Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch21 Ep03

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Une dizaine de corps gisaient alignés, empaquetés dans des sacs mortuaires. L’aspirante mentale Fakir vérifia une nouvelle fois l’identité de chaque cadavre avec sa liste, énumérant consciencieusement les numéros d’identification et les comparant, un à un. Les blessés les plus graves étaient déjà partis en orthoptère et, d’après les dernières informations, ils s’en sortiraient presque tous. Il s’agissait surtout des tireurs et des gardes répartis dans la forêt, ils avaient été soufflés avec elle. Le petite femme resta quelques secondes pensive devant l’alignement morbide, ses cheveux bruns mi-long ondulaient doucement dans la brise venue du sud.
Mais assez rêvé : on l’avait entrainée à ce genre de situation et c’était l’heure du rapport des fouilles. Sur le chemin de la grande tente blanche où l’on donnait les premiers soins, elle activa son communicateur. À une centaine de mètres de là, les excavatrices poursuivaient avec précautions leur travail dans le cratère, creusant et dégageant les gravas à la recherche des dernières personnes manquantes. On entendait les chiens des secouristes aboyer de temps en temps, noyés dans la poussière de béton omniprésente. Parmi les absents, le plus important était évidemment dans tous les esprits : le contramiral Poféus.
Ici Fakir, des nouvelles ?
Rien de neuf, mais nos senseurs sont bloqués par la dalle sous la résidence. Seul détail certain, un nouveau corps apparait à moitié en radiométrie, çà lui est tombé dessus, on sera sur lui dans… oui ? Et c’est… ? Bon, je viens… Excusez-moi, on me signale une sorte de faille dans le béton, je vais voir.
Parfait, tenez-moi au courant.
L’aspirante entrait sous la tente improvisée, se préparant à mettre à jour une seconde liste lorsque son communicateur vibra à nouveau.
Fakir.
Madame, venez vite ! C’est incroyable, on a un survivant ! Il répond aux coups sur les barres de soutien, on met tout le monde dessus !
J’arrive !
Elle n’osait y croire. Dans la résidence, personne n’avait survécu, c’était le centre de l’impact : le Lithium s’y était enflammé à des températures de plusieurs centaines de milliers de degrés, fondant la pierre. Un survivant, là-dedans ?
Elle enjamba plusieurs blocs moulés expulsés de leurs sculptures et descendit dans le cratère en direction des excavatrices. Presque tous les ouvriers s’étaient regroupés derrière une des machines et celle-ci levait lentement son puissant bras mécanique pour soulever une portion de dalle. Fakir manqua de glisser par deux fois, puis arriva enfin à la hauteur du chef de chantier. On la laissa passer et elle put contempler la scène.
Au milieu des chiens qui aboyaient, on extirpait de sous les décombres un des gardes, la tête broyée, mais le corps intact. Elle soupira :
Une fausse alerte…
Nan, Madame. Les coups viennent de derrière lui. Regardez la dalle, elle est à moitié fondue, un mètre cinquante de béton armé ! Sous l’impact, deux pans entiers se sont superposés et ce garde était une cinquantaine de centimètres trop en avant, il a reçu la partie avant qui… Écoutez !

Dong, dong…
Des coups résonnèrent le long d’un morceau de canalisation. À quelques mètres, un ouvrier répondit avec une grosse pierre sur le métal. Le chef de chantier motiva ses troupes, l’heure n’était pas à la contemplation.
Allez-y ! Douuuucement, tout doucement… Là, un bras qui bouge ! Il est couvert de poussière, mais il remue !
C’est une main âgée. Il n’y avait pas beaucoup de gens âgés parmi ceux qui étaient présents lors de l’attentat.
nota l’aspirante, emplie d’un nouvel espoir. On tira lentement la personne, rien ne semblait la retenir. Se pourrait-il qu’aucun membre n’ait été meurtri ?
Le contramiral Poféus inspira une immense bouffée d’oxygène quand on le sortit enfin entièrement de son abri de fortune. On le fit assoir et deux médecins l’examinèrent sommairement, vérifiant ses réflexes musculaires, l’intégrité de son squelette, sa tension…
L’aspirante Fakir apporta un verre d’eau tandis qu’on mettait une couverture sur les épaules du ministre. Il ne présentait que quelques blessures superficielles, mais un bilan complémentaire allait suivre sous l'abri. On l’installa avec précaution sur une civière, portée par deux infirmiers bien bâtis. Fakir n’eut pas besoin de sa formation de Mentale pour noter le respect visible des secouristes pour cet homme revenu de l’enfer. Ils étaient impressionnés et elle-même ressentait une certaine fierté de travailler sous les ordres de cet indéfectible survivant. Sur le chemin, elle put recueillir le premier mot que son chef prononça :
C… Caland.. Cal..
Amiral, ne forcez pas, il faut vous reposer.
CAL… CALANDE !
Je pourrai vous présenter un bilan sommaire quand vous serez…
OÙ EST… ELLE ?


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RedU T1 Ch21 Ep02

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Le lieu présentait l’apparence d’une salle de cinéma ordinaire à laquelle on aurait retiré la moitié des places. Les paliers étaient plus larges, les fauteuils plus confortables et équipés de plateaux individuels et de communicateurs.
Ralato pénétra en courant parmi les derniers, il suivait ainsi les consignes de Stuffy. D’un balayage mental rapide, il confirma que les deux Mutualistes du balcon supérieur venaient d’être abattus, tandis qu'il enjambait les corps de trois preneurs d’otage en se dirigeant vers les ministres attachés à leurs sièges.
Le silence était retombé dans la salle. Les cris et les sommations, les sifflements étouffés des tirs… il ne restait plus qu’un léger fumet de poudre flottant en certains endroits. Une intervention rapide et efficace.
« Contactez les troupes, ambulanciers et milice, et passez-moi cet endroit au crible. Je veux un maximum d’indices sur la méthode qu’ont employé ces gars pour arriver jusqu’ici ! »
ordonna Ralato d’une pensée.
Il s’approcha du président du Conseil. Pas besoin d’échanger plus d'un regard avec les commandos qui l’avait précédé : le vieil homme était mort, cérébralement parlant. La tête penchée en avant, les yeux ouverts, de la bave coulait de sa bouche béante… mais le cœur battait encore.
Les Mentaux apprenaient, dès leur première année d’université, qu’un corps pouvait vivre plusieurs heures, voir plusieurs jours pour les plus résistants alors que l’esprit était mort. On « brulait », il n’y avait pas d’autres mots, les parties supérieures, conscientes et inconscientes, du cerveau d’une très forte attaque psychique. Les ultimes fonctions reptiliennes commandant les réflexes nerveux, telles la respiration ou l’adaptation des pupilles à la lumière, pouvaient être épargnées et le système digestif conservait encore un temps sa propre entropie. Vu aux infrarouges et aux balayages mentaux, il était impossible de deviner le stratagème sans un encéphalogramme (ou une certaine expérience, comme ici). Stuffy constata d’une voix amère :
Et il n’est pas le seul, regarde les autres… Tous grillés. Saloperie, on est arrivé trop tard.
Heir a toujours ses boucliers levés et il n’y a qu’un groupe de Mentaux de haut vol qui peut réussir une telle série de décérébration.
Il est là-bas, déjà sous surveillance.
Deux hommes se tenaient à distance du politicien, doigt sur la gâchette. La consigne était de ne pas le quitter du regard, barrières psychiques levées comme il se doit pour une intervention des Forces Mentales. C’était les ordres directs de Ralato, qui ne faisait pas confiance à ce membre du conseil.
Le lieutenant s’approcha. L’homme semblait dormir, mais ses boucliers levés, il n’était pas possible d’en avoir la certitude. Stuffy vérifia ce qui pouvait l’être puis, à une série de mouvements subtils de l’otage, résuma son analyse :
« Il se réveille, on dirait qu’il est épuisé. Peut-être le résultat de sa résistance à une attaque extérieure ? »
De fait, Heir entrouvrit les paupières et grommela quelque chose, les yeux révulsés. D’instinct, Ralato s’approcha pour recueillir les propos, inintelligibles de loin.
R… Rala… o… aah…
Oui, Monsieur ?
Je… suis… haa… arght…
Vous êtes quoi ? Dites-le-moi, allez-y. Vous êtes en sécurité maintenant.
Je suis plus en sécurité que toi, lieutenant Ralato !
Une onde psychique d’une violence inouïe frappa tous les membres du commando mental. Instantanément, des pans de contreplaqué s’abattirent sous le grand écran de projection et quatre Mutualistes sortirent de derrière le faux mur en ouvrant le feu. Les premiers soldats, dont ceux entourant Heir, furent fauchés avant même d’avoir compris ce qu’il leur arrivait.
« DES MUTUALISTES MENTAUX ! À terre ! »
hurla Stuffy. Brusquement, Heir rompit ses liens et plaqua son front contre celui du lieutenant. Celui-ci n’eut pas le temps de repousser son assaillant qui lui fixa quelque chose sur la nuque. Immédiatement, une décharge électrique vrilla le crâne de Ralato, tandis que Heir, ressentant probablement aussi une partie du courant, écartait largement les paupières, le regard fou à la limite du mystique peint sur son visage.
Des tirs de ripostes commencèrent pourtant à fuser du côté des Forces Mentales. Malgré l’intensité de l’attaque en cours, l’entrainement de ces soldats d’élite reprenait le dessus et un des Mutualistes fut touché par une rafale. Les boucliers se renforçaient, le feu répondait au feu, une contrattaque psychique permit même de désorienter un second Mutualiste, réduisant l’intensité de l’onde.
Heir sortit de derrière lui plusieurs grenades fumigènes paralysantes qu’il lança autour de lui, d’un geste sûr. Les flashs aveuglèrent les membres du commando qui n’avaient pas protégé leurs yeux et leurs tympans. Il fit basculer le corps inerte de Ralato sur son épaule en envoyant ses ordres et tenta de gagner du temps en augmentant la pression psychique pour combler celle de ses hommes tombés.
Un des deux survivants du groupe le rejoignit et l’aida à soulever le lieutenant, tandis que l’autre faisait sauter, avec un pied-de-biche, un pan de contreplaqué à l’extrémité de la rangée. Elle dissimulait une large trappe. Le Mutualiste sortit de ses poches plusieurs appareils qui tenaient dans le creux de sa main. À peine posés contre la paroi, de petites pattes se déplièrent et les araignées, porteuses de charges infinitésimales d’antimatière, sautèrent par l’ouverture. Elles dégageraient le passage de manière sure et silencieuse en désintégrant tout obstacle.
Heir et le second Mutualiste le rejoignirent, courbant la tête pour éviter les balles sifflantes. Loin de faire feu au jugé, les commandos de Mentaux utilisaient les sources de l’onde psychique qui les frappait comme cible, ignorant la présence de leur lieutenant dans le groupe : il n’était pas conscient et les fumigènes bloquaient la vue des tireurs. Mais de nombreuses signatures approchaient déjà ; une nouvelle vague de soldats mentaux et toute la sécurité accouraient, répondant aux appels.
Heir sauta le premier dans le conduit de service, serrant Ralato, aidé du second Mutualiste. Le troisième reçut deux balles dans le torse, il s’effondra contre l’ouverture. Dans un dernier geste, l’homme brisa une grosse capsule de verre contre la paroi. Une mousse ocre à prise rapide gonfla instantanément autour de lui, l’écrasant sous la pression, mais bloquant également la trappe de service sous plusieurs mètres cubes d’une matière chimique, solide comme le roc.
La découverte de la disparition de leur chef motiva d’autant les troupes mentales et, moins d’une trentaine de secondes plus tard, les survivants de l’assaut transmettaient les informations utiles à leurs collègues du rez-de-chaussée. Celui-ci étant effondré à la suite de la première explosion, aucun accès au conduit de service n’était malheureusement possible. Quelques minutes furent nécessaires pour saisir le plan ennemi et une demi-heure plus tard, on découvrit que les araignées chargées d’antimatière avaient creusé un passage jusqu'à la voute supérieure de l’égout circulant sous le palais. Deux miliciens qui patrouillaient à proximité furent retrouvés, froidement abattus, et le tunnel débouchait sur le réseau inextricable des eaux usées de MaterOne. La piste, si on arrivait à la trouver, ne permettrait plus de rattraper les terroristes.
Une fois de plus et au prix de lourdes pertes, si l’on comptait la filature originelle et l’assaut, les Mutualistes parvenaient à leurs fins. Le Conseil de la Révolution était anéanti et le lieutenant Ralato, dernière autorité de l’état de MaterOne, venait d’être enlevé.


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RedU T1 Ch21 Ep01

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Palais de la Révolution,
Soixante-quatorzième étage,
Quatrième heure après le début de la prise d’otage.

La vis de la grille d’aération se déforma soudain et disparu, sans avoir eu le temps de tomber sur le tapis du petit couloir. Ses quatre congénères subirent le même sort et une main invisible fit disparaitre la grille à l’intérieur du conduit.
Deux sphères de quelques centimètres de diamètre sortirent de l’ouverture en flottant et chacune vint se placer à quelques mètres de là, contre deux caméras de surveillance. Elles prirent le contrôle des appareils, en capturèrent les images durant quelques minutes, puis les réémirent en boucle. Les preneurs d’otage branchés sur le circuit vidéo ne verraient rien de ce qui allait suivre.
Une tête en combinaison noire, lunettes de vision nocturne sur les yeux, se laissa descendre lentement, arme automatique en main. Il regarda à droite puis à gauche. Ayant confirmation de son précédent balayage mental, et de l’absence de témoin, le commando tira deux balles sur la petite console enfoncée dans le mur; elle rendit l’âme dans un crépitement d’étincelles plus silencieusement que le souffle des deux tirs.
À l’autre extrémité du couloir, près des verrières, une forme noire équipée de ventouses se matérialisa sur le panorama de MaterOne Centrum. Avec un diamant, elle découpa une ouverture circulaire, retira le morceau de verre et passa la main pour déverrouiller le mécanisme de la fenêtre qui se débloqua en douceur.
Dans les trois minutes qui suivirent, quatorze commandos des forces mentales envahirent le couloir, sécurisant cette partie du niveau.
L’un des soldats présentait une ligne blanche cousue sur l’épaulette. C’était vers lui que les regards se tournaient, mais aucun son n’était échangé : chez les Mentaux, la communication orale ou même gestuelle était inutile. Le lieutenant Ralato fit le point avec ses hommes, confirmant la première phase de l’opération :
« Caméras hors service, sécurité des fenêtres et lasers au sol désengagés. Formez les deux groupes, rendez-vous aux deux extrémités de la salle. Bonne chance à tous ! »
Les relevés radars et infrarouges donnaient une image précise de la situation. On avait regroupé les otages dans la grande salle de projection de ce niveau. C’est donc là que les commandos allaient frapper, de plusieurs endroits, mentalement et physiquement. Même des Mutualistes, peut-être immortels (dans le sens qu'ils profitaient d'une technologie du savant Quartmac permettant de répliquer leurs corps et leurs esprits à l’infini), ne pouvaient résister à ce genre d’attaque. Plus ce serait rapide, moins on risquerait de perdre des otages.
Alors que les sept hommes progressaient le long des couloirs, déployant les sphères de blocage vidéo, neutralisant les appareils de la sécurité, Stuffy, l’ancien ami prisonnier dans l’esprit de Ralato, intervint :
Je sais que je vais rabâcher des évidences. Mais, non seulement, s’ils sont réellement des professionnels immortels, ils ont surement placé des pièges sur le chemin qui mène aux otages, on doit, en plus, considérer qu’ils ont peut-être des Mentaux avec eux.
Et si Heir est derrière tout cela, notre présence ne peut pas lui avoir échappé,
répondit Ralato, un genou à terre, couvrant l’avancée de ses hommes.
Stuffy ne dit rien, se concentrant sur son balayage mental. Il lança l’alerte en premier, les autres hommes réagirent de leur côté quelques secondes plus tard.
« Deux Mutualistes en approche. Ils sont sur leur garde, mais ne se doutent de rien. »
Ralato transmit ses ordres, préparant la réception. À peine le coude du couloir passé, les deux hommes chancelèrent sous plusieurs attaques psychiques et le lieutenant, assisté de deux autres tireurs, les acheva de plusieurs balles. Ils s’effondrèrent dans les bras des commandos qui les entassèrent dans un local de service, désactivant leurs communicateurs. La neutralisation n’avait duré que quelques secondes, mais d’ici peu on allait se rendre compte de l’absence des deux gardes. Il fallait presser le pas.
D’un point de vue stratégique, c’est quand même osé. Alors qu’en bas, ils tentent de contacter les preneurs d’otage, nous, on est déjà à l’action. Même pas peur de blesser un otage !
On n’obtiendra rien des Mutualistes, tu le sais bien.
répondit Ralato, pragmatique. Il poursuivit :
Quant à l’importance des ministres, Heir peut bien y rester, je m’en moque. Le président va démissionner dès l’élection du Chancelier suprême et les autres sont remplaçables,
On est toujours sans nouvelle de l’attentat sur la résidence de Poféus. Sans lui, ni Heir, ni le président, il ne restera qu’un homme fort sur MaterOne. Et c’est toi.
J’espère ne pas en arriver là.
Ils approchaient de leur objectif. C’était la sortie de secours de la salle de projection, l’autre groupe allait se présenter sur l’estrade surélevée et l’assaut serait donné. Déjà, des Mentaux repéraient les emplacements des protagonistes sur un plan, l’image serait transmise à tous une fois complétée. Stuffy et Ralato surveillaient les alentours à la recherche d’une présence inopportune.
N’empêche, mon Ralato, tu sais que je ne rechigne pas à l’action. Mais on parle quand même de la tête de l’humanité ! S’il ne reste que toi, ce serait dommage qu’une méchante balle mette fin à ta carrière de chancelier suprême, non ? Restons au moins en arrière.
Personne ne pourra dire que j’ai profité de l’occasion. De toute façon, avec la Loi martiale sur la capitale et l’État d’urgence planétaire, on aura le temps de voir venir avant que la société civile ne bouge.
Stuffy resta étrangement muet, bien que ces affirmations ne manquaient pas de failles, dont Ralato était lui-même conscient. Mais il fallait qu'il fasse partie du commando, son intuition était formelle. Son ami prit quelques ultimes secondes à compléter le balayage des couloirs adjacent.
Rien de mon côté… Tu sais, je n’aime pas trop ce qu’on est en train de risquer. L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions et c’est presque une nouvelle révolution Castiks qui est en jeu, ici.
Les Mutualistes ont l’avantage de ne pas avoir de bonnes intentions du tout. Heir non plus d’ailleurs.
Plusieurs rapports arrivèrent de l’autre équipe. Trois ennemis neutralisés, ils confirmaient les emplacements dans la grande salle et tous se tenaient prêts. Stuffy vérifia les derniers détails :
« J’ai bien Heir au milieu des otages. Il a levé ses défenses psychiques, mais semble somnoler comme les ministres et le président. »
Il ajouta, soupçonneux…
On a dû les droguer. Aucun Mutualiste n’est mental, on dirait.
Alors, on y va.
C’est trop facile, non ?
s’enquit Stuffy, flairant le piège.
« Beaucoup trop, mais on n’a pas le choix. À toutes les équipes d’intervention : top moins trois, deux, un. En avant ! »


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RedU T1 Ch20 Ep13

episode277.mp3

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Les brumes de sa conscience commençaient à peine de se disperser lorsque le message mental lui parvint. La force de l’impact était proportionnelle à l’inquiétude de l’envoyeur qui n'était pas capable de doser ses liaisons psychiques. C’était un rapport urgent, en priorité absolue.
Ralato ordonna à son contact de revenir une minute plus tard, il n’était pas encore en état de réagir. Lentement, le lieutenant leva la main, la ferma et la rouvrit, ses doigts lui envoyaient des sensations étranges. La voix rassurante de Stuffy monta alors à son tour, un peu embrumée elle aussi, pourtant le Mental dans son esprit ne dormait jamais, en théorie :
Salut. L’heure est déjà passée ?
Oui, QuartMac nous avait prévenus que le processus… durerait une petite heure…
Il n’avait pas prévenu qu’on serait patraque à ce point
En quelque sorte, si… mais avec ses mots.
répondit Ralato en soulevant doucement le casque dont les électrodes étaient fichées sur son cuir chevelu. Il ne put retenir un gémissement sous la migraine qu’il ressentit alors, mais elle s’évanouit rapidement, comme le professeur l’avait également prédit.
La liaison mentale urgente revint, une minute exactement après la première. Ralato inspira et baissa ses barrières. Si l’agent de transmission était un peu affolé, il n’en réussit pas moins à rendre un rapport aussi précis et concis que possible. Une demande d’ordres concluait la liaison mentale. Ce fut Stuffy qui releva leurs barrières psychiques, dès que l’autre fut mis en attente.
C’est une énorme attaque mutualiste ! Les salauds ont agi sur deux fronts en même temps. Très fort !
Poféus serait mort ? Je… je n’arrive pas à le croire.
Va savoir avec lui, c’est un type qui est revenu de tout depuis toujours. Les équipes sur place nous tiendront au courant. Mais c’est vrai que là ils ont mis le paquet, il y a peu d’espoir.
Le lieutenant tenta de se relever. Ses jambes ne lui procurèrent qu'un équilibre incertain, l’obligeant à patienter. Déjà, les agents qui le gardaient durant la séance venaient le soutenir, il leur fit signe d’attendre encore quelques secondes. Cette sensation de ne pas être maitre de son corps rappelait d’autres souvenirs, plutôt mauvais, à Ralato.
C’est comme la cuve de désensibilisation mutualiste dans leur base des Amalaches.
Oui, il y avait un peu de cela, les drogues en plus. Le tournis est en train de passer et on va devoir se décider, Ralato. Qu’est ce qu’on fait de QuartMac ?
Hé bien, en théorie, il devrait avoir commencé son transfert corporel. Allons voir.
Prenant son inspiration et s’accrochant à un de ses gardes, il parcourut les quelques mètres qui le séparaient d’un autre groupe de Mentaux, installés à proximité d’une cuve un peu spéciale. On l’avait posée à part, reliée à un appareillage comparable à celui que Ralato venait de laisser. Le professeur QuartMac semblait dormir, fixé par des sangles et le casque aux électrodes bien engoncé sur la tête. Dans la cuve verticale à côté de lui flottait un autre professeur QuartMac, une des chimères, qualifiées de « plus à maturité ».
« Il est parti pour barboter encore un moment. Je dirais qu’on n’a pas besoin de rester à côté, les gardes surveilleront si tout se déroule bien. »
analysa Stuffy, totalement réveillé. Ce n’était toujours pas le cas du lieutenant, même s’il pouvait maintenant marcher seul.
« D’après le rapport, Heir se trouvait parmi les membres du Conseil, je me demande… »
Un nouveau rapport arriva dans la foulée. Une revendication était tombée sur plusieurs rédactions de chaines télévisées et de journaux : les Mutualistes annonçaient une prise d’otage au Conseil de la révolution. Ils donnaient la liste des ministres retenus, dont le Président et Heir, et réclamaient la libération de leurs prisonniers ainsi que la tenue d’élections libres sous trois mois.
Stuffy et Ralato n’en revinrent pas, ce dernier se doutait de quelque chose d'anormal.
Cela ne rime à rien ! On ne détient qu’une centaine de Mutualistes et seule une petite dizaine sont des membres actifs. Pas vraiment de quoi mériter une revendication de cette importance.
Je suis d’accord. Ils se moquent bien des sympathisants, et je parie que ceux qu'on a emprisonné ne font pas partie du noyau des « immortels ».
Si notre théorie est exacte…
tempéra Ralato. Cette hypothèse séduisante exigeait des preuves pour être validée. Stuffy insista :
« Elle l’est ! Ça colle bien avec l’efficacité de ces types. Enfin Ralato ! On sait combien il est impossible, à quelque organisation que ce soit, d’échapper aux Forces mentales aussi longtemps. En plus, cela explique les suicides et les sacrifices si faciles de leur côté. »
On ne pouvait que souscrire à cette dernière remarque. Mieux valait, à fortiori, partir de cette hypothèse et traiter leurs adversaires en conséquence.
Quant à la tenue d’élections libres, elles étaient prévues, en théorie, une fois le Chancelier suprême choisi. Ce qui rendait également l’autre revendication caduque. Clairement, cette prise d’otage cachait quelque chose.
« Bien, je pense que ça va mieux. Allons-y ! »
déclara soudain le lieutenant, aux gardes autour de lui. Il poursuivit ses ordres par liaison psychique :
« Je veux une dizaine d’hommes en permanence dans cette pièce, ne laissez QuartMac seul sous aucun prétexte. Verrouillez la ville, les Forces mentales sont installées à Palaos Verde jusqu’à nouvel ordre ! »
Montant les barreaux de l’échelle, il continua de faire le point avec Stuffy, un détail le chiffonnait.
Poféus… cet attentat contre lui est incroyable. Comment pouvaient-ils être surs qu’il se trouverait là ?
Sa nouvelle copine : d’une manière ou d’une autre, elle était la seule personne, extérieure au service, à le savoir.
proposa l’autre. C’était une possibilité. Le contramiral conservait jalousement secrètes les informations la concernant et, si la protection de la jeune femme n’était pas du ressort de Ralato, il pouvait s’enquérir de quelques retours. La sécurité autour d’elle était montée d’un niveau depuis une semaine, équivalant maintenant à une personnalité de haut rang. Elle pouvait effectivement être un point de fixation du ministre, permettant de planifier une attaque. Stuffy compléta le tableau :
Si c’est une Mutualiste, elle peut aussi se sacrifier et renaitre ailleurs.
Beaucoup de « si », là-dedans. Nous connaissons le contramiral. Je ne l’imagine pas se faire avoir par quelqu’un qui dissimulerait des opinions haineuses à son égard. D’ailleurs, personnellement, si j’avais à envoyer un hameçon à Poféus, ce ne serait certainement pas une femme que je choisirais.
Bien vu, en effet.
Le souffle des pales de l’orthoptère ondulait la tenue du lieutenant et ses cheveux courts vibraient à l’approche de l’engin. Une dizaine d’agents armés l’accompagnaient et tous montèrent dans l’appareil. Ralato mettait son casque lorsque le dernier Mental coulissa la porte derrière eux.
Heir, aussi, laissait d’autres questions en suspens…
Tu vois mon Ralato, avec tout ce qu’on sait du bonhomme, ses pouvoirs mentaux et ses contacts avec les Souriants, j’ai du mal à croire à une coïncidence. Si les Mutualistes débarquaient dans un endroit où il se trouvait, même saturés de Boramol, il aurait la capacité de les rendre inoffensifs.

Cela me rappelle Paul, notre agent sur Talbot, à la solde des Souriants. Tu lui avais implanté une amorce psychique, mais quand on la lui avait fait exploser…
Il avait hurlé à la gloire de la Mutualité, oui. Cela venait de très profond chez lui, comme le premier cri d’un bébé, sans réfléchir.
L’orthoptère s’éleva doucement, prenant son envol, et le pilote demanda à Ralato la destination. Celui-ci lui répondit tout en lançant ses ordres :
« Direction le Palais de la révolution. Mettez-moi en liaison avec les principaux responsables d’opération des forces mentales sur MaterOne Centrum. Annoncez aux états-majors militaire et policier que je prends le commandement effectif du ministère de la Sécurité à partir de maintenant.
Qu’on mobilise tous les renforts disponibles à proximité et placez la capitale et sa région sous Loi martiale. Personne ne sort, personne n'entre, activez les bases de l’armée aux alentours pour ce faire.
Transmettez également : le reste de la planète passe sous État d’urgence et que les mesures adéquates soient prises partout avec préséance permanente pour les Forces mentales.

… Une dernière chose : je veux un rapport, chaque heure, des équipes de secours à la résidence du contramiral. »
Stuffy, à l’intérieur de lui, remarqua simplement :
« Cette fois, ça y est, les Mutualistes déclarent la guerre totale. Et il n’y a que nous deux en face. J’espère que ça sera suffisant. »

Ralato ne répondit pas, le regard perdu dans l’horizon tandis que ses ordres étaient transmis sur tout MaterOne.


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RedU T1 Ch20 Ep12

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Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques !

L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. »
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« Alors, comment était-ce là-bas ? Apportez-nous un peu plus de thé au jasmin, merci. »
Poféus poursuivait sa redécouverte de plaisirs de l’amour avec Calande. La jeune femme était rentrée durant la nuit et tous deux s’étaient immédiatement jetés sous les draps, pour des retrouvailles plus intimes. L’odeur de sa compagne, quelle qu’elle fût, lui semblait un nectar. Ses mots, quels qu’ils fussent, s’entendaient tels des poèmes. Sa présence lui injectait une vitalité nouvelle que son absence lui arrachait.
À un moment, tôt dans la matinée naissante, il s’était tourné vers elle et, un peu somnolant, l’avait appelée Méhala. Heureusement, la jeune femme dormait profondément, elle n’avait rien entendu. Cela en disait long sur les sentiments que le contramiral éprouvait.
Mon chéri. Je ne voudrais pas gâcher notre petit déjeuner océanique. Tu te doutes combien c’était horrible… Et toi ? Il m’a semblé qu’on tournait la clenche de la porte, peu avant mon réveil, et tu n’es revenu à mes côtés que de longues minutes plus tard. Qu’y avait-il ?
On dira que je passais en revue les préparatifs du petit déjeuner, la fraicheur des crustacés, la cuisson des poissons… Je te conseille la fricassée d’algues-fourmis, une spécialité reconnue du chef.
J’y vais donc de suite… Et en réalité, ta sortie de ce matin était secrète, n’est-ce pas ?
Totalement.
Elle avait ajouté cette question, plutôt une remarque en fait, en se servant une belle cuillérée d’algues roulées en boules avec un peu de mayonnaise au centre. Quelle femme, quelle intelligence… Poféus n’en revenait toujours pas.
Et, comme toujours, elle avait raison : le rapport qu’il avait reçu, du responsable de l’opération en cours, l'inquiétait suffisamment pour qu'il réponde en personne. Rien ne prouvait que les Mutualistes attaqueraient directement le palais du Conseil de la révolution, mais il fallait prendre toutes les précautions. Les renforts étaient en route, l’alerte avait été donnée et des fouilles ordonnées. Il ne restait qu’à attendre.
« As-tu prévu quelque chose de précis pour aujourd’hui ? »
La question le ramena à la réalité. Il n’avait pas encore touché à sa crème de crevette-tubes et la psychologue le lui signalait astucieusement.

Oui et non. Je dois toujours être joignable dans le cadre de mes fonctions, tu t’en doutes et aucun rendez-vous prévu ne peut être déplacé, mais… ta présence m’est très chère.
Alors nous pourrions aller nous balader dans la forêt du Domaine royal au sud de la capitale, non ? Un panier avec quelques provisions, une bouteille d’eau et nous pourrions passer une journée mémorable.
L’idée me plait. Mais il faudra se sacrifier à un impératif…
ajouta Angilbe, d’un air mystérieux. N’était-il pas en train de faire un trait d’humour ? Il s’opérait en lui une nouvelle magie autrement plus efficace que la chasse aux mignons.
La jeune femme grimaça et leva un sourcil, interrogative :
… oui ?
Nous devrons vider la forêt de tous ses visiteurs et l’avoir pour nous tout seuls. J’espère que cela ne te dérange pas ?
Oh ? Laisse-moi y réfléchir… Hmmmm… Bon, allez exceptionnellement, j’accepte de profiter d’un des plus beaux parcs forestiers de la région uniquement en ta compagnie !
Ils rirent tous deux de bon cœur et, les choses étant, Poféus se tartina une généreuse épaisseur de crème. Il allait croquer dedans lorsque :
Quelle est cette fumée au loin ? Un accident sur la déviation ?
Où donc ? Mais dans cette direction, la rocade est déjà terminée, en fait c’est proche du Pal…
Le contramiral se releva brusquement, lâchant sa tartine à l'instant précis où un agent mental se précipitait à ses côtés, lui tendant un message visiblement prioritaire. Il le parcourut et ne put dissimuler une frustration, un moment de colère dans le regard. Ils avaient osé aller jusque là, et ses services avaient échoué à les arrêter.
Calande, mon amour. J’ai peur que nous ne devions remettre à plus tard cette escapade en solitaire. C’est une urgence. Prend tout le temps que tu veux, la demeure est à toi.
Que se passe-t-il ?
Regarde les informations, ce sera difficile de cacher cela.
Et il l’embrassa, tendrement. Méhala réapparut brièvement devant ses yeux, mais ses traits se troublèrent, adoptant ceux de Calande Rorré, psychologue et partenaire dans cette nouvelle vie.
Un moment d’hésitation, leurs mains étaient presque agrippées… puis elle hocha doucement la tête, en signe d’encouragement.
« Donne-moi des nouvelles, de temps en temps. »
Poféus l’en assura, l’embrassant à nouveau et s’élança à la suite de son agent.
Deux étages plus bas, dans le bunker soutenant la demeure, plusieurs gardes se précipitèrent, lui hurlant de se dépêcher par de grands gestes. Quelque chose de nouveau ?
Il accéléra le pas, mais déjà on le poussait, le forçant à courir. Un son étrange, le frottement d’un appareil qui rentrait dans l’atmosphère, résonna à l’intérieur du corridor.

À une vitesse supersonique, la navette de transport de Lithium immatriculée A7G3C, en provenance directe de la station spatiale numéro un « Maman-Lolo » avec une pleine cargaison, vint percuter la résidence du ministre de la sécurité, le contramiral Poféus. La déflagration souffla le bâtiment, projetant les véhicules et les gravats à plusieurs centaines de mètres. Elle creusa dans le sol rocailleux un cratère géant, les flammes carbonisèrent le parc et les débris déchiquetèrent de nombreux agents dissimulés alentour.
La navette spatiale venait d’être déclarée volée vingt-trois minutes auparavant, et les opérateurs radars qui suivaient sa trajectoire n’avaient pu déterminer sa destination qu’aux derniers instants. L’appareil ne respectait aucune limitation de vitesse ou d’inclinaison pour l’approche et il avait fallu se rendre à l’évidence : le pilote ne cherchait pas à atterrir, mais à s’écraser.
C’est durant l’ultime minute qu’une transmission radio fut ouverte, juste quelques mots :
Gloire à la Mutualité.


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