Red Universe

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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch21 Ep08

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« Réveillez-vous, agents Ralato et Stuffy »

La voix déformée parvint aux oreilles de Ralato, le tirant des brumes de la conscience. Stuffy revenait avec lui.
Mince… le truc que Heir nous a collé… je ne sais pas ce que c’était, on a tous les deux été paralysés… Tu es prêt ?
Non, mais on ne va pas avoir le choix. Balayage passif, deux personnes dans une pièce. Ce sont des Mentaux.
Ouais. On est assis sur une chaise, pas d’entraves. Ça va se passer entre esprits.
Vous êtes réveillés, je le sens. Nous vous attendions, retentit à nouveau la voix. Elle résonnait oralement, mais frappait également les défenses psychiques de Ralato.
Il est fort, dit le lieutenant, soudain soupçonneux. En fait, je ne connais pas beaucoup de personnes capables de ce niveau.

Il ouvrit les yeux.
Il se trouvait dans une haute pièce vide, éclairée par un néon encastré dans le plafond. Face à lui, une faible lueur pourpre dessinait la silhouette d’un large siège et d’un homme qui l’observait, la tête penchée contre sa main droite. Sa voix était déformée par un quelconque système, et ses traits invisibles, perdus dans l’obscurité.
Je me nomme Alpha. Je suis le chef des Mutualistes.
Le fameux… Vous êtes en état… d’arrestation, monsieur Alpha, grogna Ralato en se relevant difficilement.
Votre humour manque de mordant, lieutenant. Mais enchainons, vous connaissez déjà notre ami commun, ici présent.

Un bras se tendit vers la gauche de la pièce, là où se trouvait la seconde présence. Un petit ronronnement de moteur se fit entendre et un brancard motorisé pénétra le cône de lumière, à quelques mètres du lieutenant. Celui-ci ne put retenir sa surprise en reconnaissant la jeune personne allongée sur le lit, penchée en avant.
« Myan ! Toi ? Ici ? Mais alors, Alpha… »

Alpha se redressa et s'avança vers Ralato. Portant une main à sa gorge, il décrocha une sorte de barrette en demi-cercle fixée à sa peau et la laissa tomber sur le sol : le visage de Monsieur Heir apparut à son tour dans la lumière.

Un petit moment de silence flotta sur la scène…
… Puis les yeux de Heir se plissèrent et Myan serra les barres de soutien de son engin. Stuffy rugit dans l’esprit de Ralato, confirmant l’intuition du lieutenant.
« Attention, ils attaquent ! »
La vague psychique qui s’abattit sur le duo mêlait les flux de deux des plus puissants esprits que les agents des Forces mentales aient jamais affronté. Le choc fut ressenti autant par la pensée que dans le corps du duo. Ralato avait l’impression que sa boite crânienne se déformait sous l’intensité de l’attaque.
ILS… NOS BOUCLIERS ! ILS VEULENT LES PERCER !
NAN… NAAAN, ON NE VOUS LAISSERA PAS… FAIRE ! hurla Stuffy.
Au tressaillement d’une paupière de Heir, on devinait que le message s’était affranchi des limites physiques de Ralato.
Les yeux mi-clos de Myan et la transpiration dont les premières gouttes perlaient sur son front montraient que le jeune garçon approchait déjà des limites de ses capacités et que son flux diminuait en intensité. Monsieur Heir comprit tout de suite le danger et il serra les poings, contractant les muscles de sa mâchoire, fermant son regard. Sa puissance d’attaque en fut décuplée, révélant un Mental aux pouvoirs largement supérieurs à ce qui était connu.
Fabio mis à part, bien sûr.

Ralato tomba et mit un genou au sol, écrasé physiquement par l’immensité de la vague déferlant contre lui. Mais il tenait bon. En fait, c’était l’aide de Stuffy qui leurs permettait de résister, Myan perdant de ses facultés seconde après seconde.
Ralato, j’ai un plan ! Donne-moi une trentaine de secondes, peut-être moins. Je vais renouveler ce que j’avais fait avec toi dans les Amalaches !
Tu veux dire que tu vas plonger dans Heir ? Tu es fou, oublie ça tout de suite, répliqua l’autre. La puissance de Monsieur Heir/Alpha ne pouvait être contrée à deux de l’extérieur, alors y aller seul et de l’intérieur…
Non, je pensais à Myan. Ses défenses sont anémiques et il donne tout ce qu’il a sur… ouch ! Purée, ils sont usants… On ne tiendra pas, réglons son cas au maillon le plus faible et concentrons-nous sur Heir, ensuite.
Ralato fit également face à la nouvelle vague, griffant jusqu’au béton du sol sous la pression. Ils ne résisteraient pas longtemps, certes, mais leurs ennemis non plus. Derrière ce flux se trouvait-elle une nouvelle attaque encore plus importante ou Monsieur Heir venait-il d’atteindre ses limites ?
Une diversion. S’il trouvait un moyen de gagner les quelques secondes nécessaire à Stuffy… Comment avait-il terrassé Myan la dernière fois ? Il ne s’en souvenait absolument pas. Dommage.
Ralato ne voyait plus qu’une solution pour permettre au plan d’être mené à bien.
Je vais me retirer un peu pour la technique Prana-Bindu. Notre seule chance, c’est de faire diversion, que Heir soit suffisamment déstabilisé pour briser sa concentration.
Tu maitrises bien ça ? s’enquit Stuffy. Une fois, je l'ai réussie. C’était il y a longtemps et pas dans ce cadre-là,
T’inquiètes pas. Fabio fut le meilleur des enseignants. Tu tiendras ?
Laisse un pied devant la porte pour m’aider, mais vas-y ; ne t’endors pas en chemin !
Et Ralato se retira de l’esprit conscient, ne maintenant qu’une petite partie de ses capacités mentales pour soutenir, plus moralement qu’en pratique, son compagnon. Celui-ci ressentit immédiatement les impacts quasiment physiques sur le crâne, la douleur des vaisseaux sanguins augmentant la pression à leur extrême limite pour fournir l’oxygène et les glucides aux neurones soumis à un stress insoutenable.
Il perdait du terrain, c’était indéniable. L’effet avait débuté dès le recul de Ralato. Stuffy se représentait la scène comme un fleuve et une rivière d’énergie déferlant en un point unique de leur environnement : sa tête. L’agent mental ouvrit les yeux et son regard affronta ses adversaires avec autant d'agressivité que sa psyché.
Il recula encore, sentant même un renouveau du côté de Myan, sans doute encouragé par la faiblesse apparente de son adversaire. La situation devenait critique : le cerveau de Ralato, cette fantastique machine humaine, avait atteint ses limites physiologiques. Stuffy sentait un liquide couler lentement de ses narines, le gout âcre du sang vint humecter ses lèvres. Des hallucinations d’objets hétéroclites et translucides, tels une assiette, un briquet ou un cendrier, lui apparurent, le traversant.
Il ferma à nouveau les yeux, s’accrochant frénétiquement à un ultime esprit de résistance.
« Ralato… c’est… maintenant ! »
Étrangement, l’hallucination se poursuivit malgré ses yeux clos. Il dépassait ses capacités, c’était évident. Quand soudain…

… soudain, tout s’arrêta. Comme dans l’œil d’un typhon, la tempête rugissait, mais plus sur lui. Que se passait-il ? Il regarda autour de lui et découvrit Monsieur Heir qui se relevait, visiblement très surpris, à plus d’un mètre ; Myan était, lui, terrifié, comme face à un méchant cauchemar que l’on vivrait soudain dans la réalité.
La voix de Ralato lui parvint, alors que celui-ci reprenait possession de son corps. Il ne respirait pas non plus la grande forme, sans doute avait-il tout donné.
« STUFFY, VAS-Y ! »

L’autre ne réfléchit pas et s’élança vers l’esprit du jeune Souriant terrifié. Il contourna ses barrières aisément et plongea dans le cerveau ennemi, espérant pouvoir en revenir un jour.


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RedU T1 Ch21 Ep07

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Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’information, pour la dernière partie. Avec notre invitée, l’ancienne princesse Azala de MaterOne, nous allons aborder deux sujets, l’un concernant l’Exode et l’autre vous concernant directement, madame.
Tiens, ce n’était pas dans le script de l’émission ! Mais ce sera comme vous voulez, Ted. Dans ce premier sujet, nous parlerons du « Cercle de Khabit », n’est-ce pas ?
En effet. Notre journaliste Drisso El Nofello, sur Transporteur 4, a réalisé une interview, quelques minutes seulement, du professeur Schwarzkof, éminent savant recruté par monsieur Junta. Il revenait d’une réunion avec le Conseil des commandants, où ils avaient justement abordé un sujet concernant notre avenir immédiat.
Vous avez oublié d’ajouter « merveilleux » : le merveilleux monsieur Junta, sinon cela n’apparaitrait pas assez évident.

Non ? Ted, vous êtes bien pale, soudain…
… Tout de suite, l’interview du professeur Schwarzkof.

*
Bonjour à nos multispectateurs, nous sommes avec monsieur Schwarzkof, diplômé de l’université de MaterOne en astrodynamique des fluides. Professeur, vous revenez d’une réunion avec le conseil dirigeant l’Exode, pouvez-vous nous en donner le thème ?
Bonjour. Oui, je ne pense pas que cela soit un secret. Nous avons évoqué les résultats des recherches effectuées par mon équipe au sujet de deux artéfacts découverts de l’autre côté de la Passe de Magellone.
Et en quoi ces recherches peuvent-elles intéresser l’Exode ?
En fait, elles sont à associer aux évènements rencontrés lors de la traversée de la Passe. Les fameux fantômes de nous-mêmes que nous y croisions. Les artéfacts ont réagi de même, projetant des… des sortes de « souvenirs » les imprégnant. On y voyait une civilisation non humaine et de puissants appareils de combat. Nos tests suivants ont exclu une autre origine pour ces mirages.
Ce n’est pas rassurant. Le conseil et vous-même pensez que nous pourrions les rencontrer ?
La datation des artéfacts n’exclut pas cette possibilité. Ils nous sont contemporains, à quelques dizaines d’années près.
Et serait-ce lié à cet endroit dont le nom se murmure à voix basse, particulièrement chez les prisonniers pirates : le « Cercle de Khabit » ?
Je ne peux, hélas pas répondre à cette question. Nous n’en savons rien, nous ne pouvons que proposer des hypothèses. Et l’une d’entre elles dit qu’effectivement, si l’on se base sur la technologie apparue dans les « souvenirs » des artéfacts et si l’on retient la quasi-inviolabilité de cette zone, c’est envisageable. J’ajoute que le nom de ce lieu est connu bien au-delà des pirates, on évite en général de le prononcer, même sur la station Piñata el grande.
C’est pour cela que les commandants Décembre et Junta vont s’y diriger avec leurs transporteurs, sans les autres vaisseaux de l’Exode ?
Je n’ai jamais dit cela. Vous en savez, sans doute, plus que moi.
Ce sont des rumeurs persistantes qui circulent parmi les hauts gradés. Les informations obtenues par nos journalistes sur l’Exode sont assez concordantes.
Je ne peux que vous croire. Nous verrons bien.
Hé bien, merci pour le temps que vous venez de nous accorder, professeur Schwarzkof. Nous vous souhaitons bonne continuation pour ce voyage et dans vos recherches.
Merci à vous également, et bien le bonsoir.

Madame Azala, l’Exode va donc se scinder à nouveau ?
Je ne confirme ni n’infirme rien, Ted. Je laisse le Conseil des commandants décider seul de son agenda de communication.
Donc, vous connaissez la réponse. Et cette histoire d’artéfacts, avez-vous un avis dessus ou est-ce également hors d’un quelconque agenda ?
Je connais un de ces artéfacts. Je me trouvais avec le marchand Broto lorsqu’il nous l’a proposé, en échange d’une place à bord de l’Exode. Si l’objet en lui-même s’est révélé plus passionnant que prévu, les conséquences de la présence de ce monsieur et de son faux fils ont été… dramatiques.
Certes, mais le politicien Junta a quand même bien réagi en nommant, dans le plus grand secret, un collège d’experts avec le professeur Schwarzkof à sa tête, non ? Nous serons ainsi prêts à faire face, quoiqu’il arrive dans l’avenir.

Vous ne répondez pas, madame Azala ?
… L’Exode devra faire face, quoiqu’il arrive, à de nombreux dangers… Et se croire trop en sécurité peut entrainer, à tort, certaines personnes vers une forme de servilité des plus… méprisables.

Vous ne répondez pas, monsieur Maos’n ?
Je pense que notre journal touche à sa fin, je vous remercie pour…
Vous aviez une seconde demande, non ? Si je puis y répondre, ce sera avec plaisir, Ted.
Ah oui, la… question. Vous êtes donc l’ancienne princesse de MaterOne, la fille du roi Magnam IV et votre garde du corps de l’époque est toujours à vos côtés, dans le studio ici même d’ailleurs. À ce titre, quelles ont été vos implications dans le régime de terreur qui s’est abattu sur tous, dans les dernières années de la royauté et en particulier lors de la Révolution Castiks ?
La grande Révolution Castiks cache encore bien des secrets, Ted. Personnellement, mes possibilités d’action étaient limitées : mon père, et surtout le milieu royaliste en général, acceptait mal l’idée qu’une femme puisse prendre de hautes responsabilités.

J’ai agi autant que possible pour que la situation ne dégénère pas, mais la diplomatie est impuissante dans un monde de haine et de suspicion. Je sais que mon nom et celui de ma lignée resteront à jamais marqués de l’opprobre des hommes. Et je ne peux les en blâmer. Voilà, Ted.
Peu efficace et coupable indirectement, donc ?
Je me souviens avoir fait disparaitre une note du maréchal Trumont demandant la mise sous tutelle militaire d’une partie de la presse et des rédactions. Cette mesure me révulsait. Peut-être vous trouviez-vous sur cette liste, Ted Maos’n ?
Nous ne le saurons jamais. Merci d’être venue et c’est ainsi que se termine votre journal d’information d’Ex-One Média. Rendez-vous à notre prochain numéro.

… et votre soi-disant majesté de merde ne devrait même pas avoir le droit de… haaaa, aïe, ça fait mal, bon sang !
Laisse-le, Melba. C’est juste un idiot. Partons.


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RedU T1 Ch21 Ep06

episode283.mp3

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« …l’intérêt que le présentateur à de toujours aller à l’encontre de … »
Retour sur Ex-One Média, votre chaine d’in… D’INFORMATIONS ! Derrière ma voix, vous entendez celle de l’ex-princesse Azala, notre invitée aujourd’hui. Princesse, vous vouliez dire quelque chose d’utile ?
Rien qui vous passionne, d’autant plus que le sujet suivant va être très stressant. Allez-y, nous écoutons…
… Heu, oui. Donc notre envoyé spécial à bord de ce transporteur, Rabsky Benkous, nous a rejoints pour aborder les conséquences du drame qui nous a frappé. Bonjour Rabsky, pouvez-nous nous donner un bilan de cette traversée de Magellone ?
Bonjour Ted. Les chiffres que je vais vous indiquer vont être annoncés officiellement ce soir et…
…excusez-moi  ! Vous avez accès à des documents non diffusés  ? J’ignorais que votre patron commençait à "jouer" avec le Conseil des commandants.
… ce bilan provient effectivement d’une source haut placée, que ma déontologie journalistique m’interdit de révéler, madame Azala. Ted, si vous le permettez, je poursuis ?
Mais allez-y, Rabsky. Nous sommes tout ouïe.
Deux transporteurs sont perdus, soit presque un tiers de nos vaisseaux. Le nombre de victimes de la grande attaque pirate, ainsi que de l’épidémie chez les Octotes du T2 et des disparitions dues aux conditions de la Passe elle-même est impressionnant. Sept-mille-trois-cent-quatre-vingt-quinze morts et vingt-deux-mille-six-cent-douze blessés (dont une large majorité par l’attaque pirate) sont à déplorer. Mais ce n’est qu’une broutille comparée à l’autre drame, devrais-je dire le drame principal…
Je vois ce que vous voulez dire… Transporteur 3.
Oui, Ted. Trois-cent-cinquante-mille disparus, tous rayés de la vie de cet univers, en un claquement de doigts. C’est unique dans les annales spatiales, on n’avait jamais atteint de telles pertes.
J’interviens pour signaler, si vous ne le savez déjà, qu’une grande soirée de recueillement va être organisée dans trois jours pour, sinon enterrer nos morts, au moins aider les familles dans leur deuil. Il se tiendra…
… Sur Transporteur 7 de la Commandante Benkana. Oui Princesse, merci. À cette occasion, Ex-One Média diffusera en direct l’intégralité de ce moment émouvant. Nos multispectateurs voudront certainement y participer, autant que faire se peut.
Certes, ce sera un moment émouvant à partager, mais également un moment d’unité. Ne pas oublier cette unité, monsieur Maos’n.
Rabsky, nous poursuivons ?
Bien sûr, Ted. Donc, des pertes humaines, mais aussi de lourdes pertes en matériels, et surtout en ressources (provisions, Lithium, pièces détachées… la liste est longue). Cyniquement, si la destruction de Transporteur 6 a porté un coup très dur, la majorité de ces exodés sont revenus, mais leurs réserves ont disparu. À ce titre, ce qui est arrivé à Transporteur 3 est plus… gérable du point de vue de la « survie globale », j’entends.
Certains de vos journalistes ne manquent pas de cynisme à Ex-One Média, dites-moi Ted.

Mmoui… Rabsky… enchainons. Vous vouliez nous parler des prisonniers pirates, n’est-ce pas ?
Oui en effet. Je m’excuse d’avoir préalablement paru détaché dans la comptabilité des victimes et de leurs conséquences, mais j’estime que notre Exode se doit de… garder une tête froide, malgré tout, et de penser aux survivants.
Vous avez raison : un peu moins d’un demi-million de victimes, restons calmes… Vous vous enfoncez, jeune homme ! Et sinon, qu’allez-vous donc nous conseiller pour les pirates  prisonniers ? Je pense avoir une idée de ce qui va suivre : vous trouvez qu’avoir négocié leur libération est un acte touchant à la trahison envers toute la communauté des Exodés et qu’on aurait dû les juger, un par un ?
… oui. Ce sont des monstres sans foi ni loi, ils ne méritent pas notre mansuétude !
Ce sont des hommes et des femmes que nous ne pouvons pas passer au fil de l’épée parce que c'est contraire à ce pour quoi nous avons fui MaterOne !
Ces gens n’ont pas de principes ! Nous ne devons leur en accorder aucun !
… Rabsky ! S’il vous plait..
Le nombre de survivants chez les pirates est de un pour quinze, le prix qu’ils ont payé pour leur attaque est largement supérieur au nôtre ! Et pour les quelques centaines qui restent, je ne vois pas comment nous pourrions tous les soigner, les juger et les condamner sans y passer des années.
On peut accélérer les jugements, il existe des procédures spéciales…
… qui ont été unanimement réprouvées dans la charte même de notre Flotte ! Dites-moi, monsieur Benkous, vous êtes certain que vous n’avez pas pris le train de l’Exode par erreur ? Autre chose, vous êtes journaliste sur Transporteur 1, celui-ci, disait Ted, non ? L’attaque pirate n’a été qu’une information à votre arrivée, pourquoi tant de haine ?
Madame la princesse, Rabsky… s’il vous plait ! Concentrons-nous sur les prisonniers, voulez-vous ? Voici une interview que nous a accordée le médecin-chef de Transporteur 2, le docteur Blame. Il a été diligenté par le Conseil des commandants pour aider, rapporter et centraliser l’assistance médicale aux prisonniers. Je vous rappelle que ceux-ci sont répartis sur tout l’Exode. Écoutons-le donc, interviewé par l’envoyé spécial sur T2, Dave le limier.

Docteur Blame, merci de nous accorder cette interview. Vous êtes le médecin en chef du second transporteur de l’Exode, mais également le rapporteur, pour le Conseil des commandants, des conditions sanitaires de la détention des pirates. Qu’en avez-vous conclu ?
Hé bien, je dirais que, dans l’ensemble, le minimum vital est présent. Nous avons pu constater que la qualité de la captivité dépendait fortement du lieu. Je peux vous dire qu’il vaut mieux être prisonniers sur Transporteur 4 ou 2, par exemple. Les autres sont dans la moyenne…
… on parle pourtant de Transporteur 7 comme d’un point noir sur votre carte ?
Certes, mais nous avons pu améliorer la situation ces derniers jours. Sans être idéal, ils reçoivent un traitement digne et sont maintenant suivis avec, sans doute, un peu plus d’attention.
C’est à dire ? Décrivez-nous donc ce traitement qu’ils recevaient auparavant.
Transporteur 7 a subi de plein fouet l’attaque pirate et seul un mouvement de colère, proche de l’hystérie collective, leur a permis de remporter la victoire. Nous avons connu la même chose, il y a plusieurs mois à bord de Transporteur 2, vous le savez comme moi, car vous y étiez. Ne demandons pas trop aux Exodés et essayons de calmer la situation.
C’était grave au point que vous ne voulez pas en parler ?
Les pirates ne sont pas des chatons, mais ils restent des êtres humains, comme nous tous. Excusez-moi, mais je dois retourner à mes obligations. Merci.

Madame Azala ? Vous êtes la Médiatrice officielle de votre transporteur. Nous vous écoutons.
Merci, Ted. Comme vous venez de le rappeler, ma fonction m’a conduite à m’intéresser au sort que l’on réservait aux pirates.
« Ils peuvent crever ! »
Rabsky, vous êtes à l’antenne ! Excusez-nous messieurs-dames, et vous aussi, Princesse. Poursuivez, je vous prie.
Vous savez, les opinions de votre journaliste sont partagées par de nombreuses personnes. C’est bien cela que j’ai dû combattre, un peu seule je vous l’avoue, jusqu’à ce que le Conseil des commandants rencontre la chef des pirates. À partir de ce moment, nous avons pu obtenir toute l’aide nécessaire.
Est-ce à dire que madame la commandante Benkana, votre compagne, ne satisfaisait pas à vos exigences d’équité ?
Arrêtez avec vos piques. C’est exactement comme l’a expliqué le docteur Blame, que je tiens par ailleurs à remercier ici, et publiquement, pour son implication et sa fougue humaniste. Nous devions tenter de faire comprendre à une population, qui venait de frôler la folie, que l’état de droit était revenu et que les soldats ennemis avaient justement des droits. Peu, je précise, car ce sont des prisonniers de guerre, pas des civils. Je vous confirme également que, maintenant, les brimades ont cessé, certains responsables ont été remplacés et les pirates un peu mieux répartis dans la flotte.
J’insiste sur un point : la Commandante Benkana a parfaitement saisi ses obligations humanitaires, et il ne saurait être question de mettre en doute ses intentions pacifiques. Elle est également membre de ce Conseil des commandants qui a, justement, pris les bonnes décisions et fourni les moyens adéquats.
Soit. Nous en resterons donc là, en attendant des nouvelles sur le mode opératoire de la libération des pirates. Des informations là-dessus, peut-être ?
Je n’en ai malheureusement pas. Tout ce que je puis vous affirmer, c’est que cette situation ne devrait pas se prolonger longtemps.
Une estimation ?
J’estime que c’est l’heure de la publicité, Ted. À tout de suite, dans Ex-One Média !


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RedU T1 Ch21 Ep05

episode282.mp3

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Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livre numérique !

L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. »
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« Bonjour à tous, vous êtes bien sur Ex-One Média, et c’est Ted Maos’n en direct du Transporteur 1 pour l’édition du soir !
Voici les titres de l’actualité :
Retour sur cet épouvantable carnage de l’attaque du premier convoi. Seront présents nos journalistes, en première ligne, qui ont fort heureusement survécu au drame : Foudia Hacham et Angélus Air.
Puis, avec Rabsky Benkous, nous parlerons de l’avenir de l’Exode, car il faut malgré tout aller de l’avant. On évoque des… des négociations avec les pirates  prisonniers.
Enfin, ce sera avec notre invitée que nous aborderons les préparatifs du départ et ce qui se murmure dans les couloirs, une nouvelle scission de l’Exode à l’approche de notre prochaine étape : le Cercle de Khabit… »

Alors le moment est venu de vous présenter notre invitée. Princesse, nous vous remercions d’avoir enfin accepté de débattre, avec nous et nos envoyés spéciaux, de l’actualité. Bienvenue à vous !
« Enfin », n’est-ce pas ? Je pense que les sujets qui vont être évoqués aujourd’hui requièrent tant l’attention de nos commandants, que l’Exode ne pourra malheureusement profiter que de mes modestes analyses.
Mais nous les avons toujours attendues ! La perspicacité de l’ancienne héritière de toute l’humanité est bien connue, ainsi que votre proximité avec la commandante Aurora Benkana de Transporteur 7. Comment avez-vous survécu à l’invasion pirate, ces heures n’étaient-elles pas trop longues, enfermée comme vous l’étiez dans le centre de commandement ?
Malgré tous les sarcasmes que l’on peut entendre concernant la stratégie de défense : corridor par corridor, pont après pont puis le tragique décompte des victimes, tout cela ne m'a pas permis de passer du temps avec ma manucure… si c’est de cela dont vous parliez, Ted.
Vous jouiez à la maitresse de guerre ?
Certains jouent bien aux journalistes. Donc, tout est possible.
… heu… Bien. Une page de publicité et nous revenons avec Foudia et Angélus qui s’installent en ce moment sur le plateau. Ne zappez pas !
Ok, écoutez : je ne fais que mon boulot ! Pas la peine de me prendre de haut avec vos grands airs de…

… si vous voulez que je vous considère comme un journaliste, alors agissez comme tel et…
… et retour dans votre édition du soir d’Ex-One Média en… direct. Sur ce plateau, l’ex-Princesse de MaterOne, Azala, qui nous honore de sa présence. Mais également, pour approfondir les sujets, Foudia Hacham qui était envoyée spéciale sur Transporteur 6 de feu le colonel J.F.Hill. et Angélus Air, envoyé spécial d’Ex-One Média sur Transporteur 5 du colonel Sterling-Price.
Bonsoir à vous deux. Avant d’aller plus loin, quelques images de la cérémonie funèraire de John Fidgerald Hill qui a marqué ce que l’on pourrait appeler la conclusion de l’attaque pirate. Au milieu du grand hangar aux appontages de ce vaisseau, vraiment plein à craquer, on voit le cercueil du colonel J.F.Hill porté par les autres commandants de l’Exode. Vous étiez aux premières loges, Princesse, peut-être pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
C’était un moment d’une force incomparable, Ted. Le colonel Hill représentait l’idéal de la révolution Castiks et avait activement participé à préparer l’Exode. Je pense que par leurs gestes, par les oraisons qui ont été prononcées, on sentait un réel moment de cohésion de tous et de toutes, quelles que soient leur personnalité ou leurs opinions. Nous avons tous pleuré, Ted, souvent en secret.
Votre discours sur la grandeur de l’homme a marqué les esprits. Votre culture littéraire exultait dans ce texte.
Merci, Ted. J’ose espérer que le message fut aussi remarqué que la forme ! Hill et ses soldats sont morts pour que nous puissions aller de l’avant. Mais ce n’était pas dans un esprit de haine ou de guerre, c’était une idée de liberté et de justice qui guidait leurs pas.
J’étais également présente, Princesse, je voudrais vous dire combien tous ont été émus par votre message qui a été très bien reçu !
Merci, Foudia. C’est grâce à la volonté de tous que l’Exode ira de l’avant, n’est ce pas, Monsieur Maos’n ?
Oui… oui, madame Azala. Angélus, parlez-nous de votre expérience. Que s’est-il passé sur votre transporteur lors de l’attaque pirate ?
C’était assez impressionnant, Ted. J’en profite pour joindre mes félicitations à celles de Foudia pour votre éloge de J.F.Hill, Princesse. C’était vraiment émouvant.
Merci, Angélus, cela me va droit au cœur. Ted, vous faites de drôles de geste ?
Heu, je… j’essaye de… de tenir mon rôle et les délais, malheureusement. Donc, Angélus, cette attaque ?
En fait, les hommes du colonel Sterling-Price étaient parfaitement organisés, je dirais même qu’ils avaient été entrainés pour cela. On ne peut pas dire que nous ayons été pris au dépourvu, saufs peut-être dans les premières secondes et encore ! Je vous donne un exemple : lorsque les pirates ont percé la coque pour pénétrer dans le transporteur, les zones où ils sont entrés étaient déjà vides depuis quelque temps. Il ne restait sur place que peu de troupes destinées à leur faire croire à une résistance importante. De fait, ils ont tergiversé de précieuses minutes et, lorsqu’ils sont repartis à l’assaut, ils n’ont rencontré que des pièges et des chaussetrappes !
Des chaussetrappes, Angélus ? Expliquez à nos multispectateurs ce que cela signifie.
Alors que l’on terminait d’évacuer les populations, les ingénieurs reprogrammaient les systèmes pour inverser les cartes, changer des valeurs, jusqu’au numéro des ponts. Pire, pour les pirates, certaines directions les conduisaient directement dans des zones de décompression, quand ce n’étaient pas simplement de longs couloirs difficiles d’accès et à l’extrémité condamnée.
Excuse-moi de t’interrompre, Angélus, mais les araignées d’antimatière, comment les arrêtiez-vous ?
Ils ont commencé à avoir des doutes lorsque plusieurs de leurs groupes ont décompressé dans l’espace. Ils ont donc réfléchi à deux fois avant de désintégrer les parois et les sas !
Bien vu ! Le colonel Sterling-Price est renommé pour ses connaissances en stratégie. Merci, Angélus. Et vous, Foudia ? Il semble que, justement, la résistance ne fut pas aussi ordonnée sur votre transporteur. On raconte que l’ancien guérilléro (J.F.Hill) a abandonné son poste pour un face à face courageux, certes, mais inutile pour la survie de tous.
Tiens, comme le dit Monsieur Junta ?
Pardon, Princesse ?
Rien Ted, je réfléchissais à voix haute. Foudia, qu’avez-vous pensé de la coordination des pirates, privés de leur chef ?
Clairement pas beaucoup de bien, Madame. Au début, ils avaient un plan, c’est certain, mais rapidement ils ont perdu l’avantage de l’offensive. En fait, lorsque les membres du transporteur ont pu contrattaquer en les piégeant entre les deux ponts qu’ils ont fait exploser, ils ne savaient plus que faire.
C’est dans les barges d’évacuation qu’on me l’a expliqué. Le colonel n’avait jamais abandonné ses équipes, sa canne restait reliée à tout le système, il aurait même pu relancer les réacteurs s’il l’avait voulu. Mais plutôt que de tenter de fuir, il a préféré emporter les pirates et leur chef avec lui, après avoir laissé le temps à tous les Exodés d’évacuer. Angélus m’avait d’ailleurs expliqué, hors antenne, qu’en analysant les batailles et leurs déroulements, certains officiers du colonel Sterling-Price pensaient que la volonté de détruire le transporteur était présente dès le début chez le sénéchal Pétrovach. Nous, les Exodés du colonel Hill, avons subi la pire attaque de l’invasion du premier convoi. C’est un avis qui tend à faire l’unanimité des analystes.
Voilà, Ted.
Parfait, merci Foudia. Toi et Angélus pouvez maintenant céder la place à Rabsky.
On se retrouve après cette page de publicité, à tout de suite !
« Je n’ai pas le droit de donner mon avis ? Pourtant je suis l’invitée ici, non ? »


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RedU T1 Ch21 Ep04

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Le sac hermétique numéro douze avait été scellé comme beaucoup d'autres, durant la première heure. On tenait la civière du contramiral pour qu’il puisse être assis, face à celle qu'il aimait. L’aspirante rongeait son frein : deux orthoptères étaient déjà en route pour récupérer le ministre. Compte tenu de la situation, le fait qu’il ait survécu prenait une tournure capitale pour toute l’humanité : chaque minute comptait.
Ouvrez… le sac.
Mais Amiral..
OUVREZ-LE
Elle fit signe à un des préposés qui glissa la lame d’un cutteur sur le pourtour supérieur du sac, puis il saisit l’un des bords et le souleva suffisamment pour que Poféus en voie bien le contenu. Fakir détourna la tête vers les arbres arrachés, au loin. Aucun des corps retrouvés dans la résidence n’était entier. En fait, souvent, on n’avait découvert que quelques morceaux, des tissus brulés et mêlés aux restes des vêtements, des os calcinés. Et cela valait peut-être mieux pour eux, plus le corps était détruit, plus la mort avait été rapide. Et le cadavre de la femme dans le sac numéro douze ne faisait pas exception.
Elle entendit alors, derrière elle, quelque chose d’inattendu. Une réaction déplacée… malsaine.

« hé… hé… ha, ha, HA HA HA HA, HA, HA ! »

Le contramiral riait à gorge déployée, luttant contre une quinte de toux qui lui enrayait la voix. Tous l’observaient, ne sachant quelle attitude adopter. Fakir perçu une pointe de démence, derrière ce rire qui montait vers les aigus entre chaque crachat expulsé par ses poumons. Elle fit signe de refermer le sac et d’éloigner la civière sans demander l'avis de Poféus. Il se trouvait en état de choc, c’était une évidence, elle n’aurait jamais dû céder à sa requête ; la vue du corps meurtri de la femme qu’il aimait l’avait profondément touché.

Il s’était tu lorsque, sous la tente, on lui avait administré un calmant, les examens complémentaires ne faisaient que confirmer les premières observations : quelques contusions et un état de choc posttraumatique. Le contramiral Poféus sortait indemne du terrible attentat terroriste le visant personnellement. On pouvait crier au miracle, sans retenue.
Un des deux orthoptères s'était posé à une dizaine de mètres, les turbines allumées tandis que l’autre, tel un aigle à la recherche d’une proie, effectuait des cercles autour de la propriété. Plusieurs groupes de chasseurs des forces spatiales passèrent à haute altitude, la nouvelle que le ministre responsable des services de sécurité planétaire avait survécu circulait déjà et les Mutualistes devaient forcément se tenir informés.
L’aspirante Fakir expliquait aux médecins que la section médicale des Forces Mentales allait prendre le relais et qu’on devait évacuer immédiatement leur chef, lorsque celui-ci lui fit signe. Elle s’approcha, toujours inquiète de ce petit sourire qui ne le quittait pas, dominée par ce regard où une étincelle noire laissait présager en permanence les pires intentions.
Monsieur ? Nous allons vous transférer d’ici quelques minutes.
Oui ma petite, bien sûr… Cont… contacte le central des com  et dis-leur d’activer le plan Poisson à pattes. Et bouge tes jolies fesses, c’est très urgent.
« Poisson à pattes ». Heu, je… oui, Amiral !
Fakir couru vers l’orthoptère, troublée. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de se retrouver en présence du ministre, mais elle était certaine que ce style de langage ne lui était pas coutumier. Dès son arrivée, on lui donna un casque et elle transmit l’ordre, ignorant comme probablement les opérateurs des communications de MaterOne Centrum de quoi il retournait. Déjà, on amenait la civière du contramiral où celui-ci reposait, les yeux fermés, les doigts croisés sur la poitrine, un petit sourire vissé sur les lèvres. Une véritable icône de la méditation bienheureuse, et cela ne pouvait qu’inquiéter au plus haut point l’aspirante. Elle se promit de transmettre un rapport au lieutenant Ralato dès son arrivée, le contramiral n’était pas en état de reprendre du service, c’était évident.
Il fut installé dans un des fauteuils de l’arrière, spécialement aménagé pour les déplacements des personnalités et Fakir claqua personnellement la porte alors que l’appareil s’élevait. Les paupières de Poféus ne s’étaient pas ouvertes, le sourire était moins prononcé, presque inexistant. Peut-être l’état de choc s’estompait-il ?

Quelques minutes plus tard, l’orthoptère se posait en douceur sur le toit du ministère de la Sécurité. Le contramiral surprit tout le monde en demandant à pénétrer dans le bâtiment debout. On pouvait l’aider et le soutenir, mais il voulait marcher, alors Fakir passa son bras gauche autour de ses épaules tandis qu’un subordonné prenait l’autre bras. Les pieds du ministre progressaient avec difficultés, il était aisé de sentir combien l’homme souffrait de ses contusions lui constellant tout le corps. Mais son petit sourire s’affichait à nouveau et son regard présentait toujours cette étincelle malsaine. En fait, la jeune femme avait la sensation que cela avait empiré.
Il refusa d'aller à l’infirmerie et ils durent l'aider à atteindre laborieusement son bureau où il demanda simplement, un peu essoufflé par les efforts qu’il s’était imposés :
« Fakir… Va voir pour un rapport avec toutes les nouvelles. Je veux savoir où on en est. Et dis aux toubibs qu’ils peuvent venir ici, mais je ne quitterai pas mon antre. Ce bureau, c’est… ma tanière, tu comprends ? Aller, hop ! Dépêche-toi…

Il fait chaud, non ? On ne peut pas baisser un peu le thermostat… ? »

Elle revint quelques minutes plus tard, suivie d’un colonel mental qui la doubla, la toisant, et déposa un épais rapport sur le bureau du ministre. Il présenta oralement la situation : le président et les membres du Conseil de la Révolution étaient morts, Heir en fuite avec les Mutualistes et le lieutenant Ralato capturé.
« Mais c’est une manie chez lui de se faire avoir par cette bande de raclures ? Je ne vais pas passer mes mandats à lui courir après, merde ! »
Personne ne broncha dans la pièce. D’abord, il n’était pas d’usage de commenter les colères du contramiral, mais surtout, les termes employés surprenaient au plus haut point. Le colonel jeta un regard à l’aspirante, celle-ci hocha doucement la tête : elle n’était pas la seule à trouver le comportement de leur chef étrange. La situation ne laissait pourtant pas de choix possible : le contramiral Poféus était la dernière personne avec un pouvoir exécutif légitime, alors que l’état vivait une crise sans précédent depuis la révolution Castiks. On devrait lui confier les rênes, quoi qu’on en pense.
Le communicateur sur le bureau sonna et le ministre, contre toute attente, fit signe à Fakir de répondre tout en se grattant la nuque. La jeune femme s’exécuta, décrocha le combiné et transmit l’information :
« Monsieur, un individu reconnu comme le professeur QuartMac demande à vous rencontrer. Que devons-nous faire ? »
Poféus se redressa soudain, l’air joyeux, ouvrant des yeux plus noirs que jamais.
« QuartMac, ce vieux traitre ? Mais qu’il vienne, bien sûr ! Un peu de sport me fera le plus grand bien… Hi, hi, hi, ha, ha, HA, HA, HA ! »
Et il se lança à nouveau dans un rire à la limite de la démence…


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