Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch22 Ep07

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La lourde porte du bureau s’ouvrit enfin, et le président Wolf, impeccablement habillé, sortit, le sourire aux lèvres. Reconnaissant le ministre de la Sécurité, ses habitudes de communicant reprirent immédiatement le dessus et d’un air soudain gaillard, il s’esclaffa :
Colonel Ouli ! Mais quel plaisir de vous croiser ici ! Vous devriez vraiment venir à nos petites réunions avec le chancelier, vous savez !
Merci, Monsieur, mais mes responsabilités ne m’y autorisent malheureusement pas. Je vous présente l’officier Stuffy, un de mes subordonnés.
Wolf serra chaleureusement la main des deux hommes. Il n’ignorait certainement pas qui était Stuffy/QuartMac, mais n’en laissa rien paraitre et s’enquit simplement de l’installation de Ralato dans ses nouveaux locaux.
Quelques montagnes de dossiers à gérer, une organisation terroriste à combattre et deux flottes de guerre à faire tourner… Je trouve parfois du temps pour dormir.
Alors dans ce cas, ajouta l’autre malicieusement, vous allez sans doute pouvoir trouver du temps libre très bientôt.
Une très belle Tropicalienne, un peu trop maquillée et couverte de bijoux, apparut dans l’encadrement de la porte. C’était une courtisane rodant ces derniers temps chez quelques hauts personnages, mais elle fréquentait beaucoup le président Wolf et avait donc dorénavant accès à la Chancellerie. Elle serait placée sous surveillance discrète dès la fin de la réunion, mais sa présence empêchait le colonel d’en savoir plus sur l’étrange phrase du président.
Du temps libre très bientôt ?
Ses yeux brillants se fixèrent alors sur Ralato et l'image d’un guépard surprenant une gazelle traversa l’esprit de la jeune femme. Le Mental fit mine de l’ignorer et Wolf glissa son bras sous celui de sa cavalière pour l’entrainer vers la sortie. Elle minauda, jouant de ses lèvres pulpeuses en une expression prometteuse. Le parlementaire salua distraitement les deux Mentaux en pressant le pas ; leur petite sauterie n’était visiblement pas encore terminée.
Un message de Stuffy vient effleurer ses barrières psychiques.
« On lui dit pour le sperme autour du cou ou on la laisse comme ça ? »
Ralato sourit, mais ne répondit pas. Ce faux oubli était destiné à Wolf que cela excitait ; les secrets de chacun, même les plus intimes, représentaient le fonds de commerce de ses services.
Fakir passa à son tour la porte en tirant les lourds battants pour la refermer. Elle n’avait pas terminé son geste que la voix du chancelier Poféus résonna jusqu’à eux :
Fakir, laisse ouvert ! Il y a Ralato et un Stuffy qui sont surement là, qu’ils entrent. Prépare-nous des cafés serrés, okay ?
Il l’a fait cinq fois et de trois manières différentes. Il n’a consommé la courtisane qu’une seule fois en duo avec Wolf et son temps de rémission est de quatre minutes supplémentaires par rapport à la semaine dernière. Surtout, Wolf a échangé des documents avec lui avant que cela ne commence puis il a bien pris garde de ne plus y penser ouvertement. Sans une sonde mentale, on ne peut en déterminer le contenu.
Ralato hocha la tête en approbation du rapport mental. La nouvelle promue capitaine allait commander les cafés au mess et résumer tout cela à l’équipe médicale qui suivait discrètement l’ancien contramiral, pour le compte du ministère de la Sécurité. Les changements de personnalité du chancelier ne cessaient d’intriguer, sinon d’inquiéter, le colonel Ouli. Il se devait de rester vigilant. Il lança à haute voix à Stuffy :
« Et sinon, vivre dans un corps d’un petit vieux, c’est comment ? »
L’autre comprit tout de suite et renchérit, tout en suivant le ministre dans le bureau.
Difficile de faire mes exercices le matin, si c’est la question. Par contre, je reste étonné de la vitalité contenue dans un corps comme…
… Il ne peut plus baiser, ha, haha ! le coupa la voix, narquoise, depuis une pièce secondaire.
Ce fut en fermant sa braguette, les cheveux ébouriffés et une trace de rouge à lèvres sur le haut de la joue que le chef absolu de l’humanité, le chancelier suprême Angilbe Poféus apparut devant ses obligés, sa chemise mal boutonnée. Ralato grimaça devant l’afflux des odeurs de stupre. Il n’y avait pas de barrière pour bloquer ces sensations-là et l’on pouvait douter que les convives en soient restés au petit salon, qu’on devinait sens dessus dessous.
Poféus suivit l’expression de son ministre. Se saisissant d’une télécommande, il activa l’ouverture des grandes baies vitrées, visiblement amusé. Elles coulissèrent simultanément, laissant le parfum matinal des jardins royaux pénétrer la pièce. Sur un pet bien sonore, Poféus effectua une pirouette et s’affala dans l’épais fauteuil de son bureau, invitant ses deux convives à s’installer dans les leurs.
Maintenant que tout est grand ouvert, je peux en lâcher une, hein ? Bien, en attendant les cafés, quelles sont les nouvelles ? Stuffy/QuartMac, comment va la flotte ?
J’avoue que c’est impressionnant, Monsieur. Une trentaine de Mentaux seulement sont nécessaires pour diriger chaque engin. On trouve des relais psychiques disséminés un peu partout, des cerveaux-moteurs de pointe et bien sûr les dernières technologies en matière de propulsion et de drones.
QuartMac… enfin le vrai, il y a jeté un œil ?
Oui et mieux que cela. Il a déjà augmenté la portée des relais psychiques, c’est en cours de déploiement sur la flotte. Entre nous, il semble beaucoup s’amuser.
Pas étonnant, constata Poféus. Il n’a jamais eu des technos de cette envergure sous la main, jusque là. Passe-lui le message que je veux un système de « canon à résonance » opérationnel dans les prochaines semaines. Tu préciseras que j’ai fait porter le nécessaire dans l’appareil vingt-sept, je crois qu’il tourne autour de la zone nordiste, et qu’il s’y installera désormais avec armes et bagages.
Et nos amis mutualistes ? Et les Souriants ?
Ralato enchaina la suite du rapport. Si on pouvait douter de la tenue de Poféus dans les choses relevant du protocole quotidien, pour ce qui était des affaires sérieuses, force était de reconnaitre que son assiduité demeurait. Il maitrisait déjà ses dossiers avant que ses subordonnés ne viennent l’informer, ce qui en disait long sur les réseaux qu’il maintenait en sous-main.
Il y avait peu de chances que le double-jeu de Fakir lui ait échappé en fin de compte. Il la laissait faire, passant ainsi un message à Ralato, du genre :
« Je sais que tu sais, mais je t’y autorise parce que j’ai confiance en toi. Jusqu’à un certain point. »
On toqua à la porte. C’était justement la capitaine, portant un plateau sur lequel fumaient quatre grandes tasses. Elle distribua posément les couverts, servit le breuvage de chacun, posa une coupelle contenant quelques viennoiseries et… vint s’assoir sur les cuisses de Poféus. Stuffy faillit en lâcher son café quand Ralato se saisit simplement d’un petit croissant. On lui avait évidemment rapporté ce genre d’excentricité, mais cela ne posait pas de gros problèmes tant que ça ne se produisait pas en public, enfin pas trop souvent pour que ses services puissent étouffer l’affaire.
Poféus claqua la fesse de sa maitresse et enchaina :
J’aime bien la vie, moi ! Bon, première décision de la semaine : je veux que dans chaque ville de plus de cinq-cent-mille habitants, on baptise une avenue principale du nom du « Docteur Calande-Rorré ». Et, j’ai aussi entendu dire que l’artiste prévu pour sa statue sur la place… la place machin, là-bas… bref, que l’artiste n’est pas d’accord avec les petits anges aux pieds ?
Heu… Oui, je crois, Monsieur, modéra Ralato un peu embêté. Mais c’est du ressort de l’urbanisme, non ? Il y a déjà beaucoup à faire avec les…
M’en fous. Tu vas lui envoyer un ou deux gars pour lui expliquer la différence entre un client lambda et moi. Je veux que ma Calande ait une toge qui flotte au vent et des petits anges qui la vénèrent. Point barre.
Allez, tout le monde boit son café. Vous pensez quoi des croissants ? Perso je les trouve top, c’est un cuistot du quartier ouest que m’a conseillé Wolf, un vrai pro qui a appris le métier du temps de…
Effectivement, on devait reconnaitre qu’ils étaient de qualité. Mais, également, que le pâtissier était un obligé du président de l’Assemblée parlementaire, créancier de son frère pour de fortes sommes. Il faudra penser à l’écarter du Palais, tant pis pour les croissants.
Ralato en reprit un second.


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RedU T1 Ch22 Ep06

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Chancellerie (ancien Palais Royal)

Le ministre de la Sécurité, Ralato Ouli, avançait le long de l’interminable couloir conduisant au bureau du chancelier suprême, Angilbe Poféus. Le palais du Conseil de la Révolution ayant été gravement endommagé lors de la prise d’otage par les Mutualistes, personne n’avait donc trouvé à redire lorsque le nouveau maitre de l’humanité décida de s’installer… dans les locaux de l’ancien. En tout cas, on ne s’était pas exprimé à haute voix, mais le chef des services secrets, dont les fameuses Forces mentales, recevait tous les jours des rapports indiquant combien personne n’était dupe. La population dans son ensemble préférait simplement un pouvoir fort et stable à une politique chancelante, et les communautés savaient garder profil bas, maintenant qu’un croiseur géant n'était jamais très loin pour les survoler.
Un portier lui ouvrit l’entrée de l’antichambre, Ralato en profita pour resserrer son col, lisser un peu sa tenue et… s’assoir sur un des bancs d’attente. Le Colonel Ouli étudia la décoration : d’une lourdeur toute royale, elle multipliait les moulures, dorures et ornements. Le plafond était entièrement recouvert d’une peinture célèbre représentant un homme sur la tête d’un dragon qui écrasait de ses pattes avant de petits êtres ovales indéfinis. Et dire qu’on l’apprenait aux enfants dès l’école alors qu’il posait, en ce moment, les yeux sur l’œuvre originale. Si les caméras dissimulées ne le surveillaient pas, il irait gratter le secrétaire installé en face pour confirmer que ses angles étaient bel et bien dorés à la feuille d’or. La révolution s’était déroulée en douceur en fin de compte et le peu de pillages recensés s’était déroulé dans des lieux éloignés. Le colonel ne doutait pas d’y voir, là, la marque de révolutionnaires comme J.F.Hill ou Arlington.
Si peu de bruits traversaient les épaisses cloisons protégeant le bureau du chancelier, les barrières psychiques de Ralato devaient être relevées bien haut pour ne pas subir les vagues de cris et de jouissances transpirant de l’esprit des participants. Ce n’était pas la première fois et ce ne serait pas la dernière qu’une petite sauterie aurait cours ici, alors Ralato prit sur lui de patienter. Au moins, il n’aurait pas besoin de supprimer ceux-là comme c’était le cas auparavant, avec les mignons. Combien de ces gamins avaient fini par le fond, pour de froides raisons de secret ? Cent… cinq cents… plus ?
C’était heureusement du passé : selon les membres de la protection rapprochée du chancelier, les gouts de Poféus oscillaient maintenant presque quotidiennement. On trouvait dans ses parties fines des prostitués hommes ou femmes, de très jeunes ou de très vieux, des bourgeois ou des intellectuels… On lui avait même rapporté des orgies avec plusieurs couples d’acteurs célèbres.
Une onde de plaisir particulièrement forte vint s’écraser contre ses défenses.
Ralato releva un sourcil, reconnaissant la personne en question. Il s’agissait de la capitaine Fakir, ancienne aspirante montée extrêmement vite en grade pour devenir l’assistante du chancelier. Une Mentale qui rapportait scrupuleusement à Ralato les moindres faits et gestes du chef suprême, même les plus intimes, ainsi que les pensées de ses invités. Elle semblait profiter de tous les avantages de sa nouvelle situation… Quant à Poféus, était-il conscient que son remplaçant à la tête du ministère de la Sécurité le maintenait sous surveillance rapprochée ?
La porte extérieure s’ouvrit sur un nouveau participant à la prochaine réunion : Quartmac-Stuffy, « un des quatre » comme il était maintenant coutume de les surnommer dans les couloirs du ministère. Le cerveau de ce petit vieux était une copie de l’esprit de Stuffy, ancien membre des Forces mentales, ancien agent de la princesse Azala et ancien Mutualiste qui avait vécu une sorte de collocation dans l’esprit de Ralato. Les mois passés ensemble avaient transformé les deux Mentaux qui s’étaient rapprochés l’un de l’autre plus intimement que personne. Ralato était devenu sans doute moins renfermé, moins agressif ; Stuffy avait acquis une forme de détachement et son côté impulsif s’était atténué. Mais Monsieur Heir avait réussi à le tuer, les « libérant » l’un de l’autre, d’une certaine manière. La parade avait été de dupliquer cet esprit dans les chimères de remplacement du professeur QuartMac, une ancienne connaissance des Forces mentales et le mentor de Ralato qui serait disparu de ce monde sans cette technique.
Le vieux savant était d’ailleurs retourné à ses recherches, bénéficiant cette fois de moyens sans commune mesure avec ceux dont il avait pu profiter auparavant. Sa nouvelle mission comme scientifique en chef était simple : améliorer à l’infini la puissance des Mentaux et leur intégration aux nouveaux croiseurs de la flotte personnelle du chancelier.
L’ombre de l’un de ces engins géants, survolant la ville, chassa momentanément la lumière et le Quartmac-Stuffy resta quelques secondes pensif, regardant passer le monstre aérien par-delà la fenêtre.
Une nouvelle vague de plaisir, d’un invité mâle cette fois, vint s’écraser sur les barrières des deux Mentaux, les ramenant à la réalité. Stuffy ne put retenir sa surprise :
Encore ? Mais, il ne s’arrête jamais ?
Disons qu’il redécouvre des choses… ou plutôt qu’il profite d’un sentiment de sécurité oublié depuis longtemps, tenta Ralato comme explication. Le soudain appétit sexuel gargantuesque de l’ancien contramiral restait tout de même une énigme, même pour lui.
Je suppose qu’il a toujours été comme cela, oui. Sinon, quoi de neuf au ministère ? demanda Stuffy en s’asseyant aux côtés de son ami.
En quelques semaines, à peine un mois, les Quartmac-Stuffy s’étaient légèrement différenciés les uns des autres. Celui qui remplaçait Alpha (alias Monsieur Heir) à la tête des Mutualistes s’était encore un peu plus endurci, même si les contacts avec ses hommes demeuraient toujours par silhouette et à distance. Sa mission consistait à poursuivre les attentats, tout en les rendant moins meurtriers ; c’était toute une mécanique que de simuler une tension terroriste en limitant au maximum les victimes (par exemple en évacuant moins d’une heure avant).
Pendant ce temps, celui qui dirigeait la communauté souriante devenait de plus en plus philosophe. Il faut préciser qu’il s’était associé avec un assistant de feu Monsieur Heir, un certain Qiānbǐ, et agissait en délégation du pouvoir de Poféus. Apparemment, chez ces gens-là, tuer de ses mains l’ancien dirigeant vous donnait automatiquement des droits régaliens. Donc, désormais, la production de Lithium ou de « Nuage de miel » venait alimenter directement les caisses de l’État. Quant aux conglomérats souriants et leurs puissantes banques, ils obéissaient aux ordres.
Un ministère de la Sécurité qui pilotait les terroristes et un ministère de l’Économie qui dirigeait les conglomérats, tout le nécessaire pour maintenir fermement une société humaine.
Les deux derniers Stuffy collaboraient directement avec Ralato : l’un le remplaçait à la tête des Forces mentales et l’autre voyageait au gré des missions spéciales, quand il ne passait pas en revue les équipages des nouveaux croiseurs. C’était celui-là qui était assis aux côtés de Ralato en ce moment.

Multiples vagues de plaisir.
Cette fois-ci, ils étaient plusieurs et un râle leur parvint. Stuffy reconnut enfin le participant :
Wolf ? J’ignorais qu’il était devenu un intime du chancelier, en tout cas pas à ce point… là ?
Il s’était trouvé à la tête de l’abattement « légal » de la royauté, c’est un malin, comme Poféus. Il a toujours su tirer son épingle du jeu et je ne serais pas étonné que ces deux-là se soient mis d’accord, pour le vote du parlement de la semaine dernière.
Stuffy pouffa doucement, puis se reprit et dit simplement :
Majorité absolue et aucune abstention.
Et nous n’y sommes pour rien, poursuivit Ralato, songeur. Je n’avais dépêché personne pour faire pression sur les parlementaires. Tout cela s’est arrangé en coulisse, d’après mes informations. Wolf profite visiblement des fruits de ses bonnes intuitions.
Président de l’Assemblée parlementaire, seconde place dans la hiérarchie de l’État… Tiens ? C’était le bouquet final, on est en train de se rhabiller, là derrière.
Ralato reçut presque immédiatement le rapport de Fakir et confirma par un petit balayage psychique les propos de son voisin. Seul l’esprit du chancelier était fermé aux pouvoirs des Mentaux, à la suite de l’accident ayant eu lieu lors d’une expérience malheureuse du professeur QuartMac.
Au fait, reprit Stuffy en lui tapotant l’épaule, je n’ai pas eu l’occasion de te féliciter pour ta promotion ! Je l’ai apprise seulement hier, mais enfin bravo, mon vieux ! Colonel, ça gagne bien alors ?
Cafetière et toilettes privées, tu ne peux pas imaginer le luxe.
Et tous deux partirent dans un petit rire enfantin. Les opportunités pour s’amuser leur manquaient ces derniers temps, contrairement au chancelier.


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Vernek Junta entendait les hurlements de Choupa alors qu’il venait seulement de pénétrer sur le pont inférieur au centre de commandement. Les gardiens ne savaient plus que faire, la jeune femme semblait frappée de folie furieuse et rien ne pouvait la calmer. Fort heureusement, on avait installé sa geôle à proximité de la salle principale, de telle sorte que l’on puisse rapidement la faire venir si la nécessité s’en ressentait. Le sort voulut donc que ce soit Junta qui profita de l’idée en premier.
La jeune femme était plaquée au sol, ligotée et paralysée sous le poids de ses trois geôliers, mais cela ne l’empêchait pas de crier sa détresse d’une voix forte. Junta s’étonna d’entendre une telle profondeur de gorge dans un si petit être, mais après tout, commander à des centaines de pirates supposait une certaine puissance vocale.
Que se passe-t-il ? Bon, relevez-la… Madame Choupa, est-il possible que vous vous offriez en spectacle pour…
LAISSEZ-MOI QUITTER CE VAISSEAU, MAINTENANT !
Non, et crier ne servira à…
JE NE VEUX PAS MOURIR AVEC VOUS ! FAITES DEMI-TOUR, OU DONNEZ-MOI UNE NAVETTE, MAIS VITE !
Le politicien ne savait comment la calmer. La pauvre fille paniquait vraiment et, malgré toute la confiance qu’il pouvait avoir en Décembre et ce transporteur, cela le mettait mal à l’aise.
Nous sommes déjà bien avancés dans la zone du Cercle de Khabit et aucun incident, ni même une rencontre avec qui ou quoi que ce soit, ne se sont produits. Peut-être que…
VOUS N’ÊTES PAS PRÊTS ! LORSQU’ILS SERONT LÀ, IL SERA TROP TARD !
Bon, d’accord. Faites venir un membre du personnel médical, on va devoir…

Soudain, un signal retentit dans la coursive, il se répercutait de très loin, sans doute dans tout le vaisseau.
Trois coups, un coup, trois coups.
Une alerte jaune !

« HAAAAAAAAAA ! »
hurla Choupa en tombant à genoux, les yeux grands ouverts, terrifiée. Elle secoua la tête dans une vaine tentative de se soustraire au son martelant ses oreilles. Ses poignets rougissaient sous la tension qu’elle leur imposait contre les menottes. Le summum de la panique.
Junta devait remonter immédiatement en salle de commandement, mais la chef pirate risquait de devenir vite indispensable, elle aussi. Il s’adressa aux gardes tout en s’élançant dans la coursive :
 Faites ce que j’ai dit, mais il faut la calmer, pas l’endormir, okay ? 

Quelques mètres plus loin, le politicien passait un sas quand le signal sonore changea de rythme.
Quatre coups, silence, quatre coups, silence.
Une alerte rouge, le transporteur était-il attaqué ?
Comme pour répondre à sa question, un grondement monta des profondeurs du vaisseau, suivi d’un tremblement qui fit vibrer les cloisons.
Un tir ?

Junta manqua tomber à quelques pas de sa destination lorsqu’une seconde puis une troisième explosion, quasi simultanées, ébranlèrent le transporteur. L’un des coups n’avait pas frappé loin : on ciblait des installations spécifiques. Le sas secondaire de la salle de commandement s’ouvrit devant lui, déversant sur Vernek l’ambiance de stress et d’agitation, teintée de professionnalisme, que l’on pouvait deviner. Décembre donnait ses ordres, les rapports d’avaries pleuvaient tandis qu’on dépêchait les secours sur les zones atteintes. Le lieutenant Gunjral bouscula le politicien en courant d’un poste à l’autre, il énumérait les informations au général.
Pardon, Monsieur ! Général, le spatioport a été partiellement anéanti : la piste de décollage est impraticable et deux chasseurs sont en feu !
Et celle d’urgence ? Je veux nos appareils dehors immédiatement ! hurla Décembre. Tirs de riposte des tourelles quatre et cinq pour…
nouveau tremblement, nouvel impact.
Mon général, les deux tourelles viennent d’être détruites et un nouvel afflux d’énergie arrive… commença Gunjral avant qu’un tir ne les frappe à nouveau.
Cette fois, Transporteur 1 perdit temporairement son assiette et ceux qui ne purent s’accrocher furent déséquilibrés, dont Junta. Gunjral criait déjà son rapport alors que le vaisseau reprenait lentement son aplomb :
On n’a plus de contact avec le spatioport ! La salve était dirigée sur eux !
MERDE ! fit Décembre dans un accès de colère qu’on ne lui connaissait pas. MANŒUVRES DE REPLI, faites-nous sortir d’ici, Lieutenant ! Combien de temps avant qu’on puisse faire un saut ?
Quatre minutes, mais on devrait pouvoir… NOUVEL AFFLUX D’ÉNERGIE DEPUIS L’APPAREIL ENNEMI !
L’intense explosion qui ruina le Compresseur dimensionnel du vaisseau de l’Exode et la violente secousse qui suivit furent accompagnées de plusieurs ruptures de canalisations et d’une surchauffe des calculateurs. Des gerbes d’étincelles illuminèrent plusieurs postes de la grande salle, brulant plus ou moins gravement des opérateurs qui tentaient de limiter les dégâts.

Junta ne réagissait plus depuis une bonne minute, tétanisé sur le sol. Il s’était retrouvé sur le plancher métallique lorsque le transporteur avait perdu sa stabilité et, en se relevant, il l’avait vu : au-delà des grandes verrières blindées, à bâbord, se tenait un croiseur. Un gros, un très gros croiseur. Presque deux fois la taille des géants de l’espace dans lequel l’Exode voyageait, sombre et brillant comme la surface du chasseur qu’ils avaient affronté sur Vegas IV. Les minuscules points éclairés, sans doute des hublots ou des verrières, qui parsemaient ses flancs donnaient une idée de la taille démesurée de la chose qui les attaquait. Mais pire, si cela était possible, Vernek Junta reconnaissait ce monumental vaisseau de guerre. Il l’avait déjà vu, de l’intérieur comme de l’extérieur, lors de la traversée de la Passe de Magellone : c’était l’un des fameux « souvenirs » des artéfacts que les mystérieuses « bulles de temps » avaient ressuscité. Des images avaient été enregistrées à l’époque et les ingénieurs planchaient encore sur ce qu’ils pouvaient tirer comme connaissance de ces engins, mais…
Par tous les dieux, jamais, non jamais Vernek n’avait imaginé se retrouver face à face avec ce monstre.
Le général Décembre cherchait désespérément une issue, sans en trouver. Par dépit, il lança deux ordres coup sur coup :
Envoyez un message codé au reste de l’Exode… … pour qu’ils quittent cette région au plus vite et… signalez notre reddition sur tous les canaux possibles… 
Un minuscule flash de lumière bleue pulsa de l’immense croiseur ennemi et un local adjacent explosa. Le souffle brulant endommagea le sas d’où était sorti Junta et évanouit les derniers espoirs des exodés, au point que Gunjral ne prit même pas la peine de vérifier ses paramètres lorsqu’il fit son rapport :
 C’était… le centre des communications. Ils savent ce que l’on fait, Mon général. Ils nous suivent en direct… ENCORE UN AFFLUX ! 
Vernek ferma les yeux, murmurant cette phrase de Choupa désormais d’une glaçante réalité :
« Vous n’êtes pas prêts. Lorsqu’ils seront là, il sera trop tard… Elle nous avait prévenus. »

*

Les quatre transporteurs qui naviguaient à la lisière du Cercle de Khabit étaient immobilisés, menacés par une vingtaine de croiseurs ennemis. Dès que ces vaisseaux au long fuselage noir et brillant étaient apparus, plusieurs salves d’une sorte de faisceau d’énergie bleu avaient frappé les spatioports, les tourelles de défense et les centres de communications des appareils de l’Exode. Ces engins de guerre n’imposaient pas autant que celui, unique, qui attaquait le premier groupe ; ils ne représentaient, chacun, qu’un petit quart d’un transporteur, mais leur nombre comblait largement ce handicap.
La vitesse de l’attaque avait autant surpris Sterling-Price… que son brusque arrêt : ces êtres avaient parfaitement paralysé les transporteurs, mais ne cherchaient pas (encore) à les détruire. Preuve en était qu’ils tournaient désormais autour du convoi des exodés, tels des faucons prêts à fondre sur leur proie. Que désiraient-ils vraiment ? Le colonel décida de lancer les préparatifs d’une possible contrattaque.
Allumer le laser de communication, nous allons tenter la même approche que lors de l’attaque pirate et contacter les autres appareils. Tristo, travaillez avec les gens des transmissions et cherchez un moyen de pénétrer leurs systèmes.
B… bien, m’sieur ! répondit le jeune informaticien de génie.
Il se dirigeait vers les opérateurs en question, lorsqu’un des croiseurs tira une salve qui réduisit en tôles fumantes le dôme supérieur et son laser, à quelques dizaines de mètres du centre de commandement. Le colonel Sterling-Price comprit immédiatement et avertit son équipage :
Messieurs, ils nous entendent d’une manière ou d’une autre. Prenez vos précautions.
Quoi ? Mais… heu, comment peuvent-ils faire çà ? s’inquiéta Edmund Tristo, un début de panique dans la voix.
Aucune idée. Dans ces cas-là, il faut imaginer le pire, mon garçon. Des Mentaux très puissants, peut-être ?
Hein ? Mais… mais on est foutu !
Chantez ou jouez de la musique tout en travaillant. Cela brouillera un peu vos pensées et tout système d’écoute. C’est un vieux truc de militaire… conseilla le colonel avec un soupçon de sourire.
Et joignant le geste à la parole, il fredonna, de plus en plus fort, une ancienne comptine, tout en s’interrogeant sur ce qui pouvait bien retenir leurs ennemis de les anéantir sur-le-champ.

*

Parlement psychique Nalcoēhual
Extension de la réunion d’urgence en niveau deux.

Parlementaire Ci’chi, représentante de la caste minoritaire « divers bas »
Au nom de la caste minoritaire des divers bas et en vertu de l’article deux-cent-trente-sept, alinéa quatre de notre constitution, je dépose une motion de consultation stratégique prioritaire. Elle concerne le sujet de cette réunion, soit l’arrivée de ces humains sur un territoire que nous contrôlons. En attendant que le Conseil en Stratégie de cette assemblée statue sur leur devenir, toute opération en cours doit être suspendue jusqu’à nouvel ordre ! J’insiste pour que cela soit transmis immédiatement à l’état-major et aux responsables de l’attaque.

Application de l’article deux-cent-trente-sept alinéa quatre. Le parlement devra réunir le Conseil en Stratégie sous trois unités horaires et proposer son analyse de la situation.
Ordre est désormais transmis aux forces Nalcoēhual d’interrompre séance tenante l’opération « Foudre et Cendres ».


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« Bienvenue sur Transporteur 2, Aurora ! »
Encore perturbée de sa brouille avec Azala, Aurora découvrit avec surprise la sœur du politicien Junta habillée en tenue civile, l’accueillant d’un sourire charmeur dès l’atterrissage de la navette.
« Il ne manque plus que de jeunes enfants avec des colliers de fleurs », pensa-t-elle.
En réponse de quoi, elle eut droit à… une bise sur la joue par la gradée face à elle. Onawane semblait très différente de la stricte officière habituée aux états-majors. Ici, on avait presque la sensation qu’une amie vous invitait à un lèche-vitrine et un chocolat chaud en centre-ville. Aurora se demanda s’il ne fallait pas immédiatement rompre avec cette fantaisie, puis se ravisa : c’était un jeu, un moment où la commandante Benkana pourrait se mettre au repos et elle en avait bien besoin.
Qu’Azala disparaisse un peu de ses pensées, si cela devait passer par un théâtre de fausse amitié avec Onawane, qu’il en soit ainsi !
Accompagnées de deux gardes discrets, les deux femmes parcoururent donc le transporteur en visite privée. Certes, elles ne firent que le tour des infrastructures accueillant les exodés des autres vaisseaux, cela ne représenta qu’une petite partie de la promenade. Aurora nota au passage quelques bonnes idées pour partager des surfaces plus efficacement dans la cité intérieure et un système de tickets de couleurs permettant un accès prioritaire suivant les conditions familiales. Le regard de ces exodés démontrait un réel respect pour sa personne, voire de la gratitude pour certains dont le corps portait les stigmates de la première bataille contre les pirates du sénéchal Petrovach. Elles évitaient soigneusement certains passages peu fréquentés, non pas pour quelques risques, mais à cause des traces encore visibles des violents combats. Onawane avait su appliquer ses idées libérales d’une manière originale qui n’était pas sans rappeler certaines pratiques de Sterling-Price dans sa baronnie. Que l’on apprécie ou pas ces concepts, le résultat demeurait tangible et vivre sur Transporteur 2 ne semblait pas si mal, en fin de compte.
Mais Onawane lui réservait d’autres surprises et elle eut le droit à… un magasin de chaussure où elle put tester plusieurs paires, attendant son tour à l’essayage comme tout le monde. L’ancienne rebelle porta son choix sur des sandales brodées bleues lui rappelant son enfance, Onawane prit la note sur ses fournitures personnelles. D’habitude, ce genre de moments plutôt prisés du sexe faible représentait une épreuve de patience où Aurora puisait dans ses ressources pour ne pas hurler. C’était également le cas aujourd’hui, mais à la différence qu’Onawane se révélait une hôte des plus courtoises, voire intéressantes et même… des plus séduisantes. Ses remarques étaient souvent précises, posées et surtout elle lançait des traits d’humour sans discontinuer, améliorant sensiblement l’humeur de la commandante de Transporteur 7.
À un moment de la grande ballade, à l’intérieur d’un transport tubulaire, Aurora eut la surprise de sentir le bras de son hôte se glisser sous le sien. Onawane lui offrit son beau sourire comme réponse à la question non formulée.
Onawane…
Quel était son prénom en fait ?
Maeve. Onawane c’est le nom de mon ex-mari, mais je l’ai gardé par… on dira pour retenir la leçon.
Pardon ? se surprit à réagir Aurora. Elle venait presque d’en lâcher ce délicieux praliné, offert par un pâtissier prisé de la cité intérieure. Que tu aies été mariée, c’est une chose, mais garder le nom de famille après, je ne comprends pas.
Je l’ai abattu alors qu’il tentait de s’enfuir avec des documents confidentiels. C’est ma manière d’expier mon… mon péché.
Benkana resta sans voix une poignée de secondes, découvrant brutalement que sa vis à vis avait également une existence passée, pas forcément rose. Tuer son mari dans le cadre de ses fonctions ? Comment ? Péché ? Onawane était-elle pieuse ?
Maeve poursuivit, tout en signalant au serveur un second duo de chocolats chauds :
Quand notre père fut assassiné par les dirigeants corrompus de la banque Maha’dong, Vernek et moi avons pris du recul, chacun de notre côté. J’en vins à douter de moi-même, de la société, de l’armée… En fait, j’avoue avoir connu un passage à vide. Et cet homme, Pepeto comme il s’appelait, me tentait de ses charmes depuis longtemps. Alors un soir, puis une semaine… puis des vacances et une demande en mariage plus tard nous fumes liés et je devins « Onawane ». Mais ce n’était pas moi qu’il désirait, c’était mes accès aux états-majors et aux plans de certaines armes derniers cris, qu’il comptait revendre au plus offrant. Voilà.
Pepeto… un Nordiste ? réagi Benkana, levant un sourcil interrogateur.
Oui, un Nordiste. Mais cette culture est passionnante en elle-même je trouve. Rude, mais droite, je pourrais en parler des heures en toutes sortes de termes. Ils sont contradictoires sur bien des points, mais, à la fin, ils font souvent les bons choix.
Mon père aussi a été assassiné par la petite amie d’un héros de la révolution que je n’ai pas eu le courage de tuer de mes propres mains, quand j’en ai eu l’occasion, rebondit Aurora. Si l’heure était aux confidences, autant entrer dans ce domaine plus intime, d’autant que la proximité avec Maeve l’avait mise en confiance.
La responsable de Transporteur 2 observa quelques secondes son invitée, comme si elle se retenait de lui parler de quelque chose…
Oui, cette histoire est bien connue et elle a valu à Phil Goud et Adénor Kérichi une sorte d’aura mystique qui me dépasse. Mais, sur le fond, la mort de Kérichi n’aurait rien changé, n’est-ce pas ?
Non et c’est bien pour cela qu’elle vit encore, répondit tranquillement Aurora. Nos deux pères ont eu des fins tragiques. C’est pour cela que tu as choisi l’exode ?
Et la discussion se poursuivit, accumulant anecdotes, décisions de vie et pralinés. Laquelle des deux profitait de ce moment pour entrouvrir les portes de son âme ? Les deux semblaient l’assumer également, progressant toujours un peu plus dans la découverte de l’autre. Tel un rideau qui venait de se retirer d’entre deux miroirs, les commandantes des transporteurs se renvoyaient leurs propres reflets à en toucher un infini illusoire.

Bras dessus bras dessous, elles se retrouvèrent tard, suivant le système du protocole horaire sur l’Exode, face au sas de la navette de Benkana. Elles se firent la bise et se promirent d’organiser un après-midi sur Transporteur 7, où Aurora se faisait fort de l’inviter à son tour dans un excellent restaurant qui…
… les lèvres de Maeve Onawane se retrouvèrent caressant les siennes l’espace de quelques secondes. Aurora ne réagit pas, mais ne la repoussa pas, à la fois surprise et… attentive.
L’instant dura, puis dura encore… puis elles s’écartèrent.
Les deux femmes restèrent immobiles l’une face à l’autre, silencieuses. Ce fut Aurora Benkana qui se saisit du col de Maeve pour la rapprocher à nouveau et, cette fois, offrir au nouveau couple un vrai baiser passionné qui dura, lui, un certain temps.
Pudiques, les gardes du corps s’étaient retournés, fusillant du regard tout passant ou docker qui semblait s’intéresser à ce que faisaient les deux femmes.

*

Parlement psychique Nalcoēhual
Réunion d’urgence en niveau deux (seconde partie)

Parlementaire Loxa, représentante de la caste « extrême haut »
Mes amis parlementaires de tous bords. Je m’adresse à vous non pas en tant que représentante d’une caste ou d’un mouvement de pensée, mais en tant que femelle, pilier de mon clan. Je ne sais comment dire à quel point les réactions complaisantes, dois-je parler de frileuses, de certains membres de cette glorieuse assemblée me font encore plus frémir que la présence, si proche de nous… par le divin, ils sont si proches… de NOS BOURREAUX. Viennent-ils finir le travail ? Passent-ils innocemment en quête d’un quelconque butin ?
MAIS DE QUEL DROIT METTONS-NOUS NOS ENFANTS EN DANGER ? La caste des hermaphrodites parle en leur nom, je suis une mère et je suis d’accord avec eux.
Nous ne sommes pas ici pour débattre de possibles relations commerciales avec Ragnvald, mais de laisser des hordes connues d’une espèce particulièrement nocive instaurer leur loi chez nous, pratiquer leurs rites devant nous et… NOUS ÉRADIQUER, COMME ILS L’ONT TOUJOURS FAIT. Je refuse qu’une quelconque naïveté ou peur nous conduise à risquer l’existence de ce que, moi femelle de mon clan, j’ai de plus cher.
Honorables membres de ce parlement, vous représentez les castes qui composent notre peuple, alors faites ce qu’il exige : ÉRADIQUEZ LA MENACE, MAINTENANT !

Vote à la majorité psychique.
Quarante-et-une voix pour et vingt-neuf contre.

Le parlement Nalcoēhual, au terme de la réunion consacrée à l’arrivée d’un appareil de fort tonnage d’origine humaine à l’intérieur de nos frontières, acte pour une intervention « Foudre et Cendres ».
Résolution numéro 643-18 du deux-cent-douzième cycle.


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RedU T1 Ch22 Ep03

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« C’est inadmissible ! Pernov représente la quintessence de ce qu’il y a de plus mauvais et d’impitoyable dans la culture nordiste ! Et pire encore, tu mets délibérément tout notre transporteur sous la coupe d’une seule et unique communauté, là où j’essaye depuis des mois de maintenir un équilibre entre chacune !
Mais comment… comment as-tu pu prendre une telle décision, sans même me consulter ? »
Azala ne décolérait pas, comme prévu. Le sang lui montait à la tête sous l’effet de son emportement et rougissait ses adorables joues. Aurora souffrait d’avoir été dans l’obligation de lui annoncer maintenant cette nouvelle : la princesse était visiblement dans des dispositions plus conciliantes que d’habitude et la robe de fine mousseline qu’elle portait ne dissimulait pas grand-chose de son anatomie.
Malheureusement, repousser l’annonce de la nomination d’Antonio Pernov n’aurait fait qu’exacerber sa réaction, voir plus si Azala l’avait apprise ailleurs.
Je n’avais pas à le faire, c’est tout… répondit-elle, un peu trop sèchement. Mais, surtout, je savais que tu allais tout tenter pour m’en empêcher, donc j’ai préféré te mettre devant le fait accompli, voilà.
Aurora… cette communauté a été jusqu’à te manipuler pour que tu abattes Phil Goud et sa compagne et dissimuler ainsi le secret de leurs caches d’armes. Ces mêmes Nordistes qui n’ont eu de cesse que de ralentir et mettre des entraves aux tentatives de mixage de populations que nous avions appliquées, tu te souviens, n’est-ce pas ? Tu avais trouvé la décision intéressante et nous avions accepté de…
C’était avant l’attaque pirate. Ces armes nous ont sauvés et l’aide des Nordistes y fut déterminante. Ce que tu sous-entends comme sauvagerie n’était qu’une réponse à celle de nos ennemis et la population du transporteur ne s’en est pas plainte… bien au contraire, je devrais même dire. Ils sont considérés comme des héros.
Je sais, dit Azala, un soupçon de peine traversant son regard. On me reproche bien assez de n’être pas descendue au cœur de la bataille alors que je m’évertuais à coordonner la défense du vaisseau.
Arrête. Ces accusations sont bien sûr injustes et je ne les ai jamais cautionnées.
Aurora ne savait comment renouer avec Azala, relancer la fougue de leur amour. Si la princesse et elle différaient de vision sur la tenue du transporteur et des exodés, elles réussissaient toujours à voir au-delà et placer leur relation comme le socle inamovible qui les unissait. Mais l’épreuve du feu était passée par là et elles avaient souffert dans leur âme comme Transporteur 7 dans son corps.
Azala ne connaissait que la commandante Benkana « guerrière », elle n’avait jamais côtoyé que la femme forte et patinée par la vie de rebelle, l’ancienne combattante organisatrice du quotidien en temps de paix. L’alliance avec les Nordistes représentait avant tout un acte de politique intérieure dont les indices d’efficacité ne manquaient pas. La gestion des innombrables prisonniers s’était déroulée dans un calme remarquable jusqu’à ce que les membres du Conseil de l’Exode viennent y mettre leur grain de sel. Aurora savait de source sure que la situation avait bien dans les derniers temps précédents la libération des prisonniers. Les pirates étaient devenus exigeants et mutins au point qu’on avait dû, dans certaines parties des transporteurs, refaire appel aux Nordistes.
Pernov lui avait confirmé l’information et elle avait confiance en cet homme, aussi dur et impitoyable fût-il. Sa nomination, en tant que second, en était d’ailleurs une preuve supplémentaire et c’était cela qu’Azala ne pouvait supporter : sa partenaire montrait publiquement sa préférence à une autre ligne que la sienne. La princesse reprit la parole, exposant un nouvel argument qui surprit Aurora :
Pourquoi m’as-tu disqualifiée pour faire partie du groupe de négociations avec les habitants de Khabit ? Tu détestes, à juste titre, Junta et pourtant c’est lui qui représentera l’Exode dans les pourparlers. Est-ce que c’est ton nouveau chevalier nordiste qui t’a soufflé cette grande idée ?
Quoi ? Mais… mais cette mission est longue et périlleuse. J’ai… j’ai préféré t’avoir à mes côtés pour…
… pour baiser ! Parce que, soyons clair : madame Benkana est en manque et elle voudrait bien un moment sympathique avec sa petite princesse de la chambre du fond !
Alors là, c’était totalement injuste. La tenue d’Azala démontrait combien, elle aussi, désirait renouer avec son amante, mais sous le coup de la nouvelle, elle replongeait dans une colère noire et s’éloignait à nouveau. Aurora se concentra sur les seins de la jeune femme qui pointaient sous la robe de mousseline, résultat de l’augmentation de la tension et du frottement du tissu sur les parties sensibles.
Une expiration profonde… ne pas écouter les paroles de colère… ne ressentir que les choses agréables comme ce désir…
Azala, s’il te plait, réussit-elle à prononcer d’un calme olympien. Je ne cherchais pas à te punir ou te faire du mal, juste à te protéger. Eh oui, j’ai maladroitement pensé à relancer… à nous retrouver. Le voyage s’annonçait long et…
… tu as pensé toute seule pour nous deux, simplement. Tu n’as pas été mieux que ces princes, du temps de la royauté, qui voyaient en moi un instrument de pouvoir doublé d’un bonus sexuel.
L’autre resta pétrifiée quand la jeune femme glissa lentement jusqu’à quelques centimètres de son visage, ondulant des hanches, son parfum tournant les sens, les yeux plus aguicheurs que jamais. Elle posa un doigt sur la nuque d’Aurora, le laissant effleurer la peau. Elle lança alors, d’une voix froide dissimulant mal sa colère :
« La prochaine fois que tu voudras que « l’on se retrouve » apprend à montrer plus de respect qu’un soudard nordiste ! »
Sur un geste précis de son ongle, elle entailla le cou de Benkana et s’esquiva rapidement. Aurora pensa la rattraper, mais la jeune princesse était tellement énervée qu’elle pouvait ordonner à Melba de mettre la commandante à terre. De l’autre côté de la porte, le regard de la garde du corps ne laissait d’ailleurs que peu de doute quant à l’entrain avec lequel elle aurait exécuté l’ordre. Melba aida sa maitresse à enfiler sa veste et referma derrière elles.

Une petite sensation de dédoublement, puis un retour à la normale. Le transporteur venait d’effectuer un nouveau saut de puce.
Aurora n’avait pas le cœur brisé, non, mais elle se sentait bêtement abandonnée. Terriblement seule.
Comment se pouvait-il qu’une femme comme elle puisse se sentir… seule ? Cette sensation s’était distillée lentement, elle avait commencé un peu avant l’attaque pirate, et ne s’était qu’amplifiée jusqu’à maintenant.
Si la commandante Benkana avait droit à une vie, Aurora, elle, n’avait que les miettes, les conséquences des choix de la première. Elle pourrait quand même courir après Azala, lui dire qu’elle regrettait, qu’en fait la nomination de Pernov n’était pas définitive, qu’elle l’intègrerait plus à ses décisions à l’avenir, que…

Elle s’approcha d’un fauteuil et s’assit, face au grand hublot, laissant le calme absolu du firmament étoilé la vider de ses émotions. D’un geste, Aurora confirma que la coupure à sa nuque cicatrisait déjà, la seule petite goute de sang séché put s’effacer avec le pouce et un peu de salive.

Qu’allait-elle faire maintenant ?
Un signal retentit. On lui rappelait son rendez-vous avec la lieutenante-colonelle Onawane. Cette promenade pour se changer les idées ne pouvait mieux tomber.


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