fabio, soudain intéressé par la conversation. Et cela, quand on le connait, c’est déjà un motif valable.
La stupeur traversa le petit groupe devant l’affirmation, seuls les Gandhi demeurèrent impassibles. Celui qui était assis poursuivit :
C’était en effet ma théorie, bien que je n’eusse aucune preuve tangible. Je le soupçonne d’avoir fait taire définitivement le roi Magnam IV et de n’avoir eu de cesse de se débarrasser de la princesse. J’étaye cette idée d’un faisceau de présomptions, Fabio Ouli, mais je pense que vous devez avoir vos propres indices en tant que conjoint.
Ex-conjoint, Godheim, ne faites pas comme si vous l’ignoriez, répondit l’autre sèchement, mais en effet c’est cela. Les archives sur la disparition du roi ont été réécrites et les rapports modifiés. J’ai personnellement sondé les esprits de ceux présents ce jour-là dans les orthoptères. Ils avaient reçu l’ordre de raconter la belle fable de Magnam IV qui aurait préféré le peloton d’exécution plutôt que la déchéance. Sauf que, lorsque je creusais, eux-mêmes ignoraient ce qui était arrivé ; tout ce qu’ils savaient, c’était que l’appareil d’Angilbe et du roi avait piqué vers la surface des eaux et coulé. Il n’y eut qu’un seul survivant, vous connaissez la suite.
Sterling-Price esquissa une moue en plissant sa lèvre inférieure, semblant chercher de ses yeux quelque araignée au plafond. Les explications de l’avatar comme celle de Fabio apportaient une nouvelle lumière sur les évènements actuels, qu’il exprima simplement :
Un hasard... un malencontreux concours de circonstances qui va mettre face à face deux puissantes armées spatiales. Et l’Exode est au milieu de tout cela. Il se frotta quelques secondes les joues fraichement rasées puis se redressa, s’adressant aux androïdes :
Maitre Gandhi, ces messieurs nous ont donné leur appréciation du rapport de force entre les deux, pourrait-on connaitre la vôtre ? Quelles sont les chances de la Flotte mentales face à l’Armée nalcoēhuale ?
Les deux avatars courbèrent l’échine une petite poignée de secondes, puis se tournèrent simultanément vers le colonel. Celui qui était assis répondit, l’air plus curieux que navré :
« J’estime à quatorze virgule vingt-sept pour cent que les croiseurs résistent à un assaut des nouveaux appareils de la flotte noire. Contre les anciens modèles, il aurait pu y avoir une forme d’équilibre, les avancées et lacunes se neutralisant plus ou moins, mais, désormais, ce n’est plus le cas.
L’empire de Ragnvald lui-même est menacé et j’engage en ce moment toutes les capacités des dix-mille soleils à la recherche d’une parade. »
La lumière de la pièce changea subtilement à mesure que le groupe de vaisseau s’approchait d’Antarès IV. Elle reflétait la faible chaleur de la naine rouge CCCP et retouchait les couleurs de la scène de tons orange et ocre.
Gandhi poursuivit :
J’ajoute cette nouvelle estimation : quatre-vingt-douze virgule soixante-quinze pour cent de possibilités — probabilités à ce stade — que la république nalcoēhuale ne se contentera pas de repousser l’invasion.
C’est à dire, souffla Stuffy, le regard sombre et la voix inquiète ? Il traduisait l’inquiétude soudaine de tous les autres participants à la réunion.
Il est vrai qu’ici peu d’entre vous ont une expérience de la culture nalcoēhuale présente dans le Cercle de Khabit... et vous ignorez la réalité de votre propre histoire. Je peux vous aider en cela : apprenez que rien ne leur ferait plus plaisir que de bouter les humains hors de cet univers et particulièrement de la planète MaterOne, qu’ils nomment Veora... et qu’ils considèrent comme leur.
Et, d’après ce que je sais du gouvernement actuellement en place, ils n’hésiteront pas une seconde.
Viggi et Stuffy se levèrent brusquement de leur fauteuil, Price écarquilla les yeux tandis que Fabio observait l’avatar, associant les informations éparses. Stuffy s’exclama :
Ils voudraient ENVAHIR notre espace ?
Nous avons bien fait de même chez eux, après tout, intervint Sterling Price en calmant les deux soldats mentaux d’un signe de la main. Ceci dit, si les croiseurs mentaux ne font pas le poids, alors ceux de la flotte régulière n’auront pas la moindre chance. Laissant le tacticien prendre le dessus sur le diplomate, il conclut simplement :
Ce sera un carnage.
Fermant de nouveau les paupières, les Gandhi les rouvrirent bien vite pour partager les résultats de leurs computations :
J’envisage vingt-sept pour cent de possibilités que l’humanité tienne MaterOne et résiste à l’invasion. Notez cependant que je n’ai pas toutes les informations en ma possession. Il me faut quelques semaines pour recevoir les dernières transmissions, mais je viens d’apprendre par exemple que Ralato, le frère de notre ami Fabio ici présent, a fait sensation en écrasant un complot sur Talbot. Ce jeune garçon est une des promesses du futur, si les Nalcoēhuals lui en laissent l’occasion.
Viggi, surprit, se pencha pour croiser le regard de l’avatar divin :
Monsieur, c’était mon affectation avant de rejoindre la flotte. Il y a là-bas le clone de l’agent MacDone et jamais celui-ci n’aurait accepté quelque chose du genre... d’autant qu’à la tête des Triades Souriantes, rien ne lui échappait.
Exact, c’est un de mes doubles, ajouta Stuffy. C’est pas pour rien qu’on a été répartis à la tête des organisations sensibles : Mutualistes, Souriants et Forces mentales. Vous êtes certains de vos informations ?
Ce fut le Gandhi debout qui répondit, amplifiant le malaise de communiquer avec un être présent plusieurs fois dans cette pièce, mais également au travers de son empire et dans l’univers humain.
« Agent Stuff MacDone, j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes le dernier Stuffy encore vivant du groupe des quatre. Les chimères non matures peuvent devenir déviantes sous certains environnements et c’est ce qui est malheureusement arrivé à vos doubles. »
Stuffy absorba l’information, se rasseyant doucement dans le fauteuil dont le cuir gémit. Le premier Gandhi reprit la parole, poursuivant un rapport pessimiste sur l’autre côté de la Passe de Magellone.

En plus d’une crise financière majeure, une guerre secrète a été livrée entre les clones, affaiblissant d’autant les marges de manœuvre du gouvernement en place. J’ajoute que des rumeurs très inquiétantes circulent sur la santé psychologique du chancelier. On le dit en proie à des délires sévères et à une incompétence des plus criardes.
En fait, je crois qu’il ne reste plus beaucoup de monde capable de concentrer les maigres chances humaines de survie.
Sauf Ralato... murmura Fabio, plus pour lui que les autres, il y a Ralato, mon frère. Devant les regards interrogateurs de ses voisins, il bredouilla l’explication :
Le... le Faiseur m’a expliqué, il y a quelque temps, que son vrai rôle dans tout ceci allait bientôt... apparaitre sous les lumières et que c’était peut-être pour notre malheur à... tous.
Le Faiseur te parle, Passeur ? l’interrogea Gandhi, visiblement plus intéressé par cette partie de l’intervention. Quand certains doutent de ma sincérité dans le partage d’information, se pourrait-il que d’autres s’en affranchissent totalement ?
Un reproche ne saurait être plus clairement exprimé. Fabio se recroquevilla un peu, ajoutant un ton plus bas :
« Il m’a... aussi... incité à sonder l’esprit d’Azala. C’est comme ça que j’ai pu confirmer... définitivement... la filiation entre Azala et Poféus... »
Il laissa sa phrase en suspens alors que la porte automatique ouvrait le passage à la Lieutenante-colonelle Onawane, suivie d’Edmund Tristo. Les deux n’eurent pas besoin d’explication pour sentir la lourde atmosphère planant sur la pièce. Sterling-Price leur résumait le contenu de la réunion, assisté par Viggi qui pianotait sur la table pour afficher photos et compléments d’information, quand Stuffy contacta Mentalement Fabio, le ton sec et les mots tranchants :
Cessez de jouer avec nous, Fabio. Votre frère va être seul à la tête de l’armée spatiale pour contrer une flotte d’invasion redoutable. Mais VOUS, vous avez des pouvoirs capables de faire la différence ! Utilisez-les, bordel !

Je n’en ai plus, désolé.
Quoi ?
Sans prévenir, Stuffy, frappa de toute ses forces contre les barrières mentales de Fabio et celles-ci... volèrent en éclat, pour la première fois dans la vie du jeune homme. Il cria et tomba dans son fauteuil, comme projeté par une attaque physique. Tous se tournèrent vers le Mental blond et Onawane se précipita même pour l’aider. Stuffy, choqué, déclara à haute voix pour l’assistance :
« Notre dernière chance vient de se volatiliser. Le grand Fabio Ouli n’est plus... qu’un Mental comme les autres. »

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RedU T1 Ch29 Ep02

episode388.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 02 : « Regroupement »    

La petite navette emportant la fine fleur du commandement de l’Exode coupa ses réacteurs après un long quart d’heure de vol. Poursuivant sur sa lancée, l’espace n’autorisant aucun frottement qui la ralentirait, on eut pu croire qu’elle dérivait si ses feux de position ne clignotaient pas avec régularité.
Le Colonel Sterling-Price soupira en se penchant vers son hublot. Sans même un regard pour son voisin immédiat, il l’interrogea :
Maitre Gandhi, étions-nous obligés de venir en comité dans ce petit appareil pour accueillir nos invités ?
Ils ont traversé de bien rudes épreuves et perdus de très nombreux compagnons, répondit posément l’androïde. Il sera judicieux de les rassurer en ne montrant ni puissance ni dédain à leur égard, colonel.
Certes, certes, mon bon ami. Ce sont pourtant des soldats de Forces mentales, ils sont entrainés à vivre ce genre d’aventures... quoique l’on pourrait dire pareil de nous et pourtant...
Gandhi se tourna vers leurs voisins de la rangée d’en face.
Et vous, Fabio Ouli, vous ne semblez pas de la meilleure humeur alors que vous allez retrouver certains de vos anciens collègues ?
Il est comme ça depuis quelques jours, répondit la Lieutenante-colonelle Onawane à la place de l’intéressé, morose et perdu à souhait dans ses pensées.
Disons que j’ai mes propres réflexions à mener, se contenta de murmurer Fabio à l’attention du groupe, les yeux égarés dans les étoiles.
Un silence plana quelques minutes sur la scène, alors que l’infini de l’espace semblait en attirer certains et que Gandhi observait avec une attention toute particulière le fameux « Passeur », Fabio Ouli. Onawane pensait vraiment que celui-ci avait sensiblement changé depuis leur dernière séance d’entrainement, peut-être n’était-ce que passager, mais peut-être pas ? Elle avait eu la sensation de presque percer ses défenses durant l’ultime exercice. La puissance de ce Mental était renommée dans les milieux militaires et Onawane n’ignorait pas que son niveau d’apprenti ne lui permettrait jamais de ne serait-ce qu’intimider un tel être. Pourquoi donc cette sensation ?
Le silence se poursuivait, devenant presque assourdissant pour la Mentale. La jeune voix d’Edmund Tristo monta alors, comme une délivrance, de derrière le fauteuil de Sterling-Price. Le spécialiste des technologies numériques de Transporteur 5 faisait également partie du voyage.
Hé bien moi, ça me fait tout bizarre de rencontrer un groupe entier de vrais Mentaux. De toute ma vie, je n’en avais jamais croisé avant Madame Onawane et rien que l’idée de me faire farfouiller les méninges par eux me gêne beaucoup, M’sieur Price.
Monsieur Tristo, figurez-vous qu’en ce qui me concerne je suis tout impatiente de les connaitre, s’enhardit Onawane, tout sourire. J’en avais rencontré lors de réunions de travail à l’état-major de MaterOne, mais les circonstances actuelles rendent cette visite passionnante.
Vous dites ça parce que vous savez vous protégez, moi c’est pas pareil. Je suis normal et j’ai aucune défense contre eux.
Edmund, intervint Sterling-Price, toujours attendri tel un vieil oncle envers son jeune assistant. Souvenez-vous des conseils que je vous ai donnés lors de notre première confrontation avec les Nalcoēhuals : récitez un morceau de chanson dans votre tête, cela perturbe les lectures psychiques.
Oui M’sieur, mais je pourrais pas rester dans la navette et juste étudier les capteurs plutôt que de vous accompagner là-dedans ? Vous savez, moi, les grands vaisseaux j’y connais rien.
Ce n’est pas « un » grand vaisseau, informaticien Tristo, dit alors Gandhi en se retournant pour croiser le regard du jeune homme. Ils sont deux et de taille comparable à votre transporteur. Les humains de MaterOne ont regroupé à l’intérieur le meilleur de leur technologie, quel que soit le domaine de compétence. Et j’ajoute que c’est le summum de l’interface psychoélectronique qui sillonne toutes les communications, internes comme externes.
Il leva un doigt vers le plafond et conclut :
Considérez ces engins comme les plus beaux jouets qu’il vous soit donné d’étudier, les Mentaux ne seront d’aucun danger pour vous. D’ailleurs, ils arrivent... maintenant !
À moins de cinq-cents kilomètres d’eux, un vortex bleu marine se matérialisa dans un flash. Le tissu de l’espace-temps se courba une fois de plus aux injonctions de la technologie de l’Empereur-Dieu, l’ancien Passeur Marenkof, laissant traverser des distances conséquentes à deux vaisseaux eux-mêmes gigantesques. Les deux derniers appareils survivants de la Flotte rebelle mentale parvenaient donc enfin sous la protection, toute relative, de l’Exode et d’Antarès IV.
« Nous pouvons y aller, reprit Gandhi. Vos instructions doivent apparaitre en ce moment, nous nous dirigerons vers celui de tête. »

« Gaaaaarde à vous ! »
rugit Stuffy dans le large corridor d’entrée alors que s’avançait vers eux le petit groupe d’arrivants. À ses côtés se trouvait le Capitaine Viggi, remis de sa difficile aventure cérébrale durant le combat précédent, et, derrière lui, presque tout l’équipage du navire sauf certains postes nécessitant une surveillance permanente. Plus de vingt-cinq soldats Mentaux et une dizaine de techniciens non-Mentaux se figèrent, l’index collé au front et le regard perdu au loin. En face, les colonels Sterling-Price et Onawane rendirent le salut quelques secondes, puis s’approchèrent pour serrer la main des principaux officiers. Pendant ce temps, le Gandhi du Croiseur mental s’approcha doucement de l’avatar arrivant. Il se plaça à ses côtés, sans un bruit, piloté à distance par la même personne.
« Colonel Price, lança Stuffy, je vous connais de nom, c’est un honneur de vous rencontrer. Voici le Capitaine Viggi, les Lieutenants Hernandez et Ma-Chao et leurs assistantes, Mesdames Humbaco et Stanford, ainsi que... »
Sterling-Price serrait des mains comme lors d’un meeting électoral, le sourire facile et le regard franc. Onawane, derrière lui, complétait et fermait le défilé : Fabio, les Gandhi et Tristo restant en retrait. Stuffy les observa quelques secondes, puis se dirigea vers eux, commençant par le moins dégourdi :
Agent Stuff MacDone, Monsieur... Tristo, c’est cela ?
Vous avez lu ça dans mon esprit ! s’exclama le jeune homme
Heu... non en fait, c’est le colonel qui vous a présenté. Vous êtes du genre inquiet face aux Mentaux, hein ? Rassurez-vous, on peut se la jouer normal de temps en temps.
Fabio Ouli, je vous avoue que c’est assez incroyable de vous rencontrer ici ! Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, mais je suis un bon ami de votre frère, Ralato. On a déjà eu des missions où j’ai travaillé indirectement avec vous.
Désolé, répondit l’autre, la tête ailleurs. Ma mémoire... défaille après toutes les aventures qui nous sont arrivées. Et arrêtez de tester mes murailles ou celle de mon élève, s’il vous plait.
Hé, hé, hé ! Navré, mais les fois où Ralato me parlait de vous, il ne pouvait pas cacher sa frustration de ne jamais vous égaler. Du coup, j’ai... enfin bon, vous comprenez.
Oui. Dites-moi, pourquoi vos capacités sont-elles nettement supérieures à la normale ? Vos coups de tambour contre mes barrières résonnent étrangement fort, je trouve.
C’est un des avantages de posséder un corps fabriqué sur mesure. Le vieux Gandhi nous a expliqué quelques petites choses à ce sujet.
Ah, Viggi, voici LE Fabio Ouli, mon gars ! Il n’était plus en activité quand vous avez connu vos premières missions, mais je suis certain que vous en avez entendu parler.
Le capitaine approchant s’empressa de serrer la main du Mental blond, dédaignant Edmund le temps de réaliser sa présence et de le saluer à son tour.
« Vous êtes le frère du ministre Ralato. Considéré comme le plus fabuleux Mental de tous les temps, classé parmi les défenses stratégiques de MaterOne ! Vous étiez même l’assistant personnel du Chancelier Poféus !
Fabio Ouli. Oui, monsieur, vous êtes connu. C’est vraiment un plaisir de pouvoir vous rencontrer  ! »
Fabio rendit le compliment et Sterling-Price proposa de passer à l’étape suivante : le débriefing entre officiers. Tandis que Tristo et Onawane s’éloignaient avec plusieurs techniciens pour une visite du bâtiment, Stuffy et Viggi échangèrent télépathiquement au sujet de la lieutenante-colonelle :
C’est une Mentale, mais pas encore opérationnelle. Je dirais qu’elle est prometteuse, qu’en pensez-vous, Monsieur ?
Loin d’être moche en plus, sourit Stuffy. Ses défenses sont incomplètes, on peut lire plein de choses à la surface de son esprit. Ça confirme ce que nous avait raconté Gandhi, leurs aventures ont été assez fabuleuse et... oh, la vache !
Ce n’était pas une des commandantes de l’Exode dont elle vient de se souvenir, heu... l’ancienne rebelle ?
Ouaip, la Commandante Benkana. Quand on est Mental, il faut toujours s’attendre à voir des trucs imprévus à l’intérieur de la tête des gens... en tout cas, cette image et ce point de vue risquent de me hanter un bon moment !
C’est quoi çà... Azala ? La Princesse Azala, l’ancienne héritière du trône a disparu chez les Nalcoēhuals ? Vous avez perçu ça aussi, Viggi ?
Non, monsieur, ils sont un peu trop loin pour moi. Gandhi se serait-il gardé encore quelques informations sous le coude ?

On dirait bien, oui. Tu surveilleras les pensées de Sterling-Price pour confirmer ses dires pendant la réunion. J’interrogerai Fabio à part, pendant ce temps-là. Ils nous attendent, allons-y.
Tout en accompagnant le petit groupe vers une salle prévue pour les rencontres, Stuffy ne put s’empêcher de ruminer quelques réflexions. Les défenses de Fabio Ouli, qu’il avait tâté de quelques piques psychiques, ne semblaient pas si robustes que cela. De la même manière, celui-ci aurait dû réagir lorsque les deux agents avaient fouillé l’esprit de son élève. Déjà à l’université, les enseignants détestaient que l’on touche à la psyché de leurs étudiants, c’était une tradition chez les Mentaux.
Ici rien, aucune réaction. À croire que le frère de Ralato n’avait pas remarqué ce qu’il se passait. C’était impensable concernant un être tel que lui et pourtant...
La porte de l’ascenseur se referma derrière eux, laissant l’appareil de transport les emmener au travers des entrailles du vaisseau.

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RedU T1 Ch29 Ep01

episode387.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 01 : « Tremens »    

REVEILLE_TOI, ANGILBE !
Que... où... où suis-je ?
Tu es bêtement attaché dans une chambre capitonnée. C’est pathétique.
Je suis... mais...
TAIS-TOI, espèce de MINABLE !
Calande Rorré, d’une nudité absolue, remonta le lit et enjamba la tête du Chancelier Angilbe Poféus pour s’accroupir sur son visage. Entravé et totalement soumis, il exécuta les désirs de sa partenaire, tandis qu’elle ondulait des hanches en ponctuant chaque coup de langue d’un feulement réprobateur ou consentant.
Angilbe ouvrit les yeux et regarda devant lui, soulevant le drap léger étendu sur ses chevilles. Le tissu glissa et il put admirer le magnifique corps de sa maîtresse vu de dos, ses épaules fines et musclées, ses poignées d’amour sensuelles entrainant une croupe hypnotique.
Mais comment pouvait-il être au bout de chaque extrémité du lit en même temps ?

Le buste de Calande se raidit soudain, vibrant de l’intérieur telle la corde d’un arc trop bandée, puis elle se laissa retomber dans sa position précédente, le souffle court. Quelques secondes secondes plus tard, l’amante se retourna négligemment vers lui, une chose sanguinolente dans la main droite qu’elle lui tendit. D’une voix masculine qui n’était pas la sienne, elle demanda simplement dans un sourire  :
« Encore un morceau de foie ? »
« Encore un morceau de foie ? »
Poféus ouvrit les paupières en criant. Il se trouvait dans une petite pièce, attaché sur un lit incliné, plusieurs appareils reliés à lui par des capteurs multiples. Sa tête était entravée, une sorte de cale l’empêchait de fermer totalement sa bouche et sa langue semblait bloquée par un étau. Quatre gardes du corps patientaient à chaque angle des murs et, à leur attitude, ils ne redoutaient visiblement pas un problème venant de l’extérieur. D’ailleurs, l’un d’entre eux voyant Poféus réveillé, abaissa momentanément ses paupières puis les rouvrit, concentrant à nouveau son regard sur le chancelier.
« Des Mentaux, pensa-t-il.
Ralato.
Che... che veux... AMENEZ-MOI CHRALATO ! Enlevez-moi ches encraves ! » ordonna-t-il d’une voix bien plus pitoyable qu’il ne l’eut imaginé.
Aucune réaction de ses anges gardiens. Étaient-ils sourds ? Il ne pouvait bouger réellement que ses yeux, la rotation autorisée de sa tête se limitant à quelques degrés.
« Che — veux — qu’on — m’amène — le — minichtre — Ouli — IMMÉDIATEMENT  ! »
Pas un bruit, pas un mouvement, rien que ces yeux aux larges iris qui l’observaient en silence. Le chancelier comprit que quelque chose n’allait pas, ces hommes-là prenaient leurs ordres ailleurs que de lui, pire, ils avaient visiblement comme instruction de le surveiller. Comment était-ce possible ?
« Traitement spécifique destiné aux patients représentant un danger pour eux ou les autres... »
murmura une voix féminine bien connue aux tréfonds de sa tête, la psychologue parlait. On ouvrit alors la porte, dégageant le passage à une femme médecin et à deux infirmiers aux carrures impressionnantes. Pourquoi n’était-ce pas Ralato ? Les assistants prirent place de chaque côté du lit, tandis que la docteur prenait le pouls et la pression sanguine du chancelier. Celui-ci tenta de se libérer de son carcan, mais il ne réussit qu’à gigoter et les deux hommes en blanc se ruèrent pour le maintenir. Visiblement satisfaite des résultats, la médecin se tourna vers lui.
Chancelier, je suis le Docteur Ahalya. Nous sommes navrés d’avoir dû vous entraver de la sorte, mais c’était pour votre bien et... celui de votre entourage. De quoi vous souvenez-vous  ?
CHE N’AI PAS A VOUS REPONGRE ! CHE-VEUX-RALA...
Le ministre est en route, mais il vient de loin m’a-t-on dit, le coupa-t-elle sèchement. Son arrivée est prévue au plus tôt demain dans l’après-midi. On va vous faire une injection pour vous aider à vous reposer en attendant.
Elle adressa un hochement de tête à un des infirmiers qui se tourna et sorti une seringue hors de la vision du chancelier. Il l’enfonça dans l’un des cathéters de glucose relié au corps d’Angilbe et en pressa lentement le piston pour y mélanger un liquide jaunâtre.
CHE SUIS LE CHANCEYE CHUPREME DE L’HUMANITE ! JE VOUS ORDONNE DE...
Tu ne m’ordonnes rien du tout. Ta petite saucisse toute molle ne m’intéresse plus, reste donc dans ton lit à digérer les morceaux de ta maitresse.
CA... CALANDE ! cria Angilbe. Elle venait de prendre la place de la docteur, tout simplement, sous ses yeux !
Allez mes beaux mignons, venez me baiser à côté. Ne t’inquiète pas, tu seras trop dans les choux pour m’entendre crier.
CALAN... ça...
Tu as toujours été pitoyable, Angilbe, maintenant comme avant. Même si, désormais, c’est devenu plus évident.
Te... tuer... dois...
Ha, ha, ha ! Avec la dose de cheval qu’ils viennent de te mettre, j’en doute. Allez, bonne nuit !

Ahalya se pencha et prit à nouveau la tension du chancelier, puis elle lui souleva les paupières, confirmant la dilatation de l’iris. Sur un signe de sa part, les infirmiers remirent le drap en place, changèrent le coussin et la couche du patient pour uriner et déféquer. Se tournant vers un des gardes Mentaux, elle attesta :
Nous pourrons le faire tenir comme cela encore le temps nécessaire. Cependant, un traitement serait plus indiqué pour...
Restez-en au plan prévu, monta une voix dans sa tête. Le ministre Ouli arrivera bientôt, ne vous inquiétez pas. Merci, docteur.
Dans un soupir, elle attendit que ses assistants terminent le travail puis ressortit à leur suite en fermant la porte derrière elle.

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RedU T1 Ch28 Ep12

episode386.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode 12 : « révélations »    

La parlementaire nalcoēhuale reprit la parole :
Il sera de nouveau opérationnel d’ici quelques cycles, notre république sait engager les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses plans.
C’est aussi cela « la Frayeur » ? interrogea Azala, ayant déjà une idée de la réponse.
Loxa considéra la princesse quelques secondes, comme si elle complétait petit à petit un profil psychologique en vue de monter un dossier.
C’est un concept politique qui consiste à mettre en accusation ceux que l’on appelle « les ennemis de la république et les suspects ». Notre patrie est en danger à la suite du passage de vos amis, à la trahison de l’Empereur-Dieu de Ragnvald et à l’invasion de ces humains mentaux. Plus personne ne peut être neutre, chaque citoyen se doit de tout donner pour la survie commune !
Je vois, commenta pensivement Azala. Donc, être absent à son travail...
... est considéré comme un acte de rébellion contre la cause ! s’enhardit soudain Loxa en frappant du poing sur la table. L’Amiral Huate est auprès des armées afin de purger le haut commandement et de lutter contre les accapareurs ! Il y a trop de rumeurs et de défaitisme dans notre grande nation, nous DEVONS réagir et nous ressaisir. Mais pour cela, les espions, les menteurs et les traitres à la solde de Ragnvald doivent être DÉBUSQUÉS ET ÉCRASÉS sans aucune pitié.
IL EN VA DE NOTRE SURVIE !

Melba et la princesse échangèrent un regard. À un moment de l’Histoire où il aurait fallu le sang froid d’une personne comme feu la Parlementaire Ci’chi, c’était l’exact opposé et la pire configuration possible qui se présentait. Une folle, totalement délirante, se trouvait à la tête de la République nalcoēhuale, elle avait à sa botte une formidable armée et des kilomètres de paranoïa à calmer dans le sang et la fureur. En face, les soldats humains les plus fanatisés, à la tête d’une gigantesque armada, avançaient inexorablement au contact, dirigés par un ambitieux mégalomane, régicide et... parricide.
Azala nota que Loxa semblait trop dépassée par sa propre hargne pour tenter de suivre leurs pensées. C’était plutôt une bonne nouvelle, vu que leur existence à Melba et elle dépendaient entièrement de la politicienne.
Et donc, comment pourrions-nous vous aider ? demanda-t-elle aussi négligemment que possible.
Vous serez nos intermédiaires avec les humains. Lorsque nous voudrons les informer d’une décision, ce sera votre voix qui sera entendue.
Je suis heureuse que vous acceptiez de négocier avec...
Qui parle de négocier ? la coupa sèchement Loxa. Sous la menace récurrente des humains, j’ai jugé qu’il était temps de reprendre ce qui nous était dû.
Un froid glacial remonta l’épine dorsale des deux femmes assises face à la Nalcoēhuale. Celle-ci se leva de son fauteuil et se tourna vers le miroir. L’image d’une petite portion de la coque du Calcatli grossissait, révélant au centre un espace interne d’atterrissage aux multiples éclairages. Vu d’Azala, la silhouette en tenue militaire noire se découpait sur les lumières des projecteurs. Cela lui rappela une série de cauchemars qu’enfant, elle avait eu le malheur de connaitre. C’était à la suite de la lecture d’un ancien recueil religieux conservé au cœur de la bibliothèque Royale, d'un texte parlant de sceaux, de chevaux et d’une bête. Cela disait... disait quoi, déjà ?
Un petit avertisseur clignota et Loxa se retourna presque par dépit pour le presser. Une voix monta alors des hautparleurs aux angles du bureau, immédiatement traduite par les dispositifs que portaient en permanence Melba et Azala.
Ici Huate.
Amiral, c’est une bonne surprise, s’exclama Loxa. J’ai justement face à moi nos deux invitées à qui je venais d’expliquer, à grands traits, nos projets concernant... Veora. Pouvez-vous nous confirmer que les lignes de production fonctionnent ?
Oui, madame, j’appelais à ce sujet. Les crédits ont été multipliés par deux et je suis fier de vous annoncer que les ouvriers font preuve d’un patriotisme exalté au vu du danger que nous courrons. Les cadences n’ont jamais été aussi élevées et j’ai devant moi la quatrième unité de fabrication des Lan’huitls.
Parfait ! Vous entendez ? chuchota Loxa à ses deux hôtes sous le ton de la confidence. Quatre unités de production, conçues en moins d’un cycle et demi !
Et... pouvez-vous expliquer à nos invités en quoi cela consiste, Huate ? Je vois sur leur visage qu’elles ont hâte d’en comprendre les implications.
D’ici deux cycles ce seront quarante Lan’huitls qui seront prêts à partir au combat, puis quatre-vingt dès le cycle suivant, puis encore cent-vingt unités. Finalement, cent-soixante nouveaux appareils sortiront à chaque cycle, lorsque nos lignes de production tourneront à plein régime.
On sentait clairement que le haut gradé vivait son rêve d’enfant à aligner ainsi les chiffres vertigineux. Loxa poursuivit le questionnement dans une sorte de comédie préparée à la seule intention de Melba et Azala ; tous deux semblaient y prendre une satisfaction qui paraitrait puérile, s’il ne s’agissait de personnages si importants. Et les réserves suffiraient-elles compte tenu des évènements de Chilico ? Réponse : oui. Et les marins expérimentés supervisaient-ils la formation des nouvelles recrues ? Réponse : oui, bien sûr, etcétéra, etcétéra...
« Deux des quatre. »
Cette remarque jaillit de l’esprit d’Azala telle une murène-cigale des profondeurs, suivie par le fameux paragraphe qui l’avait tant traumatisé durant sa jeunesse, en entier.

« Alors je vis que l’Agneau avait ouvert un des sceaux, et j’entendis l’un des quatre animaux qui disait d’une voix de tonnerre : Viens et vois.
Je regardai donc, et je vis un cheval blanc, et celui qui était monté dessus avait un arc, et on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur, pour remporter la victoire.
Et lorsque l’Agneau eut ouvert le second sceau, j’entendis le second animal qui disait : Viens, et vois.
Et il sortit un autre cheval qui était roux ; et celui qui le montait reçut le pouvoir de bannir la paix de la terre, et de faire que les hommes se tuassent les uns les autres ; et on lui donna une grande épée.
Et quand l’Agneau eut ouvert le troisième sceau, j’entendis le troisième animal, qui disait : Viens et vois. Et je regardai, et il parut un cheval noir, et celui qui était monté dessus avait une balance à la main.
Et j’entendis une voix qui venait du milieu des quatre animaux, et qui disait : La mesure de froment vaudra un denier, et les trois mesures d’orge vaudront un denier ; mais ne gâte point ni l’huile ni le vin.
Et quand l’Agneau eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal, qui disait : Viens, et vois.
Et je regardai, et je vis paraitre un cheval de couleur pâle ; et celui qui était monté dessus se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait ; et le pouvoir leur fut donné sur la quatrième partie de la terre, pour faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

Alors que les battants extérieurs se refermaient sur les deux navettes dans un lourd roulement d’engrenages puissants, Azala s’escrimait vainement à effacer cette question de son esprit :
« Deux sur quatre, deux sur quatre... qui sont les deux autres ? »

*

Planète MaterOne,
Palais de la chancellerie, 3 h 15 du matin.

« RALATO, VIENS M’AIDER ! RALATO  ! »
La voix de Poféus se répercuta le long des couloirs vides du grand bâtiment. La souffrance tiraillait chacune des syllabes prononcées suffisamment fort pour entrainer le réveil en sursaut du premier cercle de secrétaires particuliers.
« RALATOOOO ! hurla encore Poféus, RA-LA-TOOOOO ! »
Rapidement, un branlebas de combat illumina toute l’aile du palais, on accourait, armé ou non, vers la chambre centrale où résidait le maitre de ces lieux. La serrure était fermée à clé, mais personne ne répondant aux appels et les hurlements se poursuivant, on décida d’enfoncer la porte.
« LAISSE-MOI CALANDE, LAISSE-MOI ! RALATO, AU SECOURS  ! »
Sous la pression de plus d’une dizaine de personnes, le battant céda dans un craquement déchirant et tous pénétrèrent dans la pièce. Il faisait sombre, seuls des pleurs à demi étouffés indiquaient la position du chancelier, mais une étrange odeur âcre emplissait l’air ambiant à le rendre suffocant aux nouveaux arrivants. Lorsque le premier secrétaire activa le contacteur près de l’entrée, l’horreur de la scène les frappa brutalement. De larges flaques rouges tachaient les tapis, les murs étaient trempés de sang et, au centre du lit, une vision d'épouvante. Un corps gisait, abominablement mutilé, les bras en croix, s'offrant à la vue de tous tel une fleur écarlate. Sa peau avait été arrachée, ses viscères déchirés à coups de dents, certains organes pendaient sur les côtés, ses intestins étaient étendus jusqu’aux pieds du sommier. Ceux qui ne s’enfuirent pas immédiatement de terreur, ou pour vomir à l’extérieur, tournèrent leurs regards vers la forme recroquevillée dans l’angle, à demi caché sous une partie du drap gorgé de sang. Le Chancelier Poféus, nu, les yeux grand ouverts à la limite de l’affolement, mastiquait nerveusement un morceau du foie de la Capitaine Fakir.
« C’est elle, c’est... c’est CALANDE ! Elle me veut du mal... beaucoup de mal ! Elle a dit...
Non, vous... vous ne comprenez pas, elle est terrible !
... vous ne comprenez pas, non, vous ne pouvez pas...
... Ralato... amenez-moi Ralato...
JE VEUX RALATO, MAINTENANT  ! »

Fin du chapitre 28

———-
SOUTENEZ REDUNIVERSE ! Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture: iGerard,TheDelta,Coles - Acteurs : Coupie: narration, Azala : Elioza, Loxa : Eloanne, Melba : RanneM, Huate : Mik180, Musiques: VG, Ian, Cleptoporte, Pia

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RedU T1 Ch28 Ep11

episode385.mp3
 Red Universe Tome 1 Chapitre 28 Épisode11 : « dévoilement » 

Azala et Melba s’arrêtèrent passée l’entrée de la double porte. Elles se retrouvaient de nouveau dans le bureau de la Parlementaire Loxa, pour un second tête à tête. Cette fois-ci, pas de petit déjeuner prévu, la maitresse officieuse de la République nalcoēhuale les attendait assise dans son fauteuil, le dos droit, sanglée dans une tenue sombre seyante totalement différente de celle de leur précédente rencontre. Les deux femmes notèrent immédiatement les petits symboles géométriques sur les épaules et le torse, même son foulard bien ajusté arborait une marque colorée sur le côté gauche. Cette tenue faisait furieusement penser à un uniforme militaire : de responsable d’un parti extrémiste, Loxa se transformait en chef de guerre.
« Ne sous-estime jamais l’orgueil et la cupidité des hommes, ma chérie. Ils font partie des plus puissantes variables de nos sociétés, d’où qu’elles viennent », lui avait un jour soutenu en aparté son père, le roi Magnam IV, alors qu’un groupe de Représentants barbanes venait quémander des subsides. Visiblement, ce trait n’était pas particulier aux humains...
Mon amie, l’ambassadrice de l’Exode, et son assistante. Soyez les bienvenues ! déclara la politicienne, faussement enjouée.
Parlementaire, c’est un plaisir toujours partagé. Nous ne nous attendions pas à vous revoir si tôt étant donné que notre dernière rencontre date d’hier seulement. Les journées de Ti’ltchiti ont beau être plus courtes que sur Veora, la symbolique reste la même.
Tss, tss, tss, fit l’autre en levant un index en signe de négation. Ne me parlez pas de notre bien le plus précieux que vos ancêtres nous ont dérobé il y a bien trop longtemps. C’est d’ailleurs une partie du sujet pour lequel je voulais vous recevoir, mais installez-vous donc...
Elle présenta d’un signe les deux fauteuils face à son bureau et patienta qu’Azala et Melba soient assises pour poursuivre.
Nous avons beaucoup réfléchi à vos remarques et conseils et nous avons d’ores et déjà tenté d’en appliquer quelques-uns.
Ah ? Veuillez m’excuser une petite minute...
La parlementaire ferma les yeux, communiquant visiblement avec l’esprit d’une personne extérieure à la pièce. Azala en profita pour noter les changements depuis leur dernière visite. La table à déjeuner n’était plus là, ni les chaises, et l’on avait réparé le miroir derrière Loxa. Le plus remarquable fut les tableaux holographiques qui n’affichaient désormais que des cartes spatiales, des positions d’armada et des tracés délimitant zones et trajectoires. Les scènes nostalgiques avaient cédé la place aux batailles bien concrètes. Du coin de l’œil, la princesse surprit Melba à détailler également une des représentations, plus particulièrement un des coins inférieurs droits où brillait un petit point rouge. Azala tenta de le situer par rapport au centre — représentant Ti’ltchiti — selon l’inscription à côté ; la distance était grande avec la position qui intéressait Melba, de quoi pouvait-il s’agir ? Soudain, elle comprit : c’était une planète qui tournait autour d’une étoile à faible intensité, d’après les quelques informations qu’elle pouvait traduire. Antares IV, nommée Calpalco par les Nalcoēhuals, se trouvait donc en bordure de la zone que la république considérait comme dépendant plus ou moins d’elle. Cela représentait un mauvais point pour l’avenir même si, présentement, aucune escadre ou aucun bâtiment quelconque ne semblait se diriger ou surveiller cet endroit. En fait, toutes les Forces nalcoēhuales se regroupaient plus haut, à faible distance d’une masse lumineuse de multiples positions qui s’enfonçaient telle une flèche dans la moitié gauche de la carte.
L’armada de Poféus...
Donc...
reprit Loxa en ramenant brusquement Azala autour de la table. Depuis combien de temps avait-elle cessé son message et les observait-elle ? Elle tentait certainement de décrypter encore et toujours les pensées de la princesse. Semblant ne pas remarquer la réaction d’Azala, la parlementaire poursuivit :
... je vous ai fait venir, car nous considérons que vous aurez un rôle à jouer dans la suite du plan que nous avons établi. Je dois d’ailleurs vous féliciter, le Comité de salut public s’est révélé sensible à votre discours prononcé devant la représentation nationale. Vos capacités d’oratrice, ainsi que votre fidélité à Madame Melba, vous ont même valu des éloges !
Vous m’en voyez flattée, répondit prudemment Azala. Et quelles sont les grandes lignes de votre... « plan » ?
Chaque chose en son temps, vous l’apprendrez assez tôt. Par ailleurs, on m’avertit que la séquence de séparation est prête à être exécutée. Verrouillons donc nos ceintures — c’est une simple mesure règlementaire, nous ne devrions rien ressentir.
Melba fut la première à extirper les deux lanières de chaque côté de son assise. Une fois les attaches magnétiques refermées, elle se pencha pour aider sa voisine, lui murmurant tout bas  :
« Regardez les supports de nos fauteuils ».
Azala remarqua qu’en effet, ils se retrouvaient comme fondus dans le sol, alors qu’ils étaient mobiles, sur des dispositifs de lévitation à leur arrivée. Au même moment, une infime secousse parcourut la pièce... puis ce fut tout. Face à elle, Loxa demeurait imperturbable, un discret sourire de façade affiché pour la forme, elle profitait de ce qu’elle considérait comme un temps libre pour ranger quelques documents et dossiers sur sa table. Ce ne fut que lorsqu’elle referma le tiroir sur les petits blocs mémoires qu’Azala posa enfin la question :
Que se passe-t-il ? Des ceintures, une secousse, cet uniforme... Loxa, nous avions décidé de nous parler honnêtement, je pensais. N’est-ce plus le cas ?
Oh ? Je ne croyais pas avoir besoin d’apporter des explications, c’est quelque chose d’assez commun sur Ti’ltchiti, déclara-t-elle d’une voix faussement compatissante. Laissez-moi vous éclairer.
Que de mesquinerie, se dit Azala, mais elle n’eut guère le temps de creuser plus le sujet que la Nalcoēhuale appuyait sur un petit bouton caché sous son bureau. Immédiatement, le miroir et les deux grandes représentations s’effacèrent pour laisser place à l’espace extérieur. La princesse se raidit, ce qui eut pour effet d’accentuer le sourire de Loxa, avant de comprendre. De chaque côté, on pouvait voir s’étendre l’immense capitale administrative et économique de la république. Des bâtiments amassés les uns sur les autres, dans une logique d’emboitement plus que d’esthétisme, clignotaient de mille feux face à l’infini d’où quelques lumières fugitives pulsaient parfois, à l’occasion de sorties de Transition.
Melba posa des mots sur ce qu’elle parvenait à comprendre :
Nous nous déplaçons, votre bureau est-il une forme de... navette spatiale ? Bien pratique, dites donc.
En fait, répondit Loxa en maitresse d’école, tout Ti'ltchiti est conçu ainsi depuis les origines. Si nous en avions eu le temps, je vous aurais personnellement fait visiter la vieille ville, le centre historique de la cité. Vous auriez pu admirer les vaisseaux de nos ancêtres qui avaient servi de structure de base pour rapprocher Citlalincue et Citlaltonac, les deux astéroïdes sur lesquels s’est construite la capitale.
Malheureusement, notre programme est trop chargé dorénavant.
Azala nota, avec une certaine appréhension, qu’il n’était plus question de revenir sur place pour une future séance touristique. Que projetaient donc leurs hôtes ? Les yeux de la Nalcoēhuale s’agrandirent tandis que le chatouillement dans les tréfonds de l’esprit de la princesse reprit de plus belle. L’autre lisait en elle comme un livre ouvert, viendra un jour où la structure des pensées humaines serait finalement accessible à ceux de sa race et alors...
Loxa poursuivit, ayant visiblement compris la thématique générale des réflexions de son invité :
Vos effets ont d’ores et déjà été transférés sur une navette qui nous accompagne. Vous serez installée proches de mes quartiers sur notre destination, nous aurons tant de choses à partager...
Pourquoi cette dernière phrase fit-elle frémir Azala, était-ce le sourire carnassier de la politicienne ?

Et cette destination, intervint Melba, quelle est-elle ?
Normalement, vous devriez la voir derrière moi. Elle se trouve sur une partie de nos chantiers de rénovation — les autres se situant ailleurs dans le Cercle de Khabit.
Je n’aperçois que quelques lumières, nous sommes encore loin, constata la Lakedaímōn.
Certes. Oh, tenez, quand je disais que vos effets nous suivraient ! s’exclama-t-elle en pointant du doigt quelque chose sur leur droite, un peu en retrait.
La navette en question n’avait absolument rien d’exceptionnel, il s’agissait d’un modèle standard de la taille d’un chasseur, mais sans le profil de ce dernier. Le spectacle derrière les deux appareils, par contre, donnait la pleine mesure des dimensions de Ti’ltchiti. La mégapole éclairait littéralement tout ce qui traversait l’espace environnant avec l’intensité d’une petite lune réverbérant le soleil. Ses plus hautes tours ne représentaient rien de plus que de légères excroissances dans sa masse, au même titre que les immenses docks spatiaux où plusieurs croiseurs de Poféus pourraient se poser côte à côte. La ville géante poursuivait d’ailleurs son expansion, comme en témoignaient les constructions aux pôles encore dénudés des deux astéroïdes.
Le « bureau » de Loxa vira sur bâbord, suivi par la seconde navette et l’écran miroir projeta alors une tout autre image de ce qui se trouvait face à eux. La vision troubla Azala et sa garde du corps qui murmura à son intention :
Madame, ça ressemble énormément à ce que décrivaient les rapports des premières rencontres de l’Exode avec la République nalcoēhuale.
Est-ce ce gigantesque vaisseau vers lequel nous nous dirigeons ? demanda la princesse, aussi simplement que la situation le lui permettait.
Tout à fait, répondit orgueilleusement Loxa. Nous le nommons le Calcatli, c’est la fierté de notre flotte. Il va désormais être notre nouveau lieu de vie à toutes trois. C’est une forteresse plus à même d’assurer notre sécurité en cette période de « Frayeur ».
On dirait qu’il a rencontré tout de même quelques problèmes récemment, nota perfidement Melba.
En effet, sur tout le flan avant droit fourmillaient de très nombreux systèmes automatiques de réparations. Plus elles s’approchaient du géant de l’espace — de la taille de deux, voire probablement trois transporteurs — plus les cicatrices prenaient, elles aussi, des proportions dantesques. Même Azala, peu rompue à l’étude des structures de coques, savait reconnaitre les parties remises à neuf de celles d’origine et ce qu’avait subit ce « Calcatli » dépassait les dommages communs. Les dimensions étant ce qu’elles étaient, d’immenses projections de soudures et autres découpes ne représentaient, à l’échelle du formidable engin, que de petites étincelles dans un feu de cheminée. La princesse estimait à vue d’œil qu’un tiers des chantiers de rénovation avait été réquisitionné pour les réparations de ce monstre, avec tout ce que cela engageait comme ressources...
« ... c’est un travail titanesque... »
ne put-elle s’empêcher de reconnaitre à faible voix. Melba hocha positivement de la tête, quant Loxa se redressait légèrement sous une nouvelle bouffée de fierté.

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