Red Universe

Red Universe

La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir des secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs: la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d'immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep15

episode248.mp3

Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe !
http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/

—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

 

Le son déchirant se répercuta le long de toute la structure du transporteur n°6, grondement lointain de la pieuvre ennemie enlaçant sa proie. Devant la caméra allumé enregistrant tout, Foudia Hacham ne put s’empêcher de frémir à l’écoute du terrifiant écho. Derrière elle, le Colonel J.F.Hill donnait ses ordres, conservant un semblant de calme.

« Nous sommes désormais piégé et le vaisseau va être abordé. Peut-on avoir les caméra de sécurité ? Leur réseau était autonome, il devrait fonctionner. 

Colonel, mais que se passe-t-il ?! L’appareil qui s’approchait vient de nous rentrer dedans ?

De manière contrôlée, madame Hacham. Tenez, aidez-moi. approchez-vous des baies vitrées et regardez si vous ne voyez pas ses réacteurs fonctionner au ralenti.

B… Bien, Colonel Hill. Alors, Mesdames et Messieurs, je me rends, en ce moment, vers la vitre la plus proche, ça va, tu suis ?… Encore quelques mètres. Voyons, je regarde donc et… Non je ne vois rien, Colonel ? Il ny a rien ici !

Déplacez-vous plutôt vers l’avant, votre angle de vu ne peut pas être bon là où vous vous tenez !

Ha… bon, alors j’avance encore… Mesdames et Messieurs les multispectateurs, inutile de vous dire combien tout ceci est parfaitement inattendu. Je me doute que vous devez vivre des instants aussi intenses que nous en ce moment, c’est tout de même une chance <mmhm> de… nous… trouver là, voilà, j’y suis ! Ha oui, on distingue une sorte de lueur en bas mais, cest inquiétant, ils ne sont pas très loin de la coque de notre transporteur, il vont la faire fondre !

Non. Normalement, s’ils savent s’y prendre, ils resteront dans la zone de tolérance de la structure. N’oubliez pas que l’on est censé pouvoir pénétrer dans l’atmosphère d’une planète avec cet engin. Merci, Madame Hacham, grâce à vous nous savons que notre marge est d’une cinquantaine de minutes pour résister et les repousser avant l’assaut final.

QUOI ? <…> Excusez-moi de courir… ainsi, MessieursDames, notre caméra-man tente de tenir le rythme… allez viens, on y est presque mais le commandant JFHill vient de… de donner une information très inquiétante, mon Colonel ! Pouvez-vous répéter pour l’enregistrement, je vous pris ?

Mmhmm ? Excusez-moi Madame Hacham, je crains que je ne puisse assurer le service minimum pour votre émission, vous devrez vous contenter d’observer…

Alors ces caméras de surveillance ? Ca vient ?

Juste quelques mots ? Vous parliez d’une cinquantaine de minutes et d’un assaut final ?

Colonel, s’il vous plait !

Le temps nous manque pour jouer aux devinettes, je vous accorderais le temps que je pourrais. Ce vaisseau, qui nous agrippe, va nous entrainer vers l’énorme astéroïde, là-bas. Je ne serais pas étonné si l’on découvrait qu’il s’agit d’une base pirate dissimulée sous toutes les structures que l’on voit à la surface. Ils vont débarquer ici pour nous occuper le temps que l’on soit à portée, et tout ce que contient cette partie de la galaxie comme pirate nous tombera dessus… et ils nous attendent certainement, avec impatience.

Débarquer… ici ?

Ha, les caméras, enfin ! Branchez les secteurs adjacents aux ponts abordés.

Oh… Mon Dieu… Je… tu filmes ? Ne manque rien, sil te plait.  Nous voyons en ce moment ces soldats pirates sortir d’une sorte de tête de pince énorme ayant déchiré la coque. Ils portent des tenues… des scaphandres légers, dirait-on. Ils courent, on voit les couloirs défiler et toujours le même spectacle, des hommes en arme qui… Hé ? Mais ici ça tire, on dirait que des gens résistent !

Les fous, ils ne devraient pas se trouver là… J’avais demandé de tout évacuer !

L’un a été blessé ! L’autre vient à son secours mais ils sont débordés ! Il y a des épées… NON ! Ils sont… ils sont…

C’est fini. On ne résiste pas comme cela à une attaque de cette envergure. Qu’espéraient ces jeunes fous… Contactez les responsables d’unité, qu’ils vérifient systématiquement si personne ne reste en arrière !

Mais Colonel ! Il faut nous défendre, IL FAUT COMBATTRE !

Non Madame Hacham, pas encore et pas comme ils l’attendent. Et je vous prie de vous calmer et de conservez votre sang-froid ! Regardez autour de vous, croyez-vous que personne ici ne ressent la même terreur, la même horreur face à ce qui se passe en ce moment ? Mais ils gardent leur tête froide, car c’est cela qu’on attend de nous. Pardon ? Merci… oui autorisation de sceller les écoutilles. Je vous laisse filmer tout ce qui se qu’il se passe dans ce centre de commandement, et ce malgré l’urgence de la situation, par respect pour la parole donnée et pour aider nos concitoyens à comprendre. Cet enregistrement servira, je l’espère, de balise pour le futur. Mais n’abusez pas de ma tolérance…

Et rassurez-vous, nous n’allons pas nous laisser faire, ils vont…

Mais qui est-ce ? Cet homme là, qui sort au milieu des autres? C’est un vrai géant… Sa tête me dit… LE SÉNÉCHAL PETROVACH !

Colonel Hill, c’est l’homme que vous avez laissé s’enfuir lors du massacre à bord du Transporteur n°2 ! Le meurtrier du Baron Basavech ! Vous l’aviez épargné et le revoici venu pour se venger ! Il regarde la caméra de surveillance, il sait que nous le surveillons… Tu filmes tout cela hein ? Colonel, qu’en pensez-vous ?  Regrettez-vous de l’avoir éparg… Mais que fait-il ? On amène à ses cotés un des jeunes hommes qui ont tenté de résister, il y avait un survivant ! Le Sénéchal lève sa hache et… IL lABAT SUR LA TÊTE DU MALHEUREUX ! MON DIEU, NON ! Nous venons de voir en direct le Sénéchal Petrovach assassiner un prisonnier. Ce monstre n’aura aucune pitié pour nous, C’EST ATROCE ! Il… il soulève vers nous le corps de sa victime, et semble dire quelque chose ? Avons-nous du son, peut-on savoir ? On dirait un i et un o qui se suivent ? I.O., i-or ? Colonel ?

Misha.

Pardon ?

Cet homme vient de prononcer le nom d’Igor. Et avant qu’il ne porte son titre de guerre de Sénéchal Petrovach, il s’appelait… Misha le puissant. »

« Nous terminons ainsi la première partie de ce documentaire. La suite est plus fragmentaire, mais nous avons pu en reconstituer une majeure partie. Rendez-vous donc bientôt, pour la seconde partie de ce document exclusif consacré aux terribles évènements de la sortie de la Passe de Magellone qui ont, je vous le rappelle, conduit au décès du commandant du Transporteur n°6, le Colonel John Fidgerald Hill. »

Soutenez Reduniverse.fr

Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Tristan
Acteurs: Raoulito: J.F.Hill
Anna: Foudia Hacham
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep14

episode247.mp3

Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe !
http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/

—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

La carte spatiale où figurait habituellement une partie de l’univers proche laissait apparaitre, cette fois, un schéma de la zone environnante. Trois gros points rouges, accompagnés de multiples informations, se tenaient immobiles au-dessus d’une masse équivalente, placée au centre de l’écran.

« Dans deux minutes, je veux une actualisation des rapports de pression des Compresseurs. L’équipe d’ingénieurs doit être capable de nous donner toute la ressource dont on aura besoin. Passez-leur le mot. »

Choupa, la pirate metteuse en scène de tout ceci, tentait de ne pas montrer à ses subordonnés combien elle pouvait être inquiète du déroulement de l’attaque. Elle avait joué l’ensemble ce qu’elle possédait dans cette opération ; il s’agissait de la plus grande attaque pirate jamais coordonnée de mémoire spatiale. Son précieux astéroïde, le cœur de son équipage, là d’où elle pouvait régner sans partage sur une zone jamais égalée, sa maison, était à découvert presque sans protection. Certes tous ses appareils étaient prêts à prendre l’envol si besoin, mais elle comptait garder cette carte en réserve pour le moment venu de l’estocade.

Cela faisait des mois qu’on testait, qu’on théorisait, qu’on reprenait les calculs. Les sommités de l’univers soit-disant connu de l’Homme méprisaient les connaissances et le savoir-faire pirate. Quelle erreur, quelle stupide erreur.

Cette communauté avait été la première à réellement s’adapter aux conditions de vie de ce coté-ci de la Passe de Magellone, à en maîtriser les aspects, à cohabiter autant que possible avec… tout ce qu’ils y avaient trouvé. Au-delà de la technologie de chimère du robot de Karl, les techniques d’assemblage en série de Compresseurs dimensionnels, héritage des connaissances que l’on avait du cercle de Khabit, avaient permis de déplacer l’astéroïde entier et tout son contenu au travers d’une Transition jamais vue. Et la réussite politique d’associer tous les clans dans un assaut général, en une attaque synchronisée, était également quelque chose de largement sous-estimé par MaterOne.

Son glorieux père cherchait à savoir ce que ceux de Khabit cachaient, il y avait trouvé la mort. Choupa s’était fait alors la promesse d’y retourner un jour pour se venger, et elle avait besoin pour cela du soutien de toutes les ressources humaines dans cette partie de l’univers. La chasse à l’Exode en était le point de départ.

« Aucune réaction des Transporteurs ? Où sont les derniers rapports? J’ai déjà demandé à les voir immédiatement, non ? »

Sur la carte holographique, les petits carrés jaunes s’approchaient de leurs cibles rouge. Pas un signe d’activité de l’Exode, tout se déroulait comme prévu.

Choupa se leva, s’approchant suffisamment du schéma pour en lire toutes les informations. Le second point jaune, commandé par le Sénéchal Petrovach l’intriguait. Certes, sa défaite contre le Transporteur n°2 avait sérieusement affaibli le redoutable chef pirate, mais pourquoi s’était-il laissé convaincre si aisément ? Il n’était pas connu pour sa volonté de coopération pourtant… Et pourquoi avait-il choisi expressément ce Transporteur là ?

L’arrivée d’un nouveau rapport l’interrompit. Elle en lut le contenu puis leva les yeux vers les représentations holographiques. Le premier point jaune était au contact.

On y était…

« Passez moi les chefs des groupes d’attaque ! »

*

Sterling Price s’approcha de son jeune informaticien. Celui-ci pianotait si vite sur le clavier de la console, que les mouvement de ses doigts en devenait invisible ; à croire qu’il écrivait du code aussi vite qu’il parlait.

«  Monsieur Tristo ? »

L’autre ne réagit pas, profondément concentré. Ce jeune homme sera une recrue de premier choix si lon sen sort, se dit à lui-même le colonel. Derrière lui, un grognement suivi de quelques bruits de câbles roulant sur le sol, puis plus rien. Évidement, tirer les conduites électriques des batteries des navettes de transport depuis le spatioport, à la base du transporteur, n’avait pas été une mince affaire, mais l’énergie contenue dans ces engins avait permis de réactiver une partie de l’appareillage électronique du vaisseau.

« Monsieur Tristo ? Je vous parle.

Hein ? Ha oui, s’cusez-moi. Je tente de reprendre le contrôle des communications. Ça va être coton, le virus paralyse en particulier les nœuds réseaux, c’est bien vu de leur part.

Mais ?

…Mais, heu.. disons que j’avais laissé quelques… flaques d’eau.

C’est-à-dire ? »

répondit Price dans un sourire. Toujours ce langage imagé de son subordonné.

Des routines actives du système que j’avais infecté depuis longtemps, avec des petites choses personnelles Et elles ne répondent qu’à moi. Elles ne sont à priori pas essentiels donc ont été ignorés par le virus, mais ce n’est que ce que je voulais… faire croire. Voilà.»

Sterling-Price ne broncha pas. L’informaticien venait de lui avouer qu’il avait parasité le système informatique de son Transporteur à un niveau profond, et ce bien avant toute notion d’attaque ou de quelque danger que ce soit. Une absence de réaction de son commandant sera donc la plus juste forme de félicitation des exploits du hacker.

J’espère que vous allez réussir Edmund, il me faut une communication avec les autres commandants, et vite. De mon coté, je vais tenter de vous donner le plus de temps possible.

Qu’est que vous voulez dire ? »

Un grincement métallique lointain lui répondit ; il remontait le long des parois du vaisseau, comme un rugissement étouffé du transporteur. On commença à s’affoler dans le centre de commandement et plusieurs opérateurs quittèrent leur poste pour se masser contre les grandes baies vitrées. Un subordonné, visiblement crispé, apporta au commandant un pad, contenant un nouveau rapport.

« Qu’on scelle les niveaux au-dessus et en-dessous de ces zones. N’hésitez pas à faire sautez des parois s’il le faut et que les civils se regroupent dans la cité intérieur, on pourra la défende… »

Il ajouta doucement, à l’attention du jeune informaticien, comme à lui-même :

« … un temps. Nous venons d’être éperonné, Monsieur Tristo, comme au bon vieux temps de la marine à voile. Et comme le convoi entier de l’Exode est sans aucune ressource, on nous traine maintenant vers l’astéroïde que vous voyez là-bas, où une meute de pirate s’apprêtent à nous tailler en pièce, directement sous leurs lasers de découpage.

Quoi ? Mais.. mais, on ne peut rien faire ? Combien de temps on a avant d’arriver là-bas et qu’ils nous attaquent ?

Quils nous attaquent ? Mais vous pensez vraiment qu’il vont nous laisser nous préparer tranquillement ? Regardez ! »

Il lui tendit le pad, une photographie affichée en plein écran. On y voyait le large pan d’un mur déchiré par une sorte de point d’œuf ouverte en son centre et des ombres floues en sortir en courant, certaines se dirigeant vers le preneur d’image.

« Leurs troupes de choc sont déjà à bord. Cette photo a été prise il y a quelques secondes, juste après notre éperonnage. Ils vont devoir nous occuper, et si possible réduire à néant nos derniers espoirs avant que le gros de leurs camarades ne nous tombent dessus, là-bas ! »

Du doigt, il pointa le gros astéroïde, masse noire silencieuse au loin. Quoique, ne venait-elle pas de grossir depuis qu’il l’avait vu tout à l’heure ? Tristo s’efforça de respirer calmement, il riva ses yeux sur le clavier, les mains tremblantes. La panique guettait : il était prisonnier d’une coque de métal investie par des hordes de guerriers féroces et sans pitié. À quelques ponts de lui.

Le jeune garçon sentit alors son voisin l’aider à se redresser et lui tourner la tête vers son écran.

« Edmund, laissez moi cette guerre tactique, c’est mon métier et je sais y faire face, quelqu’en soient les obstacles. Mais le combat qui se livre derrière cet écran est celui qui nous sauvera ou nous anéantira. Moi je ne sais pas y aller mais, vous, vous y êtes né, c’est votre domaine, votre champ de bataille. Allez-y, mon garçon, et laissez-moi m’occuper du reste. Nous comptons sur vous, donnez le meilleur. »

Et il le laissa, s’en retournant décrocher un combiné pour édicter de nouvelles directives à quelques subordonnés.

C’était cela être un soldat ? Garder son sang-froid, quelle que soit la situation, et toujours préparer une contre-attaque ? Quoiqu’il en fut, le vieux bonhomme venait, par il ne savait quelle magie, de redonner de l’espoir à Edmund Tristo. Et celui-ci reprit le pianotage de son clavier, une vigueur nouvelle dans les doigts.

Soutenez Reduniverse.fr

Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Elioza
Acteurs: Raoulito: Sterling Price
Tristan : Edmund tristo
Istria : Choupa
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep13

episode246.mp3

Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe !
http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/

—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

Le vaisseau pirate se redressait, permettant aux deux frères de reprendre appui. Le visage en sang, un œil fermé, Misha ne s’amusait plus du tout, et le regard haineux qu’il lançait n’augurait rien de bon. C’était très certainement ce regard qu’Esfir avait rencontré pour ses dernières minutes de vie. 

Le combat n’allait pas s’arrêter là et, visiblement, le géant ne se rendrait pas. Igor prit enfin, sans doute un peu tard, la mesure de son erreur de se mesurer à l’indestructible Misha. Alors qu’il en soit ainsi, il serra la poignée de son épée et reparti à l’assaut dans un nouveau hurlement. L’autre, handicapé par la perte momentanée d’un œil, jaugeait plus difficilement les distances, calculait moins bien les hauteurs et la redoutable hache fendit la paroi juste à coté d’Igor. Celui ci ne manqua pas l’ouverture ainsi faite, car son frère avait cette mauvaise habitude de répéter ses attaques. Le coup de genou qui parti s’empala sur la lame qu’Igor tendait, elle traversa la cuisse du géant de part en part. Sous la douleur, celui-ci reparti en arrière, se saisissant de l’arme fichée dans sa jambe et l’extirpa de lui à pleines mains. Sous les yeux ébahis de son propriétaire, Misha plia la lame à la rompe, se blessant les mains sans aucune émotion. Il jeta les morceaux derrière lui et, les bras levées, du sang s’échappant de sa combinaison par les gants, sa cuisse ou son heaume, l’impitoyable machine à tuer avança vers Igor, son œil plus mauvais que jamais.

Claquement derrière eux : le vaisseau bélier se désincarsérait, provoquant un violent appel d’air. Les deux pirates furent entrainés dans le vide ! Igor se saisit par réflexe de la porte ouverte de son vaisseau. Sa tenue le protégeant, il put se glisser à l’intérieur de l’engin ; quand à son frère, l’autre se retenait aux déchirures du métal autour de l’ouverture laissée béante par le vaisseau bélier. Les gouttes de sang s’échappant de son corps se congelaient sur place et le géant n’eut d’autre choix que de protéger son visage d’une main tout en se maintenant par l’autre. Misha pourrait-il s’en sortir ?

Hélas, Igor ne put s’intéresser plus longtemps au devenir de son frère car, si le croiseur pirate utilisait ses tuyères au maximum de leur poussée, pour désengager l’engin de l’attraction de la Passe de Magellone, le petit vaisseau bélier ne possédait pas de telles ressources. En quelques secondes, un kilomètre séparait déjà les deux appareils, ce sera le triple la poignée de secondes suivantes, et très vite il disparaitra dans le gargantua stellaire. Reprenant les commandes, le jeune pirate connaissait l’unique solution. Il allait devoir entrer dans la Passe, en transition, et il ne pourrait revenir qu’une fois arrivé de l’autre coté, un voyage de plusieurs semaines, seul, dans les quelques mètres carrés de son appareil. Les Compresseurs dimensionnels tiendraient-ils, les rations de survie suffiraient-elles ? Il redressa la pointe du vaisseau bélier, droit vers la Passe ; les moteurs étaient encore chauds, il allait pouvoir plonger. Igor enclencha les calculateurs et plongea en Transition face à la Passe de Magellone.

« Hé ? Que se passe-t-il ?

Pardon ?

Colonel, tout vient de s’éteindre ? »

J.F.Hill se redressa sur son fauteuil. Foudia Hacham avait raison, indéniablement. Les voyants de survie s’étaient activés, inondant de lumière rouge le centre de commandement ; les grands écrans n’affichaient plus rien, même les diodes habituellement folles semblaient être sans vie. Les premiers rapports, provenant des postes de milice de tout le transporteur, décrivaient la même situation un peu partout. Et inutile d’être un devin pour se douter que si le transporteur n°5 de Sterling-Price, à quelques kilomètres devant eux, n’émettait plus de lumière non plus, c’est qu’il était frappé de la même panne.

L’ancien guérillero comprit immédiatement. Il leva sa canne et activa un bouton caché. Le réseau d’urgence utilisé pour communiquer actuellement dans tout le vaisseau était autonome, avec sa propre source d’énergie, et sa canne avait été modifiée pour ce genre de situation.

« Ici votre commandant. Je demande à tous les membres des forces de sécurité de se mettre en place pour une alerte maximale ! Ce n’est pas un exercice, nous sommes sous la menace d’une attaque imminente. Je répète, alerte maximale, tout le monde à son poste ! »

Puis il se tourna vers les équipes à l’œuvre dans le centre de commandement

« Que l’on prépare toutes les barges de secours, scellez les couloirs principaux, mettez en place le réseau haute fréquence d’urgence !

Commandant ! Que se passe-t-il ?

Madame Hacham. Nos trois transporteurs sont à l’arrêt, tout est hors tension, des radars aux hangars de nos chasseurs et seuls les systèmes de survie tiennent le coup. Ce n’est pas un hasard, c’est une préparation pour une… »

Au même moment sur bâbord, un flash lointain éclaira l’obscurité glacée.

*

Sterling-Price ouvrit les yeux. C’était donc pour maintenant.

« Ils arrivent, ce sera par bâbord. Avez-vous vu la sortie de transition ?

Je vous l’avais bien dit ! Et merde, je n’ai même pas eu le temps de terminer les opérations fondamentales.

Monsieur Tristo, de combien de temps auriez-vous besoin pour sécuriser notre transporteur ?

Quoi ? Mais on a plus de courant !

Et si je pouvais vous en fournir ?

*

Benkana observait, aux jumelles, l’étrange forme apparue au loin. Elle n’était pas née de la dernière pluie et sentait le guet-apens à plein nez. Price ou Hill avaient certainement dû aboutir aux même conclusions. Mais qu’avaient-ils manqué lors des préparatifs de la traversé ? Où avaient-ils été imprudents ?

C’était un gros astéroïde qui venait d’apparaitre, presque de la taille d’un transporteur, et rien que cela donnait la mesure de ce à quoi ils allaient faire face. D’étranges structures formaient un réseau sur la surface, comme des moteurs ou quelque chose du genre.

Trois nouvelles formes se détachèrent de l’astéroïde, plus petites… enfin, vues d’ici. D’après la faible lueurs des réacteurs allumés derrières eux, il s’agissait d’engins spatiaux.

« Prévenez tout le monde. C’est une alerte abordage de grande ampleur. »

Trois barges d’abordages, trois transporteurs. Le Conseil des commandants avait cru pouvoir se jouer des pirates, ils pensaient avoir prévu le pire.

Quelle naïveté.

« Et envoyez quelqu’un chercher Azala et sa garde du corps. Je vais avoir besoin d’elle ici. »

La salle de commandement sera l’une des dernières places fortes ; elle préférait savoir la princesse ici, à ses cotés.

Soutenez Reduniverse.fr

Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Coupie
Acteurs: Raoulito: Igor,JFHill
Zylann: Misha
Anna: Foudia Hacham
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Ackim

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep12

episode245.mp3

Quel est votre personnage préféré de Red Universe ? Venez donner votre avis dans le sondage en ligne sur le site de Red Universe !
http://reduniverse.fr/sondage-red-universe-2016/

( Aujourd’hui Red Universe a 6 ans, bon anniversaire 😉 )

—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

Misha poussa sans douceur plusieurs de ses hommes qui bloquaient le passage. Ces idiots s’étaient précipités, comme lui, pour affronter leur mystérieux agresseur mais, visiblement ils refusaient maintenant de se battre. Comment se pouvait-il que son équipage, le sien, lui qui l’avait suivi par-delà toutes les batailles, recule aujourd’hui ?

La réponse lui vînt dès qu’il scella sa combinaison, activant l’étanchéité du casque et… la radio.

« Écartez-vous de mon chemin, je massacrerais quiconque s’opposera à moi ! OÙ EST MISHA ?!

Pas la peine de hurler comme cela, Igor, je suis là. Vous autres, reculez, laissez-nous seul… »

Et sans demander leur reste, l’équipage disparu par les diverses coursives secondaires, fermant les écoutilles derrière eux. Le vaisseau bélier n’était pas planté bien loin et une décompression pouvait survenir à n’importe quel moment.

« Misha ! Rend-toi, je viens te ramener à la base pour que tu sois jugé pour ton crime. »

L’autre posa sa hache sur l’épaule, et soupira. Cette situation aurait presque pu être amusante en d’autres circonstances. Il pencha un peu sa tête, confirmant l’absence d’un quelconque autre intrus que son demi-frère.

« Et tu es venu seul… c’est un peu risqué, non ? Déjà que, lors des attaques, tu manquais souvent de te faire étriper ; te voici là, qui enfonce et endommage mon vaisseau, et vient menacer sans vergogne.

Esfir !

Elle est morte ! Elle s’est refusé à moi une fois de trop. Je ne dis pas que je suis fier de mon geste, mais c’était la seule issue poss…

C’ÉTAIT NOTRE SŒUR ! ES-TU DONC DEVENU FOU ?

C’était une grande guerrière, mais ce n’était aussi qu’une femme. Il était temps qu’elle prenne son rôle dans la communauté pirate et dans la famille !

Tu as toujours été protecteur envers les tiens ! Pour toi, on passait au-dessus de tout, comment as-tu pu ? COMMENT ?!

EN LUI ÉCRASANT SON JOLI COU, si tu veux tout savoir ! Et sa petite chatte ne méritait pas tout ce temps que j’ai attendu pour l’avoir ! »

Instinctivement, Igor s’élança vers son géant de frère, traversant les quelques mètres les séparant, son épée pointée vers lui. Sans inquiétude particulière, Misha para le coup de son énorme hache, bloquant l’arme  contre la paroi.

« Laisse-moi partir loin, mon frère. Je veux être mon seul bourreau. Tu deviendras le futur chef de la communauté et, un jour, tu oublieras.

OUBLIER ?! »

Dans une contorsion qui surprit le géant, Igor désengagea son épée et, d’un bond, il repartit à l’attaque. L’autre se replia et frappa le jeune pirate fou de colère, d’un coup sec du son manche. Celui-ci fût projeté contre le mur et en perdit son épée sous le choc. Avant qu’il n’ait pu la récupérer, le pied énorme de Misha lui écrasait la main, la face aiguisée de la hache à quelques centimètres de sa tête.

« Je te demande de me laisser partir. N’insiste pas Igor, je…

Commandant, lattraction de la Passe augmente encore. Nous allons devoir allumer les propulseurs latéraux. Mais le vaisseau-bélier risque de se détacher, et la zone où vous êtes va subir une décompression.

Attendez encore.

On ne pourra pas attendre longtemps.

Je n’en ai pas pour longtemps, terminé. Alors, tu as entendu ? Il faut que tu rentres à la maison. Ton vaisseau est juste là-bas et le sas avant est grand ouvert. Tu rentres, tu me laisses partir, et tu ne me reverras plus. L’autre solution serait que je te tue là, tout de suite. Tu n’es pas stupide, fais le bon choix. »

Igor projeta ses deux pieds en plein dans le casque de son frère, posant sa main libre sur le plat de la hache et repousser le danger. Misha n’eut d’autre choix que de reculer, libérant son adversaire qui reprit immédiatement une position d’attaque :

« Tu vas rentrer avec moi, Misha. Père et tous les membres de notre famille te jugeront pour le crime que tu as commis ! »

Le géant resta sans voix quelques secondes. Mais qu’espérait son fou de frère ? Il n’avait strictement aucune chance, il était dominé physiquement et techniquement et pourtant il refusait de lâcher prise…

Soit.

Il empoigna sa redoutable hache, et se positionna à son tour.

« Comme tu veux, Igor. Je vais arrêter de jouer, désormais. Tu veux la guerre ? Je vais donc te donner la leçon que tu aurais dû recevoir depuis longtemps.

Je ne me laisserais pas faire ! HAAAAAA ! »

Et il attaqua, choisissant un angle bas ; son adversaire le para d’un simple geste, le frappant de son genou dans les côtes. Le choc coupa le souffle d’Igor, qui recula ; l’autre était déjà sur lui : d’un violent coup du plat de la hache, il le fit voler plusieurs mètres en arrière.

Roulant sur lui-même, le jeune pirate se rattrapa, vérifiant d’un coup d’œil que sa combinaison n’était pas endommagée. Tout allait bien, pour l’instant. Misha approchait, marchant tranquillement, fier de l’effet qu’il produisait sur son frère et de la démonstration offerte.

Igor recula encore, prêt à parer toute nouvelle attaque. L’autre s’en amusait, esquissant des gestes agressifs, puis s’arrêtant, recommençant d’un autre coté…

« Hey ! Hé non… Ha ! Pas encore… Alors, où est donc le grand guerrier vengeur qui voulait me faire mordre la poussière ? »

Et le géant avançait encore, toujours, repoussant son adversaire vers le vaisseau-bélier. Igor ne doutait pas de ce que cherchait son frère : il allait le remettre de force dans l’appareil. Puis le vaisseau pirate plongerait dans la Passe de Magellone, l’abandonnant là, charge à lui de se débrouiller pour rentrer.

Son dos toucha la pointe bélier. On y était, Misha l’avait ramené là où il le désirait.

« Tu y vas tout seul ou je t’aide ? »

Lança son frère, goguenard.

« Viens donc me chercher, je te mettrais moi-même à fond de cale !

Ha, ha ha ! Au moins, je te reconnais le sens de l’humour ! Comme tu veux, ça va faire mal. »

Il leva sa hache, visant clairement les jambes pour obliger Igor à sauter sur l’étrave de son appareil.

« Commandant, on ne peut plus attendre, il faut lancer les propulseurs maintenant !

Attendez encore !

Cest impossible, on est entrainé ! »

D’un coup, le vaisseau reprit son roulis, se penchant encore plus. Misha n’eut d’autre choix que de faire un pas de coté, et cela suffit à Igor. Envoyant son épée par-dessous, comme Esfir le lui avait appris, il remonta la lame le long de la combinaison de son frère ! Arrivée à la poitrine, la lame découpait déjà le tissu, arrivée au cou, elle entamait les chairs. Le mouvement ne s’arrêta pas sur l’accroche de la fermeture du casque, tout juste ripa-t-elle dessus et brisa la visière. Le réflexe de recul du géant lui sauva son œil, mais pas sa joue ni son arcade sourcilière ; la lame entailla profondément son visage du coté gauche. Misha roula sur lui-même et tenta de se rattraper mais il n’y parvint pas, le vaisseau pirate allait bientôt se retourner sur lui-même !

Soudain, un grondement leur parvint de l’extérieur. On avait activé les réacteurs pour tenter de sauver l’appareil. La coque du vaisseau-bélier grinça contre le métal perforé de la paroi ; dans quelques secondes, il allait se défaire et s’éloigner dans le vide.

Soutenez Reduniverse.fr

Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Icaryon
Acteurs: Raoulito: Igor,
Zylann: Misha
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Ackim

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep11

episode244.mp3

Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique

http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015
—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

« Les paramètres évoluent, le compresseur est toujours en synchronisation… L’attraction de la Passe agit sur nous, commandant. Rien de très grave pour l’instant, si besoin nous compenserons…


  • Mmm… »

Devant lui, la Passe de Magellone, lieu mythique séparant son univers de celui de ses ancêtres. Les yeux expérimentés de Misha voyaient parfaitement la légère distorsion dans la forme des étoiles face à eux et le petit espace vide créé au centre ; c’était la seule preuve de la présence du gargantua stellaire dans le spectre visible. Devant lui, c’était la promesse d’un monde nouveau, d’une nouvelle fortune. 


Quels que soient les dangers au-delà de cette barrière entre les mondes, ils représentaient peu comparés à ce qu’il avait perdu car, derrière lui, il laissait tant. La femme de sa vie n’était plus, sa demi-sœur était partie… et il avait fuit sa responsabilité. Comment assumer d’avoir brisé de ses mains le cou de celle qu’il aimait, qu’il admirait ? Lui, qui comptait la famille au-dessus de tout, que lui était-il donc passé par la tête ? L’alcool, le désir, une soif qu’il ne pouvait plus épancher, une attente qu’il ne supportait plus ?


Cette sotte l’avait agressé, ou elle s’était moquée de lui, enfin il ne savait plus très bien mais il se souvenait d’une très grande colère montant en lui, quelque chose qui le tenait depuis longtemps par les tripes !


Il n’acceptait pas le refus.


« La dérive augmente de huit pour-cents, Compresseur synchronisés dans quelques secondes. Un écho en vingt-sept-douze, sans doute une sortie de transition. »


Il aurait pu rester, il aurait pu assumer le fait d’avoir tué une femme


— fusse-t-elle sa sœur — de ses mains. Son père l’aurait blâmé, peut-être même destitué mais guère plus. Nous sommes une communauté de pirates et ce genre de chose pouvait arriver, on ne devient pas un chef craint et respecté en faisant preuve de tendresse ou de compréhension. Ces choses là étaient pour Igor le penseur, lui serait un bon stratège, un chef politique, peut-être même un soldat, mais pas un commandant pirate, il n’en avait pas l’étoffe. C’était pour cela que, fondamentalement, il savait qu’on l’aurait pardonné pour son acte, un jour ou l’autre.


« Commandant, c’est un vaisseau-bélier ! Il est rapide et se dirige droit sur nous ! »


C’était lui-même qu’il fuyait. Misha n’avait cuvé l’alcool de sa soirée qu’une petite heure après la mort d’Esfir et, à son réveil, il avait mesuré ce qu’il venait de faire.


Esfir… il aurait personnellement écrasé la tête du responsable de cet acte, si cela n’avait été lui-même. Il n’avait pas hésité et avait lancé le rassemblement de ses hommes les plus fidèles puis les procédures pour l’appareillage. Misha s’était banni lui-même de sa communauté, et plus jamais il ne reviendrait ; telle était la sentence qu’il s’infligeait pour sa faute.


Et l’heure était venue de faire le grand saut, loin de tout.


« Préparez-vous à la plongée !



  • Mais commandant, il faut virer de bord ! Le vaisseau-bélier est presque sur nous !

  • LE QUOI ? »

L’impact fit vibrer toute la coque et le croiseur pirate en perdit son assiette, commençant à se retourner sur lui-même ! Toutes les alarmes du poste de commandement se mirent à hurler, tandis que la Passe se rapprochait soudain dangereusement.


Misha s’agrippa au bastingage, on osait l’attaquer, lui ?


« PAR OÙ ?



  • Bâbord arrière, deuxième pont ! l’attraction de la passe augmente considérablement, il faudra stabiliser pour compenser sinon on sera absorbé !

  • Débrouillez-vous ! Je m’occupe du vaisseau-bélier !

  • Commandant il faudra le détacher si on veut reprendre le contrôle ! Et il y a une décompression en cours là-bas !

  • Je connais mon affaire, et ce n’est pas le moment de me contrarier… »

prononça le géant d’un voix clairement menaçante. L’autre baissa tout de suite la tête et se plongea dans les paramètres de sa console tandis que son chef traversait la coursive, décrochant au passage sa hache et sa combinaison.


De l’autre coté du petit croiseur, une porte aux vis explosives sauta et un homme se jeta au travers de la coursive qu’il venait de ravager. Casque sur la tête, revolver dans une main, épée dans l’autre, il se dressait devant son vaisseau-bélier, un appareil conçu pour les abordages directs.


De sa radio, un seul son était émis, un cri de rage, un cri de guerre :


«  MISHAAAAAAAAAAA !! »



Soutenez Reduniverse.fr


Prod: PodShows

Réa: Raoulito

Relecture: Arthur, Kwaam

narration: Tristan

Acteurs: Raoulito: Igor,

Zylann: Misha

Compo: Ian, Cleptoporte

Montage: Ackim


Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep10

episode243.mp3

Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique

http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015
—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner
—————————————-

Igor courait dans le couloir sans fin, le menant à la salle d’entrainement où il avait tant de fois croisé le fer avec sa sœur, brulant les heures à durcir ses muscles, à affiner son mental et sa technique.

Un angle. Il bouscula deux autres frères déambulant nonchalamment dans le nouveau corridor, manqua de tomber mais repris son équilibre et sa course. On y était presque, une petite foule s’était agglutinée devant la coursive, bloquant le passage :

« Écartez-vous ! Laissez moi passer ! »

On se poussa, lui ouvrant une voie d’accès. À l’intérieur, une autre foule, plus dense.

« Mais poussez-vous ! Je suis Igor, le frère d’Esfir, laisser-moi passer ! »

Encore une fois, on s’écarta. Un dernier groupe, deux soigneurs et la mère de sa demi-sœur, se tenait agenouillé à coté d’une personne allongée. Les mains du jeune pirate tremblaient : non, pas elle…

On le laissa s’approcher. Les vêtements d’Esfir étaient à moitié arrachés, des estafilades, des bleus parsemaient ses chevilles, ses bras, son visage… Son pantalon était déchiré et on avait étendu une serviette sur son bassin. Les petites tâches de sang sur un morceau de son sous-vêtement mal dissimulé ne laissait que peu de doute sur ce qui s’était passé.

Des traces de doigts marquaient irrémédiablement son cou si gracieux et, les yeux mi-clos, elle tentait visiblement de respirer, émettant un sifflement rauque à chaque mouvement de son thorax. Igor tomba à genoux devant elle, lui prenant délicatement la main. La grande Esfir, la guerrière à la mèche blonde, l’aventurière pirate modèle, qui pouvait lui avoir fait cela ? Le regard de la jeune femme monta vers le sien, difficilement. Elle ne pouvait bouger sa tête, les soigneurs lui ayant bloqué la nuque avec une mousse spéciale destinée à protéger ses cervicales endommagées. Une esquisse de sourire se dessina lentement sur son visage, vite interrompu par un spasme de douleur, lui obligeant à se remettre droite, face au plafond.

« Mais que s’est-il passé ? Appelez Misha, il doit être mis au courant immédiatement ! »

La mère d’Esfir se pris le visage entre les mains, étouffant un sanglot. Un des soigneurs la pris dans ses bras. Deux autres soigneurs arrivaient, fendant la foule désormais compacte. Certains amis d’Igor prirent sur eux de dégager le passage, grognant, poussant les badauds ; on devait garder un passage ouvert pour le brancard de l’infirmerie et laisser de l’espace libre autour du petit groupe.

Leur père étant en voyage de noce avec sa nouvelle femme, il ne reviendrait que d’ici une bonne semaine au minimum, faisant ainsi de Misha et d’Igor les seuls légataires de son autorité.

« Où est Misha ? »

Quelque chose n’allait pas. Certes les expressions étaient fermées mais, sur cette question précise, trop de visages se détournaient. On venait de violer leur sœur et son puissant frère, seul capable d’imposer par la force ce qu’il voulait n’était pas… Igor se figeât.

Non, non ! Il saisit, par le col, le soigneur à ses cotés, une rage froide montant en lui :

« QUI A FAIT CELA ? »

L’autre bredouilla le nom tant redouté, Igor le lâcha immédiatement, perdu dans l’horreur.

Misha était saoul hier soir, en prévision d’un prochain départ en campagne qui devait avoir lieu le lendemain. Il s’en fût retrouver Esfir et  se trouva la force de lui avouer son désir pour elle. La jeune femme refusa et Misha… refusa son refus. L’homme qui était si protecteur avec les siens, le futur chef incontesté et incontestable leva la main sur sa sœur. Dans une rage aveugle, il la brutalisa, la frappant jusqu’à la rendre plus malléable à son envie, et la viola. Il alla jusqu’à vouloir camoufler son abominable forfait en tentant d’étrangler la jeune femme. Serait-il arrivé à ses fins si la mère d’Esfir n’était pas arrivée ? Devant les cris de la femme, il préféra abandonner le corps encore vivant de sa victime et disparu dans les coursives.

Le dernier souffle.

Un hurlement déchirant.

Les yeux d’Esfir ne bougeait plus et le second soigneur passa lentement sa main sur le jeune visage qui, désormais, ne verrait plus jamais la lumière du jour.

Serrant la main de sa sœur, de son amie, Igor ne put refluer les larmes qui s’échappèrent de ses yeux, répondant aux cris de la mère devant la mort de son enfant.

Esfir, pleine de vie…

« Achtouka, ce ne sont pas mes mains quelles cherchent, ha ha ha ! Y a que toi quest insensible. »

Esfir, pleine de force…

« Viens plutôt voir Esfir. Elle est en pleine forme aujourdhui et ferraille comme une diablesse, plus belle que jamais. »

Esfir, notre sœur…

« Regarde Esfir, elle a le feu sous la peau. Elle sait entrainer les hommes et semer la terreur chez nos proies »

 

Un grondement jaillit alors des profondeurs de l’âme du jeune pirate. Une rar ge implacable, une fureur faite de feu et de fer, une soif infinie de vengeance qui se concentrait en un nom :

« MISHAAAAAAAAAA !!!!! »

 

Il courait dans les couloirs, l’épée à la main, la mitrailleuse dans l’autre, les yeux fixes, les dents serrées. Rien ne l’arrêterait, il retrouverait son demi-frère et le trainerait aux pieds de la justice pirate, le faisant supplier le pardon de la communauté !

Mais l’oiseau s’était envolé. Il avait avancé la date du départ de l’expédition et avait appareillé, à la surprise de tous, à la tête de son vaisseau. Sans prévenir personne d’autre que l’équipage minimal, sans en informer Igor lui-même. Qu’à cela ne tienne :

« Préparez notre corvette la plus rapide, envoyez un message codé à notre père pour qu’il rentre en urgence ! Allez, VITE ! »

Et pendant qu’on s’activait à préparer le petit vaisseau, Igor serrait la crosse de son épée, à s’en blesser les articulations.

«  Tu ne t’en sortiras pas comme çà, Misha. Je te poursuivrait jusqu’en enfer. »

Soutenez Reduniverse.fr

Prod: PodShows
Réa: Raoulito (dont c’est l’anniversaire aujourd’hui 😉 )
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Elioza
Acteurs: Raoulito: Igor
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep9

episode242.mp3

Emission spéciale avec Silverson, Coupie, Elioza et Raoulito à REGARDER et à ECOUTER. Retrouvez les gagnants des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du « Temps des cerises » en édition numérique

http://reduniverse.fr/concours-redu-noel-2015
—————————————-
Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner
—————————————-

« Bonjour à tous et bienvenue sur Ex-One Média, votre chaîne d’information. Je suis Foudia Hacham et nous sommes sur le transporteur n °6 pour l’émission que nous attendons tous depuis près de trois semaines : le premier convoi de l’Exode est enfin sorti de la Passe de Magellone !

Sur ce plateau, je suis accompagnée de mes confrères Jack Blast pour le transporteur n°7 et Angelus Air pour le transporteur n°5. Messieurs, bienvenue à l’autre bout de l’univers, donc. Jack ?

Bonjour Foudia et bonjour à nos multispectateurs. C’est un plaisir de vous retrouver tous… en chair et en os, hé, hé, hé ! Angelus, comment s’est déroulé ta traversé ?

Bonjour Jack, Foudia et bien sûr à nos fidèles multispectateurs ! Et bien, moi, j’ai affronté un nombre impressionnant de gens et d’objets fantômes, ce fût ma grande aventure durant trois semaines. Je me souviens d’un matin où j’ai mis plusieurs minutes à trouver mon vrai micro, perdu au milieu d’une multitude de mirages de lui-même.

Ha, toi aussi ? Je vois, messieurs, que nos expériences ont été similaires. Ne perdons pas les bonnes habitudes, voici, tout de suite, les titres :

– Le convoi n°1 est donc sorti enfin de la Passe et nous sommes en attente dans une zone proche pour nous préparer à accueillir le second convoi qui devrait arriver… Jack ?

Dans cinq jours et quelques heures, si tout va bien. Mais je détaillerais tout cela avec vous, dans un instant.

Merci à toi ! Second sujet : retour sur trois semaines d’émotions, certes, mais en fin de compte, pas aussi grave que ce que l’on avait craint. Pas d’attaque de pirate, les communautés sont restées calmes, on peut presque dire que, cette fois, tout s’est déroulé comme prévu. Angelus ?

Tout à fait. Mis à part les perturbations liées à la Passe elle-même, aucun incident majeur n’a été signalé. Les matériels ont bien supporté la traversée, les exodés également. Évidement, nous devront attendre les deux convois qui nous suivent pour être définitivement fixés mais, dans l’absolu, on ne voit pas ce qu’il pourrait bien leur être arrivé de pire qu’à nous, ha ha ha !

Hé hé ! Oui, nous étions la tête de pont… à nous les mauvaises surprises, n’est-ce pas ? Le dernier sujet portera sur la réunion que nos commandants ont tenu en huit-clos, assez rapidement après la sortie de transition, un peu comme nous en fait, et ce que nous avons pu en apprendre. Enfin, en cadeau, quelques images tirées du making-off d’un documentaire en cours de tournage sur le Colonel J.F.Hill. Ce célèbre commandant du transporteur n°6 a accepté de partager avec ExOne Média son quotidien et certains de ses souvenirs personnels.

Mais, avant tout cela, messieurs, qu’allons-nous retrouver ?

Au hasard, je dirais une page de publicité ?

Comme Jack, la pub !

Rendez-vous, donc, juste après la pause. Ne zappez pas ! »

 

< publicité >

 

Click !

Ismène éteignit le petit écran portatif, sur un signe de tête de son père. Enfermé dans un petit local technique, le marchand Broto, Karl de son vrai nom pirate, soudait consciencieusement l’écoutille de l’entrée. La bloquer ne suffirait pas, il fallait être certain que l’on ne pourrait pas les déranger avant un bon moment. D’après les dernières nouvelles officielles, il ne semblait pas avoir attiré l’attention et tous fêtaient l’arrivée de ce coté de la passe.

En une dernière étincelle, ce fût terminé. On était arrivé à deux doigts du terme de sa mission, au moment le plus critique. Il s’y était préparé durant toutes ces longues semaines de traversée, analysant les schémas, laissant Ismène effectuer des simulations ici, décoder des signaux là, enregistrer le reste. Ce travail de longue haleine allait enfin porter ses fruits. Pas que le sien d’ailleurs. Sa fille adoptive, Choupa, avait accompli brillamment la première partie du travail, dès la première étape de l’Exode, sur la station Maman-lolo. Placer un transpondeur multispatial dans le transporteur n°7 n’était déjà pas une mince affaire ; mais faire dérailler le complot où se mélangeaient, pèle-mêle, des familles pirates, des membres des services de sécurité de MaterOne et la mafia souriantes relevait du génie, tout simplement. Confiée aux mains du vieil homme il y a des années par son commandant de père, alors que leur vaisseau disparaissait dans les flammes du Cercle de Rabbit, Karl avait donné toute son énergie pour l’épanouissement de la jeune femme. Et cet excellent plan, conçu par elle, en était l’apogée. Le Sénéchal Petrovach avait d’ailleurs failli tout faire capoter lors de son attaque surprise en pleine transition, utilisant un autre transpondeur caché dans un transporteur. Là encore, Choupa avait prit les devants et renseigné l’Exode, par un chasseur abandonné. J.F.Hill fît échouer les plans du Sénéchal, mais c’était bien la main de Choupa qui tirait les ficelles, une fois de plus. Amoindri, affaibli par la perte de ses troupes et cette cuisante défaite, le taureau s’était fait agneau et avait accepté de se ranger comme les autres derrière la bannière unique.

Karl posa douloureusement un genou à terre, son âge se faisait ressentir plus que jamais à l’approche de l’évènement. S’il ne pourrait plus participer comme avant aux missions, il prendra sa retraite sereinement, cette bataille étant, de toutes façons, le couronnement de sa carrière. Ismène se tenait droit devant lui, le regard dans le flou, comme toujours. Un jeune adolescent et un vieil homme. Le type de duo imparable, qui irait les soupçonner ? Il fit glisser sa main dans les cheveux du garçon, lui caressant l’épaule dénudée. Il admirait sincèrement la perfection de ce jeune corps.

Un dernier baiser sur le front de son fils.

Dans le silence du local, à la lumière crue d’un néon, il s’autorisa une dernière seconde en tête-à-tête avec l’enfant. Ce garçon était son bijou, la merveilleuse création dont un père pouvait être fier.

« Ismène, tu me manqueras… Adieu. »

Puis il recula, énonçant le code d’activation du processus numéro trois. L’adolescent se raidit et fit demi-tour, s’arrêtant devant quelques caisses accumulées face au mur du fond de la pièce. D’un simple geste, il dégagea le passage, déplaçant des dizaines de kilos sans même forcer. Face à la paroi, il leva les bras et les projeta contre la surface lisse, qui fût immédiatement percée sous la formidable pression des doigts. Sans sourciller, il déchira le métal, calmement, ouvrant un large passage sur un réseau de centaines de câbles mélangés, traversant le vaisseau. Au milieu de ce labyrinthe multicolore, une conduite en céramique, bien plus volumineuse que les autres, traçait son chemin en ligne droite vers les profondeurs. Karl prit son inspiration pendant qu’Ismène faisait voler en éclat , d’un doigt, le maigre rempart.

« Lancement du processus numéro deux. Certification sept-quatre-trente-deux… »

Un vrombissement monta alors du jeune adolescent, il se mit à trembler, comme prit d’une crise nerveuse. Et d’un coup sec… sa tête, ses bras et tout le haut de son corps se déchirèrent, libérant un système complexe de cerveaux moteurs et de câbles autonomes. Du sang synthétique avait giclé un peu partout, des morceaux de la chimère biologique que Karl avait patiemment laissé croitre à la surface de sa créature jonchaient le sol. Lui-même avait maintenant quelques taches sur sa veste. Il n’avait pas eut d’autre choix pour camoufler réelle origine de son « fils », la moindre fermeture aurait attirée l’attention de l’infirmier chargé de l’auscultation de routine. Seul un vrai corps pouvait donner l’illusion. Merci à ses mois passés à Ragnvald, et aux quelques spécialistes qui l’avaient suivi lors de son retour. Cette technologie dépassait ce que MaterOne pouvait produire, et ils avaient bien compté sur cet avantage pour berner les exodés.

Il se releva en douceur, soulageant autant que possible la souffrance de ses articulations. Sur l’étagère, en cherchant sur le petit écran la fréquence du transpondeur dissimulé à bord, il jetait un œil aux branchements multiples que les câblages articulés insérés dans le corps d’Ismène effectuaient avec précision.

La sécurité n’est jamais aisé à assurer à bord d’un vaisseau spatial, et certainement pas dans un géant comme celui-ci. Cette conduite était au cœur de tous les systèmes de communication internes et externes. La cacher derrière une paroi de métal n’était qu’une faible protection.

« Ici Karl, Vous me recevez ? »

Rien, pas de réponse sinon un grésillement neutre. Il n’avait plus pris contact depuis trois semaines, la Passe bloquant toute les transmissions, quelque chose se serait-il cassé ?

« Contact pour Chou, ici Karl, me recevez-vous ?

Ici Chou. Réception excellente Karl, malgré une petite latence. Contente de vous entendre enfin. Où en êtes-vous ? »

Le vieil homme soupira : ainsi le plan se poursuivait comme prévu, et par la voix même de sa fille adoptive, qui plus est. Il vérifia les diodes de contrôle pour être certain que toutes les connexions étaient effectuées et actives. On y était, le moment tant attendu était enfin arrivé.

« L’araignée a tendue sa toile. Nous sommes prêts.

Mon cher Karl, cest un grand jour. Mon père serait si fier de nous.

L’unité de tous les pirates sous une seule bannière, l’émergence d’une grande Reine pirate, capable de damer le pion à MaterOne, à Ragnvald et peut-être même à ceux de Rabbit. Oui, ma fille, nous y sommes enfin…

Donne l’ordre ma Reine. Il est temps que ton règne commence.

Karl, activation du processus numéro un. Paralysez lExode mon ami, nos compresseurs sont chauds, nous arrivons. À tout de suite. »

Click !

Karl releva la tête, répétant les mots de sa fille à haute voix. Les fibres optiques inclues dans les câbles se mirent à clignoter et la lumière du néon, qui inondait le local, vacilla.

Soutenez Reduniverse.fr
Soutenez Reduniverse.fr
Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Andropovitch
Acteurs: Foudia Hacham: Anna, Jack Blast & Karl: Blast, Angelus air : Angelus Yodason, Choupa: Istria
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Ackim

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep8

episode241.mp3

Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du
« Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur
http://reduniverse.fr/grand-concours/
Venez vite !

—————————————-

Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

« Sa réaction fût à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre d’un gradé dans son genre. Brutale.

C’était lors d’une fin d’après-midi, après avoir transformé une partie de l’écurie en véritable galerie d’art moderne. Repus de création et de travail, nous nous étions assis sur un tas de foin, au fond de la salle. »

Poféus en eut un ricanement léger. Lui-même fût surprit de cette réaction instinctive. La plongée dans cette mémoire ancienne, la main de Calande, tout cela ouvrait des barrières longtemps restées fermées.

« Nous nous embrassâmes, nous nous caressâmes… Nous n’allâmes pas plus loin. Une fourche, vous savez, ces outils pour justement retourner la paille, se planta dans le bois à coté de nous. Mon père nous dominait de toute sa hauteur, tenant le manche. Pas besoin d’explication, son expression dépeignait une fureur sans fin. »

Le petit massage de main s’était arrêté. De l’autre main libre, Calande reprenait ses notes. Quand était-elle redevenue la psychologue ? Avait-elle seulement cessé de l’être ?

Malgré cela, elle le tenait encore et sa main était chaude. Et lors que le vin était tiré, il fallait le boire.

« Icnal se tenait à l’entrée, au loin. Son expression effrayée en disait long sur son regret d’avoir déclenché tout cela. Mais le mal était fait. Méhala fut saisie par le col et, d’un poing vengeur, Monseigneur Poféus lui brisa net le nez, la défigurant pour des mois. Tombant au sol, étourdie, elle trouva encore la force de tenter de se défendre et lui donna un violent coup de pied dans les jambes. Il faillit trébucher, mais se rattrapa à la fourche qu’il arracha du mur. Il s’en servit violemment pour, à plusieurs reprises, en écraser le manche sur ma pauvre amie. Dans un hurlement, Icnal vint s’interposer, protégeant de son corps celui de sa sœur. Quelle sotte, elle aurait mieux fait de réfléchir avant plutôt que laisser parler ses sentiments, et nous n’en serions pas là !

Quoiqu’il en fût, mon père s’arrêta et on appela les secours. Ma Méhala passa un long moment de convalescence à l’hôpital. Elle ne revînt jamais sur les terres familiales. Voilà.

Pourquoi n’êtes-vous pas intervenus lors de… l’agression de votre père ?

Pourquoi ?… que peut faire une souris face à un chien de guerre ? J’étais en rébellion contre mon père, mais j’éprouvais aussi beaucoup de crainte envers lui. Il m’imposait sa force et son respect tous les jours depuis que je vivais chez lui ; il me servait, encore maintenant sans doute, de modèle, que je le veuille ou non. Alors le voir ainsi… j’ai eu… Calande, pouvons-nous nous arrêter pour aujourd’hui ?

Bien sûr, je comprend. »

 

Elle retira sa main, peut-être un peu trop rapidement. Le contre-amiral regarda la jeune femme brune se lever, remettre ses affaires dans son sac. La séance se finissait, la magie était rompue.

« Angilbe, je vous souhaite une bonne semaine. Tenez-moi au courant  si vous avez de nouvelles crises voulez-vous ?

Calande ! J’AI EU PEUR, VOILÀ ! J’était pétrifié devant la force de ce… de cet homme qui m’avait pris comme fils et sa fureur me traumatisait, me terrorisait au-delà de l’entendement ! Jamais, plus jamais, je ne serais ainsi sous la domination de qui que ce soit, vous m’entendez ?! Cette montagne de rigueur sans âme ne me méritait pas sinon suite à un pur hasard de l’Histoire ! »

C’était sorti tout seul. Comme un grand bol d’air, l’inspiration première de quelqu’un coulant depuis trop longtemps dans les eaux saumâtres du dénis et du mensonge. Tel un enfant venant de naitre et poussant son premier cri, le contre-amiral semblait découvrir un nouveau monde dans lequel il allait passer tout le reste de sa vie.

Calande jeta son sac sur la table, se rassit précipitamment et serra le bras du contre-amiral. Sans aucun préambule.

« Dites-moi la vérité, Angilbe. Votre père… votre référence paternelle disiez-vous, n’était pas réellement votre géniteur, n’est -ce pas ? Vous avez semé votre discourt de multiples indices qui m’amènent à penser cela.

Est-ce cela qui vous tourmente l’âme ? »

 

Aucune réponse, Poféus, celui maîtrisant tout… Comment avait-il pu laisser passer ces informations ? Encore une déconnexion ? Non, elle devait sans doute dire vrai, c’était une professionnelle et les allusions, les fautes ou les omissions ne lui échappaient pas.

Et encore, toute la vérité n’était pas sortie, heureusement. Si elle savait qui était son vrai père.

« En effet, j’ai été adopté par les Poféus. Ils ne pouvaient pas avoir d’enfant et… voilà…

Est-ce lié au fait qu’il ne me toucha pas ? Toujours est-il que je fût, dès la semaine qui suivie, envoyé en pension dans une académie des forces spatiales. Aux déchirements des adieux de ma mère, je ne savais quoi répondre d’autre que de l’indifférence, la perte de Méhala submergeant tout. La pauvre.

Le plus amusant c’est que les forces spatiales étaient ( et sont sans doute encore ) un nid d’homosexualité patente. Je n’en reviens pas encore combien mon père était aveugle sur la réalité du monde autour de lui. Bref… La suite est connue. Ascension des différents grades durant les grands voyages d’exploration, découverte d’Antarès IV, retour triomphal, etc…

Et avez-vous revu Méhala ?

Ha oui, la conclusion de l’histoire, voulez-vous dire ? Ce fût pitoyable. La famille de Méhala quitta, bien sûr, le service au château pour s’en retourner dans le pays Nordiste. D’après ce que j’ai appris, tous moururent dans un règlement de compte là-bas, quelques temps plus tard. Je ne la revis donc jamais ; apparemment ils avaient cru, à tord, que leur dettes s’était effacée avec le temps. Pourtant je retrouvais la trace, des années plus tard, d’Icnal. Elle avait échappé au massacre, et s’était retrouvée à se prostituer dans un bordel Tropicalien.

Et… vous avez été vers elle ?

J’espérais revoir Méhala, par miracle. Mais non, la sœur traitresse me confirma la mort de tous les autres membres de la famille. Elle-même était malade et se jeta aux pieds de l’homme puissant que j’étais devenu, pour demander de l’aide. Je me suis éloigné, lui laissant une pièce pour s’acheter du pain.

Je n’ai que de l’indifférence ou du mépris pour elle et ce qu’elle a fait. Et je n’en ressent aucune gêne.

Et vos parents ? Quelles ont été les relations avec votre père adoptif ?

La roue tourne Calande. La référence paternelle est tombée de cheval un jour de chasse, le dos brisé. Il mourut entouré des siens, enfin presque tous car je ne lui fit pas cet honneur. Je revît ma mère, par contre ; la vieille femme qu’elle était devenue s’avéra courtoise. Mais à certains indices, je devinais qu’elle n’avait plus toute sa tête. Je pourvois à ses besoins et à ceux du château. Comprenez-moi bien : c’est plus une dette que je paye qu’autre chose. Cette vie est loin de moi, je l’ai scellée il y a longtemps.

Jusqu’à aujourd’hui.

…Jusqu’à aujourd’hui, en effet. »

 

Plus tard dans la soirée, alors qu’aucune crise ne venait interrompre ce moment et que la fascinante Calande Rorré était partie, le Contre-amiral Poféus se tenait toujours assis dans son fauteuil, le regard tourné vers la grande fenêtre, profitant de la chaleur des dernières braises du foyer déclinant.

Il avait ouvert la porte.

Il se sentait, enfin, en paix.

Soutenez Reduniverse.fr
Soutenez Reduniverse.fr
Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Anna
Acteurs:
Poféus: Pof,
Calande Rorrée: Coupie
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep7

episode240.mp3

Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du
« Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur
http://reduniverse.fr/grand-concours/
Venez vite !

—————————————-

Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

« Bonjour Angilbe. Comment allez-vous ?

Je vais, chère Calande, je vais. C’est déjà beaucoup, merci à vous. »

Le contre-amiral ferma la porte derrière lui et s’installa dans le fauteuil de cuir, face à sa psychologue. Ce rituel devenait naturel à force de séance et les doutes et appréhensions des débuts, la suspicion même dont il faisait preuve envers la jeune femme, s’étaient évanouis, laissant place, progressivement, à un réel attachement. Aussi incroyable que cela paraisse, Poféus appréciait ces rendez-vous et encore plus cette petite femme brune, aux cheveux courts et aux tailleurs strictes et impeccables.

Calande buvait consciencieusement son thé au jasmin, un autre élément du rituel, avec la petite cuillère et le morceau de sucre unique. Elle reposa la tasse sur la table, les yeux à moitié clos, profitant de quelques secondes de répit. Puis de grands yeux à la profondeur infinie se levèrent sur le contre-amiral. Celui-ci sentit cet agréable tressaillement tant attendu remonter le long de son épine dorsale.

« Alors Angilbe, pouvons-nous reprendre là où nous en étions resté la dernière fois ?

Bien sûr. J’ai malheureusement eu quelques sautes de réalité, à nouveau, cela commence d’ailleurs à s’ébruiter. Je suis obligé de faire tourner le personnel de maison plus rapidement. Dites-moi… Calande… progressons-nous ?

Je l’ignore, Angilbe, je l’espère sincèrement. Le fait de ressortir enfin vos souvenirs profonds vous oblige à faire appel à certaines parties inhabituelles de votre mémoire, peut-être est-ce justement cela qui active vos sautes de réalité.

Vous ne vous souvenez pas de notre dernière séance ?

Pas de la fin en tout cas. Nous parlions de ma.. de Méhala.

Alors sachez que vous m’avez serré la main très fortement. Je me doutais que vous étiez dans une de ces phases de déconnexion, appelons-les comme cela.

Pardon ? Mais je… je m’excuse, je ne voulais pas…

Ne vous inquiétez pas. Ce n’était pas douloureux, presque touchant je dirais. Lorsque je me suis levé vous sembliez être revenu à la normale, apparemment en tout cas. C’est à moi de m’excuser, je n’aurais pas dû vous laisser seul dans cet état. Si cela se reproduit, je resterai    à vos cotés, le temps nécessaire.

Oui… merci… »

Le contre-amiral se serait caché sous le fauteuil, s’il l’avait pu sans se ridiculiser. Mais jusqu’où ces « déconnexions », comme on devait les appeler maintenant, allaient-elles le pousser ? Ne risquait-il pas de blesser quelqu’un, de la meurtrir elle dans une de ces crises ?

Le jeune femme posa son bloc sur l’un des accoudoirs, et, lentement, se pencha. Elle saisit la main droite du militaire, crispée contre son propre fauteuil. Doucement, elle dénoua les doigts, un à un, allant jusqu’à masser l’intérieur de la paume. Pourtant ses yeux ne quittaient pas ceux de son vis à vis, perçant ses barrières, pénétrant là où même les mentaux ne pouvaient aller.

« Angilbe, je suis ici pour vous aider. La dernière fois, nous avions parlé de vous accompagner dans les recoins de votre esprit, de partir ensemble à la recherche de ce qui vous tourmente tant. N’ayez pas peur de vous, n’ayez pas peur pour moi, vous n’êtes pas un homme méchant et cela, toutes nos séances l’ont amplement prouvé. »

 

Poféus était pétrifié. Le contact doux et chaud de ses mains, ses paroles apaisantes, hors de toute logique psychologique, cette bouche si sensuelle, cela… l’effrayait, le fascinait, l’attirait, le repoussait ! Jamais, il n’avait ressenti un tel sentiment, jamais. Sauf peut-être…

« Allez-y, Angilbe, vous êtes prêt.

Je… J’aimais tant Méhala. Je l’aimais, et une fois la surprise passée, peu m’importait qu’il fût un homme ou une femme ou quoique ce soit d’autre. C’était.. c’était fort, voilà.

Donc vous avez poursuivi votre relation, mais cette fois en assumant sa différence. Vous sentiez-vous différent vous aussi ?

Oui. Non. Je l’ignore. Peut-être l’avez-vous vécu, ou certainement qu’un de vos patient vous l’a déjà décrit. Je l’aimais pour elle, pour ce qu’elle était dans son esprit. Il n’y avait aucun désir spécialement homosexuel, juste une notion de partage, de plaisir, d’échange…

…de s’offrir…

… heu… oui c’est cela, de s’offrir. »

Petit silence entre eux. Qu’est-ce qui avait changé depuis la première séance ? Il parlait toujours de lui et de ses pensées profondes, juste avait-on repoussé les limites du superficiel.

Pourtant…

« Mais que s’est-il donc passé, ensuite ?

La sœur de Méhala, Icnal, une fille un peu plus jeune, une femme réelle, si j’ose dire, était amoureuse de moi en secret. Personne ne s’en était rendu compte, sauf peut-être Méhala, mais inutile de vous dire combien la relation entre les deux enfants de la famille n’étaient pas simple. Un jour, dans une crise de jalousie, elle décida de tout avouer au chef de la famille Poféus..

De tout avouer ?

Oui, la perversion de Méhala, mon choix pour une sexualité tordue, le..

Arrêtez, Angilbe. Ne présentez pas cela comme quelque chose d’anormal. Vous ne le saviez pas, et pour le choix de votre cœur vous avez été au-delà des a priori. Ce n’est pas tordre la réalité que de donner une preuve d’amour à celui que l’on aime.

… Merci Calande. Malheureusement, mon père, lui, homophobe convaincu, n’était pas de cet avis ouvert, voyez-vous. »

Soutenez Reduniverse.fr
Soutenez Reduniverse.fr
Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Anna
Acteurs:
Poféus: Pof,
Calande Rorrée: Coupie
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Post
En cours de lecture

COIN 2015 – Adapter une histoire à l’audio

Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du
« Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur
http://reduniverse.fr/grand-concours/
Venez vite !

—————————————-

Le 31 Octobre 2015, à la Convention inoubliable de Lilles, s’est tenue une conférence sur « Adapter une histoire à l’audio » où on participé Silverson, Andropovitch, Adastria et le présentateur, notre Tristan.

http://reduniverse-coulisses.podcloud.fr/conference-adapter-une-histoire-a-laudio

Une trentaine de minute où l’on décortique le parcours de chacun et les reflections à avoir sur la transposition en œuvre sonore, que ce soit technique, pratique ou des questions de droits d’auteur.
Merci à Radiosphère et à Adastria pour cette mise à disposition, et aux participants, malgré un public restreint :)

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep6

episode239.mp3

Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du
« Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur
http://reduniverse.fr/grand-concours/
Venez vite !

—————————————-

Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

« Entrez. »

Le colonel Sterling-Price, commandant du transporteur n°5 survolait quelques rapports de routine sans grand intérêts lorsque l’on toqua à sa porte. Tous savaient qu’à bord de son vaisseau, il mettait un point d’honneur à répondre aux demandes de tout exodé. Du moins, celles à sa portée, et c’était le secrétaire dans l’antichambre qui faisait le tri. Globalement, tout s’était plutôt bien déroulé dans la Passe de Magellone, sinon quelques désagréables fantômes du passé ou du futur qui jouaient à effrayer les voyageurs. On venait de loin pourtant : les évènements inter-communautaires s’étant déroulés quelques mois auparavant, et ayant vu l’affrontement des bruns et des barbanes dans la cité intérieure, avaient été suivis d’un calme, et d’une retenue de tous, exemplaires. Un vrai modèle de paix sans doute pas étranger à la résolution de ce que l’on avait appelé « la révolution au chewing-gum » où plusieurs milliers de manifestants, particulièrement agressifs, s’étaient vus englués dans la mousse rose prévue contre les incendies. On avait mis plusieurs heures à les sortir, les uns après les autres, et les chefs de communautés en avait profité pour reprendre le contrôle de la situation et ramener tout le monde sagement à la maison.

Un dossier de plusieurs pages glissa brutalement sur son bureau, le tirant de sa rêverie. C’était la preuve d’un certain manque de tact ou de discipline, mais Price ne broncha pas : le nouveau venu n’était pas apprécié pour sa rigueur militaire mais pour son professionnalisme dans un domaine très particulier.

« Monsieur Edmund Tristo, rappelez-moi de vous initier un de ces jours à la notion de protocole. Asseyez-vous je vous prie. Alors, est-ce le rapport au complet ? »

Face à lui, un jeune homme boutonneux, à peine sorti de l’adolescence, prenait place dans l’épais fauteuil de cuir. Il était maigre, mal habillé de vêtements trop larges, le teint pâle tirant vers le grisâtre. Une chevelure noire, épaisse et grasse, recouvrait en partie des yeux aux pupilles étrangement élargies, entourés de larges cernes bleu nuit. Tristo était un expert incontesté en informatique, une de ces perles rares trouvées par Weston, au cœur de la population du transporteur n°5. L’ancien second du colonel était mort prématurément lors de son enquête sur une série de meurtres sauvages, celle-là même ayant déclenché les conflits inter-communautaires. C’était en mettant à jour la machine infernale responsable de tout cela qu’il y avait laissé la vie. Mais l’homme, organisé qu’il était, avait jalonné l’avenir de nombreuses pierres blanches, des idées dont il avait déjà apporté, au moins, une esquisse de solution. Et Edmund Tristo était de celles-là.

« Pas encore, M’sieur, mais c’une version préliminaire. Tout est posé et comme vous voulez que j’vous rende çà au plus vite, je m’suis dis que çà valait le coup de passer vous l’apporter.

Très bien, très bien… À vue de nez, le rapport ne contient guère plus d’une dizaine de feuilles. Est-ce à dire que tout va pour le mieux et que nous pouvons nous fier au système informatique de la flotte ? »

Car telle était l’une des ultimes suggestions de feu son second : faire une évaluation de la fiabilité du réseau interne à l’Exode, celui permettant toutes les transmissions. D’ExOne média aux censeurs multiples, des communications cryptées aux services vitaux, quelle était la confiance que l’on pouvait avoir dans ces systèmes complexes ?

« Monsieur, c’est une usine à gaz. Les protocoles sont multipliés, les systèmes fonctionnent sous des langages différents, certaines connexions sont inutilement sextuplés, et d’autres en mauvais état et uniques !

Je vois…

Non, vous ne voyez pas ! Tout la sécurité est inexistante, elle est même impossible à assurer efficacement ; j’ai réussi à accéder aux censeurs internes du Compresseur dimensionnel en me connectant à une simple prise de télévision !

…une prise de télévision ?

Oui M’sieur. J’ai même croisé des hackers qui furetaient en même temps qu’moi dans les bases de données de la milice. Ils ont pu effacer des noms, j’en suis certain. J’leur ai collé un p’tit virus alpha de ma fabrication. Ça devrait les calmer pour un moment, mais quand même quoi ?! Le… on vit sur un rafiot percé de partout, m’sieur, et on s’en rend pas compte ! »

 

Sterling-Price s’enfonça dans son fauteuil, croisant les doigts sur son abdomen un peu proéminent. Weston avait donc raison, probablement plus qu’il ne l’imaginait lui-même.

« Est-ce seulement valable pour le notre ? Ou ce problème est-il commun à tous les transporteurs ?

Je sais pas. Mais même si les autr’ vaisseaux ont prit en main certains problèmes, y’a des failles matériels qui ne peuvent être comblés sans ré-écrire les systèmes de communication inter-Exode. Donc tant qu’on peut parler à un transporteur par le système actuel, c’est qu’lui aussi, c’est un morceau de Grumental. »

On ne pouvait être plus clair. Price esquissa un début de sourire devant l’analogie à ce fromage réputé pour son odeur et ses multiples trous. Les informaticiens plaçaient des images là où il n’y avait que du code indigeste, une trace immuable de leur humanité en fin de compte.

« Parfait, Monsieur Tristo. Offrez une annexe à ce pré-rapport, et je le présenterais au Conseil des commandants qui se tiendra après notre sortie de la Passe. Si on ne peut pas remplir un océan d’un coup, alors dirigeons déjà les premiers fleuves. Chaque rivière, ensuite, aura son moment. Ne faites pas cette tête, il faudra juste vous organiser, je compte sur vous. »

Comme l’autre restait impassible, le colonel n’insista pas, comprenant que son interlocuteur n’avait pas saisit l’allusion. C’était un peu frustrant de sentir combien la différence d’âge et surtout de domaine pouvait gêner la communication.

« Remplissons le Grumental, Edmund, en commençant par les gros trous. Votre boulot est… génial ! »

L’autre se leva, souriant. Le message était passé cette fois. Pour le coup, l’expression du jeune homme démentait bien son nom de famille.

Soutenez Reduniverse.fr
Soutenez Reduniverse.fr
Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Coupie
Acteurs:
Tristan: Edmund tristo
Raoulito : Colonel Sterling Price
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Ackim

Podcast
En cours de lecture

RedU T1 Ch18 Ep5

episode238.mp3

Profitez des Grands concours Red Universe à l’occasion de la sortie du
« Temps des cerises » en édition numérique ! Fan-Arts et Quizz, tout est sur
http://reduniverse.fr/grand-concours/
Venez vite !

—————————————-

Télécharger l’épisode Mp3⎮⎮S’abonner

« Je l’ignore. Son attitude me semble… je déteste ce mot, mais c’est justifié ici : suspect. Broto est suspect.

Je veux bien te croire, mais se balader partout, ou s’intéresser à la structure du vaisseau n’est pas anormal. Cela fait trois semaines que nous naviguons, à chacun sa manière de passer le temps. »

Les deux femmes étaient enlacées dans le lit, profitant de ces moments d’entre-deux le soir, alors que le désir était repu mais les songes encore loin. La couverture repoussée à la moitié de la couche, elles profitaient toutes deux d’un moment de calme en cette fin de journée pour se laisser aller à partager leurs pensées profondes. Et depuis quelques temps déjà, pour la princesse Azala, le marchant Broto et son fils adoptif Ismène ne menaient pas l’existence de passagers ordinaires.

Aurora laissa l’extrémité de ses doigts glisser doucement sur la peau de sa compagne. Elle connaissait les vertus de ce geste sur elle, et les premiers effets ne tardèrent pas : le souffle d’Azala se fit plus profond, ses mains se firent plus pressantes tandis qu’elle accentuait la cambrure de son corps. Bien que politicienne expérimentée, l’ancienne princesse n’en demeurait pas moins une jeune femme, avec toute son énergie vitale prête à exploser. Tendrement, Benkana lui prit les lèvres tandis qu’une main savante s’aventurait vers le pubis de sa partenaire.

Bien plus tard, alors que la nuit était avancée, Azala veillait, les yeux grands ouverts, observant le plafond métallique lisse où se reflétait parfois quelques lumières extérieures de la Passe de Magellone. À ses cotés, Aurora dormait, du sommeil détendu d’un commandant bientôt arrivé en fin d’une dure traversée.

« Nous arriverons dici quelques heures. Prenons un peu de repos et je te promet que lon soccupera plus sérieusement de ce monsieur Broto une fois sortis de la Passe, daccord ? Aller, dormons, je tombe de sommeil… » 

Lui avait-elle chuchoté avant de sombrer dans le monde des rêves. La princesse n’était malheureusement pas convaincue. Son intuition lui hurlait que toute cette histoire sentait le souffre. Le marchant Broto et son fils, avec lequel il semblait d’ailleurs entretenir une relation plus que trouble, traversaient le transporteur de fond en comble depuis plus de deux semaines. Rapidement elle avait demandé à Melba de suivre le vieil homme et de lui rapporter ses moindres faits et gestes. Et ils étaient nombreux, le duo ne tenant pas en place et demeurant inséparable. Ils s’était intéressés au Compresseur dimensionnel, au schéma électrique de plusieurs étages, avait passé quelques soirées à boire avec des soldats en permission et ils avaient même participé à deux visites hebdomadaires du centre de commandement du vaisseau. Melba, elle-même, reconnaissait l’existence d’un but caché derrière tout cela.

« Princesse, du temps de votre pè… disons avant, dans le doute on les aurait enfermé.

Merci Mel, au moins je ne suis pas folle. Mais que pourrait-on faire pour les amener à se trahir ?

Il suffit peut-être d’attendre. Maintenons la surveillance sans attirer l’attention, et nous verrons bien.

Ils sont très prudents, ce n’est pas certain que cela suffise. Une autre suggestion ? »

Une journée, alors que père et fils se « promenaient » le long des pistes du mini spatioport à la base du transporteur, les deux femmes avaient procédé à une inspection en règle de la cabine des deux curieux. En totale illégalité, bien évidement, mais la princesse voulait étayer ses soupçons. Elles avaient fait choux-blanc. Aucun matériel suspect, aucune note ou base de donnée particulière sur le vaisseau. Rien que le lieu d’habitation standard d’un vieil homme et de son fils adoptif. Quelques vêtements, une petite pharmacie d’urgence, quelques outils de bricolage simples et… deux lits, même si le plus petit était plutôt une carpette roulée sur le sol. Aucune allusion pédophile, oui Azala aurait aimé trouver au moins cela pour déclencher une enquête, mais non. Rien de rien.

Elle se tourna, lovant son corps contre le dos de sa compagne. Le nez enfoui dans sa chevelure, elle respirait l’odeur de musc dégagé par la tignasse rarement dénouée d’Aurora. La princesse était une des seules à connaitre cet aspect de la réputée et redoutée héroïne de la révolution Castiks, et quoiqu’en pensent les mauvaises langues, un véritable amour liait les deux femmes. Cela remontait immédiatement après la révolution, alors que l’on voulait surveiller de prêt la seule prétendante légitime au trône vacant de l’ancienne royauté. Le respect, né entre la geôlière et la prisonnière, s’était mué en reconnaissance, puis en amour. Devant la situation, il avait été décidé de les éloigner et ce fût leur premier vrai déchirement.

Que de chemin traversé depuis.

 

La princesse enfonça, plus profondément, son visage dans la crinière offerte. Cela l’aidait d’habitude à trouver le sommeil. Mais non, pas cette fois. Elle n’arrêtait pas de se demander ce que Broto et son fils manigançaient en ce moment même, et son intuition lui hurlait que ce n’était rien de bon.

La nuit allait être longue…

Soutenez Reduniverse.fr
Soutenez Reduniverse.fr
Prod: PodShows
Réa: Raoulito
Relecture: Arthur, Kwaam
narration: Tristan
Acteurs:
Elioza: azala
Kanon: Benkana
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Raoulito

Post
En cours de lecture

Grand concours Red Universe ( Noël 2015 )

À l’occasion de la parution du chapitre Spécial n°1 « Le temps des cerises » pour Noël 2015 RED UNIVERSE LANCE DEUX GRANDS CONCOURS POUR TOUS LES AUDITEURS !

Plus d’informations ici, sur la page spéciale des concours !
http://reduniverse.fr/grand-concours/

Venez proposer vos Fan-Arts et tentez votre chance au Quizz 2015 de votre série préférée ! Il y a des tonnes de cadeaux pour six gagnants, alors n’attendez pas, venez vite sur http://reduniverse.fr/grand-concours/

cropped-RUbanner2013-3-1000.jpg

pict_livres

Post
En cours de lecture

Attentats de Paris, Red Universe marque le deuil.

En solidarité avec les victimes des attentats sauvages perpétrés à Paris ce Vendredi 13 Novembre 2015 au soir, il n’y aura pas d’épisode diffusé cette semaine.

La haine et le fanatisme que ces jeunes ont montré face à leurs compatriotes, sur des lieux et à des moments d’une si banale réjouissance, en disent long sur ce que prônent leurs commanditaires.

Personne de l’équipe de Red Universe n’a été blessé (voire pire) dans cet attentat, malgré le fait que certains habitaient et se trouvaient tout près lors des évènements. Nous nous associons tous à la souffrance des blessés et des familles des victimes dans ce moment dramatique.

Il n’y a pas grand-chose à ajouter, concluons donc sur une vignette commise par Philippe Geluck et son héros : le Chat. Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de Red Universe… #reduniverse #prayforparis