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La plus grande saga intergalactique jamais racontée en podcast

raoulito

Des réfugiés vont découvrir les secrets enfouis sous des années d’oublis et de honte. Confrontés à des choix et des conflits sur leur modèle de société, ils avanceront vers leur but ultime, là où se concentrent leurs espoirs : la planète rouge. Chapitres entiers http://reduniverse-chapitres.podcloud.fr Chapitres spéciaux http://reduniverse-speciaux.podcloud.fr Et pour plus d’immersion, les livres illustrés http://reduniverse.fr/livres-numeriques/

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RedU T1 Ch20 Ep08

episode272.mp3

Chapitre 9 « Pin’up » disponible en livres numériques !

L’Exode aborde la station Piñata el grande, lieu de tous les vices, plus connue comme « le point de plus éloigné de la civilisation dans l’univers connu. »
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Sterling-Price et Vernek Junta patientaient dans une pièce assez haute au centre de laquelle s’élevait une geôle aux épais barreaux d’acier. Un petit passage en tôle permettait d’accéder directement à l’intérieur de celle-ci, depuis le couloir.
« On croirait qu’elle va nous présenter un fauve. Benkana en fait un peu trop. »
glissa le politicien. Difficile de nier la démesure de la démonstration, la commandante voulait sans doute en imposer à sa prisonnière pour des raisons plus personnelles qu’autre chose. Le colonel avait pu en toucher quelques mots avec la princesse Azala qui les avait accueillis à leur arrivée sur le Transporteur 7, alors que Junta recevait un rapport quelconque sur son communicateur.
Comment allez-vous, princesse ? Je crois savoir que vous avez fait montre de réelles capacités de commandement durant l’attaque. Considérez cela comme une reconnaissance entre… vieux combattants.
Je n’ai fait que gérer au mieux les urgences, colonel, avec l’aide de Melba, ma garde du corps, qui a une certaine expérience en la matière. Vous êtes le vrai héros de l’histoire, ne soyez pas modeste.
Avait-elle répondu sur un ton amusé ; elle semblait bel et bien une sorte de miroir de Benkana. Le vieil officier de l’armée royale jeta un coup d'œil à la femme d’origine Brune se tenant quelques pas derrière eux. La redoutable Melba était l'une des dernières Lakedaímōns encore en vie, l’élite de l’ancienne Garde du Roi, pas étonnant qu’elle ait donné de bons conseils.
Certes, chacun a offert ce qu’il savait faire de mieux lors de ce drame, n’est-ce pas ? Et comment va la commandante ?
Aurora se porte comme un charme ! Mais évidemment, la gestion des prisonniers et les réparations du vaisseau lui dévore tout son temps, ce qui explique ma présence en ces lieux.
Je ne doute pas qu’une guerrière, expérimentée comme elle, soit resté insensible aux horreurs de la bataille. Mais il m’a semblé qu’elle prenait certaines… choses de manière trop personnelle, non ?
Vous avez sans doute mal interprété ses réactions, dans le feu de l’action. Je vous assure qu’elle est très posée.
Junta raccrocha son communicateur et se dirigea vers eux. Price rapprocha rapidement son visage de l’oreille de la princesse.
« Trêve de diplomatie. Je suis votre allié le plus sûr au Conseil des commandants. Hill et Arlington ne sont plus, si la commandante Benkana ne peut maitriser ses pulsions alors l’Exode en entier court un risque certain. Je ne joue pour aucune écurie en particulier, si vous avez besoin d’aide, contactez-moi en ligne directe, n’importe quand. »
Azala le regarda, troublée. Puis elle hocha discrètement la tête, les lèvres pincées, alors que le politicien les rejoignait. Rien que ce petit geste en disait long sur ce que la compagne de la chef de ce transporteur masquait, derrière son apparente nonchalance.

« Ah, enfin, les voilà ! »
La phrase de Vernek le ramena à l’instant présent. On entendit un sas se déverrouiller derrière le passage en tôles tandis que Benkana entrait dans la pièce. Un garde en tenue noire, solidement bâti, sorti le premier, tenant un filin d’acier relié aux menottes de Choupa qui le suivait les yeux fermés, une prothèse lui paralysant la mâchoire pour ne pas qu’elle se morde la langue. Son cou également était enserré d’un harnais métallique fixé à un autre filin que le deuxième garde, derrière elle, tenait en main. Les trois se redressèrent au centre de la cage, face au groupe des commandants de l’Exode.
Sur un signe de Benkana, un des hommes lui déverrouilla la mâchoire, libérant le système qu’il retira sans douceur de la bouche de la pirate. Un peu de bave tomba sur le sol, tandis qu’on lisait le soulagement sur le visage de la chef ennemie qui pouvait enfin laisser sa langue humidifier ses lèvres et l’intérieur de ses joues. Benkana ne lui autorisa guère plus de temps et commença l’interrogatoire.
« Regardez-nous ! »
L’autre ouvrit les yeux, fusillant la commandante d'un regard saturé de haine. La jeune femme avait reçu des coups, plusieurs contusions et ecchymoses, étaient visibles, ici et là. Était-ce le résultat de la bataille ou celui de mauvais traitements ?
« Vous êtes face à une partie du Conseil de l’Exode qui vous fait l’honneur de vous interroger. Répondez franchement et tout ira bien, sinon... »
Même le politicien Junta grimaça sous la menace, à peine voilée, de Benkana. Fort heureusement, la pirate ne semblait pas vouloir garder le silence.
Qu’avez-vous fait de mes hommes ? Je ne sais même pas combien ont survécu à vos sbires !
Quelques-uns…
Choupa remua sa langue dans sa bouche puis cracha le peu de salive qui lui restait en direction de la commandante. Quelques gouttes tombèrent près des barreaux, mais le message était clair. Vernek décida de prendre la suite de l’interrogatoire.
« Il y a cent-quatre-vingt-dix-huit survivants, dont une cinquantaine hospitalisés, Madame. Vos hommes sont bien traités, vous avez la parole du Conseil. »
insista-t-il à l’intention de la pirate, autant que de Benkana. Certains points devaient être clairement établis. Il poursuivit :
Nous sommes devant vous pour parler d’avenir, le vôtre et le nôtre. La problématique est simple : vous et vos pirates ne pouvez être une charge pour l’Exode, nos ressources sont limitées et les partager relèverait du sacrifice.
Que voulez-vous savoir pour nous relâcher ?
Réponse et question directes et sans ambages. Cette petite réfléchissait vite, pensa Price, et elle ne refusait pas de collaborer. Le colonel poursuivit donc la stratégie de l’interrogatoire mise au point avec le politicien.
Qu’est-ce que le Cercle de Khabit ? Qui sont-ils ? Quelles sont leurs forces ? Leur technologie ? Leur zone d’influence ? Bref, aidez-nous à nous préparer à les rencontrer. Ils sont sur le chemin de notre destination. Et… en gros, dites-nous ce que nous ignorons de ce côté de l’univers.
Vous rêvez en couleur si vous pensez que les habitants de Khabit vont sympathiser avec vous. Mais je veux bien vous dire tout ce que je sais, dès lors… que nous aurons réglé toutes les autres négociations.
Lesquelles ?
Le lieu où vous allez nous relâcher, par exemple. Nos conditions de détention, également. Mais demandez-lui, elle voit très bien de quoi je parle.
Les regards se tournèrent vers Aurora. Décidément, celle-ci accumulait les reproches à son égard. Choupa poursuivit sans lui laisser l’occasion de répondre.
Il n’existe pas de colonie planétaire où nous serions acceptés de toute façon, je vais devoir lancer un message pour que des vaisseaux pirates viennent nous récupérer. Et d’ici là, je veux que… ce ne soient plus les nordistes qui soient nos geôliers ordinaires.
Et un petit déjeuner aussi ?
répliqua la commandante du tac au tac. Junta coupa court :
Toutes ces demandes ne sont pas un obstacle, nous en discuterons préalablement au Conseil. De notre côté, nous avons des questions sur certaines technologies que vous avez utilisées pour votre attaque : en particulier les compresseurs dimensionnels de votre base astéroïde et… comment avez-vous décrit cela, commandante Benkana ?
Ismène, une intelligence artificielle recouverte de peau et de muscles humains qui trompaient nos systèmes de sécurité, faisant croire à un adolescent.
C’est cela. Et encore quelques babioles ainsi que des cartes de la région, même si l’étude des ordinateurs des barges et de vos vaisseaux de transport se révèle déjà très intéressante. Donc, sommes-nous d’accord ?
La jeune femme passa d’un visage à l’autre des deux commandants, ignorant Benkana. Elle réfléchissait, mesurant le pour et le contre, puis reprit la parole, visiblement convaincue.
« Pour Ismène, je ne peux pas vous dire grand-chose. Votre commandante a tué la personne la plus informée sur ce sujet. Pour le reste, vous voulez une sorte de guide de la région ? J’accepte dès que les conditions que j’ai données seront acceptées en retour. Je crois en votre parole, à vous deux seulement. »
L’entretien s’arrêta là. Il faudrait quelques heures pour valider en Conseil la négociation et mettre tout en place. Sterling-Price et même Vernek Junta ressortirent avec une terrible appréhension : la pirate Choupa ne représentait peut-être pas leur plus gros problème, en fin de compte.
Benkana et elle se mesurèrent du regard encore quelques secondes, puis on replaça la prothèse dans la bouche de la jeune femme alors que les commandants quittaient la pièce.


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Réa: Raoulito,
Relecture: Kwaam, JMJ
narration: Elioza,
Acteurs: Choupa: istria, Benkana: Kanon, Junta: Arthur, Sterling-Price: raoulito,
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Montage: Raoulito

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RedU T1 Ch20 Ep07

episode271.mp3

Les Samedi et dimanche 27 Août, c’est le 27/24 de podradio ! http://2724.podshows.fr

Parmi les réjouissances, une interview de Pierrick Messien « http://lesoufflenumerique.com » qui nous parle d’auto-édition et de livres numériques !
À très bientôt lors du 27/24 !


« QUOI ? »
hurla Benkana, se levant brusquement de sa chaise. Sterling-Price intervint rapidement, lui posant une main sur l'avant-bras, pour qu’elle lui laisse la parole. Il parla posément, sans grandiloquence, avec peut-être un mélange de lassitude ou de fatigue perçant au travers de sa voix.
« Monsieur Junta, je viens de passer quelques jours assez éprouvants et je vous saurais gré de mesurer vos propos. Nous avons fait de notre mieux, avec le minimum de pertes possibles. Vous me voyez navré si les pirates ont payé un prix lourd tribu, mais jusqu’à preuve du contraire, ils étaient les agresseurs. »
Si personne, au Conseil des commandants de l’Exode, n’ignorait que le vieil homme avait été l’architecte de la victoire, Benkana et feu-J.F.Hill recevaient, eux, l'ire du politicien Junta, visiblement troublé par le bilan de la bataille.
D’après les premiers interrogatoires des pirates prisonniers, ils étaient plusieurs milliers et, au plus, deux-cents survivants. Ceux qui ont pénétré dans la Cité intérieure du Transporteur 7 étaient six fois plus nombreux que dans la vôtre, colonel, et pourtant on ne retrouve qu’une poignée d’entre eux dans les geôles, les corps des autres ayant déjà été largués dans l’espace.
Junta ! Où voulez-vous en venir ?
Intervint le général Décembre. Pour la première fois depuis bien longtemps, celui-ci ne prenait pas la défense du politicien. Le militaire ressentait parfaitement, au fond de ses tripes, les signes de la terrible bataille. Les réfugiés dans les bras des familles dont il manquait plusieurs membres, les hôpitaux débordants dans les coursives adjacentes, le regard hébété des soldats survivants… Oui, le général rageait de n’avoir pas combattu aux côtés de ses compagnons. Lui n’était arrivé qu’après, quand tout était fini, ayant perdu un transporteur entier sans avoir rien pu faire.
Sur le fond, le politicien avait raison, il était évident que Benkana avait commis des exactions. Mais soyons réalistes, les pirates auraient sans aucun doute fait pire et les Exodés auraient eu bien du mal à gérer plusieurs milliers de prisonniers, si tant était que cela fut possible. Donc Junta allait devoir faire profil bas cette fois et, au moins, respecter le deuil.
Disons juste que certaines zones d’ombre persistent. Pourquoi s’être débarrassé des pirates morts si rapidement, comment ce… ce Karl a-t-il pu causer autant de dégâts sans être inquiété, pourquoi J.F.Hill a-t-il laissé son transporteur livré à lui-même sans prendre la tête de la controffensive, et…
C’est suffisant Vernek. Arrêtons là, veux-tu ?
Sa propre sœur, la lieutenante-colonelle Onawane, venait d’interrompre son énumération. Elle avait vécu le drame des exodés se battant avec la rage du désespoir, et son vaisseau portait encore les marques du passage des troupes du terrible sénéchal Petrovach. Le colonel Hill était une icône sur le Transporteur  2, l’homme qui avait tout risqué pour les sauver, en pleine Transition. Petrovach s’en était personnellement pris à lui par vengeance, c’était évident ; le glorieux J.F.Hill venait de payer de sa vie, son courage et son abnégation. Même de la part de son frère, Onawane ne pouvait tolérer qu’il salisse sa mémoire.
Junta la dévisagea quelques secondes, mesurant les propos qu’elle venait de lui tenir. Il poussa un gros soupir puis croisa les bras, s’enfonçant dans son fauteuil, boudeur. Mais Sterling-Price n’allait pas lui laisser l’occasion de s’enferrer dans son mutisme.
« Monsieur Junta, parmi les premiers rapports qui nous sont parvenus, celui évoquant des artéfacts de technologie inconnue et de fantômes m’a particulièrement intrigué. Puis-je parler de… non-humains ? »
Vernek jeta un œil au général, impassible. Soit, l’heure était aux aveux ; de toute façon, les implications de ses découvertes allaient bien au-delà de son transporteur, tout l’Exode était concerné, sinon menacé. La commandante Benkana renchérit alors qu’il allait parler.
Et cette histoire autour de Vegas IV ? Vous faisiez quoi là-bas ? Vous chassiez les petits hommes verts ? Je suis très curieuse d’entendre vos explications.
Le général Décembre, fort de son autorité naturelle, décida que le temps des cachoteries était terminé.
« Mhmm… Je pense qu’il est inutile de maintenir le secret. Nous… mmhmm… avons eu un accrochage avec un appareil d’origine inconnue autour de la planète Vegas IV. J’ai perdu plusieurs pilotes, mais avec une… mmhmm… une stratégie astucieuse, Junta a réussi à le neutraliser et à en récupérer un fragment. J’ai… mmhmm… personnellement pris la responsabilité de garder cet évènement secret, voulant d’abord en savoir plus et… mmhmm… c’est le Transporteur 4 qui s’est occupé des recherches approfondies avec un spécialiste que… mmhmm… que nous avons recruté sur la station Piñata. Voilà, vous savez tout. »
Un lourd silence s’abattit sur la pièce.
Ainsi, une autre face de l’Exode se dessinait en ce moment, au milieu de ce conseil, faite de crimes de guerre, de mensonges et de conspirations en tout genre. On pouvait y ajouter l’expansion du mouvement religieux autour de Phil Goud et d'Adénor Kerichi, les drogues des Octotes ou le communautarisme à tout va. Le bilan humain n’était qu’un des aspects du désastre auquel ils devaient faire face.
Décembre, conscient comme tous les autres de cet état de fait, se décida à tendre la main pour resserrer les rangs.
Messieurs, nous avons l’oraison funèbre du colonel Hill dans trois grosses heures… mmhmm… je compte sur votre présence à tous. Nous devons montrer un front uni à l’Exode, je… mmhmm… je pense que vous le comprenez. Colonel Sterling-Price, je vous propose de réfléchir à la suite de notre voyage, d’un point de vue tactique. Je parle de ce… mmhmm… Cercle de Khabit. Préparons-nous à tout et réfléchissons à une stratégie. Vous êtes… mmhmm… vous êtes de loin le meilleur à ce jeu, je vous laisse nous présenter vos propositions. Combien de temps vous faudra-t-il ?
Quelques jours. Je vais devoir sans doute interroger cette Choupa et quelques-uns de ses lieutenants. Commandante, puis-je ?
Pas de problèmes, je serai avec vous.
répondit Benkana. Junta intervint, visiblement dégrisé.
Je veux en être également. Si l’on considère cette femme comme la chef politique d’une faction de cette partie de l’univers, je participerai à la négociation.
Qu’il en soit ainsi,
confirma Décembre avant que Benkana ne rugisse.
Monsieur Junta, je souhaiterais que vous envoyiez une copie complète de tous… mmhmm… j’insiste, de tous vos dossiers concernant ce que nous savons sur ces artéfacts, il faudra sans doute aussi que ce conseil rencontre le professeur… mmhmm… Schwarzkof. Colonel Onawane, nous avons besoin d’une liste précise de nos ressources englobant tout l’Exode, ainsi que des demandes médicales et matérielles. Pouvez-vous nous préparer cela ? Commandante Benkana, je vous laisse la gestion des… mmhmm… des prisonniers. Réquisitionnez tout ce dont vous avez besoin, nous pourrons mettre des espaces à disposition sur nos transporteurs, vous avez le soutien de tous ici et… mmhmm… et trouvez ce que nous pourrions faire… mmhmm… ce que nous pourrions faire d’eux. De mon côté, je vais préparer un autre bilan, militaire cette fois. Je ne vous cache pas mon appréhension pour la suite de cette aventure. Le chemin vers Antarès est encore semé d’embuches et nous… mmhmm… JE ne veux plus avoir à compter nos morts.
Voilà, si personne n’a quelque chose d’important à ajouter, je vous donne rendez-vous tout à l’heure en tenue de cérémonie pour un… mmhmm… un dernier hommage au colonel Hill.
Les commandants se levèrent à l’unisson. L’heure n’était pas à la discorde, en effet. L’Exode pansait encore ses plaies et comptait ses morts


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Relecture: Kwaam, JMJ
narration: Icaryon,
Acteurs: Onawane: istria, Benkana: Kanon, Junta: Arthur, Décembre/Sterling-Price: raoulito,
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RedU T1 Ch20 Ep06

episode270.mp3

Les Samedi et dimanche 27 Août, c’est le 27/24 de podradio ! http://2724.podshows.fr

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La table du petit déjeuner était dressée sur la grande terrasse du salon. Angilbe se tenait debout, habillé d’une simple robe de chambre blanche qui reflétait le soleil de cette belle matinée. La personne qu’il attendait descendait les marches menant ici et il ne voulait commettre aucun impair, comme celui de commencer le repas sans elle.
Le contramiral patientait donc, laissant son regard parcourir l’étendue boisée entourant sa propriété ; on y retrouvait de très nombreuses essences d’arbres, des bosquets d’églantiers aux rangées de sapins ou des saules pointant leurs feuilles si reconnaissables, aux robustes chênes centenaires qui dominaient l’ensemble de leur majesté. Il fut un temps, Poféus ne se serait pas perdu à détailler ce qui composait cette forêt, mais plutôt à réfléchir si un ennemi pouvait s’y dissimuler. Depuis l’attentat manqué contre sa personne, à l’étage au-dessus, les mesures de sécurité avaient été largement durcies et s’étendaient maintenant au-delà des limites de la propriété. De nombreuses cimes de ces arbres dissimulaient des tireurs d’élite aux ordres du contramiral. Lui et la belle Calande ne risquaient donc rien en cette matinée radieuse. Le froissement du tissu d’une robe en mousseline le fit se retourner.
Les cheveux mi-longs de la jeune Brune qui se tenait devant lui, brossés de peu, flottaient sur la brise. Le blanc cassé de sa tenue légère laissait transparaitre les formes de son corps dans un jeu de tons foncés ou clairs, sur lequel resplendissait le magnifique visage sans fards de sa bienaimée. Elle lui souriait d’une expression simple, presque naïvement douce, la jeune femme rayonnait et Angilbe ne put retenir l’afflux d’une bouffée de désir.
Mais comment était-ce possible ? Lui, l’homosexuel convaincu, le pédophile assumé, comment avait-il pu ressentir ces summums de plaisir qu’il venait de découvrir ces dernières nuits ? Les sensations nouvelles, les mouvements des corps plus subtils, les organes plus tendres, tout différait de ce qu’il connaissait. Rien que de laisser ses mains parcourir la peau féminine lui avait procuré de douces ondes qui aidèrent sa virilité à surgir, fière et impatiente.
Haletant à une heure nocturne, il s’en était ouvert à elle alors que les draps froissés aux relents de musc et de transpiration reposaient à même le sol, laissant les deux amants reprendre leur souffle avant une nouvelle joute.
Comment puis-je… c’était bon au-delà de mes souvenirs, Calande ! Pourquoi ? Comment ? Vous êtes une femme et pourtant je suis attiré comme jamais…
Tu avais oublié l’Amour, Angilbe. Simplement. Le désir seul ne peut suffire.
Inutile d’ajouter plus, les instincts primaires reprirent la parole dès les derniers mots de la jeune femme. Oui, l’amour. Il avait pourtant aimé Fabio et même quelques mignons, durant un temps trop bref. C’était certainement plus qu’une simple question de sexe du partenaire. En tant que sa psychologue, Calande Rorré avait réussi à l’aider à dénouer les mailles de ses frustrations de jeunesse : la perte de Méhala, sa double sexualité, la douleur de la séparation d’avec son père et encore ignorait-elle ses liens avec Magnam IV. La femme Brune avait accepté ses déviances pédophiles, les qualifiant de « règles de la société qui ne devaient pas interférer dans le travail de compréhension » et cela aussi avait joué. Bref, il se retrouvait dans ces cas typiques de patient tombant amoureux de son praticien, à la différence près qu’elle l’aimait également en retour, et rien que cela tenait du miracle.
« Peut-être devrions-nous nous assoir avant de tomber de fatigue, Angilbe, ne crois-tu pas ? »
L’autre sursauta. Quoi, une fuite de réalité ? Non, c’était plutôt un moment d’éblouissement face à cette nymphe qui avait su ouvrir les portes de son cœur. Il se précipita pour lui présenter une chaise et s’assit en face. Sur un signe, un serviteur apporta l’incontournable thé au jasmin et, un second, le sucre et les cuillères. Poféus allait poursuivre la découverte de ce monde étrange en commençant sa première journée depuis longtemps sans café noir.
Un couple de mésanges-sauterelle vint caqueter à l’autre bout de la terrasse, ajoutant à l’atmosphère bucolique de ce petit déjeuner. Poféus avait eu quelques hésitations pour engager la conversation, mais ensuite, il put discuter sans difficulté avec sa vis-à-vis, dont l’appétit s’avérait par ailleurs remarquable. Elle se confia à lui en souriant.
Je ne veux pas que tu penses du mal de moi, mais les déjeuners du matin sont de loin mon moment préféré. Et les cuisiniers sont ici d’une rare qualité alors…
Mais servez-vous, ma chère. S’il n’y a que cela pour vous ravir, on pourra même demander des thèmes pour chaque matin : Tropicalien, océanique, Texos… Le chef me l’avait un jour proposé, mais je n’en avais pas vu l’intérêt.
La vie à deux apporte des sources de bonheur et de changement. Demain, je ne pourrai pas déjeuner avec toi, mais après-demain, un petit océanique me remplirait de curiosité… et d’appétit !
Tous deux rirent de bon cœur même si le contramiral ne put s’empêcher de se demander ce qui pouvait être plus important que leur relation. Paranoïa, jalousie ou simplement déception d’un amoureux transi ? De toute façon, il le saurait, car déjà du temps de leur rapport patient-praticien, une équipe des affaires mentales la suivait en permanence, autant pour sa sécurité que pour sa surveillance. La protection du ministre de la Sécurité était à ce prix, qu’Angilbe y croit ou pas, et la jeune femme l’avait explicitement accepté.
Donc tout allait pour le mieux.
Tu sais surement qu’un nouvel attentat des Mutualistes a eu lieu hier, c’était dans une ville tropicalienne. Je fais partie de la cellule de soutien aux victimes et mon avion décolle ce soir, mais je n’y resterai que vingt-quatre heures. Dis-moi, pourquoi ne peut-on arrêter tout cela ?
C’est un sujet secret, tu sais. Je ne peux pas en discuter avec toi. Disons juste que leur organisation est très cloisonnée. Ce n’est pourtant qu’une question de temps et ils finiront par tomber.
Je me suis souvent dit que… que certaines dispositions politiques, du genre plus d’ouverture pour les élections ou quelques touches de… démocratie plus horizontale pourrait empêcher des gens de… suivre les extrêmes.
Tu ne penses pas ?
Elle avait dit cela avec une grande prudence, cherchant ses mots, mesurant son ton et ses propos. Angilbe ne put retenir un sourire qu’il dissimula en s’essuyant la bouche : le dossier sur sa jeune amante mentionnait clairement ses idées politiques et il savait parfaitement que, s’il voulait la garder à ses côtés, il n’avait pas d’autre choix que d’aborder ces sujets. D’ailleurs, ses réponses étaient déjà toutes prêtes.
Je suis d’accord.
Ah bon ? Je… je ne m’attendais pas à cela.
Disons qu’on abordera cela un jour ou l’autre entre nous. Peux-tu me rapprocher le pot de confiture, s’il te plait ?
Le contramiral étala une large portion de la gelée sucrée sur un morceau de pain et croqua généreusement dedans.
disons que… pour déminer une situation, parfois il faut savoir donner des… des… comment dire ?
… des gages ?
C’est cela, des gages… Après tout, la révolution a eu lieu et, une fois que le nouveau chancelier suprême sera élu, il sera temps d’appliquer des modifications en profondeur du système.
Tu avais déjà réfléchi à tout, n’est-ce pas ?
Pour vivre, ce qu’il me reste, à tes côtés, je ne reculerai devant aucun effort. Sincèrement.

Un voile de tristesse passa devant les yeux de Calande Rorré. Angilbe, lui, était simplement heureux qu’ils soient tous deux attablés, ici et maintenant.


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Réa: Raoulito,
Relecture: Kwaam, JMJ
narration: Anna,
Acteurs: Poféus: Pof, Calande: Coupie
Derush : zizooo,
Compo: Ian, Cleptoporte,
Montage: Raoulito

morceau musical de fond: Les choeurs de l'armée rouge "Korobelniki"

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RedU T1 Ch20 Ep05

episode269.mp3

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À très bientôt donc :-)


Seules les statues des quatre pouvoirs ancestraux gardaient la salle secrète des dépositions, figées dans leur posture impressionnante. Les pères Souriants ne voulaient visiblement pas risquer d’attendre leur auditionné ou peut-être passaient-ils ici un message. Ce serait bien dans leur genre…
Qiānbǐ patientait sagement derrière la lourde porte qu’on avait refermée sur Heir lorsqu’il était entré. Étrange bonhomme, quels intérêts suivait-il  : ceux des Souriants, ceux du politicien ou quelque chose de plus personnel ? Toutes les possibilités étaient offertes. Il faudrait trancher cette question au plus vite.
Un gong discret retentit et les trois sages pénétrèrent dans la pièce, par leur entrée privée et s’installèrent, probablement aux mêmes emplacements que les fois précédentes. Heir salua conformément aux traditions et attendit la suite. Cela ne dura pas longtemps et ce fut celui de droite qui prit la parole, sèchement.
« Wángzǐ, nous vous avons fait venir, car de nouvelles informations nous sont parvenues et nous désirons vous faire part de notre mécontentement. L’enquête de nos assistants commençait à peine que, déjà, de surprenants résultats apparaissaient. »
Le politicien sentit qu’il n’allait pas apprécier cette réunion au sommet. Celui de gauche poursuivit :
« Des sommes très importantes, que vous déclariez comme destinées à votre campagne de désinformation et de déstabilisation du pouvoir en place, ont disparu. De tels montants ne peuvent pas être le fruit d’erreur de comptabilité ou du hasard. Nous vous demandons des éclaircissements sur ce sujet, allez-y. »
Quelle bande d’hypocrites ! Cela faisait des années que cet argent était réassigné. Ils le savaient parfaitement et révoquaient simplement leur accord tacite, car ils voulaient le mettre au pas. Oui, lui ! Ce n’était donc rien d’autre qu’une repentance que l’on attendait maintenant de lui, mais c'était hors de question.
Sages pères du Triangle, je ne saisis pas de quoi nous parlons. Je pensais que l’enquête diligentée devait porter sur le contramiral Poféus. La tenue de mes comptes n’en faisait pas partie, à ce que je sache.
Arrêtez immédiatement ce manège. Ce conseil ne supportera pas plus longtemps vos manigances, Prince. Vous accusez Poféus de détourner des milliards, mais vous oubliez que c’est en nous faisant profiter de cette manne qu’il les a accumulés. Par contre, vous nous avez entrainés dans une guerre stérile avec ses puissants services de sécurité, et le statuquo qui en résulte nous désavantage. Jamais les ventes de nuage de miel ou de Lithium de contrebande n’ont été aussi faibles. Des barrières administratives s’élèvent un peu partout à l’encontre de nos banques et de nos institutions que les pots-de-vin habituels ne suffisent plus à abaisser. La main de Poféus et des forces Mentales est derrière tout cela, c’est évident. Et vous voici devant nous, prétentieux, ayant détourné d’autres milliards et nous demandant de changer un plan, établi de longue date, pour une action violente aux conséquences imprévisibles sur la foi de soupçons. Votre haine personnelle envers Poféus vous aveugle, nous ne vous suivrons pas sur cette voie.
Il était très rare d’entendre un Père parler avec tant de grandiloquence, Heir releva également que les ornements de la silhouette du vieux Souriant remuaient plus que d’habitude. Depuis leur dernière rencontre, l’avis majoritaire du conseil avait évolué et pas dans son sens. Ou cela avait-il toujours été le cas ? Avec ces personnages, on ne pouvait jamais être certain. Il s’adressa donc directement à la silhouette au centre, le plus âgé des sages.
Je vois, il n’y aura pas d’enquête… et qu’est-ce que vos grandeurs ont également décidé ?
Quels sont vos liens exacts avec l’organisation Mutualiste ?
interrogea le père installé au milieu du trio.
Je ne comprends pas.
Nous sommes surpris que les sommes disparues correspondent à la montée en puissance de ce mouvement, quelle étrange coïncidence. Nous n’arrivons pas à pénétrer leurs secrets, tout juste possédons-nous la liste de quelques sympathisants. Pourtant ces gens sont nombreux, professionnels et extrêmement bien équipés et renseignés. Pour créer et développer toute cette organisation, il faut de grands moyens financiers, l’accès à des sources de connaissances et une intelligence hors du commun. Tout cela nous fait penser à vous, Wángzǐ.
Comme s’ils n’attendaient aucune explication de sa part, ils se levèrent et ce fût le Souriant de gauche qui conclut l’interrogatoire, avec cette sentence :
« Vous êtes désormais assigné à résidence. Le versement de tous les fonds qui vous étaient alloués est suspendu et nous vous retirons le droit d’accès à toutes les ressources de notre communauté. Lorsque vous serez décidé à collaborer de nouveau avec nous, nous serons disposés à revoir les termes de nos relations, sur des bases plus saines à nos yeux. 
Biànlùn bèi guānbì. »
Les sages se retirèrent et la lourde porte derrière lui s’ouvrit. Qiānbǐ, le petit secrétaire discret, vint se placer à sa hauteur, sans parler. Heir n’était pas d’humeur à jouer, encore occupé à évaluer les implications des sanctions du conseil.
Je ne suis plus en état de grâce. Vous pouvez me laisser seul désormais.
Ne jamais sous-estimer un dragon acculé, Wángzǐ. Ces animaux-là disposent de pouvoirs magiques insoupçonnés.
Le politicien regarda son secrétaire. Mais à quel jeu jouait-il, à la fin ?


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Prod: PodShows,
Réa: Raoulito,
Relecture: Kwaam, JMJ
narration: Tristan,
Acteurs: destrokhorne : Heir, Akira : Qiānbǐ, raoulito/leto75/bleknoir : vieux souriants
Derush : zizooo,
Compo: Ian, Cleptoporte,
Montage: Raoulito

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RedU T1 Ch20 Ep04

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C’était une petite villa, dans la banlieue de MaterOne Centrum, qui ne payait pas de mine. Ni trop cossue, ni trop délabrée, avec son vieux Souriant à la retraite qui taillait ses rosiers le matin, et sa femme qui allait encore aux courses avec un panier en osier. Quelques amis passaient les voir de temps en temps, mais rien de spectaculaire ; de l’avis général, tout respirait la sérénité. Et pourtant, les sous-sols de ce lieu étaient aménagés en clinique secrète pour les Triades Souriantes : c’était ici que l’on amenait les hommes blessés dans les échauffourées, ici que les hauts dignitaires de l’organisation venaient recevoir les meilleurs soins possibles auprès des spécialistes Souriants. Et ces derniers temps, une des chambres était occupée par l’élève de monsieur Heir, Mai Rui Ian dit « Myan », enfin sorti du coma dans lequel l’avait laissé son ultime rencontre avec le lieutenant Ralato Ouli.
Nǐ hǎo, maitre. Je suis navré de ne pouvoir me lever pour vous accueillir, ils m’ont annoncé que j’étais paralysé.
Nǐ hǎo, Myan. Je… le drame qui te touche meurtrit mon cœur, mon enfant. Et pourtant, tu me vois rayonner de joie de t’entendre à nouveau.
Heir serra la main posée sur le lit, conscient du côté symbolique du geste, Myan pouvait ne même pas en sentir le toucher. Le grand homme froid, au passé trouble, n’éprouvait que peu de sentiments en général, sauf pour ses deux fils spirituels : Myan et Hòu niǎo. Si le premier était revenu en piteux état de leur voyage sur Tb01 (planète centrale de la Nébuleuse de Talbot), le corps du second avait basculé dans les brumes des mers de Lithium qui composaient la surface de ce monde. Sans doute avait-il été plus durement touché, enfin peut-être… Heir espérait quelques réponses du jeune homme allongé sur le lit. Que s’était-il passé exactement là-bas, sur la plateforme ? Comment la puissance physique et mentale de Hòu niǎo, et les incroyables capacités de Myan, avaient-elles pu être mises en échec par le lieutenant de Poféus, même assisté du fantôme de l’agent Stuffy ?
« Mon garçon, je ne veux pas te fatiguer, mais ton aide va m’être indispensable, car la situation sur MaterOne devient critique. J’ai de bonnes raisons de penser que… »
Il se tut, se souvenant combien le Triangle avait des oreilles et des yeux partout. C’est par l’esprit qu’ils poursuivraient cette conversation.
… j’ai de bonnes raisons de penser que nos ennemis préparent quelque chose, mais le Triangle ne prend pas mes soupçons au sérieux. Pire, je pense qu’eux aussi ont leurs propres plans, pas forcements compatibles avec ce que nous avions décidé à l’origine. Bref, mon garçon, nous sommes seuls. Peux-tu revenir combattre aux côtés de ton vieux maitre, même si je n’ai pas le droit de te le demander ?
Bien sûr, Lǐngbān, ma vie vous appartient, que puis-je faire ?
Monsieur Heir ne put retenir un petit sourire se dessiner sur son visage.
Son autre fils, Hòu niǎo, avait été condamné dès sa naissance par une erreur due à l’imprécision de la génétique naturelle. Il avait alors été le premier à être traité avec une substance dérivée de la Lamprasine, un des éléments de base de la drogue des Souriants « le nuage de miel », mais à des doses supérieures, suivant le raffinement d’une chimie que Heir conservait précieusement. Cela permettait de développer des capacités hors du commun et, devant les résultats très prometteurs, on avait fait venir Myan : cette fois, la technique serait utilisée sur un enfant normal, juste un peu avancé pour son âge.
Le jeune Myan avait passé sa prime enfance avec Heir, traité en permanence durant des années, sa croissance accélérée. Le succès avait été tel qu’on l’avait envoyé en mission d’espionnage à l’université Mentale, puis au ministère de Poféus. L’adolescent avait menti à tous les Mentaux et psychologues qui l’avaient croisé, mystifiant même Ralato et Stuffy. Heir le considérait comme son futur égal d’ici quelques années, avec un avenir prometteur. Mais voilà, il était désormais paralysé, quoique ses facultés semblaient demeurer intactes.
J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé là-bas. Comment est mort Hòu niǎo et comment Ralato a-t-il pu te vaincre ?
C’est… c’est assez flou, en fait. Hòu n’était plus en état de se battre, il avait perdu ses capacités physiques une fois son distillateur arraché. Ça, je peux le comprendre, mais moi…
Je suis certain d’avoir vaincu le lieutenant et le deuxième esprit dans sa tête était impuissant, reclus dans un coin. Pourtant…
Pourtant il est bel et bien revenu.
Oui il est revenu, je ne sais pas comment dire, presque d’entre les morts ! Et cette fois sa force était… était… zhè shì nányǐ xíngróng de zhǔ !
C’était indescriptible ? Que penses-tu de cette hypothèse : Fabio Ouli (tu as lu les dossiers sur son frère) ? On dit qu’il pouvait lancer des attaques à plusieurs centaines de kilomètres et même soulever des orthoptères, rien qu’avec son esprit. Est-ce que cela correspond à ce que tu as vécu ?
L’autre resta pensif plusieurs secondes, les yeux fixant le néon du plafonnier. Sans nul doute, cette expérience avait dû être terrible à vivre pour son élève.
Un bruissement discret fit se retourner Heir. Qiānbǐ, son secrétaire particulier, créature du Triangle placée à ses côtés pour l’espionner, se tenait un peu en retrait.
Wángzǐ, votre voiture vient d’arriver. Nous avons rendez-vous avec les pouvoirs ancestraux, les trois sages vous requièrent.
J’en ai encore pour quelques minutes.
Ma patience est infinie et j’ai le plus grand respect pour votre action, Wángzǐ, mais je regrette que le Triangle ne partage pas les mêmes opinions à votre sujet. Ce rendez-vous impose l’exactitude, j’en ai peur.
Le membre du Conseil de la révolution observa son secrétaire, un peu étonné. Le petit homme venait d’évoquer un désaccord avec ses maitres du Triangle, ignorait-il que cette pièce avait toutes les chances d’être sous surveillance et que ses propos seraient rapportés en haut lieu ?
Ou alors cela faisait-il partie d’une stratégie destinée à mieux gagner la confiance du politicien ?
Oui
Pardon ? Myan, tu disais ?
Je pense que la puissance qui habitait le lieutenant Ralato lors de notre affrontement équivalait à celle décrite pour son frère. Cela n’était pas le cas au début, mais quand il est revenu à la vie…
Lǐngbān, je vous le dis comme je l’ai vu, il est apparu comme un soleil illuminant, pardon, brulant tout. Intouchable, indestructible, impitoyable… on ne peut pas se battre contre un soleil. Alors oui, on peut comparer cela à ce qu’on sait de Fabio Ouli.
C’est fantastique ! Merci d’être à nouveau parmi nous, Myan. Je reviens vers toi bientôt, mais, pour l’instant, prends du repos. Mon entretien avec les vieux croulants va débuter et, comme le dit Qiānbǐ, il serait indécent de ne pas arriver à l’heure exacte.
Au revoir, Maitre, et merci pour votre visite.
Le jeune homme laissa sa tête s’enfoncer dans le coussin, fermant les yeux. Rien que cette entrevue venait de le vider de ses maigres forces, et pourtant, Heir risquait de lui demander bien plus dans un avenir proche.
Mais d’ici là…
Allons-y, Qiānbǐ, ne faisons pas attendre les sages.
Votre sagesse est grande également, Wángzǐ. Je préviens le chauffeur de démarrer les suspenseurs.
Obséquieux ou sincère ? Dans cette culture, on ne sait jamais vraiment, se dit monsieur Heir, en fermant doucement la porte de la chambre derrière lui.


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Relecture: Kwaam,JMJ
narration: Andropovitch,
Acteurs : Destrokhorne : Heir, Lorendil : Myan, Akira : Qiānbǐ
Derush : Andropovitch
Compo: Ian, Cleptoporte
Montage: Andropovitch

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