Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir des secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs: la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d'immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch21 Ep09

episode286.mp3

Red Universe fête avec vous la fin d'année et c'est une pluie de cadeaux qui s'abat sur votre série ! Venez récupérer les vôtres sur http://reduniverse.fr/2016/12/17/red-universe-fete-la-fin-dannee-avec-vous/

VITE ! LE 25 DÉCEMBRE, CE SERA TERMINÉ, DÉPÊCHEZ-VOUS !


L’espace infini blanc qui l’engloba dès son entrée ne surprit pas Stuffy outre mesure. Le jeune Myan était rodé aux techniques de combat. Un des enseignements de base consistait à créer, dans des moments dangereux, un espace entre son moi intérieur et le bouclier pour éviter qu’un intrus parvenant à franchir les défenses ne soit en mesure de provoquer immédiatement des dégâts.
Dans un éclair, le Souriant se matérialisa devant lui, deux mâchoires en lieu et place des mains : l’une se planta dans la gorge de Stuffy, l’autre dans son abdomen.
« Vous n’auriez jamais dû venir me provoquer, agent Stuffy ! »
Ses doigts, devenus dents acérées, mordirent de ses dernières forces. Il était hors de question de se laisser surprendre par ce genre d’attaque, fût-elle le fait du fameux Stuffy. Et malgré son état de faiblesse grandissant, Myan voyait bien là une tentative désespérée de la part de ses ennemis. Le jeune homme ne faillirait pas devant son maitre.
Soudain, les mâchoires traversèrent l’intrus, mordant le vide, sa proie disparue. Myan n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait : Stuffy, remplaçant son avatar, jaillit devant lui, les avant-bras prolongés par des lames d'obsidienne noires comme la nuit mais mieux effilées qu'un rasoir . La première lame frappa l'aine, tranchant l'abdomen jusqu'au thorax, la seconde glissa le long des vertèbres cervicales, brisant la mâchoire : la pointe jaillit de la nuque en transperçant le cervelet.
Stuffy ne pouvait s’empêcher de regretter d’en arriver là.
« Désolé, mon gars. Un peu trop jeune et pas assez d’expérience. »
La bouche du Souriant explosa soudain, une langue obscène, hérissée de lamelles, en jaillit et lacéra Stuffy. Myan offrit ses derniers mots à son adversaire :
« Désolé… trop v… vieux sans… doute. »
La lame de Stuffy avait touché le cerveau de Myan, détruisant irrémédiablement la cohérence logique et psychique. 
La langue de Myan déchiquetait les ultimes traces de la psyché de Stuffy, esprit dépourvu de corps depuis trop longtemps. 
Tout devint noir.
Les mains de Myan se relâchèrent, sa tête roula doucement sur le côté; les yeux du jeune homme restèrent ouverts, encore humides d’une dernière larme à destination de son maitre. Et ce fut terminé.
« MYAN ! NON ! »
hurla Monsieur Heir qui sentait la vie quitter son disciple.
Il n’en fallut pas plus à Ralato qui profita du manque de concentration de son adversaire pour contourner ses défenses, d’une pirouette enseignée par Fabio, il y avait bien longtemps. Il lui avait expliqué combien les sentiments pouvaient modifier la forme des boucliers psychiques. Si vous haïssiez, votre moi de compassion était faible, si vous aimiez, alors c’est la partie analytique qui faiblissait.
Le lieutenant mental n’allait pas commettre la même erreur que son ami Stuffy et ne se projetterait pas entièrement : il créerait un pont, un puissant lien où il pourrait se déverser. Telle une armée en campagne, l’état-major commandait toujours de loin, en terre fidèle et fiable.
Ralato n’avait pas le temps de penser à ce qui venait de se produire. Il risquait de se fragiliser comme Heir. Il se concentrait donc totalement sur son attaque : l’heure était à la bataille, pas aux obsèques, ni aux remords.

Le monde blanc, zone de transit de tout Mental en combat psychique.
Face à lui se tenait un enfant à genoux, pleurant.
Heir ?
Deux loups apparurent de chaque côté de Ralato et se jetèrent sur le garçon. Ils s’écrasèrent contre la protection rapprochée de la frêle silhouette.
Un second bouclier ? C’était inédit, mais Ralato n’allait pas abandonner si facilement. Deux nouveaux loups jaillirent, puis trois autres, cinq, dix… Des meutes entières galopaient avec acharnement, piaffant et hurlant de rage tout en s’écrasant contre la barrière infranchissable qui protégeait le jeune garçon. L’attaque était soutenue, Ralato maintenait la pression. Il ne pouvait renoncer devant cette difficulté inattendue, jamais une occasion comme celle-ci ne se représenterait.
L’enfant le regarda calmement et d’une voix infantile, mais à la tonalité résolument adulte, s’adressa à lui :
Lieutenant Ralato ! Économisez vos forces, je ne vous attaquerai pas.
Pourquoi, donc ? Les loups ne sont pas vos animaux de prédilection ? Désolé, je connais votre préférence pour les dragons, mais je n’ai pas cela en stock.
Ce n’est pas cela. Vous êtes à bout et ce bouclier qui me protège a été conçu durant des années. Il est infranchissable. Et surtout, je suis prêt à parler avec vous. À… parlementer.
Mensonges !
Un cerf, l’animal fétiche des Ouli, apparut devant Heir. Il abaissa la tête, pointant ses cornes, recula légèrement et s’élança de toute la puissance de ses muscles, sabots plantés dans le sol. Le choc des bois contre le bouclier produisit des étincelles qui volèrent au hasard en explosant, tels des feux d’artifice.
Le cerf de Ralato n’était pas une meute de loups, son utilité était toute différente. Il enchainait les coups de tête, frappant consciencieusement contre l’ultime défense de son ennemi, usant la résistance de l’autre. Il démontrait ainsi une persévérance moins agressive, mais toute aussi efficace. Les explosions des jets d’énergie coloraient le monde blanc qui les entourait, illuminant le visage du petit garçon dont les larmes avaient cessé. On le sentait confusément en difficulté, obligé de porter son attention sur son environnement proche et cela était déjà une victoire.
Ralato suivait l’attaque de loin, piochant avec économie dans ses forces restantes. La technique de la fourmilière, comme on l’appelait. Prise indépendamment, une fourmi est peu consommatrice. Mais avec l'énergie mentale nécessaire pour controler une meute de loups, combien de fourmis pouvait-on créer ? Des centaines, des milliers d’attaques ciblées, faibles, mais innombrables, capables de porter des coups sur le même point. On ne travaillait pas en puissance, mais avec un effet psychologique, inlassablement, implacablement et… déprimant. Heir n’allait pas tenir longtemps à ce rythme : Ralato venait de retourner contre lui sa propre méthode de défense : attendre l’épuisement de son adversaire. S’il ne prenait pas l’initiative, il perdrait et se retrouverait embroché.
Et cela, tous deux le savaient. Des combats psychiques de ce niveau, c’était le summum de l'entrainement des Mentaux. Tous n’y étaient pas préparés ou tout simplement en étaient incapables.

Le cerf poursuivait, infatigable, frappant de ses bois, usant le bouclier du jeune garçon, illuminant le ciel, fatiguant son adversaire.
Soudain, Heir leva les bras et la protection qui l’entourait disparut. Les yeux rivés dans ceux de l’animal, il hurla :
« TU VEUX ME TUER ? ALORS VAS-Y ! »
Et le cerf embrocha l’enfant de ses bois.


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Merci à vous et rendez-vous pour le prochain épisode le Mercredi 4 Janvier 2017

Bonnes fêtes à tous et à toutes !

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Red Universe fête la fin d'année avec vous !

Noel2016.mp3

cadeaux

En cette fin d’année 2016 qui a connu moult mouvements et activités, que ce soit dans votre série préférée ou sur cette pauvre petite planète qui est la nôtre, nous avons décidé que vous méritiez bien quelques cadeaux de notre part ! Votre fidélité à toute épreuve, vos commentaires et votre soutien, tout cela mérite salaire, non ? :)

Alors voici ce qu’on vous offre, précipitez-vous (ou écoutez notre père Noël de RedU qui vous l’explique en fichier joint :) )



    1. Un épisode inédit des Grosses têtes (épisode n° 2) avec Momumba Arlington, Ralato, Stuffy, Phil et Adénor ! Section des Spéciaux du site.


    2. Le chapitre Spécial n° 2 Hô sublime Antigone, ENFIN EN LIVRE NUMÉRIQUE ! Plus de 90 pages d'aventure, de mystères, d'illustrations et de commentaires personnels de l'auteur. La Révolution est en cours, mais marque le pas. Les troupes rebelles ont donc décidé de frapper un coup décisif : c’est désormais MaterOne Centrum, capitale de la planète qui est visée. Mais pour y parvenir, le Colonel JFHill, la Commandant Benkana et le jeune Capitaine Ange Caryon vont devoir accepter de très lourds sacrifices. Sur la section des livres numériques. N'oubliez pas que les téléchargements directs ( sur le site ) donnent droit à tous les formats et des bonus en plus pour le même prix (parfois moins cher ) que les librairies en ligne !


    3. Le chapitre Spécial n° 1 Le temps des cerises est GRATUIT JUSQU’AU 25 DÉCEMBRE INCLUS ! C’est un autre cadeau, si vous avez manqué ce premier pavé des aventures de nos héros ! La Révolution Castiks, cet évènement fondamental à la source de l’Exode qui enchainera sur la scission de l’Humanité. Que s’est-il donc passé pour qu’une royauté, plusieurs fois centenaire, s’effondre devant une poignée de rebelles idéalistes ? Bienvenue dans cette première partie de la trilogie consacrée à la Révolution Castiks.

    4. Et enfin, un nouveau flux Red Universe uniquement dédié aux mini-séries et aux hors-séries ! (typiquement : les chapitres présentés lors des soirées de Podradio 27/24 et les épisodes des Grosses têtes, mais également des bandes-annonces, etc... ). Vous pourrez donc revivre ces aventures, en épisode et avec tout le plaisir des premières fois :) Le bouton est disponible en tête des mini-séries dans la section des Spéciaux.


    5. One more thing, figurez-vous que Red Universe est désormais disponible sur la plateforme Deezer ! Il suffit de chercher « Red Universe » et le podcast sera proposé (pour des raisons techniques, on a juste le titre, mais ils feront peut-être un gros effort un jour ?)


Donc nous vous souhaitons au nom de toute l'équipe de Red Universe de très bonnes fêtes ! Mais vous n'êtes pas totalement seuls, car, en plus des cadeaux susnommés, vous aurez l'épisode 9 ce Mercredi 21 Décembre 2016 :) Le suivant, il faudra l'attendre au 4 Janvier, mais vous serez certainement bien assez occupés comme cela !

À très bientôt !

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RedU T1 Ch21 Ep08

episode285.mp3

Pour les fêtes de fin d’année, Red Universe vous a préparé de superbes cadeaux ! Rendez-vous le 17 Décembre sur http://reduniverse.fr/


« Réveillez-vous, agents Ralato et Stuffy »

La voix déformée parvint aux oreilles de Ralato, le tirant des brumes de la conscience. Stuffy revenait avec lui.
Mince… le truc que Heir nous a collé… je ne sais pas ce que c’était, on a tous les deux été paralysés… Tu es prêt ?
Non, mais on ne va pas avoir le choix. Balayage passif, deux personnes dans une pièce. Ce sont des Mentaux.
Ouais. On est assis sur une chaise, pas d’entraves. Ça va se passer entre esprits.
Vous êtes réveillés, je le sens. Nous vous attendions, retentit à nouveau la voix. Elle résonnait oralement, mais frappait également les défenses psychiques de Ralato.
Il est fort, dit le lieutenant, soudain soupçonneux. En fait, je ne connais pas beaucoup de personnes capables de ce niveau.

Il ouvrit les yeux.
Il se trouvait dans une haute pièce vide, éclairée par un néon encastré dans le plafond. Face à lui, une faible lueur pourpre dessinait la silhouette d’un large siège et d’un homme qui l’observait, la tête penchée contre sa main droite. Sa voix était déformée par un quelconque système, et ses traits invisibles, perdus dans l’obscurité.
Je me nomme Alpha. Je suis le chef des Mutualistes.
Le fameux… Vous êtes en état… d’arrestation, monsieur Alpha, grogna Ralato en se relevant difficilement.
Votre humour manque de mordant, lieutenant. Mais enchainons, vous connaissez déjà notre ami commun, ici présent.

Un bras se tendit vers la gauche de la pièce, là où se trouvait la seconde présence. Un petit ronronnement de moteur se fit entendre et un brancard motorisé pénétra le cône de lumière, à quelques mètres du lieutenant. Celui-ci ne put retenir sa surprise en reconnaissant la jeune personne allongée sur le lit, penchée en avant.
« Myan ! Toi ? Ici ? Mais alors, Alpha… »

Alpha se redressa et s'avança vers Ralato. Portant une main à sa gorge, il décrocha une sorte de barrette en demi-cercle fixée à sa peau et la laissa tomber sur le sol : le visage de Monsieur Heir apparut à son tour dans la lumière.

Un petit moment de silence flotta sur la scène…
… Puis les yeux de Heir se plissèrent et Myan serra les barres de soutien de son engin. Stuffy rugit dans l’esprit de Ralato, confirmant l’intuition du lieutenant.
« Attention, ils attaquent ! »
La vague psychique qui s’abattit sur le duo mêlait les flux de deux des plus puissants esprits que les agents des Forces mentales aient jamais affronté. Le choc fut ressenti autant par la pensée que dans le corps du duo. Ralato avait l’impression que sa boite crânienne se déformait sous l’intensité de l’attaque.
ILS… NOS BOUCLIERS ! ILS VEULENT LES PERCER !
NAN… NAAAN, ON NE VOUS LAISSERA PAS… FAIRE ! hurla Stuffy.
Au tressaillement d’une paupière de Heir, on devinait que le message s’était affranchi des limites physiques de Ralato.
Les yeux mi-clos de Myan et la transpiration dont les premières gouttes perlaient sur son front montraient que le jeune garçon approchait déjà des limites de ses capacités et que son flux diminuait en intensité. Monsieur Heir comprit tout de suite le danger et il serra les poings, contractant les muscles de sa mâchoire, fermant son regard. Sa puissance d’attaque en fut décuplée, révélant un Mental aux pouvoirs largement supérieurs à ce qui était connu.
Fabio mis à part, bien sûr.

Ralato tomba et mit un genou au sol, écrasé physiquement par l’immensité de la vague déferlant contre lui. Mais il tenait bon. En fait, c’était l’aide de Stuffy qui leurs permettait de résister, Myan perdant de ses facultés seconde après seconde.
Ralato, j’ai un plan ! Donne-moi une trentaine de secondes, peut-être moins. Je vais renouveler ce que j’avais fait avec toi dans les Amalaches !
Tu veux dire que tu vas plonger dans Heir ? Tu es fou, oublie ça tout de suite, répliqua l’autre. La puissance de Monsieur Heir/Alpha ne pouvait être contrée à deux de l’extérieur, alors y aller seul et de l’intérieur…
Non, je pensais à Myan. Ses défenses sont anémiques et il donne tout ce qu’il a sur… ouch ! Purée, ils sont usants… On ne tiendra pas, réglons son cas au maillon le plus faible et concentrons-nous sur Heir, ensuite.
Ralato fit également face à la nouvelle vague, griffant jusqu’au béton du sol sous la pression. Ils ne résisteraient pas longtemps, certes, mais leurs ennemis non plus. Derrière ce flux se trouvait-elle une nouvelle attaque encore plus importante ou Monsieur Heir venait-il d’atteindre ses limites ?
Une diversion. S’il trouvait un moyen de gagner les quelques secondes nécessaire à Stuffy… Comment avait-il terrassé Myan la dernière fois ? Il ne s’en souvenait absolument pas. Dommage.
Ralato ne voyait plus qu’une solution pour permettre au plan d’être mené à bien.
Je vais me retirer un peu pour la technique Prana-Bindu. Notre seule chance, c’est de faire diversion, que Heir soit suffisamment déstabilisé pour briser sa concentration.
Tu maitrises bien ça ? s’enquit Stuffy. Une fois, je l'ai réussie. C’était il y a longtemps et pas dans ce cadre-là,
T’inquiètes pas. Fabio fut le meilleur des enseignants. Tu tiendras ?
Laisse un pied devant la porte pour m’aider, mais vas-y ; ne t’endors pas en chemin !
Et Ralato se retira de l’esprit conscient, ne maintenant qu’une petite partie de ses capacités mentales pour soutenir, plus moralement qu’en pratique, son compagnon. Celui-ci ressentit immédiatement les impacts quasiment physiques sur le crâne, la douleur des vaisseaux sanguins augmentant la pression à leur extrême limite pour fournir l’oxygène et les glucides aux neurones soumis à un stress insoutenable.
Il perdait du terrain, c’était indéniable. L’effet avait débuté dès le recul de Ralato. Stuffy se représentait la scène comme un fleuve et une rivière d’énergie déferlant en un point unique de leur environnement : sa tête. L’agent mental ouvrit les yeux et son regard affronta ses adversaires avec autant d'agressivité que sa psyché.
Il recula encore, sentant même un renouveau du côté de Myan, sans doute encouragé par la faiblesse apparente de son adversaire. La situation devenait critique : le cerveau de Ralato, cette fantastique machine humaine, avait atteint ses limites physiologiques. Stuffy sentait un liquide couler lentement de ses narines, le gout âcre du sang vint humecter ses lèvres. Des hallucinations d’objets hétéroclites et translucides, tels une assiette, un briquet ou un cendrier, lui apparurent, le traversant.
Il ferma à nouveau les yeux, s’accrochant frénétiquement à un ultime esprit de résistance.
« Ralato… c’est… maintenant ! »
Étrangement, l’hallucination se poursuivit malgré ses yeux clos. Il dépassait ses capacités, c’était évident. Quand soudain…

… soudain, tout s’arrêta. Comme dans l’œil d’un typhon, la tempête rugissait, mais plus sur lui. Que se passait-il ? Il regarda autour de lui et découvrit Monsieur Heir qui se relevait, visiblement très surpris, à plus d’un mètre ; Myan était, lui, terrifié, comme face à un méchant cauchemar que l’on vivrait soudain dans la réalité.
La voix de Ralato lui parvint, alors que celui-ci reprenait possession de son corps. Il ne respirait pas non plus la grande forme, sans doute avait-il tout donné.
« STUFFY, VAS-Y ! »

L’autre ne réfléchit pas et s’élança vers l’esprit du jeune Souriant terrifié. Il contourna ses barrières aisément et plongea dans le cerveau ennemi, espérant pouvoir en revenir un jour.


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RedU T1 Ch21 Ep07

episode284.mp3

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Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’information, pour la dernière partie. Avec notre invitée, l’ancienne princesse Azala de MaterOne, nous allons aborder deux sujets, l’un concernant l’Exode et l’autre vous concernant directement, madame.
Tiens, ce n’était pas dans le script de l’émission ! Mais ce sera comme vous voulez, Ted. Dans ce premier sujet, nous parlerons du « Cercle de Khabit », n’est-ce pas ?
En effet. Notre journaliste Drisso El Nofello, sur Transporteur 4, a réalisé une interview, quelques minutes seulement, du professeur Schwarzkof, éminent savant recruté par monsieur Junta. Il revenait d’une réunion avec le Conseil des commandants, où ils avaient justement abordé un sujet concernant notre avenir immédiat.
Vous avez oublié d’ajouter « merveilleux » : le merveilleux monsieur Junta, sinon cela n’apparaitrait pas assez évident.

Non ? Ted, vous êtes bien pale, soudain…
… Tout de suite, l’interview du professeur Schwarzkof.

*
Bonjour à nos multispectateurs, nous sommes avec monsieur Schwarzkof, diplômé de l’université de MaterOne en astrodynamique des fluides. Professeur, vous revenez d’une réunion avec le conseil dirigeant l’Exode, pouvez-vous nous en donner le thème ?
Bonjour. Oui, je ne pense pas que cela soit un secret. Nous avons évoqué les résultats des recherches effectuées par mon équipe au sujet de deux artéfacts découverts de l’autre côté de la Passe de Magellone.
Et en quoi ces recherches peuvent-elles intéresser l’Exode ?
En fait, elles sont à associer aux évènements rencontrés lors de la traversée de la Passe. Les fameux fantômes de nous-mêmes que nous y croisions. Les artéfacts ont réagi de même, projetant des… des sortes de « souvenirs » les imprégnant. On y voyait une civilisation non humaine et de puissants appareils de combat. Nos tests suivants ont exclu une autre origine pour ces mirages.
Ce n’est pas rassurant. Le conseil et vous-même pensez que nous pourrions les rencontrer ?
La datation des artéfacts n’exclut pas cette possibilité. Ils nous sont contemporains, à quelques dizaines d’années près.
Et serait-ce lié à cet endroit dont le nom se murmure à voix basse, particulièrement chez les prisonniers pirates : le « Cercle de Khabit » ?
Je ne peux, hélas pas répondre à cette question. Nous n’en savons rien, nous ne pouvons que proposer des hypothèses. Et l’une d’entre elles dit qu’effectivement, si l’on se base sur la technologie apparue dans les « souvenirs » des artéfacts et si l’on retient la quasi-inviolabilité de cette zone, c’est envisageable. J’ajoute que le nom de ce lieu est connu bien au-delà des pirates, on évite en général de le prononcer, même sur la station Piñata el grande.
C’est pour cela que les commandants Décembre et Junta vont s’y diriger avec leurs transporteurs, sans les autres vaisseaux de l’Exode ?
Je n’ai jamais dit cela. Vous en savez, sans doute, plus que moi.
Ce sont des rumeurs persistantes qui circulent parmi les hauts gradés. Les informations obtenues par nos journalistes sur l’Exode sont assez concordantes.
Je ne peux que vous croire. Nous verrons bien.
Hé bien, merci pour le temps que vous venez de nous accorder, professeur Schwarzkof. Nous vous souhaitons bonne continuation pour ce voyage et dans vos recherches.
Merci à vous également, et bien le bonsoir.

Madame Azala, l’Exode va donc se scinder à nouveau ?
Je ne confirme ni n’infirme rien, Ted. Je laisse le Conseil des commandants décider seul de son agenda de communication.
Donc, vous connaissez la réponse. Et cette histoire d’artéfacts, avez-vous un avis dessus ou est-ce également hors d’un quelconque agenda ?
Je connais un de ces artéfacts. Je me trouvais avec le marchand Broto lorsqu’il nous l’a proposé, en échange d’une place à bord de l’Exode. Si l’objet en lui-même s’est révélé plus passionnant que prévu, les conséquences de la présence de ce monsieur et de son faux fils ont été… dramatiques.
Certes, mais le politicien Junta a quand même bien réagi en nommant, dans le plus grand secret, un collège d’experts avec le professeur Schwarzkof à sa tête, non ? Nous serons ainsi prêts à faire face, quoiqu’il arrive dans l’avenir.

Vous ne répondez pas, madame Azala ?
… L’Exode devra faire face, quoiqu’il arrive, à de nombreux dangers… Et se croire trop en sécurité peut entrainer, à tort, certaines personnes vers une forme de servilité des plus… méprisables.

Vous ne répondez pas, monsieur Maos’n ?
Je pense que notre journal touche à sa fin, je vous remercie pour…
Vous aviez une seconde demande, non ? Si je puis y répondre, ce sera avec plaisir, Ted.
Ah oui, la… question. Vous êtes donc l’ancienne princesse de MaterOne, la fille du roi Magnam IV et votre garde du corps de l’époque est toujours à vos côtés, dans le studio ici même d’ailleurs. À ce titre, quelles ont été vos implications dans le régime de terreur qui s’est abattu sur tous, dans les dernières années de la royauté et en particulier lors de la Révolution Castiks ?
La grande Révolution Castiks cache encore bien des secrets, Ted. Personnellement, mes possibilités d’action étaient limitées : mon père, et surtout le milieu royaliste en général, acceptait mal l’idée qu’une femme puisse prendre de hautes responsabilités.

J’ai agi autant que possible pour que la situation ne dégénère pas, mais la diplomatie est impuissante dans un monde de haine et de suspicion. Je sais que mon nom et celui de ma lignée resteront à jamais marqués de l’opprobre des hommes. Et je ne peux les en blâmer. Voilà, Ted.
Peu efficace et coupable indirectement, donc ?
Je me souviens avoir fait disparaitre une note du maréchal Trumont demandant la mise sous tutelle militaire d’une partie de la presse et des rédactions. Cette mesure me révulsait. Peut-être vous trouviez-vous sur cette liste, Ted Maos’n ?
Nous ne le saurons jamais. Merci d’être venue et c’est ainsi que se termine votre journal d’information d’Ex-One Média. Rendez-vous à notre prochain numéro.

… et votre soi-disant majesté de merde ne devrait même pas avoir le droit de… haaaa, aïe, ça fait mal, bon sang !
Laisse-le, Melba. C’est juste un idiot. Partons.


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RedU T1 Ch21 Ep06

episode283.mp3

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« …l’intérêt que le présentateur à de toujours aller à l’encontre de … »
Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’in… D’INFORMATIONS ! Derrière ma voix, vous entendez celle de l’ex-princesse Azala, notre invitée aujourd’hui. Princesse, vous vouliez dire quelque chose d’utile ?
Rien qui vous passionne, d’autant plus que le sujet suivant va être très stressant. Allez-y, nous écoutons…
… Heu, oui. Donc notre envoyé spécial à bord de ce transporteur, Rabsky Benkous, nous a rejoints pour aborder les conséquences du drame qui nous a frappé. Bonjour Rabsky, pouvez-nous nous donner un bilan de cette traversée de Magellone ?
Bonjour Ted. Les chiffres que je vais vous indiquer vont être annoncés officiellement ce soir et…
…excusez-moi  ! Vous avez accès à des documents non diffusés  ? J’ignorais que votre patron commençait à "jouer" avec le Conseil des commandants.
… ce bilan provient effectivement d’une source haut placée, que ma déontologie journalistique m’interdit de révéler, madame Azala. Ted, si vous le permettez, je poursuis ?
Mais allez-y, Rabsky. Nous sommes tout ouïe.
Deux transporteurs sont perdus, soit presque un tiers de nos vaisseaux. Le nombre de victimes de la grande attaque pirate, ainsi que de l’épidémie chez les Octotes du T2 et des disparitions dues aux conditions de la Passe elle-même est impressionnant. Sept-mille-trois-cent-quatre-vingt-quinze morts et vingt-deux-mille-six-cent-douze blessés (dont une large majorité par l’attaque pirate) sont à déplorer. Mais ce n’est qu’une broutille comparée à l’autre drame, devrais-je dire le drame principal…
Je vois ce que vous voulez dire… Transporteur 3.
Oui, Ted. Trois-cent-cinquante-mille disparus, tous rayés de la vie de cet univers, en un claquement de doigts. C’est unique dans les annales spatiales, on n’avait jamais atteint de telles pertes.
J’interviens pour signaler, si vous ne le savez déjà, qu’une grande soirée de recueillement va être organisée dans trois jours pour, sinon enterrer nos morts, au moins aider les familles dans leur deuil. Il se tiendra…
… Sur Transporteur 7 de la Commandante Benkana. Oui Princesse, merci. À cette occasion, Ex-One Média diffusera en direct l’intégralité de ce moment émouvant. Nos multispectateurs voudront certainement y participer, autant que faire se peut.
Certes, ce sera un moment émouvant à partager, mais également un moment d’unité. Ne pas oublier cette unité, monsieur Maos’n.
Rabsky, nous poursuivons ?
Bien sûr, Ted. Donc, des pertes humaines, mais aussi de lourdes pertes en matériels, et surtout en ressources (provisions, Lithium, pièces détachées… la liste est longue). Cyniquement, si la destruction de Transporteur 6 a porté un coup très dur, la majorité de ces exodés sont revenus, mais leurs réserves ont disparu. À ce titre, ce qui est arrivé à Transporteur 3 est plus… gérable du point de vue de la « survie globale », j’entends.
Certains de vos journalistes ne manquent pas de cynisme à Ex-One Média, dites-moi Ted.

Mmoui… Rabsky… enchainons. Vous vouliez nous parler des prisonniers pirates, n’est-ce pas ?
Oui en effet. Je m’excuse d’avoir préalablement paru détaché dans la comptabilité des victimes et de leurs conséquences, mais j’estime que notre Exode se doit de… garder une tête froide, malgré tout, et de penser aux survivants.
Vous avez raison : un peu moins d’un demi-million de victimes, restons calmes… Vous vous enfoncez, jeune homme ! Et sinon, qu’allez-vous donc nous conseiller pour les pirates  prisonniers ? Je pense avoir une idée de ce qui va suivre : vous trouvez qu’avoir négocié leur libération est un acte touchant à la trahison envers toute la communauté des Exodés et qu’on aurait dû les juger, un par un ?
… oui. Ce sont des monstres sans foi ni loi, ils ne méritent pas notre mansuétude !
Ce sont des hommes et des femmes que nous ne pouvons pas passer au fil de l’épée parce que c'est contraire à ce pour quoi nous avons fui MaterOne !
Ces gens n’ont pas de principes ! Nous ne devons leur en accorder aucun !
… Rabsky ! S’il vous plait..
Le nombre de survivants chez les pirates est de un pour quinze, le prix qu’ils ont payé pour leur attaque est largement supérieur au nôtre ! Et pour les quelques centaines qui restent, je ne vois pas comment nous pourrions tous les soigner, les juger et les condamner sans y passer des années.
On peut accélérer les jugements, il existe des procédures spéciales…
… qui ont été unanimement réprouvées dans la charte même de notre Flotte ! Dites-moi, monsieur Benkous, vous êtes certain que vous n’avez pas pris le train de l’Exode par erreur ? Autre chose, vous êtes journaliste sur Transporteur 1, celui-ci, disait Ted, non ? L’attaque pirate n’a été qu’une information à votre arrivée, pourquoi tant de haine ?
Madame la princesse, Rabsky… s’il vous plait ! Concentrons-nous sur les prisonniers, voulez-vous ? Voici une interview que nous a accordée le médecin-chef de Transporteur 2, le docteur Blame. Il a été diligenté par le Conseil des commandants pour aider, rapporter et centraliser l’assistance médicale aux prisonniers. Je vous rappelle que ceux-ci sont répartis sur tout l’Exode. Écoutons-le donc, interviewé par l’envoyé spécial sur T2, Dave le limier.

Docteur Blame, merci de nous accorder cette interview. Vous êtes le médecin en chef du second transporteur de l’Exode, mais également le rapporteur, pour le Conseil des commandants, des conditions sanitaires de la détention des pirates. Qu’en avez-vous conclu ?
Hé bien, je dirais que, dans l’ensemble, le minimum vital est présent. Nous avons pu constater que la qualité de la captivité dépendait fortement du lieu. Je peux vous dire qu’il vaut mieux être prisonniers sur Transporteur 4 ou 2, par exemple. Les autres sont dans la moyenne…
… on parle pourtant de Transporteur 7 comme d’un point noir sur votre carte ?
Certes, mais nous avons pu améliorer la situation ces derniers jours. Sans être idéal, ils reçoivent un traitement digne et sont maintenant suivis avec, sans doute, un peu plus d’attention.
C’est à dire ? Décrivez-nous donc ce traitement qu’ils recevaient auparavant.
Transporteur 7 a subi de plein fouet l’attaque pirate et seul un mouvement de colère, proche de l’hystérie collective, leur a permis de remporter la victoire. Nous avons connu la même chose, il y a plusieurs mois à bord de Transporteur 2, vous le savez comme moi, car vous y étiez. Ne demandons pas trop aux Exodés et essayons de calmer la situation.
C’était grave au point que vous ne voulez pas en parler ?
Les pirates ne sont pas des chatons, mais ils restent des êtres humains, comme nous tous. Excusez-moi, mais je dois retourner à mes obligations. Merci.

Madame Azala ? Vous êtes la Médiatrice officielle de votre transporteur. Nous vous écoutons.
Merci, Ted. Comme vous venez de le rappeler, ma fonction m’a conduite à m’intéresser au sort que l’on réservait aux pirates.
« Ils peuvent crever ! »
Rabsky, vous êtes à l’antenne ! Excusez-nous messieurs-dames, et vous aussi, Princesse. Poursuivez, je vous prie.
Vous savez, les opinions de votre journaliste sont partagées par de nombreuses personnes. C’est bien cela que j’ai dû combattre, un peu seule je vous l’avoue, jusqu’à ce que le Conseil des commandants rencontre la chef des pirates. À partir de ce moment, nous avons pu obtenir toute l’aide nécessaire.
Est-ce à dire que madame la commandante Benkana, votre compagne, ne satisfaisait pas à vos exigences d’équité ?
Arrêtez avec vos piques. C’est exactement comme l’a expliqué le docteur Blame, que je tiens par ailleurs à remercier ici, et publiquement, pour son implication et sa fougue humaniste. Nous devions tenter de faire comprendre à une population, qui venait de frôler la folie, que l’état de droit était revenu et que les soldats ennemis avaient justement des droits. Peu, je précise, car ce sont des prisonniers de guerre, pas des civils. Je vous confirme également que, maintenant, les brimades ont cessé, certains responsables ont été remplacés et les pirates un peu mieux répartis dans la flotte.
J’insiste sur un point : la Commandante Benkana a parfaitement saisi ses obligations humanitaires, et il ne saurait être question de mettre en doute ses intentions pacifiques. Elle est également membre de ce Conseil des commandants qui a, justement, pris les bonnes décisions et fourni les moyens adéquats.
Soit. Nous en resterons donc là, en attendant des nouvelles sur le mode opératoire de la libération des pirates. Des informations là-dessus, peut-être ?
Je n’en ai malheureusement pas. Tout ce que je puis vous affirmer, c’est que cette situation ne devrait pas se prolonger longtemps.
Une estimation ?
J’estime que c’est l’heure de la publicité, Ted. À tout de suite, dans Ex-One Média !


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RedU T1 Ch21 Ep05

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L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. »
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« Bonjour à tous, vous êtes bien sur Ex-One Média, et c’est Ted Maos’n en direct du Transporteur 1 pour l’édition du soir !
Voici les titres de l’actualité :
Retour sur cet épouvantable carnage de l’attaque du premier convoi. Seront présents nos journalistes, en première ligne, qui ont fort heureusement survécu au drame : Foudia Hacham et Angélus Air.
Puis, avec Rabsky Benkous, nous parlerons de l’avenir de l’Exode, car il faut malgré tout aller de l’avant. On évoque des… des négociations avec les pirates  prisonniers.
Enfin, ce sera avec notre invitée que nous aborderons les préparatifs du départ et ce qui se murmure dans les couloirs, une nouvelle scission de l’Exode à l’approche de notre prochaine étape : le Cercle de Khabit… »

Alors le moment est venu de vous présenter notre invitée. Princesse, nous vous remercions d’avoir enfin accepté de débattre, avec nous et nos envoyés spéciaux, de l’actualité. Bienvenue à vous !
« Enfin », n’est-ce pas ? Je pense que les sujets qui vont être évoqués aujourd’hui requièrent tant l’attention de nos commandants, que l’Exode ne pourra malheureusement profiter que de mes modestes analyses.
Mais nous les avons toujours attendues ! La perspicacité de l’ancienne héritière de toute l’humanité est bien connue, ainsi que votre proximité avec la commandante Aurora Benkana de Transporteur 7. Comment avez-vous survécu à l’invasion pirate, ces heures n’étaient-elles pas trop longues, enfermée comme vous l’étiez dans le centre de commandement ?
Malgré tous les sarcasmes que l’on peut entendre concernant la stratégie de défense : corridor par corridor, pont après pont puis le tragique décompte des victimes, tout cela ne m'a pas permis de passer du temps avec ma manucure… si c’est de cela dont vous parliez, Ted.
Vous jouiez à la maitresse de guerre ?
Certains jouent bien aux journalistes. Donc, tout est possible.
… heu… Bien. Une page de publicité et nous revenons avec Foudia et Angélus qui s’installent en ce moment sur le plateau. Ne zappez pas !
Ok, écoutez : je ne fais que mon boulot ! Pas la peine de me prendre de haut avec vos grands airs de…

… si vous voulez que je vous considère comme un journaliste, alors agissez comme tel et…
… et retour dans votre édition du soir d’Ex-One Média en… direct. Sur ce plateau, l’ex-Princesse de MaterOne, Azala, qui nous honore de sa présence. Mais également, pour approfondir les sujets, Foudia Hacham qui était envoyée spéciale sur Transporteur 6 de feu le colonel J.F.Hill. et Angélus Air, envoyé spécial d’Ex-One Média sur Transporteur 5 du colonel Sterling-Price.
Bonsoir à vous deux. Avant d’aller plus loin, quelques images de la cérémonie funèraire de John Fidgerald Hill qui a marqué ce que l’on pourrait appeler la conclusion de l’attaque pirate. Au milieu du grand hangar aux appontages de ce vaisseau, vraiment plein à craquer, on voit le cercueil du colonel J.F.Hill porté par les autres commandants de l’Exode. Vous étiez aux premières loges, Princesse, peut-être pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
C’était un moment d’une force incomparable, Ted. Le colonel Hill représentait l’idéal de la révolution Castiks et avait activement participé à préparer l’Exode. Je pense que par leurs gestes, par les oraisons qui ont été prononcées, on sentait un réel moment de cohésion de tous et de toutes, quelles que soient leur personnalité ou leurs opinions. Nous avons tous pleuré, Ted, souvent en secret.
Votre discours sur la grandeur de l’homme a marqué les esprits. Votre culture littéraire exultait dans ce texte.
Merci, Ted. J’ose espérer que le message fut aussi remarqué que la forme ! Hill et ses soldats sont morts pour que nous puissions aller de l’avant. Mais ce n’était pas dans un esprit de haine ou de guerre, c’était une idée de liberté et de justice qui guidait leurs pas.
J’étais également présente, Princesse, je voudrais vous dire combien tous ont été émus par votre message qui a été très bien reçu !
Merci, Foudia. C’est grâce à la volonté de tous que l’Exode ira de l’avant, n’est ce pas, Monsieur Maos’n ?
Oui… oui, madame Azala. Angélus, parlez-nous de votre expérience. Que s’est-il passé sur votre transporteur lors de l’attaque pirate ?
C’était assez impressionnant, Ted. J’en profite pour joindre mes félicitations à celles de Foudia pour votre éloge de J.F.Hill, Princesse. C’était vraiment émouvant.
Merci, Angélus, cela me va droit au cœur. Ted, vous faites de drôles de geste ?
Heu, je… j’essaye de… de tenir mon rôle et les délais, malheureusement. Donc, Angélus, cette attaque ?
En fait, les hommes du colonel Sterling-Price étaient parfaitement organisés, je dirais même qu’ils avaient été entrainés pour cela. On ne peut pas dire que nous ayons été pris au dépourvu, saufs peut-être dans les premières secondes et encore ! Je vous donne un exemple : lorsque les pirates ont percé la coque pour pénétrer dans le transporteur, les zones où ils sont entrés étaient déjà vides depuis quelque temps. Il ne restait sur place que peu de troupes destinées à leur faire croire à une résistance importante. De fait, ils ont tergiversé de précieuses minutes et, lorsqu’ils sont repartis à l’assaut, ils n’ont rencontré que des pièges et des chaussetrappes !
Des chaussetrappes, Angélus ? Expliquez à nos multispectateurs ce que cela signifie.
Alors que l’on terminait d’évacuer les populations, les ingénieurs reprogrammaient les systèmes pour inverser les cartes, changer des valeurs, jusqu’au numéro des ponts. Pire, pour les pirates, certaines directions les conduisaient directement dans des zones de décompression, quand ce n’étaient pas simplement de longs couloirs difficiles d’accès et à l’extrémité condamnée.
Excuse-moi de t’interrompre, Angélus, mais les araignées d’antimatière, comment les arrêtiez-vous ?
Ils ont commencé à avoir des doutes lorsque plusieurs de leurs groupes ont décompressé dans l’espace. Ils ont donc réfléchi à deux fois avant de désintégrer les parois et les sas !
Bien vu ! Le colonel Sterling-Price est renommé pour ses connaissances en stratégie. Merci, Angélus. Et vous, Foudia ? Il semble que, justement, la résistance ne fut pas aussi ordonnée sur votre transporteur. On raconte que l’ancien guérilléro (J.F.Hill) a abandonné son poste pour un face à face courageux, certes, mais inutile pour la survie de tous.
Tiens, comme le dit Monsieur Junta ?
Pardon, Princesse ?
Rien Ted, je réfléchissais à voix haute. Foudia, qu’avez-vous pensé de la coordination des pirates, privés de leur chef ?
Clairement pas beaucoup de bien, Madame. Au début, ils avaient un plan, c’est certain, mais rapidement ils ont perdu l’avantage de l’offensive. En fait, lorsque les membres du transporteur ont pu contrattaquer en les piégeant entre les deux ponts qu’ils ont fait exploser, ils ne savaient plus que faire.
C’est dans les barges d’évacuation qu’on me l’a expliqué. Le colonel n’avait jamais abandonné ses équipes, sa canne restait reliée à tout le système, il aurait même pu relancer les réacteurs s’il l’avait voulu. Mais plutôt que de tenter de fuir, il a préféré emporter les pirates et leur chef avec lui, après avoir laissé le temps à tous les Exodés d’évacuer. Angélus m’avait d’ailleurs expliqué, hors antenne, qu’en analysant les batailles et leurs déroulements, certains officiers du colonel Sterling-Price pensaient que la volonté de détruire le transporteur était présente dès le début chez le sénéchal Pétrovach. Nous, les Exodés du colonel Hill, avons subi la pire attaque de l’invasion du premier convoi. C’est un avis qui tend à faire l’unanimité des analystes.
Voilà, Ted.
Parfait, merci Foudia. Toi et Angélus pouvez maintenant céder la place à Rabsky.
On se retrouve après cette page de publicité, à tout de suite !
« Je n’ai pas le droit de donner mon avis ? Pourtant je suis l’invitée ici, non ? »


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RedU T1 Ch21 Ep04

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Le sac hermétique numéro douze avait été scellé comme beaucoup d'autres, durant la première heure. On tenait la civière du contramiral pour qu’il puisse être assis, face à celle qu'il aimait. L’aspirante rongeait son frein : deux orthoptères étaient déjà en route pour récupérer le ministre. Compte tenu de la situation, le fait qu’il ait survécu prenait une tournure capitale pour toute l’humanité : chaque minute comptait.
Ouvrez… le sac.
Mais Amiral..
OUVREZ-LE
Elle fit signe à un des préposés qui glissa la lame d’un cutteur sur le pourtour supérieur du sac, puis il saisit l’un des bords et le souleva suffisamment pour que Poféus en voie bien le contenu. Fakir détourna la tête vers les arbres arrachés, au loin. Aucun des corps retrouvés dans la résidence n’était entier. En fait, souvent, on n’avait découvert que quelques morceaux, des tissus brulés et mêlés aux restes des vêtements, des os calcinés. Et cela valait peut-être mieux pour eux, plus le corps était détruit, plus la mort avait été rapide. Et le cadavre de la femme dans le sac numéro douze ne faisait pas exception.
Elle entendit alors, derrière elle, quelque chose d’inattendu. Une réaction déplacée… malsaine.

« hé… hé… ha, ha, HA HA HA HA, HA, HA ! »

Le contramiral riait à gorge déployée, luttant contre une quinte de toux qui lui enrayait la voix. Tous l’observaient, ne sachant quelle attitude adopter. Fakir perçu une pointe de démence, derrière ce rire qui montait vers les aigus entre chaque crachat expulsé par ses poumons. Elle fit signe de refermer le sac et d’éloigner la civière sans demander l'avis de Poféus. Il se trouvait en état de choc, c’était une évidence, elle n’aurait jamais dû céder à sa requête ; la vue du corps meurtri de la femme qu’il aimait l’avait profondément touché.

Il s’était tu lorsque, sous la tente, on lui avait administré un calmant, les examens complémentaires ne faisaient que confirmer les premières observations : quelques contusions et un état de choc posttraumatique. Le contramiral Poféus sortait indemne du terrible attentat terroriste le visant personnellement. On pouvait crier au miracle, sans retenue.
Un des deux orthoptères s'était posé à une dizaine de mètres, les turbines allumées tandis que l’autre, tel un aigle à la recherche d’une proie, effectuait des cercles autour de la propriété. Plusieurs groupes de chasseurs des forces spatiales passèrent à haute altitude, la nouvelle que le ministre responsable des services de sécurité planétaire avait survécu circulait déjà et les Mutualistes devaient forcément se tenir informés.
L’aspirante Fakir expliquait aux médecins que la section médicale des Forces Mentales allait prendre le relais et qu’on devait évacuer immédiatement leur chef, lorsque celui-ci lui fit signe. Elle s’approcha, toujours inquiète de ce petit sourire qui ne le quittait pas, dominée par ce regard où une étincelle noire laissait présager en permanence les pires intentions.
Monsieur ? Nous allons vous transférer d’ici quelques minutes.
Oui ma petite, bien sûr… Cont… contacte le central des com  et dis-leur d’activer le plan Poisson à pattes. Et bouge tes jolies fesses, c’est très urgent.
« Poisson à pattes ». Heu, je… oui, Amiral !
Fakir couru vers l’orthoptère, troublée. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de se retrouver en présence du ministre, mais elle était certaine que ce style de langage ne lui était pas coutumier. Dès son arrivée, on lui donna un casque et elle transmit l’ordre, ignorant comme probablement les opérateurs des communications de MaterOne Centrum de quoi il retournait. Déjà, on amenait la civière du contramiral où celui-ci reposait, les yeux fermés, les doigts croisés sur la poitrine, un petit sourire vissé sur les lèvres. Une véritable icône de la méditation bienheureuse, et cela ne pouvait qu’inquiéter au plus haut point l’aspirante. Elle se promit de transmettre un rapport au lieutenant Ralato dès son arrivée, le contramiral n’était pas en état de reprendre du service, c’était évident.
Il fut installé dans un des fauteuils de l’arrière, spécialement aménagé pour les déplacements des personnalités et Fakir claqua personnellement la porte alors que l’appareil s’élevait. Les paupières de Poféus ne s’étaient pas ouvertes, le sourire était moins prononcé, presque inexistant. Peut-être l’état de choc s’estompait-il ?

Quelques minutes plus tard, l’orthoptère se posait en douceur sur le toit du ministère de la Sécurité. Le contramiral surprit tout le monde en demandant à pénétrer dans le bâtiment debout. On pouvait l’aider et le soutenir, mais il voulait marcher, alors Fakir passa son bras gauche autour de ses épaules tandis qu’un subordonné prenait l’autre bras. Les pieds du ministre progressaient avec difficultés, il était aisé de sentir combien l’homme souffrait de ses contusions lui constellant tout le corps. Mais son petit sourire s’affichait à nouveau et son regard présentait toujours cette étincelle malsaine. En fait, la jeune femme avait la sensation que cela avait empiré.
Il refusa d'aller à l’infirmerie et ils durent l'aider à atteindre laborieusement son bureau où il demanda simplement, un peu essoufflé par les efforts qu’il s’était imposés :
« Fakir… Va voir pour un rapport avec toutes les nouvelles. Je veux savoir où on en est. Et dis aux toubibs qu’ils peuvent venir ici, mais je ne quitterai pas mon antre. Ce bureau, c’est… ma tanière, tu comprends ? Aller, hop ! Dépêche-toi…

Il fait chaud, non ? On ne peut pas baisser un peu le thermostat… ? »

Elle revint quelques minutes plus tard, suivie d’un colonel mental qui la doubla, la toisant, et déposa un épais rapport sur le bureau du ministre. Il présenta oralement la situation : le président et les membres du Conseil de la Révolution étaient morts, Heir en fuite avec les Mutualistes et le lieutenant Ralato capturé.
« Mais c’est une manie chez lui de se faire avoir par cette bande de raclures ? Je ne vais pas passer mes mandats à lui courir après, merde ! »
Personne ne broncha dans la pièce. D’abord, il n’était pas d’usage de commenter les colères du contramiral, mais surtout, les termes employés surprenaient au plus haut point. Le colonel jeta un regard à l’aspirante, celle-ci hocha doucement la tête : elle n’était pas la seule à trouver le comportement de leur chef étrange. La situation ne laissait pourtant pas de choix possible : le contramiral Poféus était la dernière personne avec un pouvoir exécutif légitime, alors que l’état vivait une crise sans précédent depuis la révolution Castiks. On devrait lui confier les rênes, quoi qu’on en pense.
Le communicateur sur le bureau sonna et le ministre, contre toute attente, fit signe à Fakir de répondre tout en se grattant la nuque. La jeune femme s’exécuta, décrocha le combiné et transmit l’information :
« Monsieur, un individu reconnu comme le professeur QuartMac demande à vous rencontrer. Que devons-nous faire ? »
Poféus se redressa soudain, l’air joyeux, ouvrant des yeux plus noirs que jamais.
« QuartMac, ce vieux traitre ? Mais qu’il vienne, bien sûr ! Un peu de sport me fera le plus grand bien… Hi, hi, hi, ha, ha, HA, HA, HA ! »
Et il se lança à nouveau dans un rire à la limite de la démence…


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RedU T1 Ch21 Ep03

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Une dizaine de corps gisaient alignés, empaquetés dans des sacs mortuaires. L’aspirante mentale Fakir vérifia une nouvelle fois l’identité de chaque cadavre avec sa liste, énumérant consciencieusement les numéros d’identification et les comparant, un à un. Les blessés les plus graves étaient déjà partis en orthoptère et, d’après les dernières informations, ils s’en sortiraient presque tous. Il s’agissait surtout des tireurs et des gardes répartis dans la forêt, ils avaient été soufflés avec elle. Le petite femme resta quelques secondes pensive devant l’alignement morbide, ses cheveux bruns mi-long ondulaient doucement dans la brise venue du sud.
Mais assez rêvé : on l’avait entrainée à ce genre de situation et c’était l’heure du rapport des fouilles. Sur le chemin de la grande tente blanche où l’on donnait les premiers soins, elle activa son communicateur. À une centaine de mètres de là, les excavatrices poursuivaient avec précautions leur travail dans le cratère, creusant et dégageant les gravas à la recherche des dernières personnes manquantes. On entendait les chiens des secouristes aboyer de temps en temps, noyés dans la poussière de béton omniprésente. Parmi les absents, le plus important était évidemment dans tous les esprits : le contramiral Poféus.
Ici Fakir, des nouvelles ?
Rien de neuf, mais nos senseurs sont bloqués par la dalle sous la résidence. Seul détail certain, un nouveau corps apparait à moitié en radiométrie, çà lui est tombé dessus, on sera sur lui dans… oui ? Et c’est… ? Bon, je viens… Excusez-moi, on me signale une sorte de faille dans le béton, je vais voir.
Parfait, tenez-moi au courant.
L’aspirante entrait sous la tente improvisée, se préparant à mettre à jour une seconde liste lorsque son communicateur vibra à nouveau.
Fakir.
Madame, venez vite ! C’est incroyable, on a un survivant ! Il répond aux coups sur les barres de soutien, on met tout le monde dessus !
J’arrive !
Elle n’osait y croire. Dans la résidence, personne n’avait survécu, c’était le centre de l’impact : le Lithium s’y était enflammé à des températures de plusieurs centaines de milliers de degrés, fondant la pierre. Un survivant, là-dedans ?
Elle enjamba plusieurs blocs moulés expulsés de leurs sculptures et descendit dans le cratère en direction des excavatrices. Presque tous les ouvriers s’étaient regroupés derrière une des machines et celle-ci levait lentement son puissant bras mécanique pour soulever une portion de dalle. Fakir manqua de glisser par deux fois, puis arriva enfin à la hauteur du chef de chantier. On la laissa passer et elle put contempler la scène.
Au milieu des chiens qui aboyaient, on extirpait de sous les décombres un des gardes, la tête broyée, mais le corps intact. Elle soupira :
Une fausse alerte…
Nan, Madame. Les coups viennent de derrière lui. Regardez la dalle, elle est à moitié fondue, un mètre cinquante de béton armé ! Sous l’impact, deux pans entiers se sont superposés et ce garde était une cinquantaine de centimètres trop en avant, il a reçu la partie avant qui… Écoutez !

Dong, dong…
Des coups résonnèrent le long d’un morceau de canalisation. À quelques mètres, un ouvrier répondit avec une grosse pierre sur le métal. Le chef de chantier motiva ses troupes, l’heure n’était pas à la contemplation.
Allez-y ! Douuuucement, tout doucement… Là, un bras qui bouge ! Il est couvert de poussière, mais il remue !
C’est une main âgée. Il n’y avait pas beaucoup de gens âgés parmi ceux qui étaient présents lors de l’attentat.
nota l’aspirante, emplie d’un nouvel espoir. On tira lentement la personne, rien ne semblait la retenir. Se pourrait-il qu’aucun membre n’ait été meurtri ?
Le contramiral Poféus inspira une immense bouffée d’oxygène quand on le sortit enfin entièrement de son abri de fortune. On le fit assoir et deux médecins l’examinèrent sommairement, vérifiant ses réflexes musculaires, l’intégrité de son squelette, sa tension…
L’aspirante Fakir apporta un verre d’eau tandis qu’on mettait une couverture sur les épaules du ministre. Il ne présentait que quelques blessures superficielles, mais un bilan complémentaire allait suivre sous l'abri. On l’installa avec précaution sur une civière, portée par deux infirmiers bien bâtis. Fakir n’eut pas besoin de sa formation de Mentale pour noter le respect visible des secouristes pour cet homme revenu de l’enfer. Ils étaient impressionnés et elle-même ressentait une certaine fierté de travailler sous les ordres de cet indéfectible survivant. Sur le chemin, elle put recueillir le premier mot que son chef prononça :
C… Caland.. Cal..
Amiral, ne forcez pas, il faut vous reposer.
CAL… CALANDE !
Je pourrai vous présenter un bilan sommaire quand vous serez…
OÙ EST… ELLE ?


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RedU T1 Ch21 Ep02

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Le lieu présentait l’apparence d’une salle de cinéma ordinaire à laquelle on aurait retiré la moitié des places. Les paliers étaient plus larges, les fauteuils plus confortables et équipés de plateaux individuels et de communicateurs.
Ralato pénétra en courant parmi les derniers, il suivait ainsi les consignes de Stuffy. D’un balayage mental rapide, il confirma que les deux Mutualistes du balcon supérieur venaient d’être abattus, tandis qu'il enjambait les corps de trois preneurs d’otage en se dirigeant vers les ministres attachés à leurs sièges.
Le silence était retombé dans la salle. Les cris et les sommations, les sifflements étouffés des tirs… il ne restait plus qu’un léger fumet de poudre flottant en certains endroits. Une intervention rapide et efficace.
« Contactez les troupes, ambulanciers et milice, et passez-moi cet endroit au crible. Je veux un maximum d’indices sur la méthode qu’ont employé ces gars pour arriver jusqu’ici ! »
ordonna Ralato d’une pensée.
Il s’approcha du président du Conseil. Pas besoin d’échanger plus d'un regard avec les commandos qui l’avait précédé : le vieil homme était mort, cérébralement parlant. La tête penchée en avant, les yeux ouverts, de la bave coulait de sa bouche béante… mais le cœur battait encore.
Les Mentaux apprenaient, dès leur première année d’université, qu’un corps pouvait vivre plusieurs heures, voir plusieurs jours pour les plus résistants alors que l’esprit était mort. On « brulait », il n’y avait pas d’autres mots, les parties supérieures, conscientes et inconscientes, du cerveau d’une très forte attaque psychique. Les ultimes fonctions reptiliennes commandant les réflexes nerveux, telles la respiration ou l’adaptation des pupilles à la lumière, pouvaient être épargnées et le système digestif conservait encore un temps sa propre entropie. Vu aux infrarouges et aux balayages mentaux, il était impossible de deviner le stratagème sans un encéphalogramme (ou une certaine expérience, comme ici). Stuffy constata d’une voix amère :
Et il n’est pas le seul, regarde les autres… Tous grillés. Saloperie, on est arrivé trop tard.
Heir a toujours ses boucliers levés et il n’y a qu’un groupe de Mentaux de haut vol qui peut réussir une telle série de décérébration.
Il est là-bas, déjà sous surveillance.
Deux hommes se tenaient à distance du politicien, doigt sur la gâchette. La consigne était de ne pas le quitter du regard, barrières psychiques levées comme il se doit pour une intervention des Forces Mentales. C’était les ordres directs de Ralato, qui ne faisait pas confiance à ce membre du conseil.
Le lieutenant s’approcha. L’homme semblait dormir, mais ses boucliers levés, il n’était pas possible d’en avoir la certitude. Stuffy vérifia ce qui pouvait l’être puis, à une série de mouvements subtils de l’otage, résuma son analyse :
« Il se réveille, on dirait qu’il est épuisé. Peut-être le résultat de sa résistance à une attaque extérieure ? »
De fait, Heir entrouvrit les paupières et grommela quelque chose, les yeux révulsés. D’instinct, Ralato s’approcha pour recueillir les propos, inintelligibles de loin.
R… Rala… o… aah…
Oui, Monsieur ?
Je… suis… haa… arght…
Vous êtes quoi ? Dites-le-moi, allez-y. Vous êtes en sécurité maintenant.
Je suis plus en sécurité que toi, lieutenant Ralato !
Une onde psychique d’une violence inouïe frappa tous les membres du commando mental. Instantanément, des pans de contreplaqué s’abattirent sous le grand écran de projection et quatre Mutualistes sortirent de derrière le faux mur en ouvrant le feu. Les premiers soldats, dont ceux entourant Heir, furent fauchés avant même d’avoir compris ce qu’il leur arrivait.
« DES MUTUALISTES MENTAUX ! À terre ! »
hurla Stuffy. Brusquement, Heir rompit ses liens et plaqua son front contre celui du lieutenant. Celui-ci n’eut pas le temps de repousser son assaillant qui lui fixa quelque chose sur la nuque. Immédiatement, une décharge électrique vrilla le crâne de Ralato, tandis que Heir, ressentant probablement aussi une partie du courant, écartait largement les paupières, le regard fou à la limite du mystique peint sur son visage.
Des tirs de ripostes commencèrent pourtant à fuser du côté des Forces Mentales. Malgré l’intensité de l’attaque en cours, l’entrainement de ces soldats d’élite reprenait le dessus et un des Mutualistes fut touché par une rafale. Les boucliers se renforçaient, le feu répondait au feu, une contrattaque psychique permit même de désorienter un second Mutualiste, réduisant l’intensité de l’onde.
Heir sortit de derrière lui plusieurs grenades fumigènes paralysantes qu’il lança autour de lui, d’un geste sûr. Les flashs aveuglèrent les membres du commando qui n’avaient pas protégé leurs yeux et leurs tympans. Il fit basculer le corps inerte de Ralato sur son épaule en envoyant ses ordres et tenta de gagner du temps en augmentant la pression psychique pour combler celle de ses hommes tombés.
Un des deux survivants du groupe le rejoignit et l’aida à soulever le lieutenant, tandis que l’autre faisait sauter, avec un pied-de-biche, un pan de contreplaqué à l’extrémité de la rangée. Elle dissimulait une large trappe. Le Mutualiste sortit de ses poches plusieurs appareils qui tenaient dans le creux de sa main. À peine posés contre la paroi, de petites pattes se déplièrent et les araignées, porteuses de charges infinitésimales d’antimatière, sautèrent par l’ouverture. Elles dégageraient le passage de manière sure et silencieuse en désintégrant tout obstacle.
Heir et le second Mutualiste le rejoignirent, courbant la tête pour éviter les balles sifflantes. Loin de faire feu au jugé, les commandos de Mentaux utilisaient les sources de l’onde psychique qui les frappait comme cible, ignorant la présence de leur lieutenant dans le groupe : il n’était pas conscient et les fumigènes bloquaient la vue des tireurs. Mais de nombreuses signatures approchaient déjà ; une nouvelle vague de soldats mentaux et toute la sécurité accouraient, répondant aux appels.
Heir sauta le premier dans le conduit de service, serrant Ralato, aidé du second Mutualiste. Le troisième reçut deux balles dans le torse, il s’effondra contre l’ouverture. Dans un dernier geste, l’homme brisa une grosse capsule de verre contre la paroi. Une mousse ocre à prise rapide gonfla instantanément autour de lui, l’écrasant sous la pression, mais bloquant également la trappe de service sous plusieurs mètres cubes d’une matière chimique, solide comme le roc.
La découverte de la disparition de leur chef motiva d’autant les troupes mentales et, moins d’une trentaine de secondes plus tard, les survivants de l’assaut transmettaient les informations utiles à leurs collègues du rez-de-chaussée. Celui-ci étant effondré à la suite de la première explosion, aucun accès au conduit de service n’était malheureusement possible. Quelques minutes furent nécessaires pour saisir le plan ennemi et une demi-heure plus tard, on découvrit que les araignées chargées d’antimatière avaient creusé un passage jusqu'à la voute supérieure de l’égout circulant sous le palais. Deux miliciens qui patrouillaient à proximité furent retrouvés, froidement abattus, et le tunnel débouchait sur le réseau inextricable des eaux usées de MaterOne. La piste, si on arrivait à la trouver, ne permettrait plus de rattraper les terroristes.
Une fois de plus et au prix de lourdes pertes, si l’on comptait la filature originelle et l’assaut, les Mutualistes parvenaient à leurs fins. Le Conseil de la Révolution était anéanti et le lieutenant Ralato, dernière autorité de l’état de MaterOne, venait d’être enlevé.


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RedU T1 Ch21 Ep01

episode278.mp3

Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques !

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Palais de la Révolution,
Soixante-quatorzième étage,
Quatrième heure après le début de la prise d’otage.

La vis de la grille d’aération se déforma soudain et disparu, sans avoir eu le temps de tomber sur le tapis du petit couloir. Ses quatre congénères subirent le même sort et une main invisible fit disparaitre la grille à l’intérieur du conduit.
Deux sphères de quelques centimètres de diamètre sortirent de l’ouverture en flottant et chacune vint se placer à quelques mètres de là, contre deux caméras de surveillance. Elles prirent le contrôle des appareils, en capturèrent les images durant quelques minutes, puis les réémirent en boucle. Les preneurs d’otage branchés sur le circuit vidéo ne verraient rien de ce qui allait suivre.
Une tête en combinaison noire, lunettes de vision nocturne sur les yeux, se laissa descendre lentement, arme automatique en main. Il regarda à droite puis à gauche. Ayant confirmation de son précédent balayage mental, et de l’absence de témoin, le commando tira deux balles sur la petite console enfoncée dans le mur; elle rendit l’âme dans un crépitement d’étincelles plus silencieusement que le souffle des deux tirs.
À l’autre extrémité du couloir, près des verrières, une forme noire équipée de ventouses se matérialisa sur le panorama de MaterOne Centrum. Avec un diamant, elle découpa une ouverture circulaire, retira le morceau de verre et passa la main pour déverrouiller le mécanisme de la fenêtre qui se débloqua en douceur.
Dans les trois minutes qui suivirent, quatorze commandos des forces mentales envahirent le couloir, sécurisant cette partie du niveau.
L’un des soldats présentait une ligne blanche cousue sur l’épaulette. C’était vers lui que les regards se tournaient, mais aucun son n’était échangé : chez les Mentaux, la communication orale ou même gestuelle était inutile. Le lieutenant Ralato fit le point avec ses hommes, confirmant la première phase de l’opération :
« Caméras hors service, sécurité des fenêtres et lasers au sol désengagés. Formez les deux groupes, rendez-vous aux deux extrémités de la salle. Bonne chance à tous ! »
Les relevés radars et infrarouges donnaient une image précise de la situation. On avait regroupé les otages dans la grande salle de projection de ce niveau. C’est donc là que les commandos allaient frapper, de plusieurs endroits, mentalement et physiquement. Même des Mutualistes, peut-être immortels (dans le sens qu'ils profitaient d'une technologie du savant Quartmac permettant de répliquer leurs corps et leurs esprits à l’infini), ne pouvaient résister à ce genre d’attaque. Plus ce serait rapide, moins on risquerait de perdre des otages.
Alors que les sept hommes progressaient le long des couloirs, déployant les sphères de blocage vidéo, neutralisant les appareils de la sécurité, Stuffy, l’ancien ami prisonnier dans l’esprit de Ralato, intervint :
Je sais que je vais rabâcher des évidences. Mais, non seulement, s’ils sont réellement des professionnels immortels, ils ont surement placé des pièges sur le chemin qui mène aux otages, on doit, en plus, considérer qu’ils ont peut-être des Mentaux avec eux.
Et si Heir est derrière tout cela, notre présence ne peut pas lui avoir échappé,
répondit Ralato, un genou à terre, couvrant l’avancée de ses hommes.
Stuffy ne dit rien, se concentrant sur son balayage mental. Il lança l’alerte en premier, les autres hommes réagirent de leur côté quelques secondes plus tard.
« Deux Mutualistes en approche. Ils sont sur leur garde, mais ne se doutent de rien. »
Ralato transmit ses ordres, préparant la réception. À peine le coude du couloir passé, les deux hommes chancelèrent sous plusieurs attaques psychiques et le lieutenant, assisté de deux autres tireurs, les acheva de plusieurs balles. Ils s’effondrèrent dans les bras des commandos qui les entassèrent dans un local de service, désactivant leurs communicateurs. La neutralisation n’avait duré que quelques secondes, mais d’ici peu on allait se rendre compte de l’absence des deux gardes. Il fallait presser le pas.
D’un point de vue stratégique, c’est quand même osé. Alors qu’en bas, ils tentent de contacter les preneurs d’otage, nous, on est déjà à l’action. Même pas peur de blesser un otage !
On n’obtiendra rien des Mutualistes, tu le sais bien.
répondit Ralato, pragmatique. Il poursuivit :
Quant à l’importance des ministres, Heir peut bien y rester, je m’en moque. Le président va démissionner dès l’élection du Chancelier suprême et les autres sont remplaçables,
On est toujours sans nouvelle de l’attentat sur la résidence de Poféus. Sans lui, ni Heir, ni le président, il ne restera qu’un homme fort sur MaterOne. Et c’est toi.
J’espère ne pas en arriver là.
Ils approchaient de leur objectif. C’était la sortie de secours de la salle de projection, l’autre groupe allait se présenter sur l’estrade surélevée et l’assaut serait donné. Déjà, des Mentaux repéraient les emplacements des protagonistes sur un plan, l’image serait transmise à tous une fois complétée. Stuffy et Ralato surveillaient les alentours à la recherche d’une présence inopportune.
N’empêche, mon Ralato, tu sais que je ne rechigne pas à l’action. Mais on parle quand même de la tête de l’humanité ! S’il ne reste que toi, ce serait dommage qu’une méchante balle mette fin à ta carrière de chancelier suprême, non ? Restons au moins en arrière.
Personne ne pourra dire que j’ai profité de l’occasion. De toute façon, avec la Loi martiale sur la capitale et l’État d’urgence planétaire, on aura le temps de voir venir avant que la société civile ne bouge.
Stuffy resta étrangement muet, bien que ces affirmations ne manquaient pas de failles, dont Ralato était lui-même conscient. Mais il fallait qu'il fasse partie du commando, son intuition était formelle. Son ami prit quelques ultimes secondes à compléter le balayage des couloirs adjacent.
Rien de mon côté… Tu sais, je n’aime pas trop ce qu’on est en train de risquer. L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions et c’est presque une nouvelle révolution Castiks qui est en jeu, ici.
Les Mutualistes ont l’avantage de ne pas avoir de bonnes intentions du tout. Heir non plus d’ailleurs.
Plusieurs rapports arrivèrent de l’autre équipe. Trois ennemis neutralisés, ils confirmaient les emplacements dans la grande salle et tous se tenaient prêts. Stuffy vérifia les derniers détails :
« J’ai bien Heir au milieu des otages. Il a levé ses défenses psychiques, mais semble somnoler comme les ministres et le président. »
Il ajouta, soupçonneux…
On a dû les droguer. Aucun Mutualiste n’est mental, on dirait.
Alors, on y va.
C’est trop facile, non ?
s’enquit Stuffy, flairant le piège.
« Beaucoup trop, mais on n’a pas le choix. À toutes les équipes d’intervention : top moins trois, deux, un. En avant ! »


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RedU T1 Ch20 Ep13

episode277.mp3

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Les brumes de sa conscience commençaient à peine de se disperser lorsque le message mental lui parvint. La force de l’impact était proportionnelle à l’inquiétude de l’envoyeur qui n'était pas capable de doser ses liaisons psychiques. C’était un rapport urgent, en priorité absolue.
Ralato ordonna à son contact de revenir une minute plus tard, il n’était pas encore en état de réagir. Lentement, le lieutenant leva la main, la ferma et la rouvrit, ses doigts lui envoyaient des sensations étranges. La voix rassurante de Stuffy monta alors à son tour, un peu embrumée elle aussi, pourtant le Mental dans son esprit ne dormait jamais, en théorie :
Salut. L’heure est déjà passée ?
Oui, QuartMac nous avait prévenus que le processus… durerait une petite heure…
Il n’avait pas prévenu qu’on serait patraque à ce point
En quelque sorte, si… mais avec ses mots.
répondit Ralato en soulevant doucement le casque dont les électrodes étaient fichées sur son cuir chevelu. Il ne put retenir un gémissement sous la migraine qu’il ressentit alors, mais elle s’évanouit rapidement, comme le professeur l’avait également prédit.
La liaison mentale urgente revint, une minute exactement après la première. Ralato inspira et baissa ses barrières. Si l’agent de transmission était un peu affolé, il n’en réussit pas moins à rendre un rapport aussi précis et concis que possible. Une demande d’ordres concluait la liaison mentale. Ce fut Stuffy qui releva leurs barrières psychiques, dès que l’autre fut mis en attente.
C’est une énorme attaque mutualiste ! Les salauds ont agi sur deux fronts en même temps. Très fort !
Poféus serait mort ? Je… je n’arrive pas à le croire.
Va savoir avec lui, c’est un type qui est revenu de tout depuis toujours. Les équipes sur place nous tiendront au courant. Mais c’est vrai que là ils ont mis le paquet, il y a peu d’espoir.
Le lieutenant tenta de se relever. Ses jambes ne lui procurèrent qu'un équilibre incertain, l’obligeant à patienter. Déjà, les agents qui le gardaient durant la séance venaient le soutenir, il leur fit signe d’attendre encore quelques secondes. Cette sensation de ne pas être maitre de son corps rappelait d’autres souvenirs, plutôt mauvais, à Ralato.
C’est comme la cuve de désensibilisation mutualiste dans leur base des Amalaches.
Oui, il y avait un peu de cela, les drogues en plus. Le tournis est en train de passer et on va devoir se décider, Ralato. Qu’est ce qu’on fait de QuartMac ?
Hé bien, en théorie, il devrait avoir commencé son transfert corporel. Allons voir.
Prenant son inspiration et s’accrochant à un de ses gardes, il parcourut les quelques mètres qui le séparaient d’un autre groupe de Mentaux, installés à proximité d’une cuve un peu spéciale. On l’avait posée à part, reliée à un appareillage comparable à celui que Ralato venait de laisser. Le professeur QuartMac semblait dormir, fixé par des sangles et le casque aux électrodes bien engoncé sur la tête. Dans la cuve verticale à côté de lui flottait un autre professeur QuartMac, une des chimères, qualifiées de « plus à maturité ».
« Il est parti pour barboter encore un moment. Je dirais qu’on n’a pas besoin de rester à côté, les gardes surveilleront si tout se déroule bien. »
analysa Stuffy, totalement réveillé. Ce n’était toujours pas le cas du lieutenant, même s’il pouvait maintenant marcher seul.
« D’après le rapport, Heir se trouvait parmi les membres du Conseil, je me demande… »
Un nouveau rapport arriva dans la foulée. Une revendication était tombée sur plusieurs rédactions de chaines télévisées et de journaux : les Mutualistes annonçaient une prise d’otage au Conseil de la révolution. Ils donnaient la liste des ministres retenus, dont le Président et Heir, et réclamaient la libération de leurs prisonniers ainsi que la tenue d’élections libres sous trois mois.
Stuffy et Ralato n’en revinrent pas, ce dernier se doutait de quelque chose d'anormal.
Cela ne rime à rien ! On ne détient qu’une centaine de Mutualistes et seule une petite dizaine sont des membres actifs. Pas vraiment de quoi mériter une revendication de cette importance.
Je suis d’accord. Ils se moquent bien des sympathisants, et je parie que ceux qu'on a emprisonné ne font pas partie du noyau des « immortels ».
Si notre théorie est exacte…
tempéra Ralato. Cette hypothèse séduisante exigeait des preuves pour être validée. Stuffy insista :
« Elle l’est ! Ça colle bien avec l’efficacité de ces types. Enfin Ralato ! On sait combien il est impossible, à quelque organisation que ce soit, d’échapper aux Forces mentales aussi longtemps. En plus, cela explique les suicides et les sacrifices si faciles de leur côté. »
On ne pouvait que souscrire à cette dernière remarque. Mieux valait, à fortiori, partir de cette hypothèse et traiter leurs adversaires en conséquence.
Quant à la tenue d’élections libres, elles étaient prévues, en théorie, une fois le Chancelier suprême choisi. Ce qui rendait également l’autre revendication caduque. Clairement, cette prise d’otage cachait quelque chose.
« Bien, je pense que ça va mieux. Allons-y ! »
déclara soudain le lieutenant, aux gardes autour de lui. Il poursuivit ses ordres par liaison psychique :
« Je veux une dizaine d’hommes en permanence dans cette pièce, ne laissez QuartMac seul sous aucun prétexte. Verrouillez la ville, les Forces mentales sont installées à Palaos Verde jusqu’à nouvel ordre ! »
Montant les barreaux de l’échelle, il continua de faire le point avec Stuffy, un détail le chiffonnait.
Poféus… cet attentat contre lui est incroyable. Comment pouvaient-ils être surs qu’il se trouverait là ?
Sa nouvelle copine : d’une manière ou d’une autre, elle était la seule personne, extérieure au service, à le savoir.
proposa l’autre. C’était une possibilité. Le contramiral conservait jalousement secrètes les informations la concernant et, si la protection de la jeune femme n’était pas du ressort de Ralato, il pouvait s’enquérir de quelques retours. La sécurité autour d’elle était montée d’un niveau depuis une semaine, équivalant maintenant à une personnalité de haut rang. Elle pouvait effectivement être un point de fixation du ministre, permettant de planifier une attaque. Stuffy compléta le tableau :
Si c’est une Mutualiste, elle peut aussi se sacrifier et renaitre ailleurs.
Beaucoup de « si », là-dedans. Nous connaissons le contramiral. Je ne l’imagine pas se faire avoir par quelqu’un qui dissimulerait des opinions haineuses à son égard. D’ailleurs, personnellement, si j’avais à envoyer un hameçon à Poféus, ce ne serait certainement pas une femme que je choisirais.
Bien vu, en effet.
Le souffle des pales de l’orthoptère ondulait la tenue du lieutenant et ses cheveux courts vibraient à l’approche de l’engin. Une dizaine d’agents armés l’accompagnaient et tous montèrent dans l’appareil. Ralato mettait son casque lorsque le dernier Mental coulissa la porte derrière eux.
Heir, aussi, laissait d’autres questions en suspens…
Tu vois mon Ralato, avec tout ce qu’on sait du bonhomme, ses pouvoirs mentaux et ses contacts avec les Souriants, j’ai du mal à croire à une coïncidence. Si les Mutualistes débarquaient dans un endroit où il se trouvait, même saturés de Boramol, il aurait la capacité de les rendre inoffensifs.

Cela me rappelle Paul, notre agent sur Talbot, à la solde des Souriants. Tu lui avais implanté une amorce psychique, mais quand on la lui avait fait exploser…
Il avait hurlé à la gloire de la Mutualité, oui. Cela venait de très profond chez lui, comme le premier cri d’un bébé, sans réfléchir.
L’orthoptère s’éleva doucement, prenant son envol, et le pilote demanda à Ralato la destination. Celui-ci lui répondit tout en lançant ses ordres :
« Direction le Palais de la révolution. Mettez-moi en liaison avec les principaux responsables d’opération des forces mentales sur MaterOne Centrum. Annoncez aux états-majors militaire et policier que je prends le commandement effectif du ministère de la Sécurité à partir de maintenant.
Qu’on mobilise tous les renforts disponibles à proximité et placez la capitale et sa région sous Loi martiale. Personne ne sort, personne n'entre, activez les bases de l’armée aux alentours pour ce faire.
Transmettez également : le reste de la planète passe sous État d’urgence et que les mesures adéquates soient prises partout avec préséance permanente pour les Forces mentales.

… Une dernière chose : je veux un rapport, chaque heure, des équipes de secours à la résidence du contramiral. »
Stuffy, à l’intérieur de lui, remarqua simplement :
« Cette fois, ça y est, les Mutualistes déclarent la guerre totale. Et il n’y a que nous deux en face. J’espère que ça sera suffisant. »

Ralato ne répondit pas, le regard perdu dans l’horizon tandis que ses ordres étaient transmis sur tout MaterOne.


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RedU T1 Ch20 Ep12

episode276.mp3

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« Alors, comment était-ce là-bas ? Apportez-nous un peu plus de thé au jasmin, merci. »
Poféus poursuivait sa redécouverte de plaisirs de l’amour avec Calande. La jeune femme était rentrée durant la nuit et tous deux s’étaient immédiatement jetés sous les draps, pour des retrouvailles plus intimes. L’odeur de sa compagne, quelle qu’elle fût, lui semblait un nectar. Ses mots, quels qu’ils fussent, s’entendaient tels des poèmes. Sa présence lui injectait une vitalité nouvelle que son absence lui arrachait.
À un moment, tôt dans la matinée naissante, il s’était tourné vers elle et, un peu somnolant, l’avait appelée Méhala. Heureusement, la jeune femme dormait profondément, elle n’avait rien entendu. Cela en disait long sur les sentiments que le contramiral éprouvait.
Mon chéri. Je ne voudrais pas gâcher notre petit déjeuner océanique. Tu te doutes combien c’était horrible… Et toi ? Il m’a semblé qu’on tournait la clenche de la porte, peu avant mon réveil, et tu n’es revenu à mes côtés que de longues minutes plus tard. Qu’y avait-il ?
On dira que je passais en revue les préparatifs du petit déjeuner, la fraicheur des crustacés, la cuisson des poissons… Je te conseille la fricassée d’algues-fourmis, une spécialité reconnue du chef.
J’y vais donc de suite… Et en réalité, ta sortie de ce matin était secrète, n’est-ce pas ?
Totalement.
Elle avait ajouté cette question, plutôt une remarque en fait, en se servant une belle cuillérée d’algues roulées en boules avec un peu de mayonnaise au centre. Quelle femme, quelle intelligence… Poféus n’en revenait toujours pas.
Et, comme toujours, elle avait raison : le rapport qu’il avait reçu, du responsable de l’opération en cours, l'inquiétait suffisamment pour qu'il réponde en personne. Rien ne prouvait que les Mutualistes attaqueraient directement le palais du Conseil de la révolution, mais il fallait prendre toutes les précautions. Les renforts étaient en route, l’alerte avait été donnée et des fouilles ordonnées. Il ne restait qu’à attendre.
« As-tu prévu quelque chose de précis pour aujourd’hui ? »
La question le ramena à la réalité. Il n’avait pas encore touché à sa crème de crevette-tubes et la psychologue le lui signalait astucieusement.

Oui et non. Je dois toujours être joignable dans le cadre de mes fonctions, tu t’en doutes et aucun rendez-vous prévu ne peut être déplacé, mais… ta présence m’est très chère.
Alors nous pourrions aller nous balader dans la forêt du Domaine royal au sud de la capitale, non ? Un panier avec quelques provisions, une bouteille d’eau et nous pourrions passer une journée mémorable.
L’idée me plait. Mais il faudra se sacrifier à un impératif…
ajouta Angilbe, d’un air mystérieux. N’était-il pas en train de faire un trait d’humour ? Il s’opérait en lui une nouvelle magie autrement plus efficace que la chasse aux mignons.
La jeune femme grimaça et leva un sourcil, interrogative :
… oui ?
Nous devrons vider la forêt de tous ses visiteurs et l’avoir pour nous tout seuls. J’espère que cela ne te dérange pas ?
Oh ? Laisse-moi y réfléchir… Hmmmm… Bon, allez exceptionnellement, j’accepte de profiter d’un des plus beaux parcs forestiers de la région uniquement en ta compagnie !
Ils rirent tous deux de bon cœur et, les choses étant, Poféus se tartina une généreuse épaisseur de crème. Il allait croquer dedans lorsque :
Quelle est cette fumée au loin ? Un accident sur la déviation ?
Où donc ? Mais dans cette direction, la rocade est déjà terminée, en fait c’est proche du Pal…
Le contramiral se releva brusquement, lâchant sa tartine à l'instant précis où un agent mental se précipitait à ses côtés, lui tendant un message visiblement prioritaire. Il le parcourut et ne put dissimuler une frustration, un moment de colère dans le regard. Ils avaient osé aller jusque là, et ses services avaient échoué à les arrêter.
Calande, mon amour. J’ai peur que nous ne devions remettre à plus tard cette escapade en solitaire. C’est une urgence. Prend tout le temps que tu veux, la demeure est à toi.
Que se passe-t-il ?
Regarde les informations, ce sera difficile de cacher cela.
Et il l’embrassa, tendrement. Méhala réapparut brièvement devant ses yeux, mais ses traits se troublèrent, adoptant ceux de Calande Rorré, psychologue et partenaire dans cette nouvelle vie.
Un moment d’hésitation, leurs mains étaient presque agrippées… puis elle hocha doucement la tête, en signe d’encouragement.
« Donne-moi des nouvelles, de temps en temps. »
Poféus l’en assura, l’embrassant à nouveau et s’élança à la suite de son agent.
Deux étages plus bas, dans le bunker soutenant la demeure, plusieurs gardes se précipitèrent, lui hurlant de se dépêcher par de grands gestes. Quelque chose de nouveau ?
Il accéléra le pas, mais déjà on le poussait, le forçant à courir. Un son étrange, le frottement d’un appareil qui rentrait dans l’atmosphère, résonna à l’intérieur du corridor.

À une vitesse supersonique, la navette de transport de Lithium immatriculée A7G3C, en provenance directe de la station spatiale numéro un « Maman-Lolo » avec une pleine cargaison, vint percuter la résidence du ministre de la sécurité, le contramiral Poféus. La déflagration souffla le bâtiment, projetant les véhicules et les gravats à plusieurs centaines de mètres. Elle creusa dans le sol rocailleux un cratère géant, les flammes carbonisèrent le parc et les débris déchiquetèrent de nombreux agents dissimulés alentour.
La navette spatiale venait d’être déclarée volée vingt-trois minutes auparavant, et les opérateurs radars qui suivaient sa trajectoire n’avaient pu déterminer sa destination qu’aux derniers instants. L’appareil ne respectait aucune limitation de vitesse ou d’inclinaison pour l’approche et il avait fallu se rendre à l’évidence : le pilote ne cherchait pas à atterrir, mais à s’écraser.
C’est durant l’ultime minute qu’une transmission radio fut ouverte, juste quelques mots :
Gloire à la Mutualité.


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RedU T1 Ch20 Ep11

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Les gardes du corps couraient dans les couloirs, se postant aux carrefours et dans les zones sensibles du bâtiment. L’information à peine diffusée, c’était le branlebas de combat. En ajoutant, aux soldats, les membres de la sécurité et les gardes rapprochés de chaque ministre et celle du président du conseil, les Mutualistes allaient se heurter à près d'une centaine d’hommes en arme, sans compter les renforts, forces mentales en tête.
La fourgonnette avait été retrouvée à deux rues du palais, vide bien sûr. Bizarrement, aucune caméra de cette zone n’était activée et on ne pouvait pas savoir ce qu’ils étaient devenus, alors on passait au peigne fin tous les égouts, les cages d’ascenseurs, les ruelles et les appartements du quartier.
Les soldats en permanence à l’entrée principale se tenaient prêts, une balle engagée dans leurs fusils-mitrailleurs.
Un bruit de bottes s'approchant au pas de course les fit se raidir, doigt sur la gâchette. C’était un groupe, avec treillis noir et écusson des Forces mentales. Bien qu’un peu rassuré, il n’était pas question de faire confiance à qui que ce soit et le planton les fit s’arrêter à plusieurs mètres. Un officier, seul, s’approcha pour prouver l’identité de la petite troupe. Le central confirma les accès : on avait affaire aux forces d’intervention qui avaient donné l’alerte quelques minutes plus tôt. Comme elles ne se trouvaient pas loin, elles avaient couru le dernier kilomètre, d’ailleurs tous transpiraient.
Le planton salua et reçut en retour la ferme poignée de main du chef, mais tous gardaient la mine sombre des moments graves. Contre les Mutualistes, on n’était jamais assez nombreux ni assez préparé. Ces Mentaux représentaient un atout de taille.

*

« … Puisque le contramiral ne nous fait pas l’honneur d’être présent, Monsieur le Président et Messieurs les Ministres, ce sera sans son accord que je me permets de mettre à votre disposition ce rapport élaboré par mes services… les copies sont distribuées ? Très bien. Il prouve l’implication du Bureau des affaires mentales dans l’importation et la distribution de la drogue ‹ nuage de miel › sur MaterOne ! Oui, vous avez bien entendu, cette armée secrète, cet état dans l’état s’avère être un cancer qui ronge les bases de notre société.

Je ne nie ni l’importance ni l’histoire de cette organisation, dont les racines remontent aux origines de l’ancienne royauté, mais je crois, et je vous invite à croire avec moi, qu’il est temps d’en changer la tête et d’en réformer le cœur. »
La porte de la salle du conseil s’ouvrit discrètement sur une poignée de gardes du corps dont un se dirigea vers le président.
« Dans ce but, je dépose une demande officielle pour un vote à la majorité qualifiée des membres de ce conseil en vue de…
Président ? »
Le vieil homme se rembrunit, hocha la tête à son interlocuteur puis se leva :
Messieurs-dames, je vous demande de garder votre calme. On vient de m’informer que nous sommes sous la menace d’un attentat mutualiste. On nous demande de quitter la salle par la sortie secondaire. Elle est sécurisée et nous conduira sur le toit où des orthoptères ainsi qu’une escorte nous attendent.
Une alerte ? Mais Président, le vote que je propose est…
… verra plus tard, monsieur Heir. Gardes, ouvrez la voie, nous vous suivons. Allons tous, du calme, merci.

*

Le planton vérifia que la sécurité de son arme était bien relevée. Doigt sur la gâchette, lui et ses camarades se tenaient en peu en retrait de l’entrée principale, protégés par des sacs de sable et des guérites blindées. Tout le secteur était sous couvre-feu d’urgence et on avait retiré les véhicules stationnés. C’était une étrange sensation que ce quartier vide, sans autre animation que les échos des recherches qui s’effectuaient tout autour. Malgré tout cela, le commando ennemi demeurait introuvable. Un son d’orthoptère monta alors, signalant l’approche d’un… non, de deux appareils. La rue était fermée et les engins volants vinrent se poser à une cinquantaine de mètres. L’écusson sur le côté ne laissait aucun doute : encore des Forces mentales.
Les turbulences de l’atterrissage obligèrent les gardes à se protéger. Au moins, quand les mentaux intervenaient, ils y mettaient le paquet. Une troupe en treillis noire descendit et s’arrêta d’elle-même à quelques mètres. L’officier s’approcha, seul, pièces d’identité en main. Dans un sourire, le planton jeta un œil aux papiers et à l’ordre de mission. Ce fut en énumérant les codes pour le central de surveillance qu’il comprit : il venait DÉJÀ de donner ces numéros à la vérification, c’était le groupe précédent qui…
Il n’eut pas le temps de pousser plus loin ses réflexions.
Une immense déflagration embrasa le rez-de-chaussée du palais. Le feu balaya les hommes et les véhicules, réduisant tout en cendres. L’explosion fut si puissante qu’elle souffla toutes les vitres dans un rayon d’un kilomètre autour de l’épicentre.
Protégé par une partie du mur d’enceinte, le planton repoussa un sac de sable éventré et se releva malgré un violent tournis. Il ne put que constater le désastre : alors que débris et cadavres jonchaient la cour intérieure, les deux premiers étages du palais n’étaient plus que ruines et un panache d’épaisse fumée noire montait, obscurcissant le ciel.

*

Armes au poing, les gardes du corps courraient en tête du groupe, entrainant les ministres dans la cage d’escalier de secours qui montait encore et toujours. Le vieux président soufflait comme un phoque-sanglier, il restait encore une dizaine d’étages à grimper et ses jambes ne le porteraient plus bien longtemps. Soudain, un tremblement secoua le bâtiment tandis que le rugissement de l’explosion leur parvint aux oreilles. Le groupe s’arrêta quelques secondes. Ils allaient repartir d’autant plus vite, lorsque…
« Stop, arrêtez-vous ! »
Heir hurlait derrière eux. Le président grogna : mais que se passait-il ? Immédiatement, plusieurs gardes se placèrent devant lui et pointèrent leurs armes sur un homme en treillis noir qui se tenait dans le dos du ministre et le garrotait, menaçant. Il ne put retenir sa surprise :
Un… ils sont arrivés ici ? Mais comment est-ce possible ?
Tout le monde reste calme ! Écoutez, qui que vous soyez, je ne pense pas que… mmphhh.
Le preneur d’otage serrait la lanière encerclant la gorge de Heir. Il lui chuchota quelque chose à l’oreille puis desserra un peu son garrot.
« …ouf… il… il dit que l’on doit déposer nos armes, que c’est une prise d’otage pour la… pour la Mutualité. »
D’un coup d’œil, les gardes du corps se décidèrent et deux d’entre eux restèrent face au preneur d’otage tandis que les autres faisaient reculer les membres du conseil pour poursuivre leur chemin. Le président sentit alors la poigne de son protecteur devenir molle. Il eut juste le temps de voir les yeux de l’homme se révulser avant qu’il ne tombe dans les escaliers. Avec horreur, les ministres assistèrent à l’évanouissement de tous leurs gardes, tandis que des bruits de bottes résonnaient sur les marches au-dessus d’eux. D’autres Mutualistes apparurent, d’autres tenues noires, à l’écusson des forces mentales, qui les tenaient en joue. Une arme pointée sur lui, le vieux président du conseil ne put s’empêcher de demander :
Bon Dieu ! Mais que se passe-t-il ? Ce sont des forces mentales ?
C’était une attaque psychique, certes, mais ces hommes n’appartiennent pas à Poféus.
lui répondit Heir d’une voix étrangement calme. Le Mutualiste venait de le relâcher, lui donnant même une arme ! Le chef du gouvernement provisoire n’osait pas croire ce que ses yeux lui montraient, et il n’était pas le seul. Les membres du conseil étaient tétanisés, certains au bord des larmes, d’autres cherchaient du regard une improbable issue. Il prit la parole, tentant de mettre dans sa phrase toute son autorité naturelle :
Monsieur Heir. Relâchez-nous immédiatement.
Navré, monsieur le Président, ce n’est pas ce que j’avais prévu. Sachez que je suis en train de tous vous sauver, en fait.
Il sourit, observant un à un les visages inquiets.
« Poféus allait commettre un putsch, c’était évident. Alors, je me suis dit qu’il était plus salvateur pour nous tous que je le devance. Vous ne pensez pas ?
Et, pour nos chers ministres : coopérez maintenant et vous participerez à mon premier gouvernement. Parole de Chancelier suprême… Ah, je sens que du monde arrive. Navré, mais nous allons devoir avancer rapidement pour rejoindre l’avant-dernier étage et la salle de projection. Le prochain acte se déroulera là-haut. »
Sans un mot, les Mutualistes regroupèrent les membres du conseil et les invitèrent fermement à poursuivre l’ascension. Pour compléter l’horreur, la voix de Heir résonna dans les têtes.
« Et je vous suggère de presser le pas : dans une minute trente, cette cage d’escalier sera soufflée par l’explosion d’une forte charge. Allez, allez, on se dépêche ! »


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RedU T1 Ch20 Ep10

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J-0

Le lendemain matin, banlieue de MaterOne Centrum.

« Ici agent de surveillance. La cible se déplace, à vous de jouer »
Sur l’écran de contrôle en salle d’opération, un indicateur vira au rouge. C’était une petite flèche, entourée d’un cercle pivotant, le tout surmonté d’informations précises telles que vitesse, longitude et latitude, hauteur absolue. Elle se dirigea vers la voie rapide traversant l’est de la capitale et s’engagea dans un des chemins d’accès.
« Passez sur Ortho cinq et six. Je veux un Mental derrière chaque sortie. »
ordonna le responsable aux divers opérateurs qui transmirent l’information.
Dans une des ailes du ministère de la Sécurité, l’opération de filature monopolisait à elle seule une trentaine d’agents et une flotte de véhicules. Il s’agissait de connaitre la destination d’un petit camion de livraison, occupée par un groupe d’assaut Mutualiste qu’une longue et fastidieuse enquête avait permis de découvrir. Les ordres étaient clairs : le contramiral ne voulait plus entendre parler d’attentats dans la capitale et sa région. Cette priorité ne connaissait aucune exception et ses Mentaux n’avaient reculé devant aucune méthode pour obtenir des renseignements. Quelques heures auparavant, la chance leur avait souri : on venait de retrouver le cadavre récent d’un livreur de pain ; or son camion de livraison quittait le dépôt comme d'habitude.
« Agent de surveillance. La cible vient de passer en dessous de moi, je confirme la poursuite sur le tronçon central. »
La voie résonna dans la tête des intéressés. Telle était la force du Bureau des affaires Mentales, un réseau d’esprits qui communiquaient directement à d’autres esprits, des agents entrainés au combat comme aux filatures et bien sûr, un matériel de pointe à profusion.
Une moto de surveillance doubla la camionnette mutualiste, le pilote transmit son rapport à l’un des Mentaux dans l’orthoptère cinq, qui passa le message au préposé des transmissions. Ce dernier donna l’information directement dans l’esprit du responsable.
Alerte déplacement ! Une fourgonnette bleue s’est mise exactement à la hauteur de la cible. Des hommes sautent en route dans le nouveau véhicule.
Je veux un traceur sur cette nouvelle cible  ! Ortho Six, vous avez le feu vert.
L’ordre parvint à un des tireurs Mentaux qui, d’un geste précis guidé par satellite, planta un émetteur de la taille d’une épingle en haut du parechoc arrière de la fourgonnette bleue. Immédiatement, un indicateur apparut à côté du premier et reçut le matricule logique de « numéro deux ». À quelque distance tournaient deux carrés jaunes, c’étaient les deux orthoptères des Forces mentales et un peu plus loin, le rond du drone de liaison.
Le responsable resta concentré, les Mutualistes étaient malins. Sauter d’un véhicule à un autre, en roulant au beau milieu d’une voie rapide, n’était pas à la portée de n’importe qui. Ces gars n’avaient peur de rien et ne commettaient que peu d’erreurs. Il patienta, attendant de nouveaux rapports.
Certes, pour certains spécialistes militaires, ce mélange de liaisons psychiques et radio semblait représenter une perte de temps. C’était bien sûr une illusion de non-initiés. La révolution Castiks avait démontré, s’il en était besoin, comment les piratages informatiques et les impulsions électromagnétiques pouvaient désorganiser totalement des régiments entiers.
Pas de cela aux affaires mentales. Une liaison radio cryptée pour la longue distance, par drone volant, et le reste était discrètement et efficacement transmit par un lien psychique regroupant les agents concernés. La salle des opérations elle-même semblait flotter dans le silence que seuls les bruits de claviers perçaient par moment. C’était la marque des êtres supérieurs qui composaient cette caste.
L’orthoptère six envoya une image de la fourgonnette bleue qui s’éloignait maintenant de la cible. Un véhicule de fleuriste, étrange… Quelques pensées furent transférées de part et d’autre et on abandonna la poursuivre du camion de pain, focalisant la filature sur la fourgonnette. Le responsable se ravisa :
« Correction : Ortho cinq, restez sur la cible numéro un ».
Il n’était pas à court de moyens et ce camion pourrait se révéler intéressant pour la suite. L’indicateur numéro deux prit la première sortie vers la vieille ville où il passerait à nouveau sous la surveillance visuelle de la moto.
Probabilités. Je veux une liste des destinations possibles pour ces Mutualistes.
Voilà, Monsieur. Musée Magnam, presses et rotatives communautaires et… le marché central !
Neutralisation par le groupe d’intervention, allez-y. Envoyez un ordre en priorité absolue aux sections locales de police : fermeture des avenues principales et rues secondaires, ils ont trois minutes. Prenez le contrôle du système gérant la circulation, au besoin.
Quatre triangles jaunes entrèrent alors dans le schéma rapproché de la poursuite. Les commandos Mentaux allaient tomber sur la cellule Mutualiste avant qu’elle ne commette un nouvel attentat. On obtiendrait d’autres informations en fouillant les dépouilles et en retraçant l’historique de tout ce qu’on trouverait sur place : du bouchon du carburateur aux numéros des armes.
Les tireurs de l’orthoptère de poursuite se mirent en position synchronisée avec leurs collègues du groupe d’intervention. L’efficacité des Mentaux à l’œuvre.
Message d’un agent de surveillance depuis l’angle du boulevard : la camionnette ne contient que trois signatures psychiques !
Comment ? Caméra du drone, sur zone immédiatement !
Il avait crié sa réaction à haute voix, dérogeant à la règle qui voulait le respect du silence dans un centre d’opération Mental. Mais déjà, les tireurs faisaient feu, neutralisant le chauffeur et détruisant le moteur du véhicule, tandis que les commandos sautaient sur la fourgonnette qui glissait encore sur le bitume. Un des opérateurs, joystick en main, fit cabrer le drone de surveillance qui passa rapidement à la verticale, pointant des caméras thermiques et d'autres censeurs sur la scène.
Aucune erreur n’était possible : trois formes gisaient dans la fourgonnette tandis que les « opérations spéciales » grouillaient tout autour de l’épave. Mais où était la douzaine d’hommes qu’on leur avait signalés ?
« Ortho Six, répondez ! »
D’une pensée, tous les opérateurs suivirent son raisonnement et on recadra le schéma sur l’autre carré jaune à proximité de la première flèche rouge, toujours sur la rocade. Aucune réponse de l’orthoptère. On tenta les communications de toutes sortes, mais non, rien.
« Agent de surveillance, voie rapide sud. Une trainée de flamme est apparue dans le ciel, elle tombe sur un immeuble de bureaux ! »
L’indicateur rouge vira sur la dernière sortie et s’enfonça entre les bâtiments. Elle disparut du schéma en même temps que le carré jaune de l’orthoptère.
Ces salauds les avaient encore menés par le bout du nez, mais qui étaient donc ces gens ? Comment pouvaient-ils avoir toujours une longueur d’avance ?
Le responsable de l’opération avait des ordres clairs et n’allait pas lâcher prise si facilement : la cible n’allait pas loin, c’était certain.
« Probabilités. Quelles sont les destinations possibles ? »
Le système mit quelques secondes à calculer un résultat et les algorithmes finement conçus envoyèrent leur réponse sur le téléscripteur.
« Bon sang, Monsieur ! C’est… sur cette sortie, la principale cible, c’est le Palais du Conseil de la révolution ! »
L’autre s’autorisa une demi seconde pour absorber l’information et lança ses ordres, à voix haute comme mentale, l’heure n’était plus à ce genre de précautions.
« Que toutes les unités de suivi et d’intervention se dirigent vers le palais. Contactez la sécurité présidentielle, et… et ouvrez-moi immédiatement une ligne avec le contramiral Poféus ! »


Une bande son spéciale accompagne cet épisode pas ordinaire. Il s'agit en effet d'un clin d'œil/hommage à une scène mythique du superbe "Ghost in the Shell" de Mamoru Oshii que vous pouvez admirer ici même :https://www.youtube.com/watch?v=swmWZGgt4vk
Nous avons logiquement utilisé les deux morceaux musicaux de Kenji Kawai
1. Nightstalker
2. Floating museum


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RedU T1 Ch20 Ep09

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Monsieur Heir prit une inspiration puis fit signe au préposé à la porte. Le mécanisme s’activa, écartant les doubles battants qui fermaient la salle des dépositions du Triangle. Le rituel de l'audience ne tolérait aucune incartade et le politicien dut attendre sous le cône lumineux au milieu de la pièce, face aux statues divines qui semblaient le scruter, ou le désavouer ?
Le rideau de perle tinta et les trois silhouettes vinrent se mettre en place, respectant quelques secondes de silence. Enfin, celui de gauche prit la parole :
Comme vous le constatez, Wángzǐ, nous sommes toujours ouverts à ceux qui viennent en paix faire œuvre de contrition. Le conseil du Triangle vous écoute, parlez sans crainte.
Le politicien prit une inspiration, et se lança :
Merci à vous, pères des Triades. Je me suis permis de vous soumettre une… requête, car j’ai senti que nous rencontrions certaines difficultés. Il m’a semblé judicieux de venir vous faire part de mes dernières réflexions sur ces désaccords.
Nous entendons bien cela, Prince. Allez au but, votre temps s’écoule vite.
Tel est mon désir, grand sage. Cela fait autant d’années que ma courte vie en compte, que le Triangle m'assiste et pourvoit à mes besoins. Certes, le calcul politique faisait partie des raisons, mais qui serais-je si je ne pouvais pas reconnaitre l’importance de mettre en valeur toutes les cartes de mon jeu, n’est-ce pas ?
Heir laissa passer quelques secondes de silence, pour l’instant aucune réaction indignée. Il en fallait plus pour les sortir de leur flegme ou étaient-ils disposés à lui accorder une part de ses revendications ? Il était leur atout maitre, ce ne serait pas étonnant. Le politicien reprit :
Sachez que je vous suis profondément reconnaissant pour cette vie, aux possibilités infinies, que vous m’avez offerte. L’étendue de ce pouvoir psychique, les ressources intellectuelles et matérielles de l’Empire… oui c’est bien de cela qu’il s’agit, les moyens de l’Empire Souriant m’ont été, et me seront encore longtemps, une source intarissable pour mes projets.
Pardon ? Que voulez-vous dire ?
Le père de droite venait de réagir vivement, c’était le plus virulent des trois, pas étonnant qu’il bondisse avant les autres, mais ces derniers n’en pensaient sans doute pas moins.
(heir) C’est simple : il est évident que le Triangle a choisi de laisser les mains libres à Poféus, préférant un retour aux bénéfices habituels, quitte à mettre à la trappe le plan muri de longue date sur lequel nous nous étions pourtant mis d’accord !
Vous vous préparez donc, vous, une des seules forces capables de lui tenir tête… à nous vendre, comme des prostituées, à ce régicide !
VOS PROPOS DÉPASSENT LES BORNES, HEIR ! Ce conseil n’acceptera pas une seconde de plus que vous veniez cracher votre venin à ses pieds. GARDES !
hurla le vieux sage du milieu, outré. Les décorations de son chapeau en pointe tintaient à un rythme effréné, trahissant sa colère outrée.
Immédiatement, les battants de la grande porte du fond s’ouvrirent, laissant une vive lumière chasser les ombres de la pièce. Les visages des membres du Triangle se dévoilèrent enfin devant le politicien qui ne put s’empêcher de profiter de cette première victoire.
« Gardes ? GARDES ! »
cria le sage, mais personne n’entrait pour se saisir de l’homme, debout face à eux. Un léger bruit de moteur s'approchant se fit entendre. Quelque chose n’allait pas, les trois membres du Triangle échangèrent des regards inquiets. Leurs visages étaient marqués par les années, bien au-delà de ce que la nature pouvait offrir. Depuis combien de temps utilisaient-ils de la liqueur distillée de Lamprasine pour prolonger leur existence ? Une ombre grandit sur le sol tandis que le bruit du moteur résonna dans la pièce. Les sages ne purent retenir leur surprise de voir le brancard automatisé de Myan s’arrêter, légèrement en retrait de Monsieur Heir.
C’est fait, Zhǔ. Ils sont tous neutralisés, et les capteurs psychiques sont hors service.
Bien joué, envoie le signal. Messieurs, vieux messieurs… anciennes choses croulantes raccrochées à la vie par un futile et ténu fil de soie, permettez-moi de vous expliquer.
Voici le résultat de mes réflexions : vous n’êtes plus compétents pour diriger l’Empire Souriant, il est donc de mon devoir, ici et maintenant, de faire valoir de plein droit mon titre de Prince de MaterOne. Votre rang de nobles Souriants et vos privilèges de pères soi-disant sages sont supprimés. JE prends désormais la tête de la Communauté souriante, ainsi que de tous ses rouages.
Nǐ fēngle ! JAMAIS ELLE NE VOUS SUIVRA !
rugit celui de droite.
Bien sûr que non, je ne suis pas fou, et vous le savez parfaitement. Mon sang est royal et Souriant. Ce qui me désigne, ce qui m’a toujours désigné comme un rival potentiel que vous avez cru pouvoir manipuler. Je vous accorde un point cependant, les rênes doivent être transmises dans les règles… Ah ! Justement, voici nos témoins !
Des hommes en arme, qui n’appartenaient pas à la communauté, pénétrèrent à leur tour dans la salle des dépositions. Ils escortaient une dizaine de cadres des Triades, mains croisées derrière la nuque. Dans un réflexe pour dissimuler son identité, le vieux père de droite cacha naïvement son visage. Vestige d’un temps révolu, c’est pathétique, pensa le politicien. Il s’adressa alors aux prisonniers, leur faisant signe de baisser leurs mains.
Messieurs, l'ancienne coutume dit qu’un différend de ce niveau doit se résoudre par la mort d’une des parties. Je vais donc appliquer la loi, car, vous ne le savez peut-être pas, je suis très attaché aux traditions.
JE VOUS ORDONNE, A TOUS, DE QUITTER CE SANCTUAIRE ! VOUS N’AVE… Arrgh !
Silence.
Monsieur Heir n’avait prononcé qu’un mot, mais sa puissance mentale s’était déchainée, écrasant l’esprit du vieux père de gauche qui n’avait pas encore compris que son temps prenait fin. Un des nouveaux venus remit à Heir un objet dont le contrejour rendait la forme incertaine, celui-ci s’en saisit et le manipula tout naturellement, en s’approchant des nattes au fond de la pièce. Les trois petits vieux se prirent soudain la tête entre les mains, grognant et bavant de peur.
« Vous ne partirez pas, votre temps s’achève maintenant. Voici un couteau traditionnel Souriant : lame courbée, alliage fabriqué sur Talbot, la divinité étant… ça alors, quel heureux hasard !
Le puissant Mental montra l’arme bien en évidence aux témoins derrière lui ainsi qu’aux pères gémissant sur leurs carpettes.
Un Lóng, un dragon sculpté sur le manche. »
Sans hésiter, il se plaça derrière le plus haineux, celui de droite, lui saisit la tête et lui trancha la gorge. Puis il s’approcha de celui de gauche, qu’il décapita à son tour. Juste avant de laisser la lame découper la chair molle du plus ancien, celui du milieu, il ne put s’empêcher de prononcer la phrase rituelle :
« Biànlùn bèi guānbì, le débat est clôt. »


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Prod: PodShows,
Réa: Raoulito,
Relecture: Kwaam, JMJ
narration: Tristan,
Acteurs: Mr Heir: Destrokhorne, Myan: Lorendil, vieux souriants: raoulito, Leto75 et Bleknoir
Derush : zizooo,
Compo: Ian, Cleptoporte,
Montage: Raoulito

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